Notre-Dame de Kibeho est le nom sous lequel est invoquée la Vierge Marie telle qu'elle serait apparue à trois jeunes filles (Alphonsine Mumureke, Nathalie Mukamazimpaka et Marie-Claire Mukangango) à Kibeho, petit village du sud du Rwanda, du au . Ces apparitions, dont le message porte sur la prière, la conversion des cœurs et sur le risque d'une guerre prochaine (génocide des Tutsi au Rwanda) si les chrétiens ne se convertissent pas, ont d'abord été l'objet de méfiance de la part de l'entourage des présumées voyantes.

Une enquête canonique a amené l'évêque a autoriser le culte de Notre-Dame de Kibeho en 1988, puis de démarrer la construction d'une première chapelle en 1992. Après le génocide contre les tutsis, le sanctuaire marial reprend ses activités et les pèlerinages se développent.

En 2001, Augustin Misago, évêque de Gikongoro, prononce la reconnaissance officielle de ces apparitions. Kibeho devient un centre de pèlerinage connu même à l'extérieur du pays.

Les apparitions

Historique

Dans la journée du , une jeune élève du collège de Kibeho, Alphonsine Mumureke, déclare voir d'une beauté incomparable qui se serait présentée à elle comme la . Elle l'identifie aussitôt comme la Vierge Marie. Le phénomène va se reproduire à de nombreuses reprises, que ce soit en privé ou en public.... L'apparition est décrite comme ..

Les premières réactions sont pour la plupart méfiantes, notamment de la part des professeurs du collèges et des autres élèves. Rapidement, deux autres élèves du collège assurent avoir vu la Dame. Il s'agit de Nathalie Mukamazimpaka, à partir du , et de Marie-Claire Mukangango à partir du . Même si les critiques et la méfiance restent vives, un groupe d'élèves et de professeurs assistent à des réunions avec les présumées voyantes où l'on récite le chapelet. Bientôt, la nouvelle se répand en dehors du collège et du village. On vient de la région entière pour voir les présumées voyantes mais surtout assister aux apparitions publiques. Les et , on compte environ venues assister aux présumées apparitions.

Le Il y aurait eu deux apparitions les 15 et 19 août avec des messages proches. Les sources confondent et fusionnent parfois les deux événements. Les sources sont peu précises sur la ventilation des événements sur les deux dates. Nous ne citons qu'une seule date., les voyants décrivent la Vierge en pleurs. Devant D'autres sources donnent le chiffre de ., les trois voyantes Alphonsine, Nathalie et Marie-Claire, ont soudain des visions effrayantes : les jeunes filles se mettent à pleurer, claquer des dents et tremblent. La Vierge, disent-elles, leur montre , , , des cadavres abandonnés sans que personne vienne les enterrer. La foule en garde une impression de peur, de panique et de tristesse..

Très vite Nathalie et Marie-Claire disent ne plus avoir d'apparitions, et seule Alphonsine continue d'en bénéficier. Ces apparitions prennent fin le D'autres présumés voyants et voyantes continuent de déclarer bénéficier d'apparitions. Ni eux ni leurs apparitions n'ont été reconnus par l’Église catholique..

Génocide des Tutsi au Rwanda

230px|thumb|Mémorial du génocide installé dans l'église de Ntarama.|alt= Les visions des voyantes du vont être interprétées, a posteriori comme une des massacres du génocide de 1994.. Yves Chiron écrit, reprenant une lettre du adressée à l'auteur par un missionnaire local, le père Guy Theunis : .

Le , l'avion du président Rwandais, Juvénal Habyarimana est abattu par . En quelques heures La source indique que les refusaient le retour au pouvoir des Tutsis, et redoutant que le président ne cède aux pressions internationales, ils ont préféré l'abattre (en faisant reporter la faute au parti adverse). et accusent l'opposition armée du FPR d'être les auteurs du tir de missile. Ils assassinent tous les ténors de l'opposition hutue et déclenchent le génocide contre les Tutsis présents dans le pays, et qui sont . C'est le début d'un énorme génocide qui va durer d'avril à . Les massacres feront plus de , et près d'un million de tués durant tout le génocide.

Les extrémistes appellent la population à tué dans son avion. Ils sont relayés par les autorités locales et qui répètent les appels à la haine et au meurtre. Plus aucune autorité religieuse n'ose élever la voix pour stopper cette folie meurtrière. Les lieux de culte, qui ont toujours servi de refuge pour les Tutsis pourchassés, ne sont plus respectés en 1994. Même les civils réfugiés dans les églises sont tués.

Reconnaissance

Le , l'archevêque de Kigali consacre le Rwanda à la Vierge et confie au père Augustin Misago le soin de constituer une commission d'enquête pour étudier les apparitions de Kibeho. Celui-ci s'entoure de théologiens et après étude rend un avis positif.

Le , Jean-Baptiste Gahamanyi, évêque de Butaré, autorise le culte public de Notre-Dame de Kibeho. La construction d'une est décidée. La première pierre est posée le .

