Luisa Ortega Díaz est une avocate et femme politique vénézuélienne, née le à Valle de la Pascua. Proche d'Hugo Chávez, elle occupe de 2007 à 2017 le poste de procureure générale de la république bolivarienne du Venezuela.

À partir de , elle s'oppose au président Nicolás Maduro, dénonçant l'action de ce dernier lors de la crise politique que traverse le pays et l'accuse de corruption. En , une procédure de destitution est engagée à son encontre par la Cour suprême. C'est finalement l'Assemblée constituante qui décide de cette révocation le suivant. Elle se réfugie en Colombie, accompagnée de son époux, le député chaviste Germán Ferrer.

Biographie Jeunesse Luisa Ortega Diaz est née à Valle de la Pascua dans l'État de Guárico au Venezuela, le . Elle a obtenu son diplôme en droit de l'université de Carabobo, située dans l'État de Carabobo. Elle s'est spécialisée en droit pénal à l'université Santa Maria (où elle a enseigné) et en droit procédural à l'université catholique Andrés Bello, toutes deux situées à Caracas.

Carrière professionnelle et engagement politique Luisa Ortega a été conseillère juridique auprès de la chaîne de télévision nationale Venezolana de Televisión, après quoi elle a rejoint le ministère public en Fiscal General de la República - Currículo Ministerio Público.

Pendant la campagne présidentielle de 1998, Luisa Ortega Díaz est aux côtés d'Hugo ChávezVenezuela : qui sont les opposants à Nicolas Maduro France Culture, 20 juillet 2017. Elle est la sœur du militaire Humberto Ortega Díaz, qui a également participé à la tentative de coup d'État de 1992 et a été ministre de la Banque publique. Luisa Ortega Díaz est mariée à Germán Ferrer, député du Parti socialiste unifié du Venezuela, fondé par Hugo ChávezLuisa Ortega, la Fiscal chavista que se convirtió en la enemiga de Maduro El Financiero, 15 juin 2017.

Luisa Ortega est nommée procureur général de la république bolivarienne du Venezuela par l'Assemblée nationale le pour la période 2008-2014. À cette dernière date, les élus, alors majoritairement proches de Nicolás Maduro, l’ont prolongé dans ses fonctions pour sept ans, jusqu’en 2021Gilles Biassette Venezuela : Luisa Ortega, une conscience au cœur du pouvoir chaviste La Croix, 30 mai 2017.

En 2014, Luisa Ortega soutient Nicolás Maduro lors des manifestations contre le gouvernement indiquant que ces manifestations . La magistrate laisse entendre un financement de ces manifestations par les États-UnisLe Venezuela tente de se faire entendre Le Temps, 17 mars 2014.

Son positionnement évolue lors des manifestations de 2017. En effet, Luisa Ortega considère que et précise que des investigations sont en cours à l'égard de ces groupes paramilitaires qui contrôlent les quartiers populaires. Par ailleurs, elle estime que la convocation d’une Assemblée constituante . Enfin, elle dénonce le recours aux tribunaux militaires à l'encontre des civils arrêtés lors des manifestationsPaulo A. Paranagua La procureure générale du Venezuela critique la répression de l’oppositionLe Monde, 26 mai 2017. En réaction à ces prises de position, des proches de Nicolás Maduro demandent la démission de Luisa Ortega, l'accusant notamment d'être corrompueReuters - Marco Bello Venezuela: les partisans de Maduro réclament la démission de Luisa Ortega RFI, 3 juin 2017. L'ancienne ministre de l'Environnement d'Hugo Chavez, Ana Elisa Osorio, apporte son soutien à Luisa Ortega Díaz dans son opposition à la convocation de l'Assemblée constituanteEx-ministra del Ambiente Ana Elisa Osorio pidió al pueblo rechazar la Constituyente: "es muy riesgoso" Aporrea, 7 juin 2017. Le , elle dépose un recours contre la convocation de l'Assemblée constituante, recours qui est rejeté le par le Tribunal suprême de justice. En réaction, elle dépose un autre recours contre la nomination des juges du TSJ, en , par la législature sortante dominée par les chavistes. Ensuite des députés proche du président Maduro réclamèrent au TSJ une expertise médicale à son encontre, dans le but de la destituer.

Le , plusieurs anciens ministres d'Hugo Chávez se réunissent autour d'elle pour évoquer la défense de la ConstitutionEx ministros de Chávez se reunieron con Luisa Ortega Díaz El Nacional, 12 juin 2017.

Fin , le Tribunal suprême engage des poursuites à son encontre pour au sujet des juges de l'institution et son audition est fixée au . Elle boycotte celle-ci, dénonçant un et une en évoquant sa possible destitution qu'elle juge jouée d'avance, alors que la cour s'est donnée cinq jours pour statuer sur son sort. La Cour suprême n'a finalement pas décidé du devenir de Luisa Ortega. Le délai légal est de 30 jours pour traiter ce type de dossierPas de décision de la Cour suprême sur Ortega Tribune de Genève, 13 juillet 2017.

Accusations de corruption envers Nicolás Maduro Luisa Ortega Díaz accuse le président Nicolás Maduro d'avoir reçu 35 millions de dollars de la société brésilienne Odebrecht et d'autres entreprises dans le cadre de l'opération Lava JatoVenezuela: une élection pour dissimuler la corruption ? Mediapart, 1 août 2017. Le , lors d'une réunion de procureurs d'Amérique latine à Puebla au Mexique, elle renouvelle ses accusations par un message audio et affirme détenir les preuves de la culpabilité du président MaduroVenezuela : l'ex-procureure générale s'enfuit en Colombie et accuse Nicolas Maduro de corruption Europe 1, 19 août 2017 : Venezuela: l'ex-procureure générale accuse Maduro de corruption Le Figaro, 19 août 2017.

