Georges H. Gallet, né le à Bressuire dans les Deux-Sèvres et mort le à Aubagne dans les Bouches-du-RhôneRelevé des fichiers de l'Insee (il sera inhumé à Cassis), de son vrai nom Georges Hilaire Gallet, est un journaliste scientifique, écrivain, traducteur et éditeur. Il est aussi un grand collectionneur de pulps : ceux-ci ayant été vendus à Jacques Sadoul en 1971 servent de base pour les premiers tomes des anthologies Les Meilleurs Récits de…Entretien avec Jacques Sadoul 1/4 (2011);.

Biographie Jeunesse et début de carrière professionnelle À 16 ans, Georges Gallet lit déjà Une princesse de Mars d'Edgar Rice BurroughsEncyclopédie de l'Utopie, Pierre Versins, p.356.. Il obtient cette année-là son baccalauréat et parle correctement deux langues (l'allemand et l'anglais), et en comprend deux autres (l'italien et l'espagnol).

Il est licencié en sciencesRevue Ouranos de Marc Thirouin numéro 3, 1953.. De famille de banquiers à Paris, ayant une sœur et un frère, il est prédestiné à suivre la voie de son père manager au Crédit industriel et Commercial, mais son diplôme en poche il est attiré à 25 ans par le monde de la presse et ses techniques modernes d'imprimerie car gros lecteur de magazines dits « populaires ». Cela lui permet rapidement de voyager en Angleterre et aux Etats-Unis. Après neuf années à gravir les échelons, il devient l'agent européen de la Métro-Goldwyn-Mayer de 1936 à 1937. Il publie quelques papiers dans Le Petit Parisien dont il connait les éditeurs. Il rejoint alors le cercle dirigeant de la famille Dupuy (qui possède aussi entre autres Le Dimanche-illustré et Science.

Avant-guerre toujours, il a une correspondance suivie avec Régis Messac (mort en déportation), le premier éditeur d'un début de collection française de science-fiction (trois ouvrages... mais la guerre arrive)"Question de" n°30,1979, p.92.". Il découvre le nom de Jacques Bergier dans le courrier des lecteurs de Weird Tales en 1938Je dénichai le nom d'un certain Jacques Bergier dans la rubrique des "lettres de lecteurs" d'un magazine américain de science-fiction, "Question de" numéro 30.. Tout comme lui il est un passionné de radio.

En 1939, il écrit aux fanzines britanniques Spaceways et Science Fiction Fan, animés par Olon F. Wiggins et son épouse. Il connait aussi Walter Gillings qu'il rencontre à Londres en 1938.

Il manque de publier le tout premier magazine en partie consacré à la SF en France, intitulé Conquêtes, qu'il propose à la famille Dupuy qui approuve. Un numéro 00 voit le jour le (publié le par la Société des Périodiques Illustrés, avec au sommaire Jean de La Hire)La Science-fiction en France dans les années 50, Francis Saint-Martin, éd. Le Rayon vert, p.11. (Gallet republiera des textes de de La Hire après-guerre dans V Magazine, alors qu'il s'est soustrait aux autorités françaises), mais il est mobilisé dès le mois suivant, et ne retrouvera un poste d'éditorialiste dans la science-fiction que quinze années plus tard, avec le Rayon FantastiqueJacques Sadoul, autobiographie C'est dans la poche, éd. Bragelone, p.86.. Pourtant Fayard était pret pour financer lui-aussi le projet, après son article dans l'hebdomadaire du groupe Ric et Rac.

Comme donateur (non adhérent), il sera déclaré « bienfaiteur de la Colorado Fantasy » en 1941 lors de la première Denvention (seconde en 1981).

