est un groupe de post-punk britannique, originaire d'Inkberrow, dans le Worcestershire, en Angleterre. Il est formé pendant l'été 1979, et connait un certain succès entre 1985 et 1992, notamment en France et en Allemagne. Initialement composé de Simon Huw Jones (chant), de Justin Jones (guitares), de Nick Havas (batterie) et de Graham Havas (basse) - remplacé par Steven Burrows dès l'année 1983 -, le groupe tire son nom de l'un des premiers textes de Simon Huw Jones, Ce morceau n'était jamais sorti en disque avant la réédition 2LP du premier album sortie en août 2020. Il figurait sur la cassette démo From Under the Hill en 1982. Il avait pu être entendu lors de leur concert anniversaire (25 ans d'existence) le au Batofar à Paris.. And Also The Trees est associé au courant musical post-punk ou cold wave (France).
Si And Also the Trees s'inscrit indubitablement dans cette vague post-punk anglaise, qui le rapproche un temps de groupes comme Wire, Siouxsie and the Banshees, Joy Division ou The Cure, il est tout à fait possible de déceler l'influence de groupes psychédéliques de la fin des années 1960 comme The Doors, LoveForever Changes est présenté dès 1985 par les frères Jones comme leur album préféré, ce qui est une référence plutôt inhabituelle à l'époque (Interview de Simon Huw Jones par Helen Fitzgerald, pour le Melody Maker, au mois de mars 1985). The Doors occupent également dans cette interview une place privilégiée. Simon Huw Jones déclare en effet : ou The Velvet Underground (plus particulièrement l'album White Light/White Heat) ou celle d'artistes tels que Scott Walker ou Jacques Brel, par la tension dramatique et théâtrale qui se dégage de la plupart de leurs morceaux, par l'importance que revêt le travail sur les atmosphères ainsi que par le soin apporté aux mélodiesLa réalisation de l'album When the Rains Come, qui propose une relecture acoustique de titres extraits de l'ensemble de la carrière du groupe ainsi qu'un inédit, témoigne de cet aspect méconnu de leur travail. Le son de la guitare de Justin Jones est l'un des éléments distinctifs du groupe. Son jeu atypique évoque le plus souvent celui d'un joueur de mandoline dont le son aurait été amplifié et réverbéré.
C'est étrangement hors du Royaume Uni qu'And Also The Trees concentre le plus grand nombre de ses admirateurs, le public britannique restant de toute évidence dubitatif devant l'imaginaire du groupe et les textes de Simon Huw Jones. Une boutade de John Peel qui les invite à venir enregistrer l'une de ses fameuses Peel Sessions, dès 1984, résume la situation : And Also the Trees serait . L'imaginaire d'And Also the Trees est à ses débuts très ancré dans les paysages du Worcestershire et l'histoire du lieu dans lequel ils ont grandi. Cet univers pastoral atypique imprègne, la musique, les textes et les pochettes des disques.
Avec son statut de groupe-culte, And Also The Trees a bénéficié d'un net regain d'intérêt avec les parutions en 2007 de (Listen for) the Rag and Bone Man, d'un projet acoustique, When the Rains come, en 2009, et de l'album Hunter Not The Hunted, en 2012. Le groupe est loué pour la longévité de sa créativité. Après avoir fait paraître en 2024, Mother-of-pearl Moon, un album considéré par la presse comme une nouvelle pierre angulaire de sa carrière, il fait paraître en février 2026, son seizième album The Devil's Door. Ce dernier vaut au groupe une session radio sur France Culture.
Robert Smith, qui s'intéresse au groupe depuis ses débuts, invite And Also the Trees à assurer la première partie des trois concerts que The Cure donne aux Arènes de Nîmes, les 24, 25 et 26 Juillet 2026.