Les apparitions sont reconnues officiellement le par Augustin Misago, évêque du lieuEn 1992, le diocèse de Butare est scindé en deux, et le diocèse de Gikongoro est créé. Cela explique le changement de juridiction épiscopale entre le début des apparitions et la reconnaissance canonique.. Le décret de reconnaissance est promulgué au cours de la messe solennelle du . Cette messe est concélébrée dans la cathédrale de Gikongoro en présence du nonce apostolique au Rwanda, de tous les membres de la Conférence Épiscopale du Rwanda, de nombreux prêtres des différents diocèses du pays, de religieux et religieuses, et de fidèles laïcs venus d’un peu partout.. Cette reconnaissance officielle par l'Église est la première qui a eu lieu sur le continent africain.

La fête de Notre-Dame de Kibeho est célébrée le ..

Message spirituel

En recoupant les messages que la Dame aurait transmis à Alphonsine, Nathalie et Marie-Claire, pour l’Église catholique, le message spirituel de Kibeho, se résumerait ainsi : un appel à la conversion et à la sincérité de la prière, et même une .. la tristesse de la Vierge en regardant le monde (les voyantes témoignèrent de ses pleurs). Elle leur aurait confié que le monde court à sa perte sans la conversion (sincère) des cœurs. souffrir pour le salut du monde. La Dame leur aurait dit : . la récitation régulière du rosaire et la remise à l'honneur du chapelet de Notre-Dame des Douleurs Une source indique que le est une dévotion ancienne pratiquée chez les Servites de Marie. Cette dévotion est peu connue. et que, si récité en le méditant, il donnerait . la construction d'une chapelle à Kibeho. prier pour l’Église.

Les messages transmis par les voyants .

Notoriété et influence Le sanctuaire marial de Kibeho thumb|270px|L'esplanade des apparitions dans le sanctuaire.

Après une enquête canonique diligentée par le diocèse, le culte à Notre-Dame de Kibeho est autorisé en 1988. Une première chapelle est mise en construction en 1992. Le site se développe rapidement pour répondre à l'afflux des pèlerins qui viennent même des pays voisins. Le génocide de 1994 et les violences qui suivent frappent durement la région. La paix retrouvée, le sanctuaire reprend son expansion. En 2003, le cardinal Crescenzio Sepe, vient inaugurer le sanctuaire appelant à la réconciliation des populations déchirées..

Face à la croissance des pèlerinages, une nouvelle église de grande capacité est mise en construction en 2020. Elle devrait être terminée en et permettre d'accueillir à l'intérieur, et dix fois plus sur l'esplanade extérieure. Le site accueille aujourd'hui plus de par an venant du Rwanda et de l'étranger. Les autorités civiles espèrent une croissance des pèlerinages et du tourisme sur ce lieu grâce à la mise en service de ces nouvelles infrastructures...

Statue de Notre-Dame de Kibeho

Selon la première voyante, Alphonsine Mumureke, l'apparition .

Après la déclaration de reconnaissance des apparitions en , Augustin Misago a lancé en septembre un premier concours d’artistes en suivant les renseignements fournis par les voyantes reconnues (renseignements collectés par la commission d'enquête canonique). Les premiers modèles fournis ont été trouvés décevants..

Un an plus tard, le , un nouveau concours a été organisé. Trois groupes d'artistes, tous anciens élèves de l'École d'art de Nyundo, ont été composés. Chaque groupe, composé de deux personnes a réalisé une statue d'argile cuite de . Nathalie Mukamazimpaka, la voyante présente sur le sanctuaire était régulièrement consultée par les équipes. Le suivant, un jury a été composé pour apprécier les réalisations. Après un long débat, le jury a choisi parmi les trois modèles présentés. Le jury a demandé aux artistes de . Après un mois de travail, un nouveau modèle a été présenté. De nouvelles améliorations ont été demandées, notamment concernant le symbolisme des fleurs. Une autre statue est commandée à un artiste de Ruhengeri. Celui-ci s'inspire des précédents modèles, qu'il retravaille pour sculpter une statue en bois coloré. Le modèle est présenté de nouveau au jury à Kibeho le . Le jury l'adopte définitivement malgré des imperfections qui persistent visiblement car . La statue définitive est commandée à l'atelier de Marek Kowalski, artiste polonais, professeur à l'Académie des beaux-arts de Varsovie. La statue, terminée le , est envoyée par avion pour être bénie et intronisée dans le sanctuaire le .

D'après l'évêque, la statue n'est pas de la Vierge apparue à Kibeho, mais . La statue, sculpté dans du bois et colorée mesure . Les fleurs vues par les voyantes aux pieds de la Vierge, lors des apparitions sont regroupées en trois catégories différentes. Elles symbolisent les hommes, notamment les foules de Kibeho, telles qu’elles sont devant Dieu en général et face au message de Kibeho donné par la Vierge. Ces fleurs au milieu desquelles Marie flotte constituent un des signes distinctifs de la statue de la Vierge de Kibeho.

Dans le reste du monde

Notes et références Notes

Références

Annexes Bibliographie . . . . .

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Articles connexes Apparitions mariales de Kibeho Sanctuaire marial de Kibeho

Liens externes

Centre de formation mariale de Kibeho. Texte de reconnaissance des apparitions.

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