La Sonate pour violoncelle et piano, op. 2, est une œuvre de Maurice Emmanuel composée en 1887. Le musicien, âgé de vingt-cinq ans, est encore étudiant au Conservatoire de Paris, dans la classe de Léo Delibes. Les audaces de la partition entraînent l'opposition farouche du professeur, qui l'empêche de se présenter pour le prix de Rome et le décourage de composer pour plusieurs années.

La première audition de l'œuvre est retardée de près d'un quart de siècle : le , par le violoncelliste Paul Bazelaire qui en reçoit la dédicace. Il s'agit de la première partition de musique de chambre de Maurice Emmanuel, où s'affirme déjà son goût pour les modes anciens.

Composition Contexte Maurice Emmanuel entreprend la composition de la Sonate pour violoncelle et piano en 1887, alors qu'il est encore étudiant au Conservatoire de Paris, dans la classe de Léo Delibes où il croise un autre élève de son âge, Claude Debussy. Dès la présentation des premières esquisses, la partition en mode de mi provoque la colère de Delibes, . Cette œuvre et il s'en prend directement à ce jeune musicien qui . Dans la biographie qu'il lui consacre, Christophe Corbier cite une phrase définitive de l'auteur de Lakmé : .

Conséquences L'opposition de Léo Delibes aux tendances musicales de son élève va jusqu'à empêcher Maurice Emmanuel de se présenter pour le prix de Rome, en 1888. Désavoué par son professeur, il se tourne vers Ernest Guiraud pour prendre des cours privés. C'est lors de soirées passées avec son nouveau professeur qu'il note les opinions de Claude Debussy, qu'il publiera après la mort de l'auteur de Pelléas et Mélisande et qui seront reprises par tous ses biographes, dont Harry Halbreich, « Appendice 1 : Conversations avec Ernest Guiraud », notées par Maurice Emmanuel.. La n'en aura pas moins des conséquences à long terme sur la carrière de Maurice Emmanuel, qui oriente bientôt son activité vers la musicologie.

Création La Sonate pour violoncelle et piano était . De fait, elle n'est exécutée qu'après la première Guerre mondiale, le par le violoncelliste Paul Bazelaire qui en reçoit la dédicace, lors d'un concert Salle Érard, à Paris. L'œuvre est publiée la même année aux éditions Sénart, puis rééditée aux éditions Salabert.

Analyse Structure L'œuvre est en trois mouvements : Allegro () à , et dans sa section centrale Larghetto () à Gigue — Allegro molto () à

Audaces

Le premier mouvement de la Sonate ne respecte pas la forme sonate classique : Emmanuel se rattache à une tradition plus ancienne qui est celle de la sonate monothématique du tout en l'enrichissant de quelques aménagements attendus. Beaucoup de modes sont utilisés dans cette sonate, le plus présent étant le mode de mi qui apparait dès le premier mouvement. Le compositeur utilise aussi les modes de sol, de la et de fa. L'usage de ces divers modes rend l'analyse harmonique parfois difficile. La fin du premier mouvement est structurée par la quarte augmentée, notamment à la basse et qui sert à . Pour le rythme, il y a une opposition constante entre les rythmes ternaires et les rythmes binaires, des appuis sur les contretemps et une souplesse de la carrure très présente. Selon Christophe Corbier, la Sonate pour violoncelle et piano présente une série de caractéristiques illustrant les idées de Maurice Emmanuel.

Commentaires Pour Henry Woollett, la Sonate pour violoncelle et piano est . Le compositeur et musicographe relève ainsi .

Postérité Première partition de musique de chambre conservée par son auteur, la Sonate pour violoncelle et piano se situe selon Harry Halbreich. .

L'œuvre a été interprétée à plusieurs reprises par de grands interprètes comme Maurice Maréchal et Pablo Casals, qui témoignait de son admiration pour le mouvement lent.

Discographie Claude Debussy, Sonate pour violoncelle et piano, Ernest Chausson, Trio pour piano, violon et violoncelle, op.3 et Maurice Emmanuel, Sonate pour violoncelle et piano, op.2 — interprétée par Marc Coppey (violoncelle) et Éric Le Sage (piano) — K617-135, HM 90, 2002, Maurice Emmanuel : musique de chambre — interprétée par Raphaël Perraud (violoncelle) et Laurent Wagschal (piano) — Timpani 1C1167, 2010.

Bibliographie Ouvrages généraux . Harry Halbreich, « Maurice Emmanuel », dans . .

Monographies . . .

Notes discographiques

Références

Liens externes

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