L’industrie automobile française s'est rapidement développée et est devenue une des industries les plus importantes du . Le secteur automobile est un secteur majeur de l'économie française, représentant 16 % du chiffre d'affaires de l'industrie manufacturière française.. La France fut une des nations pionnières de l’automobile, grâce à de célèbres marques telles que de Dion-Bouton, Panhard-Levassor, Delahaye, Peugeot, Chenard et Walcker ou Renault (fondées au ) et plus tard de Citroën, Voisin, Bugatti, Delage ou Simca fondées au , dont certaines existent encore aujourd’hui.

Avant 1939, l’industrie automobile occupait d’ailleurs le premier rang des industries mécaniques en France. Elle jouait un rôle essentiel au sein de l’économie française, du fait de la demande de matières premières, mais aussi par le nombre des ouvriers employés, par le montant de son chiffre d’affaires ainsi que par la place tenue dans la balance commerciale.. Aujourd’hui, l'industrie automobile française reste une des principales industries automobiles au monde. Cependant, en raison d’une concurrence féroce entre constructeurs, l’industrie automobile française occupe désormais le rang de la production automobile mondiale avec produits en 2021..

Actuellement, les groupes de sociétés les plus importants de l'industrie automobile française sont le Groupe Renault-Nissan et le Groupe PSA (intégré depuis 2021 dans Stellantis), qui sont respectivement les et automobiles mondiaux, en termes de véhicules vendus en 2016.

Histoire thumb|Fardier à vapeur de Joseph Cugnot en 1770, la toute première automobile au monde. thumb|1891, Panhard & Levassor thumb|1899, Renault Type A thumb|1903 Berliet 20CV Demi Limousine thumb|1906 Pilain Véhicule postal

Le est une époque marquée par une forte accélération du progrès techniques, conduisant à l'invention de l'automobile à la fin de ce siècle. Les pionniers français qui ont permis l’origine de l’automobile sont souvent méconnus : plusieurs d’entre eux déposent dans l'indifférence générale les brevets qui devaient déboucher sur le moteur à explosion que nous connaissons, tels qu’Étienne Lenoir en 1860 ou Alphonse Beau de Rochas en 1862. De même pour Édouard Delamare-Deboutteville et Léon Malandin, qui connaissent tout de même un succès avec leur moteur fixe à usage industriel, mais n'intéressèrent personne avec leur prototype de voiture à moteur à essence.

Cependant, ce n'est pas avec le moteur à explosion que naît l'industrie automobile mais avec la vapeur. Ses pionniers, Amédée Bollée père, Léon Serpollet, Georges Bouton et Charles Trépardoux (de Dion-Bouton)… ont les premiers inventé, construit et vendu des véhicules automobiles, créé des ateliers, puis des usines.

Lors de l’exposition universelle de 1889 à Paris, Émile Levassor découvre un modèle de moteur présenté par Benz et Daimler. Associé à René Panhard, il obtient la licence de fabrication du moteur bicylindre Daimler pour la firme qu’il formera avec son ancien condisciple : Panhard & Levassor. L’activité automobile de cette société commence dès 1891 avec la construction de voitures à pétrole, peu avant Peugeot, qui abandonnera la vapeur à cette époque. La légèreté et les progrès du moteur à explosion porteront rapidement tous les constructeurs à en adopter le principe au détriment des lourdes voitures à vapeur.

Quelques ingénieurs (Charles Jeantaud, Camille Jenatzy, Louis Krieger, Charles Mildé…) ont cependant développé et promu l'alternative électrique que le poids, l'autonomie et les difficultés de recharge des batteries ont handicapé jusqu'au début du . Cette technologie a connu au début du et durant la deuxième guerre mondiale une petite production en marge de celle du moteur à essence.

