Pierre François Jean Gaspard BissonIl est aussi appelé erronément Baptiste Pierre François Jean Gaspard Bisson. En réalité, le prénom Baptiste ne fait pas partie de son nom mais de l'intitulé de son acte de baptême : « (…) le dix sept février a été baptisé Pierre François Jean Gaspard né le jour d’hier fils naturel et légitime de Pierre François Buisson [sic] tambour major au régiment Dauphin et de Françoise Gaudelive Deschamps (…) » (Archives départementales de l’Hérault, registres de la paroisse Saint-Denis de Montpellier (1761-1776), vue 252/540). Cette erreur est d'ailleurs confirmée par son acte de mariage qui le présente comme « le sieur Pierre François Jean Gaspard Bisson lieutenant dans la garde nationale » (Archives départementales du Nord, registre des mariages de Dunkerque (1791-1794), vue 120/921)., né le à Montpellier et mort le au , près de Marmirolo, est un général français de la Révolution et de l’Empire.
Après s'être distingué dans les armées de la République, il commande une division de la Grande Armée lors des campagnes de Napoléon en Allemagne (1805) et en Pologne (1807) et se signale particulièrement à la bataille de Friedland contre les Russes. En 1809, il est capturé par les insurgés tyroliens et n'occupe plus par la suite que des postes secondaires.
Amateur de bonne chère et grand buveur, il avait pour habitude de consommer chaque jour « huit bouteilles de vin à son déjeuner » d'après le témoignage du gastronome Jean Anthelme Brillat-Savarin.
Biographie
Jeunesse
Fils aîné d'un tambour-major du régiment du Dauphin, Pierre François Jean Gaspard Bisson naît le à Montpellier, dans le Languedoc. Il est baptisé le lendemain dans l'église Saint-Denis. Le , il s'enrôle en qualité d'enfant de troupe dans le régiment de son père, suivant le vœu de ce dernier. À l'âge de 16 ans, il devient soldat au régiment du Dauphin le puis grenadier le , en raison de sa grande taille.
Sous la Révolution et le Consulat
Bisson ne devient officier qu'après la Révolution française. Après avoir servi en dans la garde nationale parisienne — où il décroche les épaulettes d'adjudant-major capitaine —, il part rejoindre son frère à Dunkerque et intègre la garde nationale locale en tant que simple chasseur le ; dès le mois de , il retrouve son ancien grade. Le , il est élu capitaine des grenadiers du bataillon de volontaires du Nord, qui est incorporé à l'armée du Nord en 1792 puis à celle des Ardennes l'année suivante.
Alors qu'il est chargé de la défense du Châtelet, Bisson est encerclé dans cette place le par soldats ennemis, tandis que lui-même ne dispose que de 60 grenadiers et de 50 dragons. Afin de dissimuler à ses adversaires la faiblesse de la garnison, il place ses grenadiers en tirailleurs devant les gués principaux, en avant d'un pont qu'il fait couper, puis il partage sa cavalerie en trois pelotons, ayant l'ordre de se tenir constamment en mouvement, tandis que dans la place, deux tambours battent continuellement la générale sur différents points, ce qui fait supposer aux assiégeants la présence de nombreux défenseurs. Ils se préparent donc à former le siège en règle du Châtelet, mais l'arrivée du général Legrand avec une colonne de secours les forcent à se retirer.
À la suite de ce fait d'armes, Bisson est promu chef de bataillon de son unité le . Transféré peu après à l'armée de Sambre-et-Meuse, il est chef de brigade de la demi-brigade de bataille le puis de la demi-brigade de ligne le . Il se distingue une nouvelle fois vers cette époque à Meisenheim : à la tête d'un bataillon de , il soutient le choc de et ennemis. Après avoir perdu dans ce combat le tiers de son effectif, ce qui rend sa position délicate, il se tire d'embarras par un coup d'audace. Il précipite son cheval au milieu de la colonne ennemie, sabre ceux qui tentent de lui barrer le passage, traverse la Nahe à la nage, court prendre position à Kirn, occupe tous les défilés et arrête les progrès de ses adversaires.
Lui et ses hommes sont versés en 1797 à l'armée d'Italie. L'historien Jérôme Croyet note que . En 1800, Bisson se rend à l'armée de réserve rassemblée à Dijon avant de se battre avec distinction à la bataille de Marengo le , ce qui incite Napoléon Bonaparte à l'élever au grade de général de brigade le de la même année. Il sert alors successivement sous les ordres des généraux Masséna, Rochambeau et Delmas, pour être finalement rattaché à la division Boudet à la fin de l'année. Le , il contribue fortement au passage du Mincio et, le même jour, se rend maître de la après un vif combat. Il commande ensuite la militaire en France. Quand, le , la croix de la Légion d'honneur lui est décernée, il est attaché à la division du camp de Saint-Omer.
Général d'Empire
vignette|Épisode de la bataille de Friedland (14 juin 1807), au cours de laquelle Bisson joue un rôle important. Illustration de 1892.
Il est nommé commandeur de l'ordre le et général de division le .. Il prend part cette année-là à la campagne d'Allemagne au sein du corps du maréchal Davout, dont il commande la division depuis le . Au moment de franchir le Rhin, sa division se compose de trois brigades sous les généraux Demont, Debilly et Eppler, pour un total de hommes.. Lors du passage de la Traun à Lambach le , il est grièvement blessé au bras, ce qui lui vaut de recevoir la visite de Napoléon. De fait, il ne peut participer à la bataille d'Austerlitz où sa division est commandée par le général Marie François Auguste de Caffarelli du Falga.. Bisson est néanmoins récompensé de ses services en devenant, le , grand officier de la Légion d'honneur puis gouverneur général de l'État de Brunswick le .
