vignette|Prévalence du suicide en France, -.
Selon le Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès de l'INSERM, la France a un taux moyen de suicide de 12 pour en . Le taux de suicide est de 19 chez les hommes contre 6 pour les femmes.. Cela représente un nombre total de en 2021.. Ce chiffre est en baisse régulière depuis le milieu des , où il dépassait .
Sur le plan international, selon le rapport sur le suicide de l'OMS en 2019, la France est classée au sur . La France a un taux moyen de suicide plus élevé que celui de l'Espagne, de l'Italie, de l'Allemagne ou du Royaume-Uni, mais derrière la Belgique, la Suède, la Finlande, l'Islande, les États-Unis ou les pays de l'Est européen, y compris la Russie..
Épidémiologie Généralités Le réseau Sentinelles de l'INSERM suit l'évolution de l'incidence des suicides et le « baromètre santé » de l'INPES informe sur l'évolution des tentatives de suicide et des pensées suicidaires au sein de la population..
En , la France a un taux moyen de suicide de 12,3 pour . En , ce taux était de 17,0 pour . En , la France comptait pour (chiffres de l'Inserm), soit à peu près pour ou encore un suicide pour , et une tentative pour .
Selon les données standardisées sur l’âge disponibles sur Eurostat, près de ont été recensés en France en , contre en 1994, soit une baisse de 40 % du taux de suicide.. Le suicide est cependant une cause de décès plus importante que les accidents de la route.
En 2022, selon l'observatoire national du suicide, le taux de suicide chez les hommes en France restait trois fois plus élevé que chez les femmes (20,8 décès pour 100 000 hommes en 2022 contre 6,3 pour les femmes) 6e rapport ; Février 2025, PDF, 278 pages |url= https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2025-04/ONS%202025-6e-RAPPORT%20BAT%20WEB%20V2.pdf . Bien que les femmes tentent plus souvent de se suicider, leurs gestes sont moins létaux. Ce déséquilibre s’explique, au moins en partie, par une sous-reconnaissance des troubles psychiques chez les hommes, qui consultent moins et expriment difficilement leur mal-être, en raison des stéréotypes virils et une faible culture de la parole émotionnelle. Les hommes manifestent souvent leur souffrance par des comportements à risque, des addictions ou de l’agressivité, ce qui complique le diagnostic et la prise en charge. Des initiatives comme Movember et des enquêtes récentes appellent à renforcer la sensibilisation et à adapter les politiques publiques pour mieux accompagner les hommes dans leur santé mentale.
Qualification des statistiques Le Centre d'épidémiologie sur les causes médicales de décès (CépiDc, INSERM) a lancé en France une enquête rétrospective (2001-2002) en interrogeant 532 médecins certificateurs sur des dossiers remplis en 1999. L'étude a conclu que les suicides représentaient en 1999 pour ces cas environ 24 % des morts classées « indéterminées » chez les moins de 25 ans et plus de 40 % chez les plus de 25 ans. Ceci conduirait à augmenter le taux global de suicide de 7 % 6 au moins, et deux enquêtes locales ont montré qu'en tenant compte des morts de « cause inconnue ou non déclarée », cette proportion passerait à 20 %, voire 30 %CHAPPERT J.L., PÉQUIGNOT F., PAVILLON G., JOUGLA E (2003) Évaluation de la qualité des données de mortalité par suicide : « Biais et impact sur les données nationales en France, à partir de l’analyse des causes indéterminées quant à l’intention », Paris, DREES, Série « Études », 30.. L'INSERM retient une sous-évaluation probable de l'ordre de 10%.
