L'autoroute A79, ou A79, surnommée La Bourbonnaise, est une autoroute française reliant Montmarault (Allier) à Digoin (Saône-et-Loire). Longue de , elle fait partie de la route Centre-Europe Atlantique (RCEA), dont elle constitue le tronçon central, et de la route européenne 62. Elle est mise en service le et inaugurée le .
Traversant le département de l'Allier d'ouest en est, cette autoroute se substitue à la route nationale 79. Elle est concédée à APRR (sur les quatre premiers kilomètres de son tracé au départ de Montmarault) et ALIAE (Autoroute de liaison Atlantique Europe) sur le reste de son parcours.
Elle est la première autoroute de France à être équipée de péages en flux libre, basée sur une signalisation ad hoc, qui a suscité beaucoup de critiques de la part des usagers sur les délais de paiement.
Historique Accélérer la mise à de la RCEA L'organisation d'un débat public relatif à l'accélération de la mise à de la RCEA entre Montmarault d'une part, et Mâcon (par la ) et Chalon-sur-Saône (par les et 80) d'autre part, a été décidée par la commission nationale du débat public le , compte tenu de , ou Introduction, (6 sur le PDF).. La mise en concession de la RCEA aurait permis l'achèvement de la mise à pour 2017 alors qu'un aménagement sur crédits publics aurait nécessité plusieurs décennies, mais avec la contrainte d'un péage pour la première optionIntroduction, (7 sur le PDF).. Le débat public s'est tenu du au . et a mobilisé des centaines de participants.. Seul un tiers du linéaire était aménagé en en 2020.
Le , la décision ministérielle consécutive à ce débat public est publiée et aboutit sur une mise en concession autoroutière..
À l'automne 2012, le ministre des Transports décide de confier une mission d'expertise au CGEDD. Le , Frédéric Cuvillier se déplace sur la RCEA pour présenter les modalités de poursuite d'aménagement de la section de la RCEA entre l'A71 et Digoin. Le projet devait être composé de péages à système ouvert au Montet, à Montbeugny et à Molinet, conserver les échangeurs existants pour la desserte locale et augmenter le nombre d'aires de repos pour les poids-lourds en transit. Les travaux devaient se terminer en 2020 et coûter ..
La mise à de la RCEA dans l'Allier répond à une question de sécurité routière, puisque le nombre d'accidents graves, essentiellement des collisions frontales avec des poids lourds, y était très important sur la route nationale 79.
Enquêtes publiques Le projet d'aménagement de la RCEA à , inscrit au schéma directeur routier national de 1992 dans un objectif de désenclavement des régions traversées, était déclaré d'utilité publique dès 1995. Cette déclaration d'utilité publique conférait le classement de route express à la portion de la RCEA dans l'Allier assurée à l'époque par les routes nationales 145, 1079 et 79Partie 1 « La RCEA : situation actuelle » / « La RCEA d'hier à aujourd'hui » / « La section A71-A6 : une mise à 2x2 voies déclarée d'utilité publique à partir de 1995 », (15 sur le PDF)..
Concertation sur le projet À la suite de la visite ministérielle du , des réunions de concertation (comités de pilotage, ateliers techniques) se sont déroulées jusqu'en 2017. Le comité de pilotage, présidé par le préfet de la région Auvergne, était composé de services de l'État (préfecture, DREAL Auvergne, DIR Centre-Est, etc.), d'élus et de représentants du conseil régional d'Auvergne, du conseil général de l'Allier, des parlementaires et des intercommunalités concernées par le projet, des représentants économiques (dont les CCI de Moulins-Vichy et de Montluçon-Gannat), syndicaux et associatifs..
Des comités de pilotage se sont tenus le (configuration de quatre échangeurs , éventuel adossement de la concession de la section comprise entre l'A71 à Montmarault et Le Montet, franchissement de la réserve naturelle du Val d'Allier, péage), le (observations des ateliers techniques des et sur les échangeurs, franchissement de l'Allier et système de péage) et le (périmètres du projet soumis à déclaration d'utilité publique et de la future concession).
