Troisgots est une ancienne commune française du département de la Manche et de la région Normandie.

Devenue le une commune déléguée au sein de la commune nouvelle de Condé-sur-Vire, le statut est supprimé au par décision du conseil municipalConseil : suppression des mairies annexes Conseil municipal du 30 janvier 2020 - délibération 4 : Suppression des communes déléguées à compter du ..

Géographie Localisation Situé dans le Pays saint-lois, le bourg de Troisgots est à au nord de Tessy-sur-Vire et à au sud de Saint-Lô, préfecture de la MancheDistances routières les plus courtes selon Viamichelin.fr.. L'atlas de paysages de la Basse-Normandie place la quasi-totalité du territoire communal dans l'unité de la vallée de la Vire aux « paysages variés mais déterminés par un encaissement profond du cours d’eau »., mais en limite est de la « Manche centrale », caractérisée par un bocage fermé au faible relief..

Géologie et relief Le point culminant () se situe sur la colline dominée par le bourg, au nord de celui-ci, près du lieu-dit le Presbytère. Le point le plus bas () correspond à la sortie de la Vire du territoire, au nord, au pied de cette colline. La commune est bocagère.

Hydrographie Troisgots est dans le bassin de la Vire qui délimite l'ouest du territoire. Son affluent, le Marqueran, fait fonction de limite sud et un affluent de celui-ci délimite le sud-ouest. Les eaux du nord du territoire sont collectées par un autre affluent de la Vire, la rejoignant au niveau de Condé-sur-Vire.

Climat Le climat est océanique, comme dans tout l'Ouest de la France. La station météorologique la plus proche est Granville-Pointe du Roc, à , mais Caen-Carpiquet est à moins de Distances orthodromiques selon le site Lion 1906..

Urbanisme Lieux-dits, hameaux et écarts Les lieux-dits sont, du nord-ouest à l'ouest, dans le sens horaire : les Poiriers, l'Aunay, les Cancères, les Corvées, la Croix Rouland, la Pastairie (au nord), le Mesnil-Guillaume, les Monts, la Henrière, la Vesquerie, la Fosse, le Presbytère, l'Angerie, l'Étournière, la Herbaudière, le Bos Russe, le Grand Val de Vire, le Pendant, le Petit Val de Vire (à l'est), la Rocque, la Chapelle-sur-Vire, le Jardin, le Bois (au sud), le Hamel, la Pézerie, le Bourg, l'Épannerie, la Lande Mathieu, le Val Rainfray, l'Écannerie, la Mercerie et la Couillardière (à l'ouest).

Voies de communication et transports Le bourg de Troisgots est à l'écart des principaux axes routiers départementaux. Deux routes départementales secondaires se croisent dans le bourg. La permet à l'ouest de retrouver Moyon et à l'est Torigni-sur-Vire. Vers le nord, la retrouve Saint-Romphaire et mène au sud-est au site de la Chapelle-sur-Vire, sur la route de Tessy à Condé-sur-Vire. Partant de la à l'est du bourg, la rejoint plus directement Condé au nord-est. L'A84 est accessible à au sud (sortie 39), par Tessy-sur-Vire.

Toponymie

Troisgots est mentionné sous les formes Tresgoth et Tresgoz au , la forme Troisgots apparaissant au ..

Certains ont proposé de manière conjecturelle les termes d'ancien français tres, tré « au-delà, à travers » (issu du latin trans) suivi de gaut « forêt, bois, bocage, terre inculte où poussent des broussailles » (issu du germanique *walduz « forêt », cf. allemand Wald, même sens), c'est-à-dire « au-delà du bois » en faisant sans doute référence à la topographie locale et plus particulièrement à la pente de la colline descendant vers le cours de la Vire qui est dénommé le bois sur le cadastre.

Cela dit, les formes anciennes en -goth / -goz contredisent cette hypothèse, car gaut a de nombreuses variantes attestées waut, gault, gaud, gal, etc., mais pas *got. En outre, toute relation avec la topographie est hasardeuse. La forme Trois- est une francisation, car Tré- a été interprété comme le terme normand treis signifiant précisément « trois ». Le second élément -goth / -goz implique plutôt une relation avec l'anthroponyme Goz.

Le nom du village est probablement à l'origine du patronyme Tresgots, à moins qu'il s'agisse de l'inverse, qu'on trouve historiquement presque exclusivement dans le département de la MancheSite de Géopatronyme : répartition du patronyme Tresgots..

Le gentilé est Trégeois.

Histoire Moyen Âge Un sire (Geoffroy ?) de Tregoz figure parmi les compagnons de Guillaume le Conquérant à Hastings en 1066Falaise Roll. comme rapporté par la liste de Falaise et Wace, et fera souche en Angleterre. Son nom est resté attaché à la paroisse anglaise de Lydiard Tregoze dans le Wiltshire.