Le , Bisson prend le commandement de la division du corps sous les ordres du maréchal Ney, avec lequel il participe à la campagne de Pologne. Lors de la bataille de Guttstadt qui se déroule du 5 au , il dirige le régiment d'infanterie légère ainsi que les , et régiments d'infanterie de ligne. Il mène également sa division au combat durant la bataille de Friedland, livrée le . À , Napoléon lance le signal de l'attaque contre les troupes russes de Bennigsen. Les deux divisions du corps de Ney, celle du général Marchand à droite et celle de Bisson à gauche, entament leur progression et refoulent peu à peu leurs adversaires. Toutefois, alors que les soldats de Ney s'enfoncent dangereusement dans le dispositif russe, un feu d'artillerie dévastateur, suivi d'une contre-attaque de la cavalerie de réserve de Bennigsen, sèment la panique au sein des troupes de Marchand et de Bisson qui se replient avec de lourdes pertes. À cet instant, Napoléon jette dans la bataille le corps du général Victor qui bouscule rapidement l'aile gauche russe. Profitant du repli de leurs ennemis, les hommes de Ney se regroupent et repartent à l'assaut, contribuant directement à la prise du village de Friedland vers .
vignette|Exécution d'Andreas Hofer à Mantoue le 20 février 1810. Illustration de Richard Knötel.
Bisson est fait comte de l'Empire le (lettres patentes en date du suivant) ; l'Empereur lui accorde en outre une dotation de francs sur la Westphalie et une autre de francs sur le Hanovre. Il sert un temps en Espagne, d'abord en tant que chef de la division du corps de Ney à compter du , puis en qualité de gouverneur de Navarre le . Ses fonctions dans la péninsule Ibérique ne durent pas puisqu'il est affecté en Italie à la fin du mois de . De là, il tente de rallier l'armée qui se bat en Allemagne à la tête d'une colonne de conscrits, mais il est rapidement accablé par les insurgés tyroliens et les forces autrichiennes du général Chasteler. Malgré le renfort de Bavarois récupérés en cours de route, les troupes de Bisson sont encerclées dans Innsbruck et forcées de mettre bas les armes le ..
Après sa libération, il est nommé gouverneur du Frioul et du comté de Gradisca en . Par ailleurs gouverneur de Mantoue, il préside à ce titre le conseil de guerre qui condamne à mort, en , le chef tyrolien Andreas Hofer, capturé quelques semaines plus tôt.. Il n'occupe plus dans ses dernières années que des fonctions secondaires en Italie, jusqu'à sa mort survenue le à Marmirolo, des suites d'une attaque d'apoplexie. Son nom figure sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Est, . Il est d'abord inhumé en l'église Saint-Napoléon de Mantoue, puis son corps est rapatrié au cimetière de Cuiseaux, localité de Saône-et-Loire dans laquelle il possédait sa maison d'habitation. Son cœur est transféré à la cathédrale Saint-Louis des Invalides, à Paris.
Vie privée
Alors jeune officier, Bisson épouse le , à Dunkerque, Émilie-Adélaïde Leduc, descendante directe du célèbre corsaire Jean Bart. Le couple a une fille, Marie-Françoise-Amélie, née le ; toutefois, les relations entre les deux époux se détériorent et le divorce est prononcé le , la mère conservant dans un premier temps la garde de l'enfant. Par la suite, ainsi que le souligne Jérôme Croyet, .
Le , il se remarie avec Marie-Amélie Fornier, fille de Jean Fornier, directeur des postes de la commune de Saint-Amour dans le Jura. De cette union naissent sept enfants dont un seul, Pierre Jean Baptiste Nicolas Gaspard Bisson (1803-1851), atteint l'âge adulte.
Personnalité
vignette|Noms gravés sur l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Est, et .
D'un point de vue strictement militaire, le général Bisson est jugé comme un officier compétent et d'une très grande bravoure.. Durant son séjour en Espagne, il se fait également remarquer pour son intégrité et son attention accordée à la discipline, en empêchant le pillage d'un monastère espagnol par ses soldats. Enfin, bien qu'ayant été le , il se montre cordial avec Andreas Hofer, à qui il rend visite de nombreuses fois dans sa cellule.
Bisson ne jouit pas seulement d'une réputation de courage, il passe aussi pour un gourmand de distinction. Sa notice dans la Biographie nouvelle des contemporains résume le personnage : ..
Son appétit est tel qu'il reçoit de l'Empereur un traitement supplémentaire et spécial pour y pourvoir. Bien que grand, il est devenu d'une obésité extrême, jusqu'à en devenir incapable de monter à cheval. Dans ses Mémoires, le général Griois témoigne ainsi qu'. Le gastronome Jean Anthelme Brillat-Savarin lui a consacré les lignes suivantes dans sa Physiologie du goût :
Bibliographie
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Notes et références
Catégorie:Général de la Révolution française promu en 1800 Catégorie:Naissance en février 1767 Catégorie:Naissance à Montpellier Catégorie:Décès en juillet 1811 Catégorie:Décès en Italie Catégorie:Nom gravé sur l'arc de triomphe de l'Étoile Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Comte de l'Empire Catégorie:Décès à 44 ans Catégorie:Chef militaire français des guerres napoléoniennes