Enquêtes publiques de 2016 Une enquête publique relative à la mise à de la route nationale 79, par concession autoroutière, entre Montmarault et Digoin, s'est tenue du au .. sur les concernées par le tracé..
Le , la commission d'enquête a émis un avis favorable à ce projet, avec sept recommandations : respect du calendrier de réalisation, pour une mise en service prévue à la fin de l'année 2021 ; , le maître d'ouvrage considérant l'aménagement à comme une voie nouvelle ; proposition d'une par le futur concessionnaire ; aménagement combiné de la RCEA et de la dans une ; maintien du label « Village étape » pour les communes de Montmarault et de Dompierre-sur-Besbre, possible après mise en concession à titre dérogatoire ; non-dégradation de l'économie locale par maintien des échangeurs existants ; mise en place de . Elle émet également un avis favorable pour la mise en compatibilité des documents d'urbanisme de six communes concernées par le tracé (Sazeret, Besson, Chemilly, Dompierre-sur-Besbre, Molinet et Digoin) et pour le classement de la partie bourbonnaise de la RCEA dans la catégorie des autoroutes.
La route franchissant la rivière Allier entre Chemilly et Toulon-sur-Allier passe dans le périmètre de la réserve naturelle nationale du val d'Allier ; une deuxième enquête publique spécifique est donc nécessaire. Le décret du portant création de cette réserve naturelle interdisant des travaux majeurs , cette enquête a pour objet la modification de l'article 12 pour autoriser les travaux .. Le commissaire-enquêteur a donné un avis favorable pour cette modification, assortie d'une recommandation pour l'État, de l'exemplarité des mesures de protection du site..
Déclaration d'utilité publique de 2017 Le projet est déclaré d'utilité publique par le décret du . C'est ce décret qui, à l'issue des travaux, confèrera le statut autoroutier à cette portion de la RCEA qui deviendra l'A79.. À la suite de cette déclaration, une procédure d'attribution du contrat de concession a été lancée..
Enquête parcellaire de 2019
Le projet de mise à de la RCEA dans l'Allier est soumis à une enquête publique parcellaire, décidée par un arrêté préfectoral du , et tenue du au ...
Les parcelles privées et publiques concernées par les travaux sont déclarées cessibles pour cause d'utilité publique par la société concessionnaire par l'arrêté préfectoral du ..
Enquête complémentaire de 2020
Une enquête complémentaire relative à une demande d'autorisation environnementale concernant diverses autorisations (loi sur l'eau, réserve naturelle nationale du val d'Allier…) a été décidée par un arrêté préfectoral du . Elle devait se tenir du au avec huit permanences organisées dans sept mairies, et le dossier consultable dans les mairies des vingt communes concernées par le tracé (en incluant Digoin, où la route est déjà aux normes autoroutières). Une visite de terrain par le maître d'ouvrage du projet devait être organisée le , mais la pandémie de Covid-19, qui a abouti à un confinement généralisé de la population le lendemain, a contraint la commission d'enquête à annuler cette visite à titre préventif« 2.5. Visite des lieux », . et la préfecture de l'Allier à modifier les dates de l'enquête. Le , soit le lendemain de l'entrée en vigueur de l'état d'urgence sanitaire, une ordonnance stoppait toutes les enquêtes publiques qui se seraient déroulées pendant la période de confinement, sauf exceptions dont faisait partie cette enquête complémentaire, justifiée par la préfecture par l'intérêt national du projet et l'urgence de sa réalisation du fait d'une forte accidentologie constatée. Un décret du autorise la reprise de l'enquête publique pour ce projet : et un arrêté préfectoral modificatif prolonge l'enquête publique jusqu'au ..