Débuts (1979–1985) Le groupe est initialement formé de deux fratries : Simon Huw Jones (chant), Justin Jones (guitar), Nick Havas (batterie) et Graham Havas (basse). Les Havas et les Jones habitent le petit village de Inkberrow dans le Worcestershire. Les adolescents décident de s'appeler un temps Control en référence à Complete Control, le single que les Clash ont fait paraître en . Ils optent assez vite pour le titre de l'une de leurs premières chansons, And Also the Trees. L'acte de naissance du groupe est un concert donné le à Alcester, Warwickshire.
Une première série de chansons est enregistrée dès 1980. On trouve dans ces démos les premières versions de futurs classiques du groupe tels que Wallpaper Dying, Talk Without Words, So This is Silence ou There Were No Bounds. D'autres titres tels que Methuselar Complex, Dreamt ou Natural Forces are Morality, n'ont connu à ce jour aucune sortie officielle.
C'est au cours de cette même année que Graham Havas décide de répondre à une annonce laissée dans la presse anglaise par le groupe The Cure, à la recherche de nouveaux groupes pour assurer ses premières parties. La cassette envoyée par la poste attire l'attention de Robert Smith, qui décide d'embarquer And Also the Trees d'abord pour quelques dates en novembre et en , puis sur les dates anglaises du Faith Tour, en novembre et en . C'est le début d'une longue relation d'amitié entre les deux groupes qui commence alors. Robert Smith et Mike Hedges produisent trois des six titres qui figurent sur la deuxième cassette démo du groupe intitulée From Under the Hill en 1982. Les trois titres sont enregistrés au Playground, le studio que Hedges possède à Camden (Londres), les 19 et le . Impulse of Man, Midnight Garden, The Tease the Tear ou Out of The Moving Life of Circles font leur apparition. Le groupe a déjà à disposition presque toute la matière de son premier album.
Toutefois, l'absence de perspective et le peu de réponse que génère leur musique mettent à rude épreuve le groupe pendant l'année 1983. Après une bagarre survenant dans une salle de concert de Nottingham, appelée The Asylum, Graham Havas quitte de manière fracassante le groupe au mois de mars de la même année. Il est remplacé par Steven Burrows, originaire de Headless Cross, un village situé à une vingtaine de kilomètres d'Inkberrow, et qui connaît les membres du groupe depuis 1976. Steven Burrows jouait dans un groupe appelé Guilt for Dreaming. Ceux-ci avaient assuré quelques premières parties d'And Also The Trees. Il monte sur scène avec eux, le sur une scène de Cumbernauld.
Ils sont finalement repérés par Chris Berry, le fondateur et patron du petit label punk No Future records, basé à Malvern et qui bénéficiait d'un certain rayonnement sur la scène Oï! avec des groupes comme Blitz ou Peter And The Test Tube Babies . Celui-ci avait créé une structure sœur appelée Future qui devait accueillir des groupes dont l'orientation musicale se rapprochait du post-punk émergeant. Son associé, Richard Jones, assiste à l'un des concerts du groupe à Coventry dans un pub intitulé The Dog and Trumpet.
C'est sur Future que paraît Shantell, le premier 45 tours enregistré par And Also The Trees aux studios Cargo, à Rochdale, Manchester en . La production est confiée à Lol Tolhurst. Il contient en face B, le titre Wallpaper Dying. Un accident technique durant l'enregistrement voit Shantell amputée de l'un de ses couplets. Avoisinant initialement les 5 minutes, la version enregistrée du morceau a une durée de 3 min 38 s. Cette version raccourcie demeure la version de référence. John Peel joue les deux faces de ce premier 45 tours dans son émission sur BBC Radio 1. À l'antenne, Peel loue Shantell pour sa « mélodie envoûtante » ().
Le même mois, And Also The Trees s'enferme avec Lol Tolhurst et l'ingénieur du son David Motion aux Southern Studio, le studio légendaire du groupe Crass, situé au nord de Londres. Ils y enregistrent les chansons de leur premier album intitulé And Also The Trees et leur prochain single : The Secret Sea. L'album paraît au mois de sur Reflex, label que Chris Berry fonde sur les cendres de Future. A l'exception du premier single des 10,000 Maniacs, ou de l'album The Bushes Scream While My Daddy Prunes de The Very Things, sur lequel joue Steven Burrows, et de quelques autres collaborations ponctuelles (avec The Wild Flowers par exemple) le label se consacrera presque exclusivement à la publication des disques d'And Also the Trees, jusqu'en 1989.
