Le d'infanterie (), dit « régiment de Lorette », est un régiment d'infanterie de l'Armée de terre française formée à trois bataillons en 1887. Cette unité a pris part à la Première Guerre mondiale, à la Seconde Guerre mondiale et à la guerre d'Algérie.
Création et différentes dénominations : formation du . : dissolution. : recréé comme . : dissolution. : recréé comme . : dissolution.
Chefs de corps
Historique des garnisons, combats et batailles du De 1871 à 1914 vignette|Soldats du en tenue alpine, vers 1907-1909. Le doit sa création à la réforme de l’infanterie portée par la loi du . Mise en application le , elle réduit à trois bataillons chacun des 144 régiments existants et en forme 18 nouveaux, à raison d'un par région militaire, prenant la suite des numéros disponibles, de 145 à 162. Trois d’entre eux, le , le et le sont affectés à la défense des Alpes, spécialité qui les distinguera et qu'ils partageront jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale, sans pouvoir être confondus avec les chasseurs alpins, créés pour leur part en 1888.
La vocation alpine du à sa création lui vaut parfois la dénomination, plus usuelle qu’officielle, de régiment d’infanterie alpine (RIA). Il a pu être qualifié de « régional » mais uniquement par référence à ses conditions de création (un régiment par région) et n’a aucun rapport avec le régiment régional () qui a existé dans les Alpes-Maritimes en 1939-1940. C’est sans aucun doute par erreur qu’il apparaît parfois comme régiment de forteresse (RIF) dans la période 1939-1940 car tel n'a jamais été son statut. Il est en revanche possible de le trouver, mentionné sous la plume de militaires de l'époque, comme régiment d'infanterie de campagne, précisément par opposition à l'infanterie de forteresse. Quand on l'appelle RIM ce n'est pas en tant que régiment mécanisé mais au titre de l'infanterie métropolitaine, par distinction d'avec l'infanterie coloniale, ou au titre de l'infanterie de montagne. Le terme traditionnel de d’infanterie de ligne est possible mais l’appellation la plus simple reste celle de d’infanterie, abrégée en « 15-8 » par l’usage militaire. Depuis la Première Guerre mondiale il arrive qu’on le connaisse mieux en tant que , surnom acquis par ses faits d’armes sur la colline de Notre-Dame-de-Lorette, au cours de la bataille de l'Artois en 1915.
Le est formé le avec : le du d'infanterie ; le du d'infanterie ; le du d'infanterie.
Il est affecté dans les Alpes, comme ses voisins numériques le et le . Il stationne un temps à Briançon où il est relevé en par le . L’organisation des trois régiments se stabilise rapidement. À partir du , le et le constituent la « brigade régionale de Lyon ». Leur état-major et une partie des effectifs stationnent à Lyon tandis qu’une autre partie occupe des postes en altitude, le dans la vallée de l'Ubaye, le dans celles de la Tarentaise (Moûtiers, Bourg-Saint-Maurice) et de la Maurienne (Modane, fort du Replat, L'Esseillon). Le stationne quant à lui à Briançon où il va devenir un pionnier de l’utilisation du ski. Les trois régiments sont dotés chacun d’un quatrième bataillon en , afin de permettre l’occupation d’ouvrages fortifiés récents. Les bataillons d’infanterie basés en montagne conservent la tenue de l’infanterie mais adoptent le grand béret des chasseurs et les bandes molletières (c’est ainsi qu’on peut voir sur des photographies d’époque des soldats du côte à côte, portant des tenues différentes : grand béret ou képi, bandes molletières ou guêtres, ceinture large en tissu (taillole) ou ceinturon en cuir).
Un bataillon du participe aux manœuvres de Maurienne d’, avec une partie du , du , et près de dix bataillons de chasseurs alpins, en présence du président de la République, Félix Faure. Lors de la catastrophe du , un détachement du aide au déblaiement du village de Fourneaux, près de Modane, dévasté par la crue du torrent de Charmaix. De 1910 à 1912 le du est détaché à Sidi Bel Abbès.
