Le corps de cavalerie de la Grande Armée est une formation militaire française du Premier Empire, en service durant les guerres napoléoniennes de 1813 à 1814. Ce corps est mis sur pied par Napoléon lors de l'armistice de l'été 1813 et est engagé aux batailles de Dresde et de Leipzig. Il est d'abord commandé par le général Samuel Lhéritier de Chézelles avant que ce dernier soit remplacé par Pierre Claude Pajol. Après la blessure de Pajol à Leipzig, c'est le général Jean-Baptiste Milhaud qui dirige le corps de cavalerie à Hanau en 1813 et à Brienne, La Rothière, Mormant, Fère-Champenoise et Paris en 1814.
Historique
1813
Après la désastreuse campagne de Russie de 1812, Napoléon doit reconstituer une armée en Allemagne. Au , l'Empereur est parvenu à rassembler soldats et 457 pièces d'artillerie, mais sa cavalerie reste un point faible ; entre la mi-avril et le , cette dernière est répartie entre les , et corps de cavalerie, alignant respectivement , et sabres.. Le , le général de brigade Jean Antoine de Collaert prend le commandement de la brigade de la division de cavalerie du général de division Samuel Lhéritier de Chézelles, au sein du corps de cavalerie du général de division Jean-Thomas Arrighi de Casanova. Après une réorganisation, cette division est affectée au corps de cavalerie le . Depuis ce jour jusqu'au , Collaert commande par intérim la division de dragons..
vignette|gauche|Capitaine du régiment de dragons en 1813, par Jules Rouffet.
L'armistice d'été prend fin le .. À cette date, Lhéritier commande le corps de cavalerie fort d'environ cavaliers répartis en 20 escadrons et appuyés par six bouches à feu.. Le corps de Lhéritier est initialement déployé du côté de Dresde avec le corps d'armée du maréchal Laurent de Gouvion-Saint-Cyr. Alors que l'armée coalisée de Bohême s'avance par le sud, le corps de cavalerie couvre le flanc gauche des troupes de Gouvion-Saint-Cyr lors de leur retraite. Le , Lhéritier perd trois canons dans une escarmouche avec la cavalerie russe sous les murs de Dresde..
Le corps de Lhéritier participe à la bataille de Dresde les 26 et . Au cours de ce combat, ses trois divisions sont commandées par les généraux de brigade Stanislas Klicki, Jean Antoine de Collaert et Auguste Gourlez de La Motte. Klicki dirige la division de cavalerie légère, Collaert la division de dragons et Lamotte la division de dragons. À la même période, le général de division Pierre Claude Pajol commande la division de cavalerie légère appartenant au corps de Gouvion-Saint-Cyr, avec sous ses ordres douze escadrons (quatre français, quatre italiens et quatre polonais).. Le , Pajol semble avoir pris la tête du corps de Lhéritier en plus de sa propre division car une source affirme qu'il a sous sa responsabilité 46 escadrons, auxquels s'ajoutent les 78 escadrons supplémentaires du général de division Victor de Fay de Latour-Maubourg, commandant le corps de cavalerie. Cette masse de chevaux imposante se déploie à l'est de la ville dans le faubourg de Friederichstadt.. La même source ne mentionne toutefois que 68 escadrons sous les ordres de Latour-Maubourg et de Pajol pour la journée du 27.. Dès du matin, la cavalerie, soutenue par le corps du maréchal Claude-Victor Perrin, entre en action contre l'aile gauche autrichienne inférieure en nombre. L'attaque est un succès complet et à , les troupes autrichiennes sont quasiment anéanties, laissant prisonniers aux mains des Français.. Au sein du corps de cavalerie, seuls les et régiments de chasseurs à cheval ainsi que le régiment de dragons sont engagés..
vignette|Le général de division Samuel Lhéritier de Chézelles.
Le , le corps de cavalerie, toujours commandé par Lhéritier, se trouve à Grossenhain.. Le , il est placé sous les ordres du maréchal Joachim Murat aux côtés des , et corps de la Grande Armée. Murat est envoyé sur Freiberg pour arrêter la progression de l'armée de Bohême.. Le 14, le roi de Naples livre bataille au sud de Leipzig à Liebertwolkwitz avec fantassins, cavaliers et 156 canons. Les forces en présence du côté français comprennent, outre les troupes commandées par Murat, le corps de cavalerie et une division du corps de cavalerie. La bataille s'achève de façon indécise, chacun des deux belligérants se maintenant sur ses positions. Le corps de cavalerie, désormais placé sous le commandement de Pajol, est tellement qu'il est mis temporairement hors de combat..
Lors de la bataille de Leipzig, du 16 au , Pajol commande trois divisions menées par les généraux Jacques-Gervais Subervie, Lhéritier et Jean-Baptiste Milhaud. Subervie dirige la division de cavalerie légère et Lhéritier et Milhaud respectivement les et divisions de cavalerie lourde. Dans la matinée du 16, les et corps de cavalerie ainsi que la cavalerie de la Garde impériale sont placés en réserve dans le secteur sud.. Le , le corps de cavalerie appuie le mouvement du corps au sud de Leipzig.. Ce même jour, à de l'après-midi, les , et corps de cavalerie sont retirés du champ de bataille.. Pajol figure parmi les blessés. et son commandement est relevé par Milhaud..
