Le Lee–Enfield ou EnfieldBritannica.com est un fusil à répétition manuelle à verrou, alimenté par chargeur, qui a été la principale arme d'infanterie des forces armées britanniques, de l'Empire britannique et du Commonwealth au cours de la première moitié du .

Sous différentes variantes, il a connu au total 27 versions, il a été le fusil réglementaire de l'armée britannique de son adoption officielle le jusqu'en 1957.

Il résulte d'une amélioration du fusil Lee-Metford (adopté par l'armée britannique en 1888) et remplace les fusils Martini-Henry, Martini-Enfield et Lee–Metford.

Il est doté d'un chargeur de dix cartouches de .303 britannique qui se charge manuellement par le haut, soit cartouche par cartouche, soit par lames-chargeur de cinq coups.

Le Lee-Enfield est le fusil réglementaire de l'infanterie britannique et d'autres nations du Commonwealth pendant la Première et la Seconde Guerre mondiale (l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Canada, l'Inde et l'Afrique du Sud, entre autres). Même s'il est officiellement remplacé au Royaume-Uni par le L1A1 en 1957, il reste en service courant dans l'armée britannique jusqu'au milieu des années 1960. La version tireur d'élite L42 en reste en service jusque dans les années 1990.

Il est encore en dotation dans les forces armées de certaines nations du Commonwealth, notamment dans la police du Bangladesh, ce qui en fait le deuxième plus ancien fusil à verrou encore en service officiel, après le Mosin–Nagant. En 2012, les unités de réserve des Rangers de l'armée canadienne de l'Arctique utilisent encore le Lee-Enfield avec un remplacement planifié pour 2014 ou 2015. La production totale de l'ensemble des fusils Lee–Enfield est estimée à plus de .

Le Lee–Enfield tient son nom du concepteur du système de culasse (James Paris Lee) et de l'usine dans laquelle il a été conçu, l'Arsenal royal d'Enfield à Enfield. Le fusil est également dénommé « three-oh-three » (trois-zéro-trois) ou « three-naught-three » (trois-nul-trois), surtout dans le Commonwealth..

Histoire

Le Lee-Enfield héritier du Lee-Metford Le Lee–Enfield est dérivé du fusil Lee–Metford qui l'a précédé, un fusil à poudre noire mécaniquement identique qui combine le système de culasse à verrou conçu par James Paris Lee avec un canon rayé conçu par . Dans le système Lee, le chien est armé dans la phase de fermeture de la culasse. L'ouverture en est rendue bien plus facile et rapide que dans le système d'armement du chien dans la phase d'ouverture typique du modèle Mauser Gewehr 98 allemand. En 1895, il remplace le Lee-Metford dont le canon ne supporte pas les nouvelles munitions de .303 à la cordite

Les rampes hélicoïdales montées à l'arrière de la culasse placent le levier d'armement bien plus près de la main du tireur, au niveau de la queue de détente, ce qui permet de l'actionner plus rapidement.

Le fusil est également équipé d'un chargeur détachable à piles imbriquées en feuille d'acier, qui contient dix coups, concept très moderne à cette époque. À l'origine, le chargeur détachable fait l'objet de quelques réticences dans les milieux militaires britanniques, certains craignant que le soldat de base puisse perdre le chargeur en campagne. Les modèles les plus précoces du Lee-Metford et du Lee-Enfield sont dotés d'une courte chaine pour solidariser le chargeur avec le fusil.

La rapidité de mise en œuvre du système de verrou Lee et les dix coups contenus dans le chargeur permettent à un fantassin bien entraîné de tirer en cible en ainsi surnommées la mad minute (minute de folie). Le Lee–Enfield devient de ce fait le fusil à verrou le plus rapide de l'époque. Le record du monde toujours à battre pour un tir avec un fusil à verrou est détenu par un instructeur de tir britannique - le sergent instructeur Snoxall - qui, en 1914, mit dans une cible de de large () à () en une minute.. À l'époque, certains fusils à verrou à rampes droites sont considérés comme plus rapides, mais il leur manque la simplicité, la robustesse et la généreuse capacité du chargeur du Lee–Enfield. De nombreux rapports de la Première Guerre mondiale relatent le fait que des soldats allemands opposées à des troupes britanniques ont cru qu'ils avaient en face d'eux des mitrailleuses alors qu'ils n'avaient qu'une unité de fantassins bien entraînés et armés de fusil à répétition Lee–Enfield Mk III. Le Lee-Enfield tire la munition britannique de .303 (), une cartouche grande-puissance à bourrelet et à amorçage Berdan. Des essais avec de la poudre sans fumée dans la cartouche Lee-Metford prouvent qu'une simple adaptation est nécessaire pour passer d'une munition à l'autre. En fait la plus grande chaleur et la plus forte pression générées par la nouvelle poudre sans fumée causent une usure prématurée des rayures arrondies et peu profondes du fusil Metford, le rendant inefficace au-delà de . Le problème est résolu par des nouvelles rayures plus carrées conçues par le Royal Small Arms Factory (RSAF - Manufacture royale d'armement de petit calibre) d'Enfield. Le Lee-Enfield était né. centré|vignette|Image ː Clip de 5 cartouches à bout rond, munition originale de dotation du Lee Enfield

