Vains est une commune française, située dans le département de la Manche en région Normandie, peuplée de .

Elle fait partie des villages labellisés Village Patrimoine, qui œuvrent à mettre en avant leurs patrimoines matériels et/ou immatériels (historique, culturel, naturel, architectural).

Géographie Localisation vignette|gauche|Vains et la baie du mont Saint-Michel. Vains se trouve au nord de l'estuaire de la Sée et de la Sélune, en baie du Mont-Saint-Michel, le long de de rivage. Cette commune est bordée par les communes de Marcey-les-Grèves, sur à l'est, Bacilly sur au nord et Genêts sur un kilomètre à l'ouest. Outre de surface terrestre, environ de pré salé appartiennent au domaine public maritime.

Géologie et relief Le sous-sol est constitué de schiste ayant plus de d'années. Sur ce substrat s'est déposé, dans les vallées de Beaumanoir et du ruisseau des Landes, un dépôt de sables éoliens, il y a environ . Dans les parties inférieures, la marée a déposé au fil des millénaires limons et tangues très fertiles, depuis la transgression flandrienneCarte géologique de la baie du Mont-Saint-Michel à , avec livret explicatif de . Auteur principal : Alain L'Homer ; éd. BRGM 1999..

L'altitude varie de huit à trente six mètres.

Hydrographie La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par la Sée, le fossé 01 des Porteaux., le fossé 04 de la Vannerie. et le Vergon...

La Sée, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Sourdeval et se jette dans le golfe de Saint-Malo en limite du Val-Saint-Père et de Vains, après avoir traversé ..

vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de VainsLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. et est dans la région climatique Bretagne orientale et méridionale, Pays nantais, Vendée, caractérisée par une faible pluviométrie en été et une bonne insolation.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pontorson à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .

Milieux naturels et biodiversité Le Grouin du Sud abrite une faune et une flore très riches. La pointe de la Chaire desservie par la route et un parking est très fréquentée surtout lors des grandes marées. On peut y admirer un magnifique panorama allant du fond de la baie du Mont-Saint-Michel jusqu'à Cancale, avec, en face le Mont-Saint-Michel et Tombelaine, situés à six kilomètres.

Le marais du Vergon est aussi un site intéressant pour son avifaune et la vue sur la colline d'Avranches.

On distingue trois parties littorales : L’anse de Gisors, bordée par un mondrain, digue artificielle de sable protégée par un muret qui sépare le pré salé de la terre ferme, en partie constituée d'anciens marais. Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale la Sée coulait à proximité de l'anse de Gisors. La zone rocheuse du Grouin du Sud, commençant à Paulliette jusqu'à la Bonde, dont on distingue les pointes du Sceu, de la Chaire, du Corps de Garde et de Bigard. Entre les pointes de la Chaire et celle du Corps de Garde se trouve une petite plage de galets dénommée Brèche à la Brebis. L'anse du Grand Port ou de Saint-Léonard. Le Grouin du Sud est historiquement l'un des points de départ de la traversée de la baie par les pèlerins du mont Saint-Michel à travers les grèves.

Jusqu'à la Seconde Guerre mondiale coulait une rivière, au milieu de l'anse de Gisors.

Urbanisme Typologie Au , Vains est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle est située hors unité urbaine.

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction d'Avranches, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de moins de ...

La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral.. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des , ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit..

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94,6 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (93,9 %).

La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (46,1 %), terres arables (29,5 %), zones agricoles hétérogènes (18,9 %), zones urbanisées (3,4 %), zones humides côtières (1,4 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (0,5 %), eaux maritimes (0,1 %).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)..

Lieux-dits, hameaux et écarts Cette commune comprend deux bourgs distants de trois kilomètres et une vingtaine de lieux-dits habités.

Le chef-lieu, où se trouvent mairie, église et écoles, est le bourg de Vains. Il s'est développé par la construction de lotissements au Raulin, au Guéteny et à la Bucaille. ainsi que des maisons individuelles aux Domaines, un peu plus loin, la Haguille et les Tisonnières.

L'autre bourg est appelé Saint-Léonard, construit autour d'un prieuré bénédictin du même nom.

Plusieurs maisons sont implantées le long de la côte. Les secteurs récemment urbanisés au nord du bourg en lotissement sont la Haguille et les Tisonnières, complétés par des constructions sur des terrains individuels à proximité.

