L'Adagio en do majeur pour harmonica de verre, K. 356 (617), est une œuvre de Wolfgang Amadeus Mozart, vraisemblablement composée à Vienne en 1791. Il ne l'a pas inscrite à son catalogue autographe, et le manuscrit ne porte ni date ni titre, si bien que la datation ne repose que sur l'examen de l'écriture et du papier.

Wolfgang Plath rattache la pièce à l'académie que la virtuose aveugle donne le au Kärntnertortheater, et où fut créé l'Adagio et rondo pour harmonica de verre, flûte, hautbois, alto et violoncelle K. 617. On ignore cependant si l'adagio y fut joué.

Composition Le catalogue thématique que Mozart tient de février 1784 à novembre 1791 ne mentionne pas l'adagio. L'autographe ne porte ni date ni titre, et la seule inscription de la main de Mozart y est le mot Harmonica, qui désigne l'instrument. La datation repose donc sur l'écriture et sur le papier.

Dans la première édition de son catalogue, en 1862, Ludwig von Köchel range l'œuvre en 1780, sous le numéro 356, en faisant précéder l'année d'un astérisque. Dans son avant-propos, il explique que toutes les œuvres de date incertaine ont dû prendre place avant 1784 et que cet astérisque sert d'avertissement au lecteur. Sa notice donne la pièce pour antérieure à 1784, à moins qu'elle n'ait été écrite pour la virtuose Kirchgäßner, pour laquelle Mozart composa lAdagio et rondo K. 617. La composition tomberait alors en 1791, et serait une œuvre que Mozart n'aurait pas portée à son catalogue. La datation de 1791 n'est donc pas venue contredire Köchel puisqu'il l'avait lui-même envisagée. Le numéro 617a attribué par la troisième édition du catalogue l'associe au quintette K. 617.

L'écriture de l'autographe appartient, selon Plath, à la dernière période créatrice de Mozart. Le papier va dans le même sens sans permettre de resserrer la date. Son filigrane, numéroté 99 dans le catalogue d'Alan Tyson, est celui d'un papier viennois de 1789 que Mozart emploie encore pour l'ariette Un moto di gioia K. 579 en août 1789, pour le Quintette à cordes K. 593 en décembre 1790, pour le Concerto pour piano no 27 en janvier 1791 et pour le premier acte de La Flûte enchantée. L'édition critique estime la pièce composée vraisemblablement à Vienne en 1791, et le catalogue Köchel actuel propose une fourchette allant de juin à octobre 1791, entre Vienne et Prague.

L'académie du 19 août 1791 Marianne Kirchgäßner, virtuose de l'harmonica de verre, fait étape à Vienne à l'été 1791, au cours d'une tournée commencée en janvier. Le 13 août, elle signe dans la Wiener Zeitung un avis annonçant une académie au Kärntnertortheater. Elle y défend son instrument, le plus noble de tous selon elle, qui n'éveille pas des sentiments mélancoliques et tristes, mais joyeux, doux et élevés. L'académie a lieu le vendredi 19 août, et l'''Adagio et rondo K. 617, écrit pour elle, y est joué.

écrit que Mozart composa l'adagio pour Kirchgäßner en même temps que le quintette. Plath rattache lui aussi la pièce à l'académie du 19 août, tout en restant prudent. Aucun document ne dit qu'elle y fut exécutée, et Scheideler précise qu'on l'ignore.

Sources et transmission L'autographe est conservé à la Bibliothèque nationale de France, au département de la Musique, sous la cote Ms. 220, dans le fonds Malherbe. C'est un feuillet unique à douze portées, dont une seule page est écrite. Il a appartenu au maître de chapelle viennois Ludwig Rotter, puis à Charles Malherbe, avant d'entrer avec la collection de celui-ci à la bibliothèque du Conservatoire, puis à la Bibliothèque nationale.

Une copie de la main de Josef Hauer, provenant du fonds d'Otto Jahn et conservée à la Staatsbibliothek zu Berlin, porte la mention que l'autographe appartenait alors à Rotter. L'édition critique ne l'a pas retenue. Le catalogue signale enfin une édition ancienne, en partition, dont le lieu de conservation est inconnu.

Le recenseur de la première édition du quintette K. 617, dans lAllgemeine musikalische Zeitung du 19 novembre 1800, voit dans celui-ci la seule composition de Mozart pour l'harmonica. La pièce figure aujourd'hui dans les recueils de pièces pour piano.

Structure La pièce est un Adagio'' en do majeur, à deux temps noté , comprenant 28 mesures.

Écrite sur deux portées en clé de sol, elle reste dans le registre aigu et n'emploie pas les notes graves de l'instrument. Son ambitus couvre un peu plus de deux octaves, quand l'harmonica de verre à l'époque en offrait plus de quatre.

Première section, mesures 1 à 8 (d'après l'édition de la Neue Mozart-Ausgabe)

Mozart écrit une double barre de reprise à la fin de la première section, mesure 8. La barre finale de la pièce, ne porte aucune reprise dans l'autographe, alors que l'édition critique en imprime une.

L'instrument de Kirchgäßner était capable de descendre jusqu'au fa. Pour Scheideler, le registre aigu de la pièce pourrait s'expliquer par l'éloge qu'elle fait de son instrument dans son avis du 13 août 1791. Plath rappelle de son côté qu'il n'existe pas de notation contraignante pour l'harmonica de verre. L'édition a donc conservé la graphie de Mozart, en particulier l'articulation et la direction des hampes, et Plath met en garde contre un jugement porté avec les habitudes d'un pianiste.

L'exécution dure en moyenne et demie.

Notes et références

Articles connexes

Adagio et rondo pour harmonica de verre, flûte, hautbois, alto et violoncelle

Liens externes Partition et appareil critique dans la Neue Mozart-Ausgabe Autographe chez Gallica

Catégorie:Œuvre en do majeur Catégorie:Œuvre musicale composée en 1791