Modèles/Mk du Fusil Lee–Enfield et périodes de service +Dénomination réglementaireN° dans la nomenclatureDifférence avec le modèle précédentAnnée de mise en serviceRifle, Magazine, Lee-Enfield Mark IBasé sur le Lee-Metford Mk II *, il en diffère par : les rayures du canon du modèle Lee ; le bois crosse-garde-main d'une seule pièce ; la ligne de mire différente ; le viseur longue portée ; le sectionneur de magasin, "cut off". la tige de nettoyage intégrée.11 novembre 1895 - 1926Rifle, Magazine, Lee-EnfieldMark I*Fusil Martini-Henry Mk 3 avec un canon au calibre .30319 mai 1899Rifle, Magazine, Lee-EnfieldMark I*̈*̈Mk 1 sans la tige de nettoyage intégrée19 mai 1899Rifle, Short, Magazine, Lee-Enfield SMLE 1903Mark ICompromis entre fusil et carabine en vue d'une standardisation. Prévu pour être introduit en juillet 1903, elle est repoussée au 14 septembre pour deux modifications mineures. (cf. chapitre) juillet 1903-1926Rifle, Short, Magazine, Lee-EnfieldMark I*Diffère du Mk I par : une plaque de couche en acier avec une trappe pour mettre un lavoir à ficelle et une burette d'huile ; un nouveau chargeur ; une vis pour le percuteur qui permet le démontage avec une pièce de monnaie. Certaines pièces trop anguleuses sont adoucies par limage.2 juillet 1906-1926Rifle, Short, Magazine, Lee-Enfield Converted Mark I* Conv.Mise à niveau du Lee-Metford Mk I* avec : nouvelle ligne de mire ; canon plus court et plus léger ; approvisionnement par chargeur ; Déclarée obsolète dès la présérie.6 novembre 1903Rifle, Short, Magazine, Lee-Enfield Converted Mark ii Conv.Mise à niveau des Mk I et Mk I * et des Lee-Metford Mk II et II * avec : nouvelle ligne de mire ; canon plus court et plus léger ; approvisionnement par chargeur.1903-1927Rifle, Short, Magazine, Lee-Enfield Converted Mark ii * Conv.Mk II avec une crosse qui permet un battant rotatif, une trappe dans la plaque de couche et la mise en place du chargeur 1906Rifle, Short, Magazine Lee-Enfield Mark iiiSMLE Mk I (cf. chapitre)1907Rifle, Short, Magazine Lee-Enfield, Converted Mark IV Conv.Mk II * mis au standard du Mk III1907Rifle, Short, Magazine, Lee-EnfieldMark I **Adaptation pour la Royal Navy du SMLE Mk I avec certains éléments du Mk III1909Rifle, Short, Magazine, Lee-Enfield ConvertedMark II ** Conv.M̟ême aménagement que pour le Mk I ** mais pour le Mk II1909Rifle, Short, Magazine, Lee-Enfield, ConvertedMark II ***Même aménagement que pour le Mk I ** mais pour le Mk II *1909Rifle, Short, Magazine, Lee-EnfieldMark I ***Conversion du Mk I * avec une ligne de visée modifiée1914Rifle, Short, Magazine, Lee-EnfleldMark III *Mk III simplifié de fabrication de guerre (cf. chapitre)1916Rifle, Short, Magazine, Lee-EnfieldMark VÉvolution dans l'entre-deux-guerres, - allongement de la ligne de mire remplaçant la hausse réglable par un œilleton sur la boite de culasse1920Rifle, Number 1Mark VIPré série du avec un canon flottant1930Rifle, Number 4Mark 1SMLE mis au standard de la fabrication de guerre (cf. chapitre)1931Rifle, Number 4Mark 1 (T)Number 4 Mk 1 destiné à devenir une arme de précision. Il reçoit : une lunette de visée ; un repose joue sur la crosse.1942Rifle, Number 4Mark 1*Mk 1 avec un dispositif simplifié pour retirer le verrou Ils sont fabriqués pour la plupart aux États-Unis ou au Canada1942Rifle, Number 4Mark 2Mk 1 avec un nouveau mécanisme de détente1949Rifle, Number 4Mark 1/2Mk 1 remis à niveau avec le nouveau mécanisme de détente du Mk 21949Rifle, Number 4Mark 1/2 (T)Mk 1 (T) avec le nouveau mécanisme de détente1949Rifle, Number 4Mark 1/3Mk 1 * avec le nouveau mécanisme de détente1949Rifle, Number 4, T/W 3Mark 2Mk 2 sélectionnés pour recevoir la lunette de visée Number 32 Mark 31956Rifle Number 5Mark 1« Jungle Carabine ». Utilise le mécanisme du Number 4 mais avec un canon plus court, une garde-main plus court, un couvre flamme à la sortie du canon et une plaque de couche en caoutchouc.1945-1949Rifle L39 A1Number 4 modifiée avec un garde-main raccourci, modifiée pour pouvoir tirer la munition standard OTAN de 1964Rifle L42 A1Number 4 Mk 1 ou Mk 1* (T) modifiée pour tire la munition standard OTAN de avec une lunette de visée L1A1. La même arme avec une lunette de visée civile pour la police est nommée « Enfield Enforcer »1965Carbine, Magazine, Lee-EnfieldMark 1Carabine, Magazine, Lee-Metford, Mk 1 modifiée avec des canons Lee-Enfield et les équipements périphériques qui vont avec1902Carbine, Magazine, Lee-Enfield, CavalryMark 1Carabine, Magazine, Lee-Metford Mk 1 avec mise au niveau Lee-Enfield avec quelques aménagements de détail1907Carbine, Magazine, Lee-Enfield, CavalryMark 1*Similaire à la Carabine, Magazine, Lee-Metford Mk 1 sans la tige de nettoyage1899