Voies de communication et transports Vains est traversé par la route départementale 911 reliant Avranches à Granville par la côte. La route départementale 591 relie la D 911, au niveau du Pont de Vains, au Bourg de Saint-Léonard.

Risques naturels et technologiques Le domaine public maritime est libre, tout en demeurant vigilant envers les dangers que recèle la baie (risques d'enlisement et d'encerclement par la mer, sables mouvants). Il est fortement conseillé de faire appel à un guide.

Toponymie Le nom de la paroisse est Saint-Pierre-de-Vains. Dans certains documents du vingtième siècle la commune était dénommée Vains-Saint-Léonard.

Ancienne prononciation conformément aux formes anciennes : « vin » [vɛ̃].

Le nom de la localité est attesté sous les formes Veim en 1061 (Marie Fauroux), Vehim en 1121 (Del. notes), Vein en 1121-1133 (Lucien Musset), De Veino en 1165 (Robert de Torigni)François de Beaurepaire, Les noms des communes et anciennes paroisses de la Manche, . éditions Picard 1986..

Diverses hypothèses ont été avancées sur l'origine du nom, sans grand fondementL'explication de P. Chesnel par le latin Vadum ou Vé, formes latines de gué est douteuse pour deux raisons essentielles : la nature des formes anciennes et la géographie linguistique. En effet, les formes les mieux attestées sont Veim, Vehim et sont incompatibles avec cette explication. D'autre part le latin vadum, « germanisé » en wadum (comme guêpe, , , etc.) a donné les mots gué en français et en normand méridional (une forme française en [v] directement issue du latin vadum n'existe pas) et vé en normand septentrional (vey, vez, ancien normand wez, le [v] du normand septentrional étant issu de [w], dont la prononciation n'a changé qu'à partir du ). Or, Vains est au sud de l'isoglosse du « g / v », on devrait donc avoir *guey ou gué comme en français, cf. la baie des Veys au nord. En outre, en bas latin le /m/ final des termes neutres en -um s'est amuï très tôt, par conséquent on ne voit pas très bien d'où peut provenir le -m devenu -n de Vains. De plus, le terme wadum n'est pas attesté avant 1100 et pourrait être un emprunt direct au vieux bas francique. Il semble qu'en gallo-roman septentrional, on ait utilisé uniquement le mot roy, ray issu du gaulois rito-, comme le prouvent de nombreux toponymes. Cette explication de P. Chesnel est donc comme beaucoup d'explications une simple conjecture sans fondement linguistique (les fondements topographiques sont généralement à prendre avec réserve, le toponyme est avant tout un élément de la langue). À propos des étymologies de P. Chesnel, voir l'introduction d'Yves Nédélec aux Noms des communes et anciennes paroisses de la Manche de François de Beaurepaire, éditions Picard 1986..

Il est plausible d'y voir un terme celtique plutôt que gallo-romain, car si les types toponymiques gallo-romains sont généralement identifiables, le celtique ancien reste par contre assez mal connu. En l'état des connaissances, l'origine du toponyme est incertaineRené Lepelley, Dictionnaire étymologique des noms de communes de Normandie, éditions Charles Corlet et Presses Universitaires de Caen 1996..

Histoire Antiquité Des fouilles de sauvetage ont été menées en 1972 sur les vestiges d'un camp antique, probablement romain. On y voit encore un grand talus dénommé Grand Dick ou Fossé du Diable, situé près du lieu-dit les LinettesDaniel Levalet, « Un élément du Litus saxonicum dans la région d'Avranches ? », Hors-série des Annales de Normandie. Recueil d'études offert en hommage au doyen Michel de Boüard, Volume II. 1982. pp. 361-375 ..

Moyen Âge Une partie importante du territoire de Vains fut, en 1087, une seigneurie donnée, par Guillaume le Conquérant, à l'abbaye Saint-Étienne de Caen, qui y fonda le prieuré de Saint-Léonard, autour duquel une agglomération se constitua.

De ce prieuré dépendait un fief vassal dit « de Vains », appartenant à l'origine à une famille de ce nom, puis aux familles de Thieuville, de Mauny, Goyon de Matignon, d'Espinay, de Mathan et de La Beslière. Marc-Antoine de La Bellière, seigneur de Vains, chevalier de Saint-Louis, fut en 1789, député de la noblesse aux États Généraux.