Rétrospectivement, ce premier album apparaît comme d'une certaine diversité de style, notamment sur sa seconde face, avec deux titres arrivés au studio à l'état d'ébauche : Twilight Pool et Shrine. Si Twilight Pool est l'une des rares tentatives du groupe à assimiler des éléments électroniques dans sa musique, Shrine annonce, par quelques notes de guitare acoustique, une sonorité qui deviendra la marque de fabrique du groupe : celle de la mandoline.
The Secret Sea parait deux mois plus tard, accompagné dans sa version maxi de trois titres live enregistrés au Stafford College, lors d'un concert qui s'est tenu le . Le single est aussi l'occasion pour And Also The Trees d'entamer sa collaboration avec l'ingénieur du son Richard Waghorn. There Were No Bounds - cette relecture du chapitre 13 de L'Eternité retrouvée, d'Aldous Huxley -, est enregistrée chez lui au Rich Mixture Studio, à Astwood Bank, non loin d'Inkberrow.
C'est à l'occasion de la sortie de The Secret Sea que le groupe est invité par John Peel à venir enregistrer une session, dans les studios de la BBC à Maida Vale, le . Réalisée par Dale Griffin, la session est retransmise lors de l'émission du , sur BBC Radio 1. Elle contient les titres : There Was A Man Of Double Deed, Wallpaper Dying, Impulse Of Man et The Secret Sea.
Durant le printemps, And Also The Trees accompagne à nouveau The Cure sur sa tournée anglaise accompagnant la sortie de The Top. Cette tournée s'achève par trois dates au Hammersmith Odeon, à Londres, les 8, 9 et .
C'est au mois de , lors d'un concert à Malvern, qu'And Also The Trees dévoile pour la première fois A Room Lives in Lucy. La chanson, en partie inspirée par une jeune femme de Bristol avec laquelle Simon Huw Jones a entretenu une relation épistolière, paraît quelques mois plus tard, en . Le chanteur explique avoir été bouleversé par le contenu de l’une de ces lettres qui contenaient des phrases comme : « Ice lying on the floor in my room and it’s just so good that I must get up off the floor. There are a lot of nice places we can go.. ». Dans un article qui paraît dans Abstract Magazine, il ajoute que l’atmosphère particulière du morceau provient de son désir de s’identifier à elle, et de se glisser dans cet état émotionnel (« A lot of the atmosphere in « A Room Lives in Lucy » comes from me trying to be her, trying to drift into that situation »)
Outre ce morceau qui devient rapidement un passage obligé des prestations scéniques d'And Also The Trees, A Room Lives In Lucy contient l'adaptation d'une comptine, There Was A Man Of Double Deed et le titre Scarlet Arch. Le single connait un certain succès, atteignant la trentième place des charts indépendants en Grande-Bretagne. Antonella Black, qui signe cette année-là quelques entretiens marquants et polémiques avec Nick Cave ou Morrissey, les rencontre pour Zig Zag chez eux, à Inkberrow (). Helen Fitzgerald les rencontre pour le Melody Maker (). Un nouveau titre Maps in Her Wrist and Arms apparaît dans une compilation d'Abstract Magazine (Abstract Magazine Issue 5) accompagnée d'une interview.
Les frères Jones apparaissent dans ces premiers entretiens, calmes, posés, chaleureux et en retrait. Ils discutent du malentendu qui commence à s'installer autour de leur relation avec The Cure, de leur amour pour le Forever changes de Love, ou pour musique des Doors, de la lenteur de leur processus de création, et du sentiment d'être hors du temps et des modes, en vivant à la campagne. Celle-ci commence à être véritablement perçue comme une source d'inspiration, tant pour la musique, que pour les textes.
De Virus Meadow à Farewell to the Shade (1986–1991)