Années 1940 et 1950 Sous-officier dans l'armée française (maréchal des Logis), il dirige notamment un groupe de cinq lourdes ambulances militaires. Il doit embarquer pour l'Angleterre à Dunkerque lors de la débâcle (14 survivants sur 43 sous son commandement - cité à deux reprises, il sera Croix de guerre après la libération-). Après quelques jours il embarque sur le paquebot Ville d'Alger alors réquisitionné entre Cardiff et Brest. Par train il retrouve sa femme à Paris, avant de partir tous deux pour Marseille en passant par Plaisance-du-Touch près de ToulouseThe Acolyte, n°11, été 1945 (en anglais). Toujours militaire, durant le conflit il devient interprète pour les troupes alliées, ce qui lui permet d'enrichir sa connaissance de la science-fiction américaine dont l'essor démarre réellement. Il établit des liens avec des soldats du corps des transmissions américain en 1945. Il pourra plus tard rencontrer de grands auteurs de la période classique, et se lier réellement d'amitié notamment avec Forrest J. AckermanJacques Vallée, Forbiden science - 1960-1969, Science interdite, volume 1, p.45. avec lequel il a pu correspondre en 1942 (lettre transmise alors que ce dernier est sergent au fanzine Voice of the Imagi-nation) grâce à un navire américain depuis le port de Marseille.

Entre 1940 et 1947, il arrive à entretenir des liens écrits outre-Atlantique avec Voice of imagi-nation (juin 1940 depuis le front - mai 1945), The Science fiction man (aout 1940 où il détaille sa débâcle), et The Fanews de Walter "Dunk" Dunkelberger (directement de 1944 à 1947).

En 1945, quelques fans de zines US l'accusent de collusion avec la presse germanique, ce dont il se disculpe aisément.

Immédiatement après-guerre, il est aussi chroniqueur scientifique régulièrement au Provençal, depuis ParisPierre Lagrange, Renaissance d’un ésotérisme occidental (1945-1960).

Entre aout et septembre 1945, il fait partie du jury de la première Convention internationale du cinéma à Bâle, qu'il aide depuis Marseille à préparer.

Le toujours souriant Georges H. Gallet -qui tenait beaucoup au H. de son nom complet- devient en même temps en 1948 le rédacteur en chef de V Magazine, fondé avec quelques amis en 1946 pour pallier l'arrêt du Dimanche Illustré, où il publie déjà des textes de science-fiction. Jean de la Hire retrouve un certain état de grâce car André Jaeger, l'un de ses éditeurs, est alors l'époux de sa fille unique. En 1948 il y adjoint le supplément d'été This. Disparition au début des années 1970, après espacement des publications.

En 1950, la Science-fiction sort de son relatif anonymat grâce à l'article de l'auteur belge Gaston Dericke (Claude Elsen).

Le 12 mai 1951, il fait une conférence à Londres en tant que délégué français à la troisième Convention de SF et Fantasy nationale de l'après-guerre, le Festivention (lauréat Forrest J. Ackerman -également possesseur d'une imposante bibliothèque sur le sujet-. Il sera ensuite aussi juge pour le "Prix international de la Fantasy"). Il est à noter que Gallet perd la majorité de sa collection de littératures fantastiques durant le conflit mondial. Ackerman l'aide patiemment à la reconstituer, avec Mary Gnaedinger.

À l'automne 1951, il présente le jeune Jimmy Guieu (qui vient tout juste de signer au Fleuve noir, alors en train de rééditer une vingtaine de titres de De la Hire) à l'avocat Marc Thirouin, pionnier de l'ufologie française avec sa revue "Ouranos"Dimension Jimmy Guieu, éd. Rivière blanche, 2011, interview de Guieu en 1996 par Richard D. Nolane L'aube de l'ufologie en France..

Il devient membre du comité éditorial et directeur de collection littéraire chez Hachette. Il y crée en 1951 la seconde collection d'anticipation française, "Le Rayon fantastique"La toute première et la seule collection d'anticipation française ayant existé avant 1950, "Les Hypermondes", fut créée et dirigée par le professeur Régis Messac en 1936, aux éditions de la Fenêtre ouverte à Issy-les-Moulineaux. Elle connut trois titres dont la Guerre du lierre, un recueil de nouvelles de David H. Keller, traduites de l'américain par Régis Messac., dont le copilotage pour la part revenant aux éditions Gallimard est assuré au début par le Martiniquais Michel Pilotin (1906-1972). Cette collection permet à Georges H. Gallet de ressusciter le prix Jules-VerneJury: lui-même, ainsi que France Roche, le Général Chassin, André Maurois de l'Académie française, Jean Rostand, Maurice Renault et Robert Kanters SF - Hachette entre 1958 et 1963. Il y publie une anthologie, Escales dans l'infini (Le Rayon fantastique 26). La collection s'arrête en 1964.