La période alpine du prend fin en . La brigade régionale de Lyon est supprimée et le 15-8 au complet est envoyé à la frontière des Vosges, au sein de la d’infanterie, lors de la création du dans l’est de la France. Son état-major et le stationnent à Bruyères, le à Fraize, le à Corcieux. Dans cette phase qui précède la Première Guerre mondiale, les effectifs du proviennent des populations lyonnaise, savoyarde, charentaise et vosgienneHistorique du d’infanterie, campagne 1914-1919, Imprimerie Berger-Levrault et , , 3..
Première Guerre mondiale vignette|Soldats du vers 1915. En 1914 casernement : Bruyères, Fraize, Corcieux, à la d'infanterie, à la d'infanterie, d'armée. À la mobilisation, il met sur pied son régiment de réserve, le .
Pendant la guerre de 1914 à 1918, il a combattu, notamment à Lorette, dans le Pas-de-Calais. Le régiment était composé en partie de Lyonnais.
1914 Opérations d'Alsace. et : Saint-Blaise-la-Roche, - : bataille du col de la Chipotte 24 août - : la trouée de Charmes, Ménil-sur-Meurthe. La Marne : camp de Mailly, Sompuis (), Souain, Bois Sabot ( et suivants). Bataille d'Ypres : canal de Douai (octobre), Cambrin, Vermelles, tranchées de Noulette, bataille des Flandres (combats de Kemmel et moulin de Spanbroke du 3 au , mont Saint-Eloi du 10 au 15, Hooge du 16 nov. au ).
1915 Mars : le dépôt du forme deux compagnies du d'infanterie. Bataille de l'Artois. Attaque du Grand Éperon de Notre-Dame de Lorette (15 au ) ; attaque de la tranchée des Saules le ; prise du plateau de Notre-Dame-de-Lorette Lorette () ; Fond de Buval et Chemin Creux le ; bois en Hache le .
1916 Bataille de Verdun : fort et village de Vaux (9 au et au ), Damloup, Tavannes. Champagne, Tahure, bataille de la Somme Soyécourt, Vermandovillers, puis Ablaincourt (). L'hiver 1916-1917 se passe en repos, instruction et entraînement en Haute-Saône et en Alsace.
1917 Chemin des Dames (fin mai). Aisne : bataille de la Malmaison du 23 au (talus de la Bascule, tranchée des Hérissons).
1918 vignette|Le drapeau du est présenté à la reine des Belges Élisabeth en 1918. Vosges: Bruyères. Aisne : Arcy, Branges, Bézu, bois de Belleau (), ferme de Paris (). Champagne : Perthes, butte de Tahure et bois du Bouc (), côtes 193, Orfeuil, ferme du Tremblat (25 au ).
Entre-deux-guerres Suites de la Première Guerre :
En 1938, Édouard Herriot président de la Chambre des députés, maire de Lyon, inaugure un monument à la gloire du régiment sur les lieux des combats. Le monument, élevé sur la route nationale de Béthune à Arras entre Aix-Noulette et Souchez, au pied du plateau de Lorette, est discret comme il convient pour commémorer tant d’humbles sacrifices. C’est une stèle sur laquelle les passants peuvent lire : "À la gloire du , le Régiment de Lorette. - Ce monument a été élevé par les survivants du à la mémoire des morts du secteur de Lorette - Grand Éperon, Tranchée des Saules, Fond de Buval, Bois en Hache - et en souvenir de leurs camarades tombés sur les divers champs de bataille en 1914-1918". vignette|Conscrits partant de la gare de l'Est en 1929 pour effectuer leur service militaire. Les jeunes gens en uniforme appartiennent au . Entre-deux-guerres :
À la fin de la Première Guerre mondiale, le est regroupé à Strasbourg. Il fait plusieurs déplacements de durée variable en Allemagne : quelques jours en ; du à , en Rhénanie ; de janvier à au nord de Dusseldorf. Le , le est dissous tandis que sont mis sur pied les et de mitrailleurs. Jusqu’en 1939, le RI est en stationnement à Strasbourg (caserne Stirn). Un de ses bataillons est détaché à MutzigBref historique du régiment, archives militaires.
Dans cette période, le 15-8 est le régiment représentatif de Strasbourg.
Seconde Guerre mondiale vignette|À Thulin (Belgique), le 23 mai 1940, des soldats du portent un des leurs blessé, encadrés par un Allemand. Ils passent devant un des canons de 25 antichars du régiment.
