Badonviller est une commune française située dans le département de Meurthe-et-Moselle, en région Grand Est. Ses sont appelés les Badonvillois et les Badonvilloises. Village anciennement industriel, connu pour sa faïencerie, Badonviller est depuis la loi du . le chef-lieu du canton de Badonviller regroupant , après scission du canton de Baccarat.. Elle fait également partie de la communauté de communes du Badonvillois depuis sa création le ..
Le village s'est vu décerner une fleur dans l'épreuve du concours des villes et villages fleuris. pour récompenser son embellissement et la qualité des différents massifs de fleurs dans l'agglomération.
Géographie Badonviller se situe sur les premiers contreforts du massif des Vosges, sur le plus court chemin de Nancy à Strasbourg, à une quinzaine de kilomètres de Baccarat et à une trentaine de Lunéville. La commune est traversée par un affluent de la Vezouze appelé la Blette.
Communes limitrophes
Transports urbains Deux lignes de transports en commun, par bus, sont à disposition des habitants de la commune : R720 : entre Lunéville et Parux, via Badonviller et BaccaratLigne de bus R720 ; R710 : entre Lunéville et Cirey-sur-VezouzeLigne de bus R710.
La première ligne permet, notamment, de se rendre à la gare SNCF la plus proche, à Baccarat. Météorologie Le , un nouveau record de chaleur, pour un mois de mars, a été établi à ..
Hydrographie La commune est dans le bassin versant du Rhin au sein du bassin Rhin-Meuse. Elle est drainée par la Blette, le ruisseau de France et le ruisseau la Breme..
La Blette, d'une longueur de , prend sa source dans la commune et se jette dans la Vezouze à Herbéviller, après avoir traversé .
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de BadonvillerLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Trois plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le lac de Pierre-Percée, d'une superficie totale de ( sur la commune), l'étang Conrad () et l'étang de Thiaville ()..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat semi-continental. et est dans la région climatique Vosges, caractérisée par une pluviométrie très élevée ( à ) en toutes saisons et un hiver rude (moins de ).. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique installée sur la commune est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Urbanisme Typologie Au , Badonviller est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (77 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (77,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (77 %), terres arables (6,4 %), zones agricoles hétérogènes (6,1 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (4,8 %), zones urbanisées (3,3 %), prairies (1,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (1,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Alodum Baddonviler et Baudonviler ; Rainerus de Baldovillari (1124) ; Baudonvilier (1357) ; Baudoviller (XIIIe siècle) ; Baudonvilleir (1386) ; Bodonvillare (XIVe siècle) ; La chastellerie et forteresse de Baudonviller (1416) ; Baltzweiler (1552) ; Pfaltzweiller (1665) ; Badonisvillare (1778). ; Le village figure sur la carte de Cassini, sous le nom de Baudonviller. Phaltzwiller en 1665E. Grosse (abbé.), Dictionnaire statistique du Département de la Meurthe qui reprend les notes de Dom Calmet, Notice de Lorraine, article "Badonvillers". comme Baltzweiler et Badenweiler sont les dénominations en allemand. Albert Dauzat et Charles Rostaing ont proposé un étymon de personne germanique Baldo, avec suffixe roman -villare « ferme »Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Éd. Larousse, 1968, .. Selon Augustin Calmet et la cohorte des érudits lorrains du , Badonviller (Bodonis villa), son nom serait issu de l'illustre famille Bodo, et en particulier de saint Bodon ou Leudin Bodon, évêque de Toul qui vivait vers le et dont cette villa ou domaine était le patrimoineSon nom propre, prononcé en dialecte francique, langue parlée par les maîtres mérovingiens, nous est inconnu.. L'apparent désaccord linguistique sur l'explication du toponyme proviendrait d'une différence notable, entre le nom simplifié du prélat Bodo en latin médiéval (langue écrite monopolistique) et les langues vernaculaires du et , le tudesque ou vieil allemand de Souabe de la chevalerie locale, et ses adaptations dans le parler roman, qui deviendront après le au niveau véhiculaire, le roman lorrain et, au niveau vernaculaire, le patois du piémont lorrain de Badonvillers, où le a se prononce bien souvent comme le son o en français.
Les variations toponymiques à partir du doivent être prises avec méfiance : ce sont parfois des adaptations suspectes ou de pures inventions littéraires de la Renaissance, par des humanistes férus de latin classique comme de multiples langues.
Histoire
Antiquité Les archéologues ne mettent pas en doute l'existence d'un centre latifundiaire à l'époque gallo-romaine.
