Saint-Agnan-en-Morvan (Saint Aignin en bourguignon-morvandiau), anciennement Saint-Agnan jusqu'au , est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté. Géographie Localisation
vignette|Centre de Saint-Agnan-en-Morvan. Saint-Agnan-en-Morvan est située dans le parc naturel régional du Morvan, à de Saulieu, d'Avallon et à mi-chemin entre Paris et Lyon (). Située dans la Nièvre, juste à la limite des départements de l'Yonne (abbaye de la Pierre-Qui-Vire, Saint-Léger-Vauban) et de la Côte-d'Or (Saulieu), cette commune de était au couverte de de bois, et présentait un aspect triste et quelque peu sauvage, selon la description qu'en fait l'abbé Jacques-François Baudiau, dans son essai géographique du Morvan.
À l'est, en direction de La Roche-en-Brenil, se trouve le hameau le plus important : le Jarnoy. La tradition veut qu'il s'élevait en ces lieux une maison seigneuriale, dont le Champ du Château rappellerait le souvenir. Des fouilles furent faites, sans résultat.
Au nord, au lieu-dit le Moulin Brûlé, sous la chaussée d'un vaste étang desséché, se trouvaient au début du une forge à fer et une fonderie, établies par le comte de Montigny. Ce seigneur possédait également au lieu-dit du Pavillon une ancienne ferme bâtie dans les bois, un haras de douze étalons et de deux cents juments au sud, qui ferma en raison de la mauvaise qualité des foins et de la fraîcheur des eauxCourtépée, Description de Bourgogne, t.IV, p.143.. Près de là, le hameau des Gueniffets fut incendiée par une femme en 1805.
À l'ouest se trouvent les Champs-de-Bornoux, rattachés à la commune vers 1830. Ils formaient auparavant une dépendance de Quarré-les-Tombes. En 1332, Jean d'Estaules, écuyer et seigneur de Champlois, y possédait un fief, tenant au bois de l'Hôpital et à ceux de Saint-Agnan, en fit aveu J.F. Baudiau, Le Morvand, p.86..
Géologie et relief
Hydrographie vignette|Lac de Saint-Agnan-en-Morvan. La commune est traversée du sud au nord par le Cousin, passant par l'étang de La Chevrée et le lac de Saint-Agnan, à la sortie duquel il prend le nom de Trinquelin, appellation qu'il avait jadis sur tout son parcours. Il y avait jadis trois vastes étangs, dont seul subsiste au celui de Saint-Agnan-en-Morvan. Sous la chaussée de l'étang de la Chevrée se trouvaient autrefois un moulin et une tannerie et il n'y restait plus à cette époque qu'un battoir d'écorce.
Au sud-est de Saint-Agnan-en-Morvan, près de la Métairie-Rouge, se trouve, dans un champ, une source chaude nommée le Bouillon. Elle fut très utile, l'hiver, aux gens des Cordins. De ce lieu s'étend la vallée jusqu'à Eschamps.
Voies de communication et transports
Morphologie urbaine Le territoire de la commune recouvre plusieurs villages, hameaux, lieux-dits et écarts, dont : les Amands, les Blancs, Bois du Loup, les Champs de Bornoux, le Champ du château, les Chereaux, les Corbières, les Cordins, Eschamps, les Gueniffets, les Gros, les Gros de ça, le Jarnoy, les Loisons, Maitairie-Rouge, les Marlins, les Mathieux, les Michaux, Moulin Brûlé, Pavillon, les Pompons.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat de montagne, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Lorraine, plateau de Langres, Morvan, caractérisée par un hiver rude (), des vents modérés et des brouillards fréquents en automne et hiver.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Dun-les-Places à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Saint-Agnan est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des forêts et milieux semi-naturels (62,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (63,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : forêts (59,9 %), prairies (22,2 %), zones agricoles hétérogènes (10 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (5,2 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,6 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Le nom de la localité est attesté sous les formes Grangia Sancti-Aniani (1136) ; Saint-Agnan-la-Chapelle (1790).. Saint-Agnan est un hagiotoponyme qui fait référence à Aignan d'Orléans né dans le Dauphiné d'une famille originaire de Hongrie.
Le , la modification du nom de la commune de Saint-Agnan en Saint-Agnan-en-Morvan est parue au Journal officiel pour une date d'effet au .. Le Morvan (anciennement Morvand) est un massif de moyenne montagne situé en Bourgogne-Franche-Comté, aux confins des départements de la Côte-d'Or, de la Nièvre, de Saône-et-Loire et de l'Yonne.