Par ailleurs, elle accuse Diosdado Cabello, numéro deux du régime, d'être impliqué dans des dossiers de corruption et d'avoir reçu 100 millions de dollars (85 millions d’euros) de pots-de-vin grâce à une entreprise espagnole appartenant à sa famille. Cet argent serait en lien avec les marchés obtenus au Venezuela par une société brésilienneAu Venezuela commence le grand déballage sur la corruption Le Monde, 24 août 2017.

Destitution, poursuites judiciaires et exil Le , Luisa Ortega Díaz demande aux tribunaux de bloquer l'installation de l’Assemblée constituante, considérant la possibilité d'irrégularités lors du scrutin du La procureure générale démise de ses fonctions Le Devoir, 5 août 2017. Le , elle est finalement « suspendue » de son poste de procureur général de la République par l'Assemblée constituanteLa nueva Asamblea Constituyente destituye a la fiscal general de Venezuela, El País, 5 août 2017.. Le bâtiment du ministère public est assiégé par la garde nationaleVenezuela: le parquet général "assiégé" par l'armée, Le Figaro, 5 août 2017. et elle déclare « dénoncer cet acte arbitraire devant la communauté nationale et internationale [...] C’est une dictature ! »Venezuela : à peine installée, l’Assemblée constituante démet de ses fonctions la procureure générale, Le Monde, 5 août 2017.. Elle est remplacée par Tarek William Saab, défenseur du peuple et proche de Nicolás Maduro. Elle rejette son éviction dans la foulée. Ses comptes bancaires sont gelés et il lui est interdit de quitter le VenezuelaLe parcours de Luisa Ortega, procureure générale au Venezuela contrainte à l’exil Libération, 29 août 2017

Le suivant, le Tribunal suprême lance des poursuites à son encontre pour . En fuite, Luisa Ortega Díaz, dénonce la persécution dont elle est l'objet par le régime de Nicolás MaduroLuisa Ortega Díaz: Han amenazado con privarme mi vida El National, 10 août 2017.

Le , son domicile est perquisitionné alors que Saab, son successeur au poste de procureur général a demandé l'arrestation de son mari, Germán Ferrer, député du PSUV, dont l'immunité a été levée par l'Assemblée constituante. Elle fuit en le soir même, accompagnée de son mariAu Venezuela, la Constituante s’arroge les pouvoirs du Parlement Le Monde, 18 août 2017, et de deux collaborateurs, Gioconda González Sánchez et Arturo Vilar Estévez Luisa Ortega Díaz y Germán Ferrer salieron de Venezuela en lancha El Nacional, août 2017. Le groupe rejoint incognito la péninsule de Paraguaná, au nord du Venezuela. Là, un bateau les prend en charge pour rejoindre Aruba, une île néerlandaise située au large du Venezuela. Puis un avion privé les conduit à Bogota en ColombieFuite rocambolesque au Venezuela France Inter. Après son arrivée, le président colombien Juan Manuel Santos indique qu'elle est « sous sa protection » et souhaite lui donner l'asile politique si elle le demandeVenezuela : l'opposante Luisa Ortega "sous la protection" de la Colombie France 24, 21 août 2017.

Déplacements à l'étranger

Le , elle rejoint le BrésilL'ex-Procureure du Venezuela a trouvé refuge au Brésil L'Express, 22 août 2017, où elle participe à une rencontre des procureurs des pays du Mercosur, ces derniers lui apportent leurs soutiens. Elle y évoque la « mort du droit » au Venezuela et considère que la « stabilité de la région est en danger ». Après un retour en Colombie, elle se rend au Costa Rica, elle y indique craindre pour sa vie et affirme que le régime de Nicolás Maduro a « engagé des tueurs pour attenter à sa vie ». Lors d'un déplacement au Mexique, début septembre, elle remet des informations sur les au procureur général du Mexique Raúl Cervantes. Elle déclare Luisa Ortega Díaz entregó a México "información importante" sobre la corrupción en Venezuela Infobae, 3 septembre 2017.

Accusation de corruption Lors de son procès à Miami en , l'homme d'affaires vénézuélien Carlos Urbano Fermin reconnait avoir versé des pots-de-vin d'environ un million de dollars à Luisa Ortega Díaz début 2017 en échange de sa protection dans le cadre d'une enquête pour corruption le visant. Le bureau du procureur général avait ouvert une enquête concernant des faits de corruption entourant l'attribution de contrats par la compagnie pétrolière PDVSA à des entreprises dont Carlos Urbano Fermin est propriétaire. Ce dernier aurait ensuite été contacté par un proche de Luisa Ortega Díaz lui promettant l'abandon de l’enquête en échange du versement d'un million de dollars dans plusieurs comptes bancaires aux États-Unis, ce qu'il a accepté. L’enquête a cependant été relancée par le nouveau procureur général après que Luisa Ortega Díaz a été démise de sa fonction, conduisant à l'inculpation de Carlos Urbano Fermin et à son exil aux États-Unis, où il a accepté de collaborer avec les autorités américaines.

Références

Liens externes

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