Le métier Jacquard est un métier à tisser mis au point par le Lyonnais Joseph-Marie Jacquard avec l'aide du menuisier Jean-Antoine Breton en 1801., premier système mécanique programmable avec cartes perforées.

Histoire

Le principe de la machine Jacquard est inventé dès 1745 mais ne connaîtra pas d'application jusqu'à ce que Jacquard le reprenne et le perfectionne de 1801 à 1816. Le soutien du régime impérial au développement de la machine Jacquard et l'intérêt que les fabricants lui portent permettent le développement rapide de la mécanisation dans les métiers à tisser. Dès 1812, la France compte environ s Jacquard dans les différents ateliers. La machine fut expérimentée à Lyon, où le métier Jacquard fut mal reçu par les ouvriers de la soie (les Canuts) qui voyaient en lui une cause possible de chômage. Ce fut la cause de la Révolte des canuts, où certains ouvriers allèrent jusqu'à casser les machines.

En effet, la mécanique Jacquard supprime l'opération de tirage qui nécessitait auparavant un ouvrier pour actionner les cordes dégageant les fils permettant de passer la trame.

À l'origine, Jacquard travailla sur ce projet afin de limiter le travail des enfants, qui étaient souvent employés comme aides par leurs parents tisseurs. Mais il regretta toute sa vie les conséquences sociales de cette innovation. En effet, les enfants durent trouver du travail ailleurs dans des usines où les conditions étaient plus difficiles.

En Bretagne En Bretagne le développement de la mécanisation des métiers à tisser prit plus du temps. Le métier à tisser doté d'une mécanique Jacquard a été utilisé principalement dans les régions historiques des Toiles Bretagne situé notamment à Quintin, Uzel, Loudéac, Moncontour. Le métier Jacquard est d'ailleurs utilisé dans l'atelier Léauté - Planeix à Uzel à compter de 1947 et jusqu'à sa fermeture en 1996. Un exemplaire du métier Jacquard venant de cet atelier est aujourd'hui exposé au Musée d'Art et d'Histoire de Saint-Brieuc. Un autre, cette fois en état de fonctionnement, est exposé à l'Atelier-Musée du Tissage d'Uzel.

Caractéristiques vignette|Vue rapprochée des cartes perforées utilisées par le métier Jacquard exposées au Musée des sciences et de l'industrie à Manchester, en Angleterre.

Photographe : George H. Williams.

Date : Juillet 2004. La machine Jacquard combine les techniques des aiguilles de Basile Bouchon, les cartes perforées de Falcon et du cylindre de Vaucanson. La possibilité de la programmer, par utilisation de cartes perforées, fait qu'il est parfois considéré comme l'ancêtre de l'ordinateur ou du robot.

Les cartes perforées guident les crochets qui soulèvent les fils de chaînes. Elles permettent de tisser des motifs complexes.

En parler lyonnais, ce métier est parfois appelé bistanclaque ou bistanclaque - pan. C'est une onomatopée qui concatène les bruits successifs des actions de tissage d’une trame : bis, tan, claque et pan (appui sur la pédale qui remonte les fils, remontée du battant, butée de la canette, et enfin, écrasement du fil de trame par le battant).

Les métiers Jacquard traditionnels sont encore utilisés pour des motifs complexes comme le brocart ou le damas.

Métier Jacquard aujourd'hui Loin d’être un objet de musée, le métier Jacquard n’a pas cessé d’être utilisé et amélioré. De nos jours, les métiers Jacquard, de grandes dimensions et entièrement automatisés, produisent la plupart des tissus à motifs pour l'habillement, l'ameublement, le linge de maison

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes Glossaire du tissage Métier à tisser Histoire de la soierie à Lyon

Liens externes

Le métier Jacquard fiche zoom issue du musée d'histoire de Lyon.

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