Le vin est une boisson alcoolisée obtenue par la fermentation du raisin, fruit de la vigne viticole. La transformation du raisin en vin est appelée la vinification. L'étude du vin est l'œnologie. La grande variété de vins existant au monde s'explique par les différences de terroirs, de cépages, de modes de vinification ou de types d'élevage. Ainsi, ils peuvent donner des vins rouges, oranges, rosés ou blancs, mais aussi des vins avec un taux de sucre résiduel variant (secs ou doux), ou une effervescence variante (tranquilles ou effervescents). La viticulture colonise une vaste partie du monde et de très nombreux pays sont producteurs de vin.

La surconsommation de vin, comme de toutes les boissons alcoolisées, est à l'origine de nombreuses maladies.

Histoire

Le philosophe péripatéticien grec Théophraste, auteur d'un Traité de l'ivresse au , a parlé du vin, et comme le fit le médecin valencien Arnaud de Villeneuve plus tard, concocta toute une série de vins médicinaux : en Grèce antique, Théophraste considérait que le vin avait été donné par Dionysos aux hommes pour compenser la vieillesse en éloignant sa mélancolie, et les faisant se sentir jeunes à nouveauFrag. 569, Éd. Fortenbaugh. Platon, dans ses Lois, est du même avis livre II (666c).

Tronc commun méditerranéen Les noms du vin, définis tant dans l'espace méditerranéen et associé que dans le temps, procèdent d'un thème linguistique commun où se retrouvent le V (ou sa variante W) et le NOnline Etymology Dictionnary. Seuls font exception dans cet espace linguistique le basque ardoEt hors de celui-ci, alak en tagalog, şarap en turc, putaojiu 葡萄酒 en chinois, nbet خمر en arabe, etc. et le hongrois bor : + Tronc commun indo-européen RacineV (W) - N Hittitecunéiforme Hittitehiéroglyphe Sanskrit Grecarchaïque Grecantique Latin Transcription WEE-AN WE-ANAS VENA WOINOS OINOS VINUM

vignette|Nom désignant le vin dans les langues européennes Ce qui a donné, dans les langues des principaux pays producteurs de vin, les mots vera (albanais), Wein (allemand), wine (anglais), wie (alsacien), bin (aragonais), գինի (guini) (arménien), gwin (breton), вино (vino) (bulgare et russe), vi (catalan), vino (croate, espagnol, italien et tchèque), vin (occitan, danois, français, islandais, roumain et suédois), vein (estonien), viini (finlandais), viño/vinho (galicien), οίνος (grec moderne), wijn (néerlandais), xwînî ou wîn (kurde), vīns (letton), vynas (lituanien), wino (polonais), vinho (portugais) et vinu (corse et sarde).

Des similitudes entre les noms du vin dans les langues kartvéliennes (par exemple en géorgien : ღვინო [ɣvinɔ]) et dans les langues indo-européennes et sémitiques (*wayn) suggèrent la possibilité d'une origine commune des termes désignant le vin dans ces familles linguistiques. Une grande partie des linguistes croient qu'on a affaire à un emprunt au géorgien gvin (en ).

Les partisans de ce point de vue ont montré que, dans les langues kartvéliennes, le nom du vin (ღვინო ghvino, ღვინი ghvini, ღვინალ ghvinal) est en rapport avec le verbe ghvivili ( « fleurir, susciter, bouillir, fermenter ») et la racine *ghv (ღვ), qu'on retrouve dans divers mots kartvéliens (par exemple gaghvidzeba, « se réveiller », ghvidzli, « foie », etc.).

Découvertes archéologiques

Proche-Orient

vignette|gauche|redresse|Sites néolithiques, chalcolithiques et du Bronze ancien où ont été pratiqués la viticulture ou l'oléiculture.