Le château fort, d'où est issu la famille normande de Trégoz, avait une position stratégique. Il se situait à la confluence de la Vire et du ruisseau du Marquerand à la limite des communes de Fervaches et de Troisgots, à l'extrémité d'une langue de terre entourée d'eau..

En 1197, Robert de Trégoz fonde un prieuré en l'honneur de Notre-Dame avec trois moines bénédictins de Hambye chargés de desservir les deux paroisses de Trégoz et de Hambye. Une lettre de Jean sans Terre, alors qu'il était duc de Normandie, dans la quatrième année de son règne (1199-1204), prouve que ce Robert avait la garde du château.. Jean sans Terre passera au château de Trégoz au début du .

Vers 1200, l'église relevait de l'abbaye de Hambye..

En 1204, à la suite de la confiscation par Philippe Auguste de la Normandie, la seigneurie de Troisgots passe dans le domaine royal. Dans le registre des fiefs de Philippe Auguste, rédigé entre 1204 et 1212., la paroisse est indiquée comme appartenant au . Elle devait alors le service d'un chevalier et demi. Mais dès le milieu du , la seigneurie, ainsi que celle de Fervaches, est tenue par la famille Boterel de Quintin dans l'évêché de Saint-Brieuc.. En 1272, Geoffroy Boterel tenait dans le grand bailliage de Cotentin un quart de fief de chevalier, et envoya un chevalier à l'ost de Foix.

Dans l'état des fiefs de la vicomté de Coutances dressé en 1327 par Godefroy Le Blond, bailli de Cotentin, on trouve que le sire de Quintin tenait du roi Trégoz (Troisgots), Fervaches et Saint-Romphaire par un fief et demi de haubert. Dans ce même état, dans un autre article, Raoul Evreul tient en hommage de , chevalier, seigneur de Trégoz, une vavassorie à Saint-Romphaire. Toujours en 1327, et dans cet état, c'est l'abbé de Hambye qui est patron de Trégoz et également de Saint-Romphaire, patronages qui lui appartenait depuis le règne de Saint Louis (1226-1270) comme il est rapporté dans le registre des cures du diocèse rédigé au ]..

En 1428, du Perrier, seigneur de Quintin, fils aîné de de Geoffroy du Perrier et de Plézou Boterel, hérite notamment du fief de Troisgots, à la suite de la mort de son oncle Boterel, seigneur de Quintin.

En 1457, Tristan du Perrier, comte de Quintin et seigneur de Troisgots, avoue tenir du roi, le fief, terre et seigneurie de Troigots, lequel est tenu pour moitié en parage (possession d'un fief indivis entre plusieurs cohéritiers) en quart degré, soit la génération du côté dudit du Perrier, et en second degré, par Geoffroy de Chateaugiron, dit de Malestroit, chevalier, seigneur de Combourg.

Époque contemporaine Le village est libéré le .

Politique et administration

Le conseil municipal était composé de onze membres dont le maire et deux adjoints..

Population et société Démographie

Troisgots a compté jusqu'à en 1841.

Activité et manifestations

Économie

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Basilique néogothique de la fin du (1889), consacrée à Notre-Dame sur le site appelé la Chapelle-sur-Vire. L'édifice abrite une statue de sainte Anne du portant la Vierge qui porte son fils et trois bas-reliefs et deux hauts-reliefs du en albâtre, d'importation anglaise, insérés dans le retable du maître-autel du , classés au titre objet aux monuments historiques et .. Le site pittoresque en vallée de la Vire, qui était précédemment occupé par la chapelle Notre-Dame-sur-Vire datant de la fin du ., est depuis le un lieu de pèlerinage marial important. Église Saint-Lô de la fin du , de style néogothique également, bâtie à l'emplacement d'une église romane. L'édifice avec son clocher en bâtière dominant la colline sur laquelle est situé le bourg, est visible de beaucoup de points de vue alentour. L'église en grande partie détruite en 1944 a été reconstruite en 1952. Elle abrite des clefs de voûte qui reprennent les armoiries des évêques de Coutances, et des vitraux du de Max Ingrand. Le clocher en zinc servit aux Allemands d'observatoire pendant les combats de la libération. Calvaire du . Point de vue sur les roches de Ham. Retranchements de l'ancien château fort, au sud du village, sur le bord de la Vire..

Personnalités liées à la commune

Voir aussi

Bibliographie . .

Articles connexes Liste des anciennes communes de la Manche

Liens externes

Troisgots sur le site de la communauté de communes Résumé statistique de Troisgots sur le site de l'Insee

Notes et références Notes

Notes sur la démographie

Références Altitudes, coordonnées, superficie : répertoire géographique des communes 2012 (site de l'IGN, téléchargement du 24 octobre 2013)

Catégorie:Ancienne commune dans la Manche