Le fusil Lee–Enfield à chargeur (MLE) et la carabine Lee-Enfield (LEC) vignette|350px|Le Lee-Enfield M1895 servi Le fusil Lee–Enfield est introduit en sous le nom de calibre .303, Fusil, Magazine, Lee–Enfield, (Fusil Lee–Enfield à chargeur calibre .303) MLE (Magazine Lee-Enfield ou emily). Il s'agit en fait d'un Lee-Metford Mk II ou Mk II̽* sur lequel a été monté un canon Lee-Enfield propre à supporter la cordite. Le , la baguette de nettoyage située sous le canon est supprimée sur l'ensemble des modèles. Les deux modèles sont alors dénommés Mk II̽*. Le trou correspondant à cette baguette dans la le pommeau de la baïonnette est alors supprimé. centré|vignette|Insertion de la marque "Cordite only", seulement cordite sur le tonnerre d'un Lee Enfield Mk 1 MLE néo-zélandais. On remarquera la chaînette qui sert à retenir le chargeur amovible. À l'apparition du SMLE, le fusil Mk 1 est appelé Long Lee-Enfield (LLE) et, le sobriquet de Long Tom en Australie et en Nouvelle-Zélande. C'est avec ce fusil que les troupes de ces deux dominions entrent dans la guerre au Moyen-Orient.

En 1896, une version plus courte destinée aux troupes montées est présentée comme le Lee–Enfield Carabine de Cavalerie Mk I, ou de LEC (Lee-Enfield Carabine) avec un canon de , par opposition au canon de de la version longue et un chargeur de 6 cartouches au lieu des 10 du MLE. centré|vignette|Carabine LEC de l'armée néo-zélandaise De nombreux LEC et dans une moindre mesure de LMC sont convertis en modèles spéciaux, la carabine néo-zélandaise et la carabine de la police royale d'Irlande (Royal Irish Constabulary). Certains MLE et MLM sont convertis pour être approvisionnés directement par chargeur et désignés Charger Loading Lee-Enfield (Lee-Enfield approvisionnés par chargeurs) ou CLLEs.

Le fusil court Lee–Enfield Mk I à chargeur (Short, Magazine, Lee–Enfield - SMLE)

SMLE Mk I