Peu à peu, les voitures sans chevaux commencent à faire leurs preuves, étant capables de suivre de longues distances. En 1891, une Peugeot suit avec succès la course cycliste Paris-Brest, et en 1893 une Panhard réalisera un trajet Paris-Nice dans des conditions remarquables pour l’époque. L’automobile entre désormais dans la vie des Hommes, de nombreux clubs de course automobile sont fondés, dont l’Automobile-Club en 1895, le premier créé au monde. La première épreuve sportive automobile organisée dans le monde a lieu cette même année, sur le parcours Paris-Bordeaux-Paris.

En 1898, la première exposition internationale d’automobiles au monde, le premier Salon de l’Auto, est organisé au Jardin des Tuileries à Paris. La même année, Louis Renault, alors âgé de 21 ans, construit de ses mains sa toute première voiture : la Renault type A. Quelques mois plus tard, perfectionnant la boîte de vitesses mise au point par Panhard & Levassor, il fera breveter la prise directe, invention considérable qui sera reprise par tous les constructeurs de l’époque. Louis Renault fera ainsi sa fortune.Victor Vermorel construit et vend sa première voiture.

En 1899, la Jamais Contente électrique de Jenatzy porte le record du monde de vitesse au-dessus des 100km/h. Serpollet dépasse les 120 avec un autre moteur électrique en 1902. La même année la Mors emporte le pompon avec 122 km/h, imposant la supériorité du moteur à essence sur son rival.

Les plus importants producteurs mondiaux d'automobiles sont alors de Dion-Bouton, Panhard-Levassor et Peugeot. En 1900, la France (sans l'Alsace-Lorraine) produit 4800 voitures, dont un tiers est exporté, l'Allemagne 800 et la Grande-Bretagne 175.

1900-1929 thumb|1912 Lorraine-Dietrich 12 HP Torpedo thumb|1925 Avions Voisin C3 Cabriolet Transformable Le Grand Palais est construit pour l’exposition universelle de 1900. En 1901, le troisième Salon de l’Auto y est organisé et le Grand Palais devient ainsi le temple de l’automobile, jusqu’en 1961.

L'automobile progresse sur le plan technique. Le châssis métallique en tôle d'acier emboutie a été adopté par la majorité des constructeurs. Les moteurs ont un, deux ou quatre cylindres, le quatre cylindres se généralisant vers 1905. Ils possèdent des soupapes automatiques, et tournent aux environs de . Le mouvement est d'abord transmis aux roues par chaînes, puis à partir de 1905 se développent de véritables transmissions. Les brûleurs ont disparu, remplacés par l'électricité. Pour obtenir cette électricité, on propose des accumulateurs. Les amortisseurs font également leur apparition.

Sur le plan sportif, l'automobile soulève l’enthousiasme des foules. Les courses se multiplient et prennent une importance considérable. La France remporte nombreux de ces événements : Panhard gagne le Paris-Bordeaux-Paris et le Paris-Marseille, De Dion la course Marseille-Nice, Bollée le Paris-Dieppe, Mors le Paris-Berlin et Marcel Renault remporte le Paris-Vienne..

En 1906, le pneumatique l'emporte définitivement sur la roue élastique. Cela est notamment dû aux succès remportés par le pneumatique dans les courses. Michelin, qui a popularisé son fameux Bibendum dès le premier salon de 1898, domine largement le marché français et commence à installer des usines en Europe et aux États-Unis, en 1908. Les moteurs six-cylindres apparaissent à cette époque, ainsi que l'embrayage à disque ou hydraulique.

En 1908, les constructeurs français produisent près de et ont toujours la première place en Europe. À cette époque, les constructeurs américains dépassent largement les productions des autres pays, avec produites.

En 1914, la production automobile française ( au total) s'établit comme suit : Peugeot (), Renault (), Berliet (), de Dion-Bouton, Panhard (). Par ailleurs, Ford produit aux États-Unis.

