Tréal est une commune française, située dans le département du Morbihan en région Bretagne.
Géographie Situation
Relief et hydrographie Relief En dehors du quart septentrional, le sous-sol de la commune est constitué de schistes briovériens. Depuis le nord, se succèdent une bande de siltstones grossiers, une autre bande de siltstones de la formation de Traveusot, une fine bande de grès armoricain, puis de formation de Pont-Réan. Le sol est dans cette partie d'une valeur agricole plus faible que dans la partie schisteuse où elle est globalement excellente<ref>* Grenville Astill, Wendy Davies, Un paysage breton ; De l'archéologie à l'histoire dans le sud de la Haute-Bretagne, Les Dossiers du Ce.R.A.A., suppl. X, 2001, 214 p.</ref>.
La partie la plus élevée du finage communal correspond à un axe est-ouest proche de la limite nord de la commune, qui culmine à 101 mètres d'altitude près du hameau de Quoiqueneuc, mais atteint des altitudes proches en allant vers l'est (94 m à la Chênaie, 96 m à la Béraie, 98 m à la Lande de la Pie) caractéristique du relief armoricain. Les altitudes s'abaissent progressivement en allant vers le centre de la commune (le bourg est vers 70 m, le château du Préclos a 54 m) et plus encore vers son angle sud-est où se trouve le point le plus bas (27 mètres dans la vallée du Ruisseau de l'Étang de Tréal). Les altitudes remontent toutefois quelque peu vers la limite sud de la commune, atteignant par exemple 81 m aux alentours du hameau du Plessis.
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Rahun, le ruisseau de l'Étang de tréal et divers autres petits cours d'eau..
Le réseau hydrographique est constitué essentiellement par le Rahun (un affluent de l'Aff et sous-affluent de l'Oust, qui fait donc partie du bassin hydrographique de la Vilaine), qui forme la limite orientale de la commune avec Carentoir et certains de ses petits affluents de rive droite, le principal étant le Ruisseau de l'Étang de Tréal qui traverse en diagonale la partie centrale de la commune, alimentant le petit étang de Tréal et passant au sud-ouest du bourg.
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de TréalLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés.. Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : l'étang de Tréal () et l'étang du Val, d'une superficie totale de ( sur la commune)..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique.. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments.. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Pleucadeuc à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Transports Tréal n'est desservi que par des routes secondaires, les principales étant la D 146 (qui vers le sud-ouest se dirige vers Ruffiac) et la D 147 (qui côté sud rejoint la D 8 en direction de La Gacilly et côté nord va vers Réminiac), qui se croisent dans le bourg. La D 118, un axe routier sud-nord, passe par le Vieux-Bourg, venant de Carentoir et se dirigeant aussi vers Réminiac. Paysages et habitat
Tréal présente un paysage agraire traditionnel de bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux (appelés localement "villages") et de fermes isolées. Le bourg traditionnel (désormais appelé le Vieux Bourg) était très excentré à la limite nord-est de la commune, dans la vallée du Rahun et dans un site de cluse ; le bourg actuel n'était encore qu'un simple hameau (la Villie) comme le montre la carte d'état-major datant du milieu du ..
La majeure partie du territoire est cultivée ; toutefois landes et bois dominent sur les hauteurs du nored de la commune, ainsi qu'aux alentours du château du Préclos. La commune, éloignée des grands centres urbains et à l'écart des grands axes de circulation, a conservé son caractère rural et est peu atteinte par le rurbanisation.
Urbanisme Typologie Au , Tréal est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (94 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (94,2 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (56,6 %), zones agricoles hétérogènes (31 %), prairies (6,4 %), forêts (4,5 %), zones urbanisées (1,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la commune est attesté sous les formes Trebetuual en 820 et 830, Treal Plebs en 858Dans le cartulaire de l'abbaye de Redon. et Villa Etuual en 840Ernest Nègre - 1996 - Toponymie générale de la France - Volume 2 - Page 1050.Nantes (France) Université. Centre de recherches sur l'historie de la France atlantique, Université de Nantes. Centre de recherches sur l'histoire de la France atlantique - 1975 - Enquêtes et documents - Volumes 3 à 5 - Page 62., Treal en 1387, Trehel en 1654.
Tréal dérive du vieux breton tref, (« paroisse, puis village ») et de al (« lieu pierreux »).Teurya en gallo.
La forme bretonne normalisée donnée par l'Office public de la langue bretonne est Treal.
Dans une étude publiée en 1990, Jean-Yves Le Moing indique que 23,9 % des toponymes de la commune sont bretons.
Le nom de la sainte patronne de la paroisse (sainte Zéphirine) est surprenant : aucune sainte de ce nom n'est connue ("vierge et martyre" selon l'abbé Luco.) ; par contre il existe un saint Zéphiryn.. Joseph-Marie Le Mené écrit que « sainte Zéphirine, patronne de Tréal, paraît être la même que sainte Leuférine », mais le nom de cette sainte hypothétique n'apparaît nulle part ailleurs ; ce pourrait être sainte Triphine.
