La direction générale de la Sécurité extérieure ou DGSE, parfois simplement appelée Sécurité extérieure, est le service de renseignement extérieur français depuis 1982, succédant au Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE).

Elle est chargée de l'acquisition du renseignement (notamment par l'espionnage) et de mener des opérations clandestines hors du territoire français. Ses missions sont de protéger les intérêts vitaux de la Nation et d'agir dans le domaine de l'antiterrorisme. Elle a une importante activité en intelligence économique..

La DGSE est l'un des dix services de la communauté nationale du renseignement. Ses activités sont encadrées depuis par l'inspection des services de renseignement et depuis par la délégation parlementaire au renseignement.

Son directeur général est nommé par le président de la République et elle dépend par simple tutelle du ministère des Armées et des Anciens combattants. La DGSE est dirigée depuis le par Nicolas Lerner. Sa devise serait qui exprime l'impératif de la raison d'État..

Histoire

La DGSE est bâtie sur la structure du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE), fondé en , qui lui-même était construit sur la fusion du Bureau central de renseignements et d'action du Général de Gaulle et des éléments des services de renseignement de l'Armée de Vichy devenus giraudistes après le débarquement allié en Afrique du Nord.

Le SDECE est renommé en DGSE et restructuré à la demande du président de la République François Mitterrand.

Rôle Les missions générales de la DGSE sont définies par les articles D.3126-1 à D.3126-4 du code de la Défense, qui disposent notamment que le service .

Avant le décret du Décret du portant création et fixant les attributions de la direction générale de la Sécurité extérieure (abrogé). qui a procédé à son changement d'appellation sans que les personnels soient changés ni mutés, cet organe portait le nom de Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (SDECE).

Les activités de la DGSE sont : la recherche et le recueil du renseignement : d'origine humaine (agents, « honorables correspondants », etc.) via une centaine de postes à l'étranger et en diligentant annuelles., d'origine opérationnelle : copie de documents, piégeage d'un système de communication., d'origine technique : interceptions électromagnétiques : « Frenchelon » et le « Pôle national de cryptanalyse et décryptement » (PNCD).., renseignement d'origine image : satellite Helios de à , puis la nouvelle génération de satellites CSO. surveillance de réseaux informatiques grand publicJean-Marc Manach, « Frenchelon: la DGSE est en « » », Bug Brother, blog hébergé par Le Monde, ., d'origine sources ouvertes., échanges du renseignement entre services à 1 saut, français ou étrangers, l'analyse et l'exploitation du renseignement, les opérations clandestines (dont la gestion du patrimoine clandestin).

Le contre-espionnage sur le territoire français n’est pas assuré par la DGSE mais par la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI), placée sous l’autorité du ministère de l’Intérieur.

Organisation Lorsque le SDECE est renommé DGSE en , il est structuré depuis la réorganisation de Pierre Marion l'année précédente en quatre grandes divisions : la division des affaires financières et générales (DAFG), la division de la recherche (DR) qui regroupe tous les moyens humains, techniques et opérationnels de recherche du renseignement, la division du contre-espionnage (DCE) et la division action (DA). Le service de sécurité interne est rattaché à la direction générale.

Au printemps , le nouveau directeur général, l'amiral Pierre Lacoste, réorganise la DGSE : la direction générale chapeaute désormais trois directions : la direction de l'administration générale (DAG), la direction de la recherche (DR) et la direction technique (DT). Les anciennes division du contre-espionnage et division action redeviennent des services, qui sont rattachés à la DR. Le service de sécurité interne reste attaché à la direction générale.

En , Claude Silberzahn met en place une nouvelle réorganisation de la DGSE : désormais, la direction générale (DG) chapeaute cinq directions : la direction de l'administration (DA) ; la direction des opérations (DO) ; la direction du renseignement (DR) ; la direction de la stratégie (DS) ; la direction technique (DT).

Une nouvelle réorganisation a lieu en ., qui voit notamment la suppression des directions du renseignement et de la stratégie et la création de centres de missions par thématique ou par géographie qui sont chargés de « rechercher et d'exploiter le renseignement ». La DGSE comprend donc désormais : le secrétariat général pour l'analyse et la stratégie (SGAS) ; la direction de l'administration (DA) ; la direction de la recherche et des opérations (DRO) ; la direction technique et de l'innovation (DTi) ; la direction de la sécurité et de la protection (DSP) ; des centres de missions.

Direction générale Le directeur général de la Sécurité extérieure a sous son autorité directe : le cabinet ; le service de l'inspection générale qui évalue et conseille l'ensemble des structures de la direction générale de la Sécurité extérieure ; le service de sécurité ; le service des liaisons extérieures qui gère, coordonne et assure le suivi de l'ensemble des relations de la direction générale de la Sécurité extérieure avec ses partenairesArrêté du portant organisation de la direction générale de la Sécurité extérieure, JORF, , , NOR DEFD1243577A. ; le centre de situation, créé en ou , chargé de traiter les crises en temps réel : il a pour but de rassembler le renseignement de toutes sources et de permettre au directeur général de diriger la recherche et la production du renseignement.

Le directeur général de la Sécurité extérieure est un haut fonctionnaire civil ou militaire.