Au cours de la retraite qui suit la défaite de Leipzig, Milhaud et Lhéritier combattent le à Eckartsberga à la tête des et dragons, repoussant le corps d'armée du Feldzeugmeister Ignácz Gyulay alors que celui-ci tente de couper la ligne de retraite française.. Les et dragons ainsi que les et chasseurs à cheval du corps de cavalerie participent à la bataille de Hanau les 30 et .. À la fin du mois de novembre, la cavalerie de Milhaud couvre la rive gauche du Rhin depuis Mayence au nord jusqu'à Landau au sud. Le corps compte à ce moment cavaliers dont 300 patrouillent quotidiennement le long du fleuve entre Mayence et Worms.. Les 24 et , la cavalerie de Milhaud repousse le « corps volant » du colonel Scheibler lors des combats de Sainte-Croix-en-Plaine..
1814
vignette|Charge des dragons d'Espagne pendant la campagne de 1814, par Auguste Raffet.
À la fin du mois de , les armées alliées dispersent les maigres troupes déployées à la frontière et pénètrent sur le territoire français. Napoléon décide de marcher à leur rencontre avec la Garde impériale, les et corps d'armée et les et corps de cavalerie, soit un total d'environ fantassins et cavaliers.. Lors d'un affrontement à Saint-Dizier le , cavaliers du corps de Milhaud battent hommes de la division de hussards russe. Les unités françaises impliquées dans ce combat sont le chevau-légers lanciers, les et chasseurs à cheval et les , , et dragons.. Deux jours plus tard a lieu la bataille de Brienne ; le corps de cavalerie y débute l'attaque. Chargé du commandement de toute la cavalerie, le général de division Emmanuel de Grouchy place la division de cavalerie légère du général Hippolyte Piré à gauche, les dragons de Lhéritier au centre et une partie de la cavalerie de la Garde impériale sur la droite. Peu avant , les cavaliers français se précipitent en avant et repoussent la cavalerie russe du général Pahlen. Dans leur poursuite, les dragons de Lhéritier et du général André Briche se heurtent à trois bataillons russes formés en carré et sont refoulés à leur tour. La cavalerie est ensuite déployée à l'aile droite française jusqu'à la fin de la bataille.. Le corps de cavalerie de Milhaud combat également à la bataille de La Rothière le , lorsque Napoléon décide en fin de journée de l'engager afin de couvrir le repli de son armée vaincue..
Le , le maréchal Étienne Macdonald signale que sa cavalerie est en mauvais état. Il écrit ainsi que le corps de cavalerie n'aligne plus que 800 sabres, soit la moitié de son effectif théorique. Le corps de cavalerie ne compte plus que 500 hommes et le entre 800 et 900 cavaliers. Le 10, les et corps de cavalerie sont regroupés à Meaux avec le général Antoine Louis Decrest de Saint-Germain pour protéger le franchissement d'une rivière. Cette force combinée comprend au total cavaliers et cinq canons.. Milhaud commande les divisions Piré et Briche à la bataille de Mormant le . La division Lhéritier est transférée à la même période au corps de cavalerie nouvellement créé.. Le corps de cavalerie participe encore sous les ordres de Milhaud à la bataille de Fère-Champenoise le . Il se compose alors du chasseurs à cheval et des , , , et régiments de dragons.. Enfin, la division de dragons du général de division Nicolas François Roussel d'Hurbal prend part à la bataille de Paris le ..
Ordre de bataille à Leipzig, 1813
vignette|upright|Le général de division Pierre Claude Pajol.
corps de cavalerie : général de division Pierre Claude Pajol — hommes.. division de cavalerie légère : général de division Jacques-Gervais Subervie — hommes brigade de cavalerie légère : général de brigade Stanislas Klicki régiment de hussards — 3 escadrons régiment de chasseurs à cheval — 4 escadrons brigade de cavalerie légère : général de brigade Jacques Laurent Louis Augustin Vial régiment de hussards — 4 escadrons régiment de chasseurs à cheval — 3 escadrons régiment de chasseurs à cheval — 3 escadrons division de grosse cavalerie : général de division Samuel Lhéritier de Chézelles — hommes Brigade de cavalerie lourde : général de brigade Mathieu Queunot régiment de dragons — 3 escadrons régiment de dragons — 4 escadrons Brigade de cavalerie lourde : général de brigade Jean Antoine de Collaert régiment de dragons — 4 escadrons régiment de dragons — 2 escadrons régiment de dragons — 3 escadrons
vignette|upright|Le général de division Jean-Baptiste Milhaud.
division de grosse cavalerie : général de division Jean-Baptiste Milhaud — hommes Brigade de cavalerie lourde : général de brigade Auguste Étienne Marie Gourlez de Lamotte régiment de dragons — 2 escadrons régiment de dragons — 2 escadrons régiment de dragons — 3 escadrons Brigade de cavalerie lourde : général de brigade Gabriel Gaspard Achille Adolphe Bernon de Montélégier régiment de dragons — 3 escadrons régiment de dragons — 4 escadrons Artillerie Artillerie à cheval — 11 canons
Bibliographie
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Notes et références
Catégorie:Unité de cavalerie française dissoute Catégorie:Unité militaire du Premier Empire