Varsovie ( ) est depuis 1596 (sauf de 1815 à 1848) la capitale de la Pologne et depuis 1999 le chef-lieu de la voïvodie de Mazovie. Elle est située sur la Vistule, à environ de la mer Baltique et des Carpates. Peuplée par plus d' d'habitants ( pour l'agglomération), la capitale polonaise est la plus grande ville du pays et dispute à Budapest la huitième place parmi les plus grandes villes de l'Union européenne.

Surnommée « la Ville-phénix » pour avoir réussi à renaître de ses cendres après que 84 % de ses bâtiments eurent été détruits durant la Seconde Guerre mondiale, Varsovie a connu une croissance spectaculaire au cours de la seconde moitié du , encore ravivée par le passage de la Pologne à l’économie de marché dans les années 1990. L'agglomération continue à se transformer et à se développer à un rythme soutenu : elle regroupe toute une gamme d'industries et soixante-six établissements d'enseignement supérieur. C'est aussi un centre artistique et culturel important, une place financière et un pôle économique majeur de l'Europe centrale.

Administrativement, Varsovie se divise en dix-huit arrondissements (dzielnice).

Toponymie left|thumb|Syrenka, figure allégorique de la Ville de Varsovie.

Le nom officiel complet de la ville est Ville capitale de Varsovie (en ).. Les habitants de Varsovie sont appelés Varsoviens et Varsoviennes.

La ville est citée à partir du sous les noms de Warseuiensis (1321) et Varschewia (1342), puis Warschouia (1482), pour devenir plus tard Warszowa et enfin Warszawa, le nom polonais actuel de Varsovie. Ce nom signifie « appartenant à Warsz », une forme abrégée du prénom masculin Warcisław. Il s’agit vraisemblablement d’un aristocrate des qui possédait un village situé sur l'actuel site du quartier de Mariensztat.

L'étymologie populaire attribue le nom de la ville à deux personnages légendaires nommés Wars et Sawa : Wars est un pêcheur vivant au bord de la Vistule et Sawa une sirène dont il est tombé amoureux ; c’est cette sirène (en ) qui est représentée sur les armes de la ville..

à ces armes la devise « Semper invicta » (« toujours invincible ») et décerna à la ville la décoration militaire suprême, l'ordre militaire de Virtuti Militari, en reconnaissance de la bravoure démontrée par ses habitants lors du siège opéré par les forces hitlériennes.

Le drapeau de la ville est constitué par deux bandes horizontales jaune et rouge. On retrouve ces couleurs sur les bus et les tramways de l’agglomération.

Histoire

Moyen Âge vignette|Église Notre-Dame, « Nouvelle ville » de Varsovie, 1411.

Les premiers édifices fortifiés construits sur le site où se trouve aujourd'hui Varsovie furent ceux de Bródno () et de Jazdów (). Après l'attaque et la destruction de Jazdów, une nouvelle colonie semblable fut créée sur le site d'un petit village de pêcheurs appelé Warszowa. Vers 1300, Boleslas II de Mazovie, prince de Płock, établit la ville actuelle de Varsovie. Au début du , elle devint l'un des sièges des ducs de Mazovie, puis la capitale de la Mazovie en 1413. À cette époque, l'économie de la ville reposait sur l'artisanat et le commerce.

Temps modernes

Du au vignette|Varsovie au . Tableau de Bernardo Bellotto. À la suite de l'extinction de la ligne ducale, le duché de Mazovie fut intégré à la couronne polonaise en 1526. Trois ans plus tard, la Diète générale fut réunie pour la première fois à Varsovie, qui devint son siège permanent à partir de 1569, après avoir été brièvement occupée par les troupes alliées de la Suède et du Brandebourg durant la première guerre du Nord.thumb|right|Bataille de Varsovie (1656) durant la première guerre du Nord.En 1573, la ville donna son nom à la confédération de Varsovie, établissant officiellement la liberté de religion dans la république des Deux Nations. Grâce à sa situation médiane entre les capitales de ces deux nations (Cracovie pour la Pologne et Vilnius pour la Lituanie), Varsovie devint la capitale de la république unifiée. La couronne polonaise y fut transférée en 1596, quand le roi Sigismond Vasa déplaça la cour de Cracovie à Varsovie.

Dans les années qui suivirent, la ville s'étendit sur les terres de l'actuelle banlieue, sous forme de vastes domaines privés indépendants, possédés par la haute noblesse et administrés selon leurs propres lois. Entre 1655 et 1658, la ville fut assiégée trois fois et trois fois elle fut prise et pillée par les troupes suédoises, brandebourgeoises et transylvaniennes..

thumb|Pendaison de traîtres "in effigie" lors de l'insurrection de Varsovie en 1794. Les partisans de la confédération de Targowica, responsable de la seconde partition de la Pologne, sont devenus des ennemis publics. S'ils ne pouvaient pas être capturés, leurs portraits étaient pendus à leur place.

En 1700, la grande guerre du Nord éclata. La ville fut assiégée à plusieurs reprises et dut payer de fortes contributions.

, le dernier roi indépendant de la république des Deux nations, remodela l'intérieur du palais royal, et il fit de la ville un centre important dans le domaine artistique et culturel, ce qui valut à Varsovie le surnom de « Paris oriental ».

Époque contemporaine thumb|Nouvelle ville en 1778.

Varsovie resta la capitale de la république des Deux Nations jusqu'en 1795, lorsqu'elle fut incorporée au royaume de Prusse pour devenir le chef-lieu de la province de Prusse-Méridionale (en ). Libérée par l'armée de Napoléon en 1806, Varsovie devint la capitale du nouveau duché de Varsovie l'année suivante.

