Les Idola tribus (au singulier, Idolum tribus) sont un type de sophisme. Le concept, habituellement traduit « Idoles de la Tribu », se réfère à la tendance de la nature humaine à préférer certains types de conclusions erronées. Inventé par Francis Bacon dans le Novum Organum, il sert au philosophe à argumenter en faveur d'une méthodique scientifique rigoureuse pour fonder la science moderne.

Concept Les Idoles de la Tribu font partie des quatre idoles décrites par Bacon. Les Idola tribus sont « les Idoles et les fausses notions qui sont maintenant en possession de l'entendement humain, et qui y ont pris racine profonde, pas seulement pour l'esprit des hommes dérangés pour lesquels la vérité ne peut guère trouver d'entrée, mais après même que l'accès est obtenu, elles sont de nouveau dans l'instauration même des sciences à nous rencontrer et nous troubler, à moins que les hommes avertis du danger ne se fortifient autant qu'ils puissent contre leurs agressions »Novum Organum, Aphorisme XXXVIII..

Les trois autres Idoles sont les Idola specus, (les Idoles de la Caverne, provoquées par l'une des particularités personnelles et expériences), Idola fori (les Idoles de la Place du Marché, causées par le langage) et les idola theatri (les Idoles du Théâtre, causées par les philosophes).

Et donc dans cette catégorie se retrouvent des cas de personnes qui sont induites en erreur par l'anthropomorphisme. De manière plus détaillée, Bacon a énuméré plusieurs de ces obstacles à la science, qui font partie de la nature humaine, et viennent dans cette catégorie : « La compréhension humaine est de par sa propre nature, encline à supposer l'existence de plus d'ordre et de régularité dans le monde qu'il ne s'y trouve. »Novum Organum, Aphorisme XLV « La compréhension humaine lorsqu'elle a adopté une opinion (soit comme étant l'opinion reçue, soit comme étant agréable en elle-même) attire toutes autres choses qui la soutiennent et la corroborent. »Novum Organum, Aphorisme XLVI « La compréhension humaine est émue le plus fortement par les choses frappantes qui entrent dans l'esprit simultanément et soudainement, et ainsi emplissent l'imagination ; et puis elle feint et suppose que toutes les autres choses sont en quelque sorte, bien qu'elle ne puisse voir comment, semblables à ces quelques choses qui l'entourent. »Novum Organum, Aphorisme XLVII « La compréhension humaine est inquiète ; elle ne peut s'arrêter ou se reposer, et encore presse en avant, mais en vain. C'est pourquoi nous ne pouvons concevoir de fin ou de limite au monde mais, toujours comme par nécessité, il nous paraît qu'il y a quelque chose au-delà. »Novum Organum, Aphorisme XLVIII Bacon donne comme exemple la doctrine aristotélicienne de la cause finale qui, dit-il, a « une relation claire à la nature de l'homme plutôt qu'à la nature de l'univers ; et à partir de cette source a étrangement contaminé la philosophie. » « La compréhension humaine n'est pas claire et impartiale mais reçoit une infusion de la volonté et des affections ; de là procèdent les sciences que nous appellerions les "sciences comme on peut". Car l'homme croit plus facilement à ce qu'il préfère être vrai. »Novum Organum, Aphorisme XLIX « Mais de loin, le plus grand obstacle et la plus grande aberration à la compréhension humaine provient de la médiocrité, de l'incompétence, et des duperies des sens ; en ce que les choses qui frappent le sens l'emportent sur les choses qui ne le frappent pas immédiatement, même si elles sont plus importantes. »Novum Organum, Aphorisme L « La compréhension humaine est par nature encline aux abstractions et donne substance et réalité à des choses qui sont fugaces. »Novum Organum, Aphorisme LI Bacon a dit que les Idoles de la Tribu « prennent leur racine soit dans l'homogénéité de la substance de l'esprit humain, ou de sa préoccupation, ou à partir de son étroitesse, ou à partir de son agitation, ou à partir d'une infusion des affections, ou de l'incompétence des sens, ou à partir du mode d'impression »Novum Organum, Aphorisme LII.

Voir aussi Doxa

Références

Liens externes Novum Organum (en Latin) Nouvel Organon (1863 traduction anglaise)

Catégorie:Raisonnement fallacieux