En il y a eu officiellement en moyenne avec d'importantes différences régionaleshttp://abonnes.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/02/09/quelle-region-et-quel-departement-sont-les-plus-touches-par-le-suicide_4861805_4355770.html Quels sont la région et le département les plus touchés par le suicide ? 18 Le monde, Alexandre Pouchard et Maxime Vaudano.. Ces chiffres sont en réalité biaisés par une sous-déclaration qui semble beaucoup varier selon les régions. Le degré de sous-estimation a fait l'objet d'une évaluation en ; selon ce travail les chiffres de taux de suicide publiés changent considérablement selon le département ou la région, et si moins de 10 % des suicidés échappent selon cette étude à la statistique dans la plupart des régions, mais ils seraient 22 % en Rhône-Alpes et 46 % en Île-de-France. Selon la DREES, l’enregistrement d’une cause médicale de décès masque parfois le suicide (« mort violente indéterminée quant à l'intention »), et parfois des suicides suspects entraînent une investigation judiciaire, ou la mort peut être déclarée « de causes inconnues », ou encore parfois l’Inserm n’a pas reçu de certificat.
Selon les années Le taux de suicide en France a évolué de façon différente selon les années : de à , le taux de suicide a été relativement stable, autour de 15,5 pour ; de à , il a augmenté régulièrement pour atteindre 22,6 pour ; il décroît régulièrement depuis (retour à 15,3 pour en et poursuite de la décroissance vers 12,3 pour en ). en , une légère remontée est observée avec un taux de 14,2 pour , soit environ 9 200 décès, dont près de 75 % concernent des hommes ; en , le taux diminue à 13,6 pour , avec 8 868 décès enregistrés, confirmant une tendance à la baisse malgré des disparités régionales en , les données consolidées ne sont pas encore disponibles, mais de premières estimations indiquent une stabilité autour de 13,5 pour , avec une attention particulière portée aux jeunes femmes et aux personnes âgées (catégories concernée par une hausse de la suicidalité, selon l’Observatoire national du suicide.
Selon le sexe et l'orientation sexuelle Le suicide touche particulièrement les jeunes homosexuels ou bisexuels hommes, qui présentent 7 à 13 fois plus de probabilité de suicide qu'un hétérosexuelBlandine Grosjean, « Péril suicidaire chez les jeunes homos » Libération, 4 mars 2005.. Dans le même sens, un quart des jeunes qui ont réalisé une tentative de suicide, sont homosexuels.. Selon l'Inserm, 650 décès environ ont lieu chaque année chez les 15-24 ans en France. Parmi ces jeunes, deux tiers sont des garçons. Le taux de suicide a chuté depuis 1985, mais les tentatives de suicide des 15-19 ans ont augmenté (4,3 % en 1999).
Les femmes font deux fois plus de tentatives de suicide que les hommes, mais les tentatives de suicide des hommes aboutissent six fois plus que celles des femmesSix chiffres-clés pour comprendre le suicide en France, Le Monde, le 09.02.2016.. Les hommes représentent ainsi 75 % des suicides. Le suicide est la première cause de mortalité chez les 15–35 ans et le risque suicidaire augmente avec l’âge. Les études longitudinales montrent que 15 % des patients déprimés décèdent par suicide. Le taux de tentative de suicide décroît avec l’âge alors que le taux de suicide augmente. Selon le baromètre santé de l'Inpes 2011, 0,3 % des hommes et 0,7 % des femmes ont effectué une tentative de suicide au cours de l’année. L’enquête pointe aussi la survenue, plus fréquente, d’idées suicidaires au cours de l’année qui concerne 3,4 % des hommes et 4,4 % des femmes. Les femmes effectuent plus de tentatives de suicides, mais dont l’issue est moins souvent fatale que chez les hommes (qui représentent les trois quarts des décès par suicide). Cette différence s’explique en partie par les moyens utilisés qui sont plus souvent la prise de médicaments pour les femmes et, pour les hommes, l’utilisation d’armes à feu ou la pendaison. Les facteurs de risque des tentatives de suicide et pensées suicidaires sont avant tout la dépression, les violences subies y compris les violences sexuelles, et ce, même quand elles sont survenues il y a longtemps. L’isolement social et la précarité sociale apparaissent aussi comme des facteurs de risque importants..
