Les élections parlementaires italiennes de 2018 sont un scrutin de type parlementaire se déroulant le , à l'expiration naturelle de la législature de la République italienne. Elles se tiennent à la suite de la dissolution du Parlement du . Ce scrutin permet d'élire 315 des et .
Ces élections parlementaires ont lieu un peu plus d'un an après le référendum constitutionnel de 2016, à l'issue duquel une des plus importantes réformes constitutionnelles de l'après-guerre proposée par le gouvernement de Matteo Renzi a été largement rejetée par les électeurs ayant pris part au vote. En outre, l'adoption, par le Parlement en , d'une nouvelle loi électorale régissant les modalités propres aux élections parlementaires a été rendue nécessaire après l'abrogation partielle de la loi Calderoli et la censure, par la Cour constitutionnelle, de la loi électorale votée par les parlementaires en 2015 et baptisée .
Les députés et sénateurs élus à l'occasion de ces élections siègent pour la législature de la République italienne.
Les élections ont pour résultat un parlement sans majorité, aucune des trois principales forces politiques n'étant parvenue à obtenir la majorité absolue. Le Mouvement 5 étoiles arrive en tête et devient le premier parti au parlement avec près d'un tiers des sièges. Il est toutefois devancé par la Coalition de centre droit, au sein de laquelle la Ligue, droite populiste, s'impose face à une Forza Italia, centre droit, en fort déclin, tandis que le Parti démocrate du président du Conseil sortant Paolo Gentiloni, tout en restant le second parti observe un net recul. Son chef Matteo Renzi annonce le lendemain sa démission comme secrétaire de son parti. Si l'absence d'une majorité claire et la perspective d'un blocage institutionnel, voire de nouvelle élections avec une loi électorale modifiée, étaient jugées très probables, la très bonne performance du Mouvement 5 étoiles et en particulier de la Ligue crée la surprise, tandis que le Parti démocrate observe un recul plus important qu'attendu..
Les négociations entre les différentes formations supervisées par le président de la République Sergio Mattarella durent plusieurs mois, frôlant à plusieurs reprises le risque d'un échec qui aurait mené à des élections anticipées. Une coalition est finalement formée le entre le Mouvement 5 étoiles et la Ligue. Leurs dirigeants respectifs, Luigi Di Maio et Matteo Salvini, deviennent vice-présidents au sein d'un gouvernement dirigé par le juriste indépendant Giuseppe Conte.
Les élections se déroulent en même temps que les élections régionales en Lombardie et les élections régionales dans le Latium.
Contexte Une situation politique instable À l'issue des élections parlementaires (appelées élections politiques en Italie) des et , aucune des deux principales coalitions, dirigées par Pier Luigi Bersani pour le centre gauche et Silvio Berlusconi pour le centre droit, ne parvient à remporter la majorité absolue des sièges à la Chambre des députés et au Sénat, ce qui pose problème compte tenu du bicaméralisme parfait régi par la Constitution en vigueur en Italie. À cette confusion s'est ajouté le succès électoral du Mouvement 5 étoiles (M5S) dirigé par le comédien et humoriste Beppe Grillo, dont la percée a profondément bouleversé l'échiquier politique italien, jusqu'ici largement dominé par le bipartisme et désormais bouleversé par le succès d'une formation généralement qualifiée de populiste.
Après ces élections, la possibilité de voir le pays ingouvernable et fracturé en trois bloc hétérogènes est parue crédible et a inquiété les partenaires de l'Italie, notamment l'Union européenne, déjà préoccupée par la situation économique atone de la péninsule qui peine à sortir de la récession malgré les plans d'austérité préparés par le gouvernement Monti.
À quelques semaines de la fin de son septennat, le président de la République sortant, Giorgio Napolitano, âgé de , a tenté de résoudre, par plusieurs moyens, la crise politique issue de ces élections ; après plusieurs tours de scrutin infructueux, il est finalement réélu le par les grands électeurs, incapables de lui trouver un successeur susceptible de résoudre cette crise politique. Soucieux de préserver le pays des conséquences d'une crise post-électorale trop longue, le président Napolitano parvient à conjurer celle-ci en confiant la formation d'un gouvernement d'union nationale au démocrate Enrico Letta, qui n'est toutefois pas parvenu à convaincre le parti de Grillo de soutenir ledit cabinet, composé de plusieurs ministres représentant la coalition emmenée par Berlusconi.
Quelques mois plus tard, ceux-ci quittent le parti du Cavaliere pour fonder un nouveau parti de centre droit afin de protester contre l'influence de l'ex-président du Conseil dans la conduite des affaires publiques au gré de ses ennuis judiciaires, entamant ainsi le déclin progressif de Berlusconi qui, a de son côté, refondé son ancien parti Forza Italia.
Mais, contesté au sein de sa propre famille politique pour la lenteur des réformes entreprises par son gouvernement, Enrico Letta est finalement renversé par une motion de censure interne au Parti démocrate, dirigé par Matteo Renzi, qui le remplace à la présidence du Conseil le . L'arrivée au pouvoir de ce jeune et ambitieux politicien, qui a promis d'envoyer la vieille classe politique, tend à bousculer encore un peu plus le paysage politique, en voie à une certaine forme de renouvellement incarnée par Renzi lui-même et ses plus fidèles, comme Maria Elena Boschi.
L'hégémonie de Matteo