De nombreuses preuves ont permis d'établir que la vinification est connue depuis plusieurs millénaires et les archéologues s'accordent a dire que la « culture du vin » débute au Néolithique entre et , et ce dans les montagnes du Proche-Orient entre la Turquie orientale actuelle, le Caucase méridional et les monts Zagros. En l'état actuel de nos connaissances, les scientifiques s'accordent à dire qu'elle est d'abord pratiquée dans la région du Caucase, considérée depuis le comme la patrie de la vigne domestique, car une grande diversité de vignes sauvages et aussi de cépages (le pays qui compte le plus grand nombre de cépages est la Géorgie, où l'on en dénombre plus de 500). Plusieurs découvertes archéologiques appuient cette théorie :

vignette|redresse|Jarre ayant contenu du vin, découverte à Shulaveri, en Géorgie, elle est datée du Néolithique (conservé au Musée national de Tbilissi).

Des traces de vinification datées d'environ 7000 ans avant notre ère ont été trouvées en 2011 dans une grotte en Arménie.. Des vestiges similaires ont été découverts en Iran en 2017, renforçant l’hypothèse de l’origine proche-orientale du vin..

« Shulaveris gora » et « khramis Didi gora », en Géorgie : La plus ancienne trace de vinification connue a été découverte en Géorgie; elle date du millénaireCNRS. (2017) Un vin vieux de attesté par l'archéologie en Géorgie. CNRS Info. (Consulté le 5 mars 2023.)Lien vers l'article "La plus ancienne production de vin connue à ce jour a été mise en évidence en Géorgie actuelle, au début du Néolithique par un groupe de recherche multidisciplinaire en archéologie.". C'est sur le site néolithique de Shulaveri, qui s'inscrit dans la culture de Shulaveri-Shomu., la plus ancienne culture de la région du CaucaseThe Caucasus - An Introduction de Frederik Coene , que des ceps et des grains () desséchés datés des environs de sont retrouvés, ainsi que des résidus dans une jarreSusan Mc Carter, Neolithic, Routledge, 2007, .

Les pépins trouvés à Shulaveri et khrami témoignent de l’ancienneté de la domestication de la vigne sauvage. McGovern fait aussi remarquer que c'est en Géorgie qu'on trouve les premières manifestations de la civilisation du vin dans la vie économique et socialeOri Z. Soltes, National Treasures of Georgia, « P.E. McGovern, Georgia as Homeland of Winemaking and Viticulture », Bloomsbury USA, 1999., en témoignent les représentations, notamment en Trialeti, et sur d'autres récipients trouvés dans plusieurs sites en GéorgieJean-Robert Pitte, Le désir du vin. À la conquête du monde, Fayard, 2009.. Les techniques de vinification utilisées il y a , sont semblables à celles encore utilisées à l'heure actuelle, notamment la vinification dans les jarres appelées kvevri. Les découvertes révélent que les vignes cultivées dans la région de Kvemo Kartli en Géorgie différent des variétés modernes de raisins. De plus, les résidus de raisin trouvés dans les jarres en terre cuite indiquent que les raisins ont été utilisés pour produire à la fois du vin rouge et blanc, ce qui suggère une pratique viticole sophistiquée à cette époqueBatiuk, S., Chikovani, V., & Javakhishvili, Z. First wine culture in the Caucasus, Nature Plants, 2017..

vignette|redresse|Pépins de raisin datant du néolithique, retrouvés en Géorgie. vignette|redresse|Ivresse de Noé, bois gravé de 1539

« Hajji Firuz », en Iran : La découverte au nord des monts du Zagros était considérée comme la plus ancienne trace de vinification avant les découvertes de Géorgie..Journal du CNRS. C'est André Tchernia, archéologue et spécialiste des vins de l'Antiquité, qui rapporte : . Cette technique consistait à mêler de la résine de thérébinthe au vin pour l'empêcher d'aigrir. Pour Philippe Marinval, chargé de recherche au Centre d'anthropologie de ToulouseLaboratoire CNRS / EHESS / universités Toulouse-II et III, la preuve est faite que les hommes du Néolithique buvaient du vin.