+ Directeurs généraux de la Sécurité extérieure Directeur général Grade ou statut Décret de nomination Photo Pierre Marion ancien directeur général d'une entreprise nationale Décret du , JORF, , , 1779. 75px|centre Pierre Lacoste amiral Décret du , JORF, , , 3423. 75px|centre René Imbot général d'armée Décret du , JORF, , , 11200. François Mermet général de corps aérien Décret du , JORF, , , 14191, NOR DEFM8700119D. 75px|centre Claude Silberzahn préfet Décret du , JORF, , , 3957, NOR DEFM8900033D. 75px|centre Jacques Dewatre préfet Décret du , JORF, , , 8200, NOR DEFM9301579D. 75px|centre Jean-Claude Cousseran ambassadeur de France Décret du , JORF, , , 2400, NOR DEFM0001193D. 75px|centre Pierre Brochand ambassadeur de France Décret du , JORF, , , 12817, texte , NOR DEFM0201919D. 75px|centre Érard Corbin de Mangoux préfet Décret du , JORF, , , texte , NOR DEFM0823549D. 75px|centre Bernard Bajolet ambassadeur de France Décret du , JORF, , , texte , NOR DEFM1308618D. Jean-Pierre Palasset (intérim) général de corps d'armée Décret du , JORF, , , texte , NOR DEFB1712055D. 75px|centre Bernard Émié ambassadeur de France Décret du , JORF, , , texte , NOR ARMM1717311D. Nicolas Lerner préfet Décret du , JORF, , , texte , NOR ARMM2334877D.

Direction de l'administration

Elle comprend cinq services : le service de la gestion des ressources humaines ; le service de la formation ; le service des achats et des finances ; le service des affaires immobilières ; le service du soutien opérationnel et logistique.

+ Responsables de l'administration Nom Date de nomination Philippe Parant printemps . Jean-François Kraft . Pierre Pouëssel . . .

Direction de la recherche et des opérations

Direction technique et de l'innovation

En , la direction technique était organisée en trois services : le service technique de recherche (STR) : renseignement d’origine électromagnétique, pénétration informatique, chiffrement et décryptage ; le service informatique et communication (SIC) ; le service technique d'appui (STA) : soutien technique, techniques spéciales, renseignement d’origine image et gestion des marchés publics de la DT.

Même si sa mission est restée la même, l'organisation de la direction technique a évolué. Depuis , la direction technique se compose ainsi de trois divisions : la division des systèmes d'information et du support ; la division des technologies du renseignement ; la division production et actions de renseignement technique.

+ Responsables techniques Nom Date de nomination Henri Serres printemps Jérôme Ventre Jean-François Sillière .. Général de brigade . Bernard Barbier Décret du , JORF, , , texte , NOR DEFM0600857D. Patrick Pailloux Décret du , JORF, , , texte , NOR DEFM1403199D. .

Secrétariat général pour l'analyse et la stratégie .

Centres de missions

Direction de la sécurité et de la protection

Anciennes directions et bureau

Direction du renseignement Dissoute en , .

La direction du renseignement exploitait le renseignement quelle que soit son origine (humaine, opérationnelle et technique) et supervisait la recherche par moyens humains. Considérée comme le cœur de la DGSE, elle regroupait environ un tiers des effectifs.

Les analystes qui y travaillaient avaient notamment pour tâche de réunir des informations, qui faisaient l'objet d'environ par an.. Ces fiches du renseignement pouvaient .

Organisation jusqu'à l'an Jusqu'à l'an , la DR était organisée comme suit : le service de Recherche (SR), chargé de la recherche du renseignement, organisé en secteurs géographiques (secteur Monde arabe, secteur Afrique (N)., etc.), thématiques (renseignement militaire) ou opérationnels (avant la création de la direction des opérations). Les secteurs géographiques étaient sous-divisés en sous-sections d’exploitation, qui s’organisent selon une filière Recherche (gestion du recrutement et de la manipulation des sources) et une filière Exploitation (traitement des informations et production de notes de renseignement) ; le Contre-Espionnage (CE), chargé de la surveillance des services adverses, de détecter en particulier leurs actions contre le SDECE/DGSE, et de contrôler les sources clandestines du SR pour éviter une intoxication. Ces missions comprennent le recrutement de sources humaines spécifiques, notamment d'agents doubles. Le soutien clandestin de services secrets étrangers à des mouvements de guérilla et terroristes a entraîné l’extension des activités du CE au renseignement sur ces mouvements.

Les officiers traitants (OT) de la DGSE agissent généralement sous couverture, parfois sous fausse identité, soit en étant affecté à un poste à l’étranger, soit en mission de courte durée. Les postes de la DGSE à l’étranger sont rattachés aux secteurs géographiques du SR pour des raisons administratives et fonctionnelles, mais la direction générale a prééminence sur eux, car ils ont aussi à traiter des questions dépassant le cadre de leur secteur d’appartenance (affaires transcontinentales, transdisciplinaires ou relations avec des services étrangers). Ces postes sont généralement situés dans les ambassades françaises.

Réforme de l'an En , la direction du renseignement est réorganisée pour donner naissance à deux services, le service de renseignement politique (SRP), avec à sa tête Vincent Nibourel, et le service de renseignement de sécurité (SRS)., spécialisé en matière de contre-criminalité, de contre-espionnage, de contre-prolifération d'armes de destruction massive et de contre-terrorisme. et dont le premier directeur fut Alain Chouet jusqu'en CV d’Alain Chouet sur son site personnel.. Dans cette nouvelle organisation, les postes à l’étranger reçoivent des instructions des deux services. Un département central de la recherche (DCR) a ensuite été créé pour diriger les postes.

La DR comprend également un service des relations extérieures (Serex), renommé par la suite service des liaisons, chargé d’entretenir les relations avec les services de renseignement étrangers..