En conséquence, l'enquête a été organisée de façon dématérialisée.. Une réunion publique, programmée le ., s'est ainsi tenue sur une plate-forme numérique spécifique, sans toutefois rencontrer de succès () en raison de la fracture numérique encore présente dans l'Allier, département rural, mais aussi du calendrier (ponts de mai) et des restrictions sanitaires (sortie de confinement)« 3.5. La réunion publique », ..
Le dossier prévoit plusieurs modifications par rapport à la déclaration d'utilité publique, telles que la construction d'un viaduc neuf sur la rivière Allier, la modification du système de péage (remplacé par un péage en flux libre) ou le déplacement de l'échangeur avec la route nationale 7 compte tenu de la décision de créer une aire de service à Toulon-sur-Allier.
Choix du concessionnaire Le , un avenant au contrat de concession de la société APRR est approuvé par le décret . pour réaliser la reconfiguration de l'échangeur de Montmarault entre l'A71 et la et son élargissement à sur . Le transfert de gestion s'est effectué le ..
Le , deux ans après que le projet a été déclaré d'utilité publique, le gouvernement annonce le nom du concessionnaire autoroutier pressenti unique pour réaliser l'autoroute A79. Il s'agit du groupement Eiffage SA – APRR. Ce choix répond à une logique territoriale car APRR est la seule société concessionnaire d'autoroutes présente dans le département de l'Allier et elle gère déjà l'autoroute A71..
Le contrat de concession de l'A79 est approuvé par le décret du (Journal officiel du 15).. Ce contrat, d'une durée de , porte sur des de la route nationale 79.
Choix des tracés et aménagements
L'aménagement et ses diffuseurs ont été présentés lors du premier comité de pilotage qui s'est tenu le .
Aménagement des échangeurs Le maître d'ouvrage souhaite conserver tous les échangeurs existants lors de la transformation de la RCEA en autoroute, avec quelques modifications : pour l'échangeur de Montmarault : répondant à une double fonction (sortie de la RCEA vers le giratoire existant et accès direct à l'A71), il a nécessité quatre variantes pour pouvoir mettre en œuvre un échangeur complexe ; l'échangeur de Toulon-sur-Allier est déplacé, conséquence de l'aménagement d'une aire de services ; pour l'échangeur de Montbeugny : le maire, Guy Charmetant, s'oppose à ce que les poids lourds puissent traverser le village de Montbeugny afin de rejoindre Moulins, au lieu de faire le détour par l'échangeur de Toulon-sur-Allier. À la suite du débat public de 2010-2011, le maire a souhaité que l'échangeur soit déplacé vers la route de Moulins à Chapeau. (la ). À l'issue de l'enquête publique de 2016, il n'était pas envisagé dans un premier temps de supprimer l'échangeur débouchant sur la dans le sens Mâcon → Montluçon, et sur la dans le sens Montluçon → Mâcon. La création d'un nouvel échangeur débouchant sur la a été préférée à la création d'une route parallèle ou d'une déviation courte de Montbeugny, cette dernière option pouvant engendrer des nuisances sonores supplémentaires pour les résidents du lotissement des Bruyères à proximité.. La suppression des échangeurs de Montbeugny existant avant la mise en concession effective aurait des impacts sur deux entreprises, en empruntant des routes inadaptées aux poids-lourds ; le quart-échangeur de Thiel-sur-Acolin est maintenu ; l'idée d'un échangeur à Pierrefitte-sur-Loire a également été évoquée dans l'enquête publique de 2016. Initialement prévu lors de la construction de la voie express entre Dompierre-sur-Besbre et Paray-le-Monial et soutenu par cinq mairiesPierrefitte-sur-Loire, Coulanges, Liernolles, Monétay-sur-Loire et Saligny-sur-Roudon., la commission d'enquête a estimé qu'il n'avait pas lieu d'être créé, la desserte de cette commune pouvant se faire aussi bien depuis Dompierre-sur-Besbre que depuis Molinet.
Aménagement des aires