Parmi les adolescents français ayant tenté de se suicider, un quart (25 %) sont homosexuels« Adolescents homosexuels : la révélation », reportage diffusé dans l’émission Envoyé spécial, 6 janvier 2011.. Selon les groupes socio-professionnels Selon l'InVS, le taux de mortalité par suicide est trois fois plus élevé chez les employés et les ouvriers que chez les cadres, et ce taux varie selon les domaines d’activité. Les secteurs de la santé et de l’action sociale sont les plus concernés (34,3/), devant les secteurs de l’administration publique (hors fonction publique d'État) (29,8/), de la construction (27,3/) et de l’immobilier (26,7/).
En outre, les exploitants et salariés agricoles ont « un risque plus élevé » de 12 % de se suicider que l'ensemble de la population. Ce risque est de 28 pour chez les ouvriers et 8 pour pour les « professions intellectuelles supérieures ». La situation des agriculteurs s'aggrave d'année en année : d'un suicide tous les en ., la fréquence s'est raccourcie à en ...
Le taux de suicide dans la police est supérieur de 36 % à la moyenne du reste de la population française en 2017, notamment car l'arme de service. est utilisée dans la moitié des tentatives.
En ce qui concerne les personnels de l'éducation nationale, le taux de suicide est de 5,85 cas pour 100 000 en 2018-2019, selon le premier bilan officiel du ministère de l'éducation nationale..
Celui des médecins est relativement élevé, supérieur à celui de la police, phénomène probablement expliqué par des horaires de travail parfois très étendus et par une solitude professionnelle..
Selon les groupes d'âge Le taux de suicide tend à augmenter avec l'âge (ci-dessous, taux pour 100 000 habitants en France métropolitaine, 2017).
Âge TOTAL <5 5 à 14 15 à 24 25 à 34 35 à 44 45 à 54 55 à 64 65 à 74 75 à 84 85 à 94 > 95Taux de suicide 12,6 0 0,3 4,1 9,1 14,9 20,5 18,2 16,2 22,5 34,1 27,7
Au total, un tiers des suicidés a plus de 65 ans... La France figure parmi les pays pour lesquels le suicide des personnes âgées est le plus élevé..
En outre, le taux de suicide relativement faible des adolescents ne doit pas masquer le fait qu'il s'agit de la deuxième cause de mortalité des 15-24 ans après les accidents de la route.
Selon les régions C’est en outre-mer qu’on se suicide le moins, et en Bretagne le plus. (l’isolement et la solitude, et la dépression sont les premières causes citées lors des appels à SOS-Amitié). Les hommes meurent beaucoup plus de suicide que les femmes, et surtout à 45-49 ans et à 65-69 ans (pour le cas de l’Yonne)http://social-sante.gouv.fr/IMG/pdf/2e_rapport_de_l_observatoire_national_du_suicide.pdf de l'observatoire national du suicide (DREES)..
Depuis le début des années 2000 les communautés amérindiennes de Guyane connaissent une recrudescence du nombre de suicides, tristement surnommée « épidémie de suicides » par certaines personnes, en particulier chez les jeunes. Le taux de suicide est 10 à plus élevé qu'en France métropolitaine.
Comparaisons internationales
Dans l'OCDE en 2017, le taux de suicide est plus élevé en France (13,1 pour en 2015) qu'en Italie (5,7), Espagne (6,8), Royaume-Uni (7,3), Allemagne (10,2), Suède (11,1), Suisse (11,2), Canada (11,8), Australie (11,9) et Autriche (12,4). Les taux de suicide sont en revanche supérieurs aux États-Unis (13,9), au Japon (15,2), en Belgique (15,9), en Hongrie et en Corée du Sud (24,6)Taux de suicide, data.oecd.org.
Contrairement à deux idées reçues, au début des , le suicide était plus fréquent chez les adolescents français que japonais ( pour contre 8,6). et le taux de suicides était plus élevé en France qu'en Suède chez les hommes. comme chez les femmes..
Évolution historique du suicide dans la société française
Sous l'Ancien Régime