Vielmanay est une commune française située dans le département de la Nièvre, en région Bourgogne-Franche-Comté.

Géographie Vielmanay est un village situé à une quinzaine de kilomètres au nord-est de La Charité-sur-Loire (Nièvre). À l'écart des principaux axes de circulation, la commune, qui s'étend sur plus de 21 km, ne compte que 189 habitants (recensement de 2013).

Outre le bourg, la commune regroupe une petite vingtaine de hameaux et de domaines isolés : Bellevue, la Bonnetterie, les Brunets, Coche, les Hottes, les Jolis, la Jouganderie, le Lignou, la Mie au Roy, Pète-Loup, la Piquerie, les Pivotins, les Princelets, les Revenus, la Ronce, la Sansonnerie, la Tour et Vieux-Moulin.

Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Prémery à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Vielmanay est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (63,8 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (64,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (53,8 %), forêts (34,1 %), prairies (6,1 %), zones agricoles hétérogènes (3,9 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie On relève les formes suivantes du nom de la commune : Mannacense monasterium (), Le Viel-Manay (1526), Mannayum (1535), Le Viel-Mannay (1576) et Manay (1678)..

La première attestation pourrait être bien postérieure à la date indiquée ; monasterium se rapporte à un monastère ou, du moins, à un établissement religieux, mais Mannacense apparaît être un adjectif, puis l'adjectif tardif vieil a été ajouté, probablement pour distinguer le site d'un autre (non identifié). Ce serait alors simplement « l'ancien monastère »..

Mannacense est une latinisation, avec le suffixe de provenance -ense (latin classique -ensis > gallo-roman -ese > français -ais / -ois), du toponyme d’origine Mannac-, formation gauloise à partir du nom de personne Mannus et du suffixe -acumAlbert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Larousse, 1963., qui a régulièrement donné la terminaison -ay.

Histoire Préhistoire, protohistoire et Antiquité Le site de Vielmanay est habité dès la Préhistoire. Le tumulus de la Bonneterie ( nord-ouest du bourg Couches « Cartes IGN classiques » et « Hydrographie » activées. Les distances à vol d'oiseau se mesurent avec l'outil « Mesurer une distance » dans l'onglet « Outils cartographiques » à droite (symbole de petite clé plate).), fouillé par Robert Octobon de 1970 à 1979 et dont les travaux ont été continués et publiés en 2002 par Adam, Le Blay & Pautrat, a livré au moins cent vingt sépultures dont beaucoup remaniées ; et un riche mobilier couvrant cinq périodes principales : Paléolithique moyen, Néolithique et Hallstatt dans la couche de préparation ; Néolithique, Hallstatt final et début de La Tène ancienne dans la masse tumulaire ; et, accessoirement, gallo-romain et médiéval..

Moyen Âge

En 596 le règlement de saint Aunaire, évêque d'Auxerre (572-605), inclut le monastère de Mannay dans le rota de prières du diocèse.. Saint Aunaire, décédé en 603 ou 605, lègue la terre de Manay (qui fait partie de la paroisse de Bouzy) à l'église Saint-Étienne d'Auxerre, vol. 1..

L'abbaye de Coche est fondée en 1218 par Hervé IV de Donzy († 1222) et sa femme Mahaut de Courtenay (~1188-† ). Elle se trouve au bord de l'Asvins, en lisière des bois de Bellary, non loin du hameau actuel de Coche à 1,5 km au nord-ouest du villageAbbaye de Coche sur terres-et-seigneurs-en-donziais.fr..

En 1425, Perrinet Gressart, aventurier au service du duc de Bourgogne, se vante d'avoir recouvré les places de Châteauneuf-Val-de-Bargis et de Vieux-Moulin (Vielmanay)..

Vers 1560, l'abbaye de Coche est détruite par les huguenots. vignette|220px|Vielmanay et l'église Saint-Pierre-aux-Liens. Le , visite d'André Colbert, évêque d'Auxerre (1676-1704) ; à cette occasion, on apprend que la paroisse compte environ Archives départementales de la Nièvre, 21 G 1..

Seigneurs Des rangs de la famille de Lamoignon sont issus bon nombre des seigneurs, en totalité ou en partie, de Vielmanay. Ainsi relève-t-on les noms de Guillaume de Lamoignon (1368), Renaut de Lamoignon (1382), Pierre de Lamoignon (1412), Guyot de Lamoignon (1461), Charles de Lamoignon (1461), Robert de Lamoignon (1472), Étienne de Lamoignon (1549), Hélin de Lamoignon (1555), André de Lamoignon (1555), Blaise de Lamoignon (1561), Edme de Lamoignon (1561), Gilbert de Lamoignon (1634). D'autres noms nous sont parvenus : Roger de Rabutin (1652), François de Huybert (1655), Edme-Ravaud de Vieilbourg (1684), Nicolas Olivier (1707).

Guillaume de Lamoignon, mort vers 1388, est inhumé en compagnie de sa femme, Jeanne de Troussebois, dans l'église de VielmanayAdolphe de Villenaut, Nobiliaire de Nivernois..

Le , le nouveau cimetière est béni ; il est situé à l'est du chœur de l'égliseRegistre paroissial de Vielmanay, année 1788..