Moyen Âge Bodonis Villa est le centre d'un grand domaine mérovingien. Il est dirigé par une puissante famille Leudes, possessionnée dans le Sud-Ouest de l'Austrasie et le Nord de la Bourgogne. Un membre de cette famille, Leudinus Bodo, termine sa carrière en prenant la crosse et la mitre de l'évêché de Toul. Pour conclure sa vie exemplaire, il décide de créer un grand monastère Bodonis monasterium à partir de ses possessions bordant le piémont vosgiens et une partie des montagnes voisines. C'est l'origine de monastère de Bodonmoutier, probablement démembré par les Pépinnides, avant de resurgir, par reconstruction partielle, sous la forme de l'abbaye de Saint-Sauveur.
Badonviller à l'époque carolingienne n'est plus qu'un modeste lieu de pouvoir, bourgade régissant une contrée paysanne, sous la tutelle temporelle de l'évêque de Metz. Mais après les troubles du , diverses familles de chevaliers alsaciens et souabes tendent à imposer leur domination, avec l'accord ou sans l'accord de l'autorité messine, demandant parfois le soutien spirituel de l'évêché de Toul.
La contrée avec celle de Blâmont fait partie d'un territoire administré par les châtelains de Pierre-Longue qui sont au milieu du sous l'autorité des comtes de Langenstein ou Langstein (Pierre-Longue en ancien français), avant de passer après 1140 à la maison de Salm. La longue guerre menée autour de 1135 par l'évêque de Metz, Étienne de Bar, contre le duc de Lorraine s'achève par le siège pendant une année de la capitale Pierre-longue (qui se nommera dorénavant Pierre-Percée par la tentative de percement d'un puits et l'aménagement d'une citerne d'eau de pluie) et la confiscation provisoire des terres du comté de Salm, puisque le défunt comte Hermann II, autrefois homme de l'évêque et placé par lui à la tête de l'avouerie de Senones, est devenu félon en suivant le duc de Lorraine.
Badonviller, bourgade idéalement placé sur le piémont vosgien et choisie par l'évêque messin, tuteur de l'héritier captif, Henri, qui est aussi son neveu par sa mère Agnès, a profité de la déchéance administrative de Pierre-Percée. Elle s'impose rapidement comme la capitale du comté de Salm. La lignée des comtes la fortifient et la défendent plus tard contre les prétentions des turbulents seigneurs de Blâmont, issus d'une branche cadette de la maison de Salm, au et au début du .
Badonviller est déjà une place forte au .
Époque moderne La Réforme et l'exode des protestants L'essor de Badonviller, capitale et résidence des comtes de Salm, est remarquable au XVIe et surtout à la fin du XVIe siècle, époque où des monnaies et des médaillons sont frappésAugustin Calmet, Notice de Lorraine, entrée Badonvillers, p 53-58.. La paroisse installée au XIVe siècle est dédié à saint Martin. Il existe deux faubourgs, le Haut-faubourg et le faubourg d'Allemagne. Badonviller sur la Blette est à 1,5 lieue de Blâmont, 2,5 lieues de Raon-L'Etape, 3 lieues d'Etival, 5 lieues de Senones, 7 lieues de Lunéville...
En 1518, la famille princière des comtes de Salm, en particulier celle de Philippe-François, suit le courant de la Réforme luthérienne, sans toutefois obliger la population à ce choix. Mais les pasteurs luthériens du temple princier ne cesse de prêcher. Badonviller, capitale du comté, comporte une population de protestants réformés et de moins en moins de catholiques qui cohabitent pacifiquement. Pourtant la réforme échappe vers 1550 au prince et aux pasteurs luthériens officiels, le peuple et les religieux optant massivement pour le calvinisme.
Le mariage en 1597 de François de Vaudémont, fils de l'intransigeant duc catholique Charles III, avec Christine de Salm, une des héritières du comté de Salm, provoque une situation inédite, car l'autre héritier, Philippe-Othon de Salm, se convertit au catholicisme après un voyage à Rome en compagnie du cardinal de Lorraine en 1591. Le partage du comté en 1598 avec Badonviller, comme capitale indivis, ne clarifie pas l'avenir religieux. Parvenus au pouvoir, les comtes lorrains de Salm, comme le prince de Salm, honoré du titre rhingrave et prince d'Empire en 1621 pour son retour au camp catholique, fondement du parti Habsbourg, se doivent de purger l'hérésie.