À la sortie de la guerre, le parc automobile français comporte , soit une voiture pour . Cependant, face aux États-Unis, où l'on compte un automobiliste pour 18 habitants, le retard de l’Europe se fait largement sentir. Un nouveau nom de l’automobile apparait avec André Citroën en 1919, qui applique l’organisation scientifique du travail de Taylor (Taylorisme), également utilisée par Ford. Dès 1919, il présente sa première voiture, la Citroën type A, premier exemple européen de construction en série (100 unités par jour en 1919). Tout comme Ford, André Citroën veut construire des voitures « populaires » et décide de produire la cinq chevaux. Mais la concurrence est rude, notamment avec la quadrillette de Peugeot, Amilcar et la KJ de Renault.

À la suite du projet avorté de Lucien Rosengart en 1926 d'associer sur le modèle de la Général Motors américaine les firmes Peugeot, Berliet et Chenard et Walker, certaines firmes n'ayant pas les moyens industriels suffisants pour résister à la concurrence des grands constructeurs tentent de s'unir pour produire et distribuer leurs voitures à moindre coût. Chenard et Walcker crée ainsi le consortium DUC (initiales de Delahaye, Unic et Chenard), qui rassemble bientôt Chenard, Delahaye et Rosengart (devenu entre-temps constructeur à part entière) avant de s'évanouir faute de synergies bien pensées et de concurrence entre les membres.

En 1925, la production augmente lentement, avec une production de .

Les six principaux constructeurs en 1927 sont : Citroën, Renault, Peugeot, Mathis, Donnet, Chenard et Walcker.

En 1929, la France possède une voiture pour 39 habitants. L'industrie automobile fabrique près de en un an, ce qui constituera la plus grosse production de l’entre-deux-guerres.

1930-1939 thumb|1936 Bugatti type 57SC Atlantic thumb|1937 Delage D8 120 Aérosport Coupé thumb|1939 Delahaye Type 165 Cabriolet La crise économique de 1929, provenant des États-Unis, fait également écho en Europe. Les conséquences de cette crise se feront sentir pendant plusieurs années en France. Elle entraîne au cours de années 1930 la disparition ou le rachat de nombreux constructeurs, dont certains de la première génération : Ballot, Chaigneau-Brasier, Charron, Citroën (racheté par Michelin), de Dion-Bouton, Delage (repris par Delahaye), Delaugère et Clayette, Donnet (usine vendue à Simca), Farman, Gobron-Brillié, Hurtu, Lorraine, Morris-Léon Bollée, Motobloc, Rochet-Schneider, Rolland-Pilain, Zèbre Dans une deuxième fournée les conséquences de la crise de 1929 et de mauvais choix industriels emporteront Amilcar (repris par Hotchkiss), Hispano-Suiza, Voisin De 153 constructeurs en 1924, la France passe à 90 en 1929 et à 31 en 1939. Durant cette sombre période, les constructeurs automobiles français ont dû s'adapter au contexte, en proposant des voitures économiques produites en grande série, à l'américaine. En 1929, Peugeot lance la 201 qui connaîtra un fort succès.

Au Salon de l'Auto de 1932, Citroën présente sa Rosalie ( à 93 km/h de moyenne). La marque Peugeot, quant à elle, expose la 301 et Renault la Monaquatre. Au Salon de 1934, la grande nouveauté est la Citroën à traction avant, celle que l'on baptisera « La traction », première voiture à carrosserie monocoque intégrale en acier sans châssis. Elle sera produite pendant vingt-trois ans.

Lors du Salon de l'Auto de 1936, Peugeot, qui avait lancé l'année précédente la 402, applique de nouveau ses innovations à la 302 avec d'autres aménagements : roues avant indépendantes ou encore châssis indéformable. Renault continue ses familles de 4 et 6 cylindres et va même jusqu'à 8 cylindres avec la Nervastella, dont un modèle est présenté par le carrossier Labourdette. Panhard étonne avec la Dynamic à direction centrale et aux phares encastrés dans les ailes.

Durant l'exercice 1938-1939, la production se concentre chez les quatre « grands » : Citroën ( particuliers), Peugeot (), Renault () et Simca (), suivis de Matford () et Rosengart (). Seize autres marques totalisent particuliers.