Après le congrès de Vienne de 1815, Varsovie devint le centre du royaume du Congrès, une monarchie constitutionnelle liée par une « union personnelle » à l'empereur de Russie, qui prit également de titre de « roi de Pologne ». Durant une dizaine d'années, Varsovie connut un essor important (création de l'Université royale et de nombreux instituts supérieurs, des bourses des marchandises et de la monnaie, de la Banque de Pologne, développement du commerce, de l'industrie et des transports…) mais l'arrivée au pouvoir de Nicolas , monarque absolu ne tolérant aucune limitation à son pouvoir, marqua la fin de cette période libérale : le tsar envoya à Varsovie son frère cadet Constantin en qualité de vice-roi de Pologne et le mécontentement des élites polonaises grandit rapidement, jusqu'à aboutir à l'insurrection de Novembre. En , le tsar, qui venait d'être déposé par la Diète pour avoir transgressé à de nombreuses reprises la Constitution, envoya des troupes pour mater la rébellion. Les Russes entrèrent dans Varsovie le . La Pologne fut alors soumise à une intense russification qui aboutit à la disparition officielle du royaume de Pologne en 1867 sous le règne de l'Empereur Alexandre II, malgré l'instauration d'un gouvernement national clandestin à Varsovie et plusieurs tentatives de soulèvement.

Varsovie a toutefois prospéré à la fin du , avec le maire , un général d'origine russe nommé par le tsar Alexandre III. Avec lui, Varsovie fut doté d'un réseau de distribution d'eau et d'égouts conçus et construits par l'ingénieur anglais William Lindley et son fils William Heerlein Lindley. La ville bénéficia aussi de la modernisation et de l'expansion des tramways, de l'éclairage public et des usines à gaz.

Le recensement de l'Empire russe de 1897 dénombrait vivant à Varsovie, ce qui en faisait alors la troisième plus grande ville de l'Empire, après Saint-Pétersbourg et Moscou.

vignette|Rue Marszałkowska en 1910-20. vignette|Philharmonie nationale de Varsovie, 1906.

Avant la Seconde Guerre mondiale Durant la Première Guerre mondiale, les troupes de l'Empire allemand échouèrent à prendre Varsovie lors de la bataille de la Vistule de septembre-, mais ils y parvinrent un an plus tard à la suite de la défaite de l'armée russe à la bataille de Varsovie d'août-.

Le , la toute nouvelle république socialiste fédérative soviétique de Russie abandonna la Pologne à l'Allemagne par la signature du traité de Brest-Litovsk qui mettait fin aux hostilités germano-russes. Six mois plus tard, à la faveur de la révolution allemande de 1918-1919 qui précipita la fin de la guerre, le maréchal Józef Piłsudski et le général Kazimierz Sosnkowski furent libérés de la forteresse de Magdebourg où ils étaient emprisonnés ; ils arrivèrent à Varsovie le . Le lendemain , alors que le nouveau pouvoir allemand signait l'Armistice avec la France et l'Angleterre dans la clairière de l'Armistice, le Conseil de Régence polonais transmit les pleins pouvoirs à Piłsudski, personnage hautement charismatique qui apparaissait comme l'homme providentiel de la Pologne ressuscitée. Varsovie redevint capitale le jour même avec l'instauration de la deuxième république de Pologne immédiatement proclamée par Piłsudski. L'histoire contemporaine de la civilisation connaît peu d'événements d'une importance plus grande que celle de la bataille de Varsovie de 1920 et aucune dont l'importance est moins appréciée.Edgar Vincent d'Abernon , archivé sur web.archive.org, le Au cours de la guerre soviéto-polonaise de 1920 qui suivit, l'immense bataille de Varsovie fut menée dans la banlieue est de la ville et la capitale fut défendue avec succès contre l'Armée rouge. En remportant cette victoire, la Pologne porta un coup sérieux à l'idéologie d'« exportation de la révolution » qui prévalait alors en Russie soviétique.

Le , le maréchal Józef Piłsudski marche sur Varsovie, dans le cadre du Coup d'État de mai..

Durant la Seconde Guerre mondiale

thumb|Le quartier de Varsovie Śródmieście après le bombardement allemand (septembre 1939). thumb|Mer de décombres - Plus de 80 % des bâtiments de Varsovie sont détruits à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Au centre-gauche, les ruines de la Vieille ville.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Pologne centrale, qui comprenait Varsovie, passa sous le contrôle du « Gouvernement général de Pologne » établi à Cracovie et administré par le Reichsleiter Hans Frank. Tous les établissements d'enseignement supérieur furent fermés et la population juive de Varsovie – plusieurs centaines de milliers, environ 30 % de la population de la ville – parqués dans le ghetto de Varsovie. Le les nazis lancèrent la Grande Action. Les juifs du ghetto sont rassemblés sur l'Umschlagplatz, rue Stawki, puis déportés vers le camp d'extermination de Treblinka. Quand l'ordre vint d'anéantir définitivement le ghetto dans le cadre de la « Solution finale », le , les combattants juifs lancèrent l'insurrection du ghetto de Varsovie.. Malgré la faible puissance de feu et l'infériorité numérique, le ghetto tint pendant près d'un mois. À la fin des combats, presque tous les survivants furent massacrés, seuls quelques-uns réussirent à s'échapper ou à se cacher.. La population juive, qui était la plus nombreuse de toute l'Europe avant 1939, fut exterminée par les nazis. Aujourd'hui, de nombreux touristes, surtout ceux de la diaspora, visitent le cimetière de Powązki, le monument de l'Umschlagplatz et le cimetière juif de Varsovie.

thumb|center L'insurrection de Varsovie : l'armée polonaise de l'intérieur tente de libérer Varsovie de l'occupation allemande avant l'arrivée de l'Armée rouge.