Une voix différente. Pour une éthique du care (anglais : ) est un ouvrage de la psychologue et philosophe américaine Carol Gilligan, paru en 1982.
Contenu
Gilligan analyse le raisonnement en morale, critique les thèses de Sigmund Freud, Jean Piaget et surtout la théorie du développement moral de Kohlberg. Elle leur reproche à tous les trois d'avoir considéré le développement de l'enfant de sexe masculin comme étant la norme du développement psychosocial, jugeant le développement féminin par rapport à cette norme comme déviant et moins avancé.
Gilligan défend une nouvelle éthique, l'éthique du ou éthique de la sollicitude. Elle s'intéresse aux raisonnements différents selon le genre et s'appuie sur des cas de psychologie de l'enfant et de l'adolescent.
Gilligan reproche à Kohlberg de sous-évaluer , en valorisant la notion de au détriment du ..
Elle critique l'interprétation que donne Kohlberg des réponses données par des enfants de , Amy et Jake, au dilemme de Heinz. La femme de Heinz est malade, et elle va mourir si Heinz ne lui fournit pas un médicament précis. Heinz n'a pas l'argent pour l'acheter, et le pharmacien qui le possède refuse de le lui donner. La question du dilemme est : Heinz doit-il voler le médicament ? Le petit garçon Jake répond que Heinz doit voler le médicament, et il déduit mathématiquement sa conclusion de la . La petite fille Amy, de façon différente de Jake, pense en termes de : pour elle, le pharmacien refuse de prendre en compte les besoins d'autrui. Elle donne des réponses hésitantes, cherche plusieurs solutions. Pour Kohlberg, Amy a atteint un stade de maturité morale moins élevé que celui de Jake. Kohlberg soutient que généralement les garçons atteignent plus rapidement que les filles le troisième stade, à savoir le raisonnement en termes de règles et de justice.
Gilligan cherche à réfuter les impliqués par la méthodologie d'enquête de Kohlberg, notamment dans . Gilligan veut montrer que le raisonnement moral des femmes n'est pas abstrait, repose sur une compréhension de la situation, des particularités et des relations entre les personnes. Elle en tire la notion de , fondée sur des qui induisent une et une activité de prise en compte des besoins d'autrui. Gilligan conteste les théories de la justice comme celles de John Rawls ou Jürgen Habermas.
Réception
est un ouvrage majeur de la deuxième vague féministe aux États-Unis. En France, son succès est plus faible, car il a été interprété comme un ouvrage essentialiste, .
L'ouvrage est traduit en français en 1986 et travaillé à partir des années 2000. Selon Clémence Ledoux, deux groupes étudient l'ouvrage et contribuent à sa : le groupe de Sandra Laugier, Patricia Paperman et Pascale Molinier, et celui de Fabienne Brugère.
Critique
Une autre théoricienne du , Joan Tronto, critique la réduction du aux femmes, qui seraient . Gilligan soutiendrait une forme de féminisme essentialiste et différentialiste. Joan Tronto reproche aussi à l'ouvrage de Gilligan de ne pas prendre suffisamment en compte les données empiriques, notamment le fait que les hommes de l'échantillon étudié sont et . Au contraire, les hommes afro-américains auraient eux aussi selon Tronto des raisonnements moraux similaires à ceux des femmes, ce qui atténue les différences hommes/femmes supposées. Tronto écrit son livre (Un Monde vulnérable en français) pour et montrer que son éthique concerne .
La notion de comporte trois ambiguïtés selon Clémence Ledoux : la délimitation de ses activités, et .
Notes et références
Voir aussi Bibliographie . . . . . .
Articles connexes Éthique de la sollicitude Études de genre Féminisme Genre Joan Tronto
Catégorie:Controverse en psychologie Catégorie:Essai féministe Catégorie:Essai paru en 1982 Catégorie:Œuvre de philosophie morale Catégorie:Psychologie de l'enfant et de l'adolescent