De plus, annuellement en octobre, il s'attelle à rédiger seul avec une secrétaire dans une petite cave obscure le vieil Almanach Hachette déjà nonagénaire avant lui.

En 1953, il devient conseiller scientifique de Marc Thirouin pour sa revue Ouranos (avec Jimmy Guieu). et il participe pour la seconde fois à la convention britannique de SF à Londres (cinquième du nom, dite "Coroncon"), toujours accompagné de son épouse.

S'adressant aux habitués de la librairie La Balance de Valérie Schmidt -à laquelle il aura prêté sa collection de SF américaine d'avant-guerre le temps d'une exposition mémorable car première du genre à partir de Noël 1953- il aura ce mot: Vous habitez la maison que j'ai bâtie...Entretien avec Jacques Sadoul, un pionnier de la science fiction française, le Monde, 13 avril 2006. En 1954, il est le rédacteur en chef de Super Policier Magazine et de Super Western Magazine aux éditions André Jaeger, puis il devient membre du jury de l'International Fantasy Award. En 1959, il fait partie de l'éphémère "Club N.O.V.A." (Nihil Obstat Vitae Anticipandae), issu de la revue « Satellite » (avec Spriel, Klein, Kanters, Renault, Barjavel et de Caro).

Années 1960 et 1970 Durant les années 1960, il est le correspondant du Burroughs bulletin pour la France.

En 1962 et à sa demande, Jean-Claude Forest créée le personnage de Barbarella pour V magazine, dont il est toujours le rédacteur en chef.

Durant cette décennie aussi, il met sur le marché européen The Universe of knowledge.

À partir de 1972, Georges H. Gallet dirige avec son vieux complice Jacques Bergier plusieurs collections chez Albin Michel : la collection Science-fiction (2ème série), de 1972 à 1974. puis la collection Super-Fiction, de 1975 à 1983. En 1972 et 1973, tous deux dirigent encore la collection "Science parlante" de l'éditeur.

Ses différentes traductions de textes anticipatifs publiées (une cinquantaine, entre romans -plus de trente- et nouvelles) s'étalent entre 1951 (Passagère clandestine pour Mars, roman) et 1983 (Le jour des Kleshs, roman, à 83 ans). Il a aussi traduit des livres réalistes, comme Constantin: le premier empereur chrétien de Ramsay MacMullen (chez Hachette son éditeur de prédilection, en 1971).

Parmi les auteurs qu'il traduit figurent notamment Arthur C. Clarke, Michael Coney, Philip José Farmer, Daniel Keyes, Abraham Merritt, Catherine L. Moore, Clifford D. Simak, Theodore Sturgeon, Alfred Van Vogt et Jack Williamson.

Il a vendu pour une somme modique pratiquement toute sa collection de pulps à Jacques Sadoul en 1971, ce dernier la complétant ensuite et mettant, dixit, « cinq années à la décortiquer » (condition : "Publiez une Histoire de la SF, notamment française". Chose faite en 1974). En décembre 1953, il l'avait alors prêtée à Valérie Schmidt (avec celle de Bergier) pour sa première exposition française consacrée à la SF, dans sa petite librairie spécialisée à Paris La Balance. Durant les années 1970, il fut notamment l'agent littéraire de Jacques Vallée pour la France, avec plusieurs rencontres à CassisScience Interdite, volume 2, journal 1970-1979, Jacques Vallée, 2013, p.291-292, 382..

En 1979 (37e convention), il obtient à Brighton le Prix du Grand Coeur (E. E. Evans big heart award) -devenu prix Ackermann, puis prix David A. Kyle- de la communauté SF, qui récompense à chaque convention mondiale différentes personnalités pour services rendus à ce monde littéraire (administré durant 40 ans par Ackermann).

Fin de vie Au début des années 1980, il se retire du milieu français de l'édition.

Devenu veuf et désormais étant sans descendance directe, il décède seul à Aubagne où il réside plusieurs années.

Il est connu en France comme membre des Trois Vieux, avec Messac et Bergier.

Ses parents étaient d'origine vendéenne.

Il était membre de la Society for the preservation of Préhistoric life, et membre honoraire de l'Ancient Astronaut Sociéty.

Œuvres