Histoire Au , cette partie du Morvan n'était que bois et forêts profondes. Il n'y avait qu'une ferme, « La Grange de Saint-Agnan » (Sancti Aniani Grangia), que l'évêque d'Autun, , donna en 1136 à Guillaume d’Epiry, deuxième abbé de Fontenay ou Fontenet. Les moines ne retirèrent pendant longtemps que du beurre, des veaux, des porcs qu'ils y élevaient et dont le lieu-dit la Porcherie conserve le souvenir. Ils y envoyaient chaque année, pour y garder les troupeaux, des frères convers. L'abbé trouva des colons laborieux qu'il fit venir, leur donna des terres à défricher, en échange d'une rente annuelle de . Ils s'établirent à leur gré en créant ainsi les lieux-dits ; ils existent encore de nos jours et portent le nom de leur fondateurs : les Gueniffets, les Loisons, les Mathieux, les Michaux, les Pompons, les Amands, les Blancs, les Chereaux, les Corbières, les Gros, les Marlins, les Cordins. À cause de la stérilité de leurs champs, beaucoup partirent. D'autres restèrent et furent retrayants (Personne qui pratique un retrait) de Saulieu. Une sentence du bailliage d'Auxois, en date du , qu'ils ratifièrent le 22 du même mois, les condamna au guet-et-garde, en temps de péril, envers cette place, et à une partie des frais de l'entretien de ses fossés et de ses fortificationsAbbé Baudiau:op.cit. p.81, note:Archives de la ville de Saulieu et de La Chaux..
La seigneurie et les seigneurs de Saint-Agnan. La seigneurie était mouvante du duché de Bourgogne et appartenait à l'abbaye de Fontenay, qui y avait droit de haute, moyenne et basse justice et y jouissait de tous les autres droits féodaux. Une partie, consistant en des , était tenue en fief simple de l'abbé par la famille Bazin, de Saulieu. Celui-ci la légua à ses neveux, Germain et François Chartraire. Guy Chartraire, seigneur en partie du lieu, ancien conseiller au parlement, commissaire aux requêtes du palais à Dijon, fait l'acquisition en 1717 du marquisat de Ragny, pour , puis de la terre de Bourbilly, de Forléans, de Bierre-lès-Semur et se devint un des riches gentilshommes de son temps. Il institua comme son légataire universel, son neveu et filleul, Guy II Chartraire, fils d'Émilien Chartraire, baron de Romilly et conseiller au parlement de Metz, avec substitution aux enfants mâles de François Chartraire, seigneur de Bierre-lès-Semur, s'il décédait sans postérité. Guy I Chartraire s'éteignit dans son hôtel de Saint-Agnan, rue de Tournon, à Paris le .
, seigneur de Saint-Agnan, marquis de Ragny, de Bourbilly, de Forléans et autres lieux, épousa à Paris, dans l'église Saint-Sulpice, Marie Chauvelin ; ils eurent un fils mort jeune. Le , sur le territoire de Champien, près d'Avallon, au finage de Pontaubert, il assassina le comte de Pierre Lazarre, comte de Jaucourt et seigneur de Vault-de-Lugny, qui l'avait traité de bâtard. Il fut condamné à être roué vif, mais le roi commua sa peine à la détention perpétuelle. Il fut enfermé au château de Pierre-Ancize, où il mourut peu après.
Saint-Agnan, Ragny et ses autres seigneuries, passèrent selon la clause de substitution à Marc-Antoine Chartraire de Montigny, comte de Montigny, trésorier des États de Bourgogne, fils de François, seigneur de Bierre-lès-Semur. Ce nouveau seigneur agrandit son fief de Saint-Agnan en échangeant des terres contre les biens que possédait encore l'abbaye de Fontenet à Saint-Agnan, signant l'acte d'échange avec le comte Józef Andrzej Załuski, évêque polonais, abbé commendataire de l'abbaye de Fontenet, le . La haute justice et le patronage de la cure étaient compris dans l'acte. Cet échange fut opéré par Gaudrillot, prieur de l'abbaye de Reigny, en qualité de commissaire des religieux de Fontenet, ratifié ensuite par l'abbé de Clairvaux et celui de Cîteaux, puis confirmé par lettres patentes du roi au mois de Dijon, Recueil des fiefs d'Auxois, tom. IX, p.856-944 ; Annuaire de Dijon 1790 ; Courtépée, Nouvelle édit, t.III, p554.. Depuis cette date, les religieux ne possèdent plus de biens à Saint-Agnan.
A son décès, survenu vers 1750, il laisse Saint-Agnan à son fils Antoine Chartraire, lieutenant du roi dans la ville de Semur et trésorier général des États de Bourgogne, et à sa fille Jacqueline, épouse de Guy Chartraire, marquis de Boubonne, président au Parlement de Dijon. Antoine fait aveu en 1768 et meurt à Paris le , sans postérité. Son beau-frère lui succède pour la totalité du fief le , au nom de son épouse. Jacqueline avait vendu la seigneurie à Odiot, orfèvre de Paris, avant de mourir en . Ce dernier la revendit à , ancien avocatPeut être Barthélemy Le Gouz de Saint-Seine, conseiller du roi au Parlement de Bourgogne, dit Le Goux..
Liste des seigneurs de Saint-Agnan.
, évêque d'Autun (1136) ; Guillaume, abbé de l'abbaye de Fontenay (1137) ; François Bazin, bourgeois de Saulieu, possède en partie les terres de Saint-Agnan (1686) ; Germain Chartraire et François Chartraire seigneur de Bierre, neveux et héritiers de François Bazin en (1687) ; Guy I Chartraire, mort le dans son hôtel de Tournon à Paris ; Guy II Chartraire, seigneur de Saint-Agnan, marquis de Ragny, de Bourbilly, de Forléans ; les abbés de Fontenay toujours là au ;