Réorganisé début avec deux bataillons, le premier issu du BCP et RI, le second élément de la DI sous les ordres du lieutenant-colonel Puccinelli.
Régiment d'active mobilisé sur le type Nord-Est au centre mobilisateur d'infanterie de Strasbourg / Mutzig, le appartient à la d'infanterie.
Le subit de lourdes pertes au cours des combats à Boussois et Elesme le .. Le III/ échappe à l'encerclement et se replie sur Thulin en Belgique. Il en chasse des unités de reconnaissance de la d'infanterie allemande mais est capturé par l'Infanterie Regiment 469.
Après 1945 En sous les ordres du lieutenant-colonel René Babonneau le participe à la libération de l'île d'Oléron (opération Jupiter) fin . Le , le d'infanterie est affecté à la d'infanterie. C'est dans ce cadre qu'il intervient en Allemagne en octobre, avant d'y être dissous, le , à Jettenbach.
Guerre d'Algérie Entre 1960 et 1962, le fut déployé autour de Mascara (Secteur placé sous les ordres du Colonel Chalandon) Le - commandé par le lieutenant-colonel Calmon- était bataillon de soutien du secteur de Mascara. Les divers services et la Compagnie de soutien du 15-8 étaient hébergés au quartier Ben Daoud à Mascara, dans une moitié de la caserne (l'autre moitié étant occupée par la Légion étrangère). Une compagnie opérationnelle était implantée à Saint Hyppolite en soutien du Quartier de Pacification Nord du secteur de Mascara. La du 15-8 était compagnie de soutien du QPS (Quartier de Pacification Sud) à Thiersville. Le QPS fut successivement commandé en 1960 par le commandant Daly puis en 1962 par le Commandant Geoffroy ; l'officier-adjoint était le lieutenant Vernet; l'officier de renseignement: le sous-lieutenant Fuchs (1° homonyme) aidé du sergent-chef Armand ; l'officier chargé de l'action psychologique: le sous-lieutenant Thomas; un médecin militaire intervenait aussi au dispensaire civil situé près de la mairie de Thiersville). Le commandant de la était le lieutenant d'active (2 barrettes) Fuchs (2° homonyme) puis le capitaine Roger. Trois sections étaient dispersées dans les douars: la aux Aoufs (ferme Mauriès) commandé par un sous-lieutenant: Rachel puis Zimmer ; la à la "ferme des 4 chemins" (non loin de la BAN base aéronavale de Thiersville) avec le sous-lieutenant Lebodo la à Béniane près du "village de regroupement" avec le sous-lieutenant Lagarde
la -commandée par l'Adjudant-chef Lemmelet, ancien d'Indochine(, aidé du sergent d'active Jean Vignal (sous-chef de section et tireur à la mitrailleuse 12-7 du half-track - elle était cantonnée à Thiersville près de la piscine dans une ancienne ferme et dans l'ancien marché couvert. Elle comprenait -outre les Officiers et Sous-Officiers d'active- un important groupe de harkis. NB 1: Le responsable administratif de la 3° compagnie -un sous-officier- (chargé entre autres tâches de distribuer aux "Appelés" -2 fois par mois- la solde et les paquets de cigarettes spéciales "troupe".) fut, entre Nov 1960 et Av 1962, Mrs Castel, Maruitte, Duporche... NB 2: Le avait - à Mascara- la garde du drapeau régimentaire hérité de la 1ère Guerre mondiale. la avait elle aussi son fanion aux couleurs du 15-8 . Déployé habituellement au mur dans le bureau du commandant de Compagnie, il était sorti au moment des prises d'armes comme le ou le changement de Commandant de Compagnie (Témoignage d'un "appelé" qui a effectué son service militaire à Thiersville de à ). Après les accords d'Évian de entre la délégation du gouvernement français (conduite par le ministre Louis Joxe) et la délégation du GPRA (gouvernement provisoire de la république Algérienne) conduite par M.Krim Belkacem, le fut officieusement dissous; les militaires furent répartis dans d'autres unités -le de chasseurs portés par exemple- ou versés dans une unité, nouvellement constituée de la force locale pour l'ordre (UFLO).