vignette|redresse|Entrée du site Areni-1

« Areni-1 », en Arménie : Se fondant sur des découvertes archéologique obsolètes., des auteurs comme Alexis Lichine situent en Arménie la « patrie du raisin », tandis que Hugh Johnson ne manque pas de souligner que ce lieu d'origine de la vigne cultivée est en même temps celui où le mont Ararat sert de frontière septentrionale entre la Turquie et l'Arménie orientale, lieu où la légende biblique fait planter la vigne par le patriarche Noé à la fin du Déluge.. Au cours de l'année 2007, une équipe composée de vingt-six archéologues irlandais, américains et arméniens a fouillé un site proche de la rivière Arpa, près de la communauté d’Areni. Dans une caverne composée de trois chambres, ils ont trouvé un crâne contenant encore son cerveau, des traces de cannibalisme ainsi que des vases emplis de pépins de raisin permettant de supposer qu'en ce lieu, il y a , aurait eu lieu une des plus anciennes vinifications au monde..La découverte de pépins de raisin en 2007 dans le Vayots Dzor, région arménienne au sud du pays, a incité la à financer une nouvelle campagne au cours de l'année 2010. Les fouilles archéologiques, faites sur le site Areni-1, mettent au jour un complexe de vinification daté d'il y a .

Une équipe internationale d'archéologues retrouve les traces et les équipements d'une vinification sur un site de . Ce complexe de vinification correspond à la période du chalcolithiqueRFI.fr/science. Ils ont identifié un fouloir et une cuve de fermentation en argile abrités dans une grotte. Gregory Areshian, de l'Institut d'Archéologie Cotsen à l'UCLA, codirecteur des fouilles considère que c'est l'exemple le plus complet de production vinicole au cours de la préhistoireFigaro avec AFP.

Outre fouloir et cuve identifient des pépins, des reliquats de grappes pressées, des sarments de vigne desséchés, des tessons de poterie, une tasse ouvragée dans une corne et un bol cylindrique servant à boire le vinNouvelles d'Arménie. Le fouloir, un bassin d’argile d'un mètre carré et de de profondeur, possédait un conduit pour permettre au jus de raisin de se déverser dans la cuve de fermentation. Profonde de , celle-ci pouvait contenir de 52 à de vin..

Ce complexe est découvert dans les montagnes du sud-est de l'Arménie, dans une grotte dénommée Areni-1, du nom du village proche et toujours renommé pour sa production viticole. Cette grotte est située dans une gorge profonde de la région de Vayots Dzor. Ces premiers vignerons de l'humanité pourraient être les ancêtres des peuples Kouro-Araxes, une ancienne civilisation du Caucase. Ce site de vinification était entouré de dizaines de tombes, faisant penser que le vin pourrait avoir joué un rôle cérémonial. L'idée que cette population ne devait pas boire du vin uniquement lors des inhumations, mais aussi dans la vie courante a été avancée. Mais aucune trace de cette consommation à l’extérieur de la grotte n'a jusqu'à présent été prouvée. Par contre, il est sûr pour les paléobotanistes que les pépins sont du type , variété de vigne qui produit les plus grands vins de nos jours. La vigne, à l'origine sauvage et identifiée comme , avait donc été domestiquée, passant de la lambrusque à l'état de raisin de cuve. , a précisé Gregory Areshian.

De plus , soulignent les archéologues. Cela prouve que la vigne avait déjà été domestiquée il y a six millénaires. Les plus anciens vestiges comparables à ceux découverts en Arménie avaient été identifiés à la fin des années 1980, en Égypte, dans la tombe du roi Scorpion , et dataient de près de . , souligne Gregory Areshian.

Les analyses au radiocarbone effectuées par l'université de Californie ont pu confirmer la datation. Une nouvelle méthode scientifiqueH. Barnard et coll., Chemical evidence for wine production around BCE in the Late Chalcolithic Near Eastern highlands, Journal of Archaeological Science, 2010 a été utilisée pour déterminer avec précision que ce vin arménien datait de avant notre ère.

Cette apparition des premiers vins sur le haut plateau arménien et en Transcaspienne est aussi confortée par la découverte de pépins de raisin dans des couches datant des , tant en Géorgie que dans la plaine de Kharpout.. À cette même période, d'autres fouilles ont mis en évidence en Arménie la présence de grandes réserves à vin près des habitations par la découverte de grandes jarres portant des traces de fermentation et des résidus de lie. Tout près, une aire pavée servait de fouloir.

Çayönü en Turquie :