Le , le curé du village, Augustin Marille, est arrêté puis déporté. Il est soupçonné de sympathies contre-révolutionnairesPhilippe Cendron, « Le voyage aux enfers du curé de Vielmanay (1793) », Cercle généalogique et historique Nivernais-Morvan, Blanc-Cassis, n° 141, quatrième trimestre 2015..

En 1903, une grave épidémie de fièvre typhoïde sévit dans la commune, entraînant de nombreux décèsLe Progrès de la Côte-d’Or, 16 février 1903..

En 1906Recensement de 1906, Archives départementales de la Nièvre, 6 M 307/1., le nombre d'habitants de Vielmanay, qui compte 140 maisons, s'élève à 531 individus. La commune compte un instituteur et une institutrice publics, un curé, un garde champêtre, deux cantonniers et deux gardes particuliers. Il y a dix commerçants : 4 épiciers-épicières, 2 boulangers, 1 boucher, 1 cabaretier, 1 aubergiste-buraliste et 1 négociant. Les artisans sont nombreux : 12 couturières, 3 lingères, 2 maréchaux-ferrants, 2 menuisiers, 2 charrons, 1 couvreur, 1 sabotier, 1 meunier et 1 tailleur d’habits. La profession la plus représentée est celle de journalier (58 individus, en grande majorité employés par l’État), suivie par les domestiques (46), les cultivateurs (24), les fermiers (13), les propriétaires-exploitants (7), les cultivateurs-exploitants (6) et les métayers (2). On recense également dans la commune 2 basse-couriersPersonnes chargées des soins de la basse-cour., 1 berger, 1 jardinier et 1 cocher. Au total, on relève à Vielmanay 30 professions différentes. On n’y trouve, selon le recensement de 1906, ni médecin ni notaire ni sage-femme. Comme dans bon nombre de communes nivernaises, les familles du village accueillent des enfants assistés de la Seine : ils sont 45 à Vielmanay.

Armorial Armorial de quelques-uns des seigneurs de Vielmanay :

Politique et administration

Démographie

Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Abbaye de Coche, fondée en 1218 par Hervé IV de Donzy et son épouse Mahaut de Courtenay, complètement dévastée par les huguenots au ; il ne reste plus rien de cet établissement sinon quelques vestiges en forêt. Église Saint-Pierre-aux-Liens (), inscrite monument historique en 1929.. Château de Vieux-Moulin (), inscrit monument historique en 1971.. Le photographe Alphonse Delaunay (1827-1906) a édité en 1864 un livre Souvenir d'Artonne sur la propriété d'Adolphe Asseline à Narcy et sur les environs. L'ouvrage est composé de 31 épreuves d'époque sur papier albuminé. Il y a dans l'album une photo de Vieux-Moulin et une de Viel Manay.. Le belvédère coiffant la maison d'habitation de la ferme de la Bonneterie (d'où le maître du domaine, autrefois, surveillait sans être vu l'activité de l'exploitation)Belvédère dont la restauration a été saluée par la remise d'un prix : le Prix régional du patrimoine 2002 (4 prix). Source : Prix régional du patrimoine 2002, article paru dans la revue « Pays de Bourgogne » n° 200 de juillet 2003, pp. 4-5..

Personnalités liées à la commune Le théologien protestant Théodore de Bèze (1519-1605) a séjourné au château de Vieux-MoulinJack Bierre, Les vies extraordinaires de Hervé IV et Mahaut de Courtenay, 1977.. Edmond Richer (1560-1631), prieur commendataire de l'abbaye de Coche. Poète et pamphlétaire, Jacques Carpentier de Marigny (1615 / 1670) fut le prieur de Vielmanay, Coche, Cessy-les-Bois, Saint-Malo-en-DonzioisPhilippe Cendron, Le prieuré de Cessy-les-Bois, bulletin de la Société scientifique et artistique de Clamecy, 2015 .. Roger de Bussy-Rabutin (1618-1693), philosophe et écrivain épistolaire, pamphlétaire, satirique, libertin, membre de l'Académie française et seigneur de Vielmanay (vers 1650). Théophile Dumangin (1810-1871), polytechnicien, fermier, géomètre, architecte et ingénieur des chemins de fer. Habite Vieux-Moulin de 1838 à 1840. Maire de Narcy en 1848. Fils du docteur Jean-Baptiste Dumangin (1744-1826), qui soigne et autopsie Louis XVII en Archives de la famille Dumangin., et de sa seconde épouse, Anne de Coste de la Calprenède (1787-1842)Archives de Paris, 1809, Mariages, V2E/8202.. Les peintres russes Nathalie Gontcharoff et Michel Larionov ont séjourné et travaillé de à au lieu-dit Les PivotinsMichel Larionov, Une Avant-garde explosive, L’Ȃge d’Homme, Lausanne, 1978.. L'avocat et directeur de théâtre Paul Annet Badel a vécu au château de Vieux-Moulin avec sa compagne l'actrice Gaby Sylvia dans les années 1940. Précepteur des enfants Badel, l'écrivain Robert Kanters évoque cette époque dans ses souvenirsRobert Kanters, À perte de vue : souvenirs, Seuil, 1981..