Les gardingues, ou plus rarement gardinges (en ; en ), désignaient dans le royaume wisigoth d'Espagne un groupe de nobles palatins.
Étymologie Le terme gardingi (singulier : gardingus), qui apparaît au dans les actes des conciles de Tolède, pourrait dériver du gotique gards, « maison », suivi du suffixe d'origine germanique -ing, et signifier « compagnon de la maisonnée, garde du corps »Définition du mot gardingus, sur linguaeterna.com.
Selon une autre hypothèse, ce terme dérive du gotique wardja, « garde, gardien » Leo Wiener, Commentary to the Germanic Laws and Medieval Documents, The Lawbook Exchange, Ltd., 1915, (extrait en ligne). Gothic - English Dictionary : wardja, sur translategothic.com. (proto-germanique : *warduz Définition du mot *warduz dans le Wiktionnaire en anglais. ou *wardaz).
Fonction Issus de familles nobles, les gardingues résidaient le plus souvent à la cour tolédane mais sans y occuper d'emplois, et ne venaient, dans la hiérarchie nobiliaire, qu'après les ducs et les comtesEugène Rosseeuw Saint-Hilaire, Histoire d'Espagne depuis les premiers temps historiques jusqu'à la mort de Ferdinand VII, I, Paris : Furne et , Libraires-Éditeurs, 1844, (lire en ligne)..
Pour Herwig Wolfram, les gardingi correspondaient approximativement aux domestici romains Herwig Wolfram, History of the Goths, University of California Press, 1990, (extrait en ligne). .
Pour Claudio Sánchez-Albornoz, les gardingi étaient au roi wisigoth ce que les leudes étaient au roi franc, et formaient une classe préféodaleCharles Verlinden, « Sanchez Albornoz (Claudio). En torno a los origines del Feudalismo », In: Revue belge de philologie et d'histoire, vol. 29, , 1951, (lire en ligne). : le roi se serait constitué une clientèle de fidèles (les gardingi) qui, liés par serments et dotés de terres, l'auraient garanti contre l'ambition des grands noblesPierre Riché, Les Invasions barbares, coll. « Que sais-je ? », 4 éd., Paris, PUF, 1968, ..
Les gardingues devaient former autour des rois wisigoths de la seconde moitié du et du début du , une sorte de garde personnelle, et devaient être les équivalents des antrustions francs, des gasindi lombards, des thanes anglo-saxons et peut-être aussi des spatharii byzantins.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Claudio Sánchez-Albornoz, En torno a los orígenes del feudalismo : Fideles y gardingos en la monarquía visigoda, Universidad Nacional de Cuyo, 1942. Dionisio Pérez Sánchez, El Ejército en la sociedad visigoda, Universidad de Salamanca, 1989. P. D. King, Law and Society in the Visigothic Kingdom, Cambridge University Press, 1972.
Articles connexes Vassalité Féodalité
Catégorie:Noblesse Catégorie:Royaume wisigoth Catégorie:Vocabulaire du droit romano-germain