Histoire Préhistoire Joseph-Marie Le Mené écrit en 1891 que « Sur une lande, au nord du presbytère, se trouve un tumulus de forme elliptique, ayant dix pas de longueur et entouré de blocs de pierre. Un peu plus loin, se voit un dolmen en ruines. A quelques pas de là, se dresse un menhir de 1 m. de hauteur, au pied duquel on a trouvé des cendres et des charbons et même un fragment de poterie rouge ».. Antiquité « La voie romaine qui allait (..) de Rennes (Condate Riedonum) et Juliomagus (Angers) à Carhaix (Vorgium) par Castel-Noëc , limite Réminiac et Tréal au sortir de Carentoir. De ce point elle se dirige vers Missiriac. M. De la Monneraye a constaté la présence de nombreux débris de briques romaines, près de Bermagois [peut-être Bostubois]. M. Cayot-Délandre signale un camp romain, dont on voit les traces au lieu-dit le Madry, sur une lande au nord du presbytère de Tréal ».. La "Chaussée d'Ahès", à la limite nord de la commune avec Monteneuf et Réminiac reprend le tracé de cette ancienne voie romaine.
Moyen-Âge Tréal est un démembrement de la paroisse de l'Armorique primitive de Ruffiac.
Tréal est mentionné au dans le cartulaire de Redon (charte du ) : « Anauan donne la vigne qui est dans son jardin, en Tréal, pour en jouir à jamais, aux moines de Redon, et à l'abbé Conwoïon… ». Tréal trouve son origine dans le monastère de Conoch ou de Sainte-Leuférine, dont Sulmin était abbé en 830 et 867 (Cartulaire de l'abbaye de Redon, 117, 118). Sainte Zéphirine, patronne de Tréal, paraît être la même que Sainte Leuférine. — En 858, « le clerc Anauan donna à l'abbaye de Saint-Sauveur la vigne qu'il avait dans son jardin de Tréal, pour racheter sa main droite, qu'il avait été condamné à perdre, après avoir battu et tenté de tuer le prêtre Anauhoiarn » (lb. 157, 158). Ce rachat est un acte curieux à noter ; l'existence d'une vigne dans un pays où il n'y en a plus, est également intéressante. Dans ces textes, Tréal ne porte point la qualification de paroisse, plebs ; aussi pense-t-on que sa séparation de Ruffiac ne date que du (J-M. Le Mené).
Jean de Tréal fut abbé de l'abbaye Saint-Sauveur de Redon entre 1339 et 1370..
Olivier de Tréal, seigneur de Tréal, fut écuyer du duc de Bretagne et lieutenant des ville et château de Fougères ; son fils Bertand de Tréal, seigneur de Tréal et du Plessix, fut gouverneur de Saint-Malo en 1433.
Selon Jean-Baptiste Ogée « en 1500, les maisons nobles de l'endroit étaient : le Plessis-Tréal, haute justice , qui appartient aujourd'hui [en 1778] à Madame Thébaud de la Ruée ; la Ville-Reguen ; la Ville-Gleyo, au sieur de Tréal ; les manoirs de la Ruée et du Coüedic , à Louis de la Bourdonnaye (cette dernière, qui a moyenne justice, appartient [en 1778] à M. Cartel de Landual) ; la Godon, à Raoul Perdic ; la Guichardais , Lesliac , la Beraye et la Touche , à N. de la Guichardais ; la Provotaye , à Jean Bellouan ; la Logerais , au sieur de la Morlaix ; le Pré-Clos , à Guillaume Gouridon ; le Bot-Sabri , à Jean de Bois-Bic ; la Chenot, aux héritiers de Raoul de la Marche ; Fanhonnac , à N. du Bois-Guehenneuc, à cause de fa femme ; et le Bois-Brun , au sieur de Trécesson ; cette dernière , qui a haute justice , appartient à M. de Tourtat »..
Temps modernes En 1692 l'église paroissiale subit d'importantes restaurations qui obligèrent à transférer le culte dans la chapelle Saint-Fiacre et les autres chapelles de la paroisse (chapelle de l'Assomption dans le village du Cleu, chapelle Sainte-Anne et chapelle Notre-Dame de Bonne-Rencontre). L'église fit aussi l'objet d'un interdit, dont la cause est inconnue, entre 1762 et 1764. Une chapellenie existait à la chapelle du Cleu et une confrérie de Notre-Dame et de Saint-Sébastien est signalée en 1606 dans l'église paroissiale.
Jean-Baptiste Ogée décrit ainsi Tréal en 1778:
Le comte Joseph de la RuéeJoseph-François-Louis de la Ruée, baptisé le au Pré-Clos en Tréal, décédé le en exil à Saint-Hélier (Jersey). fut président de l'Ordre de la noblesse aux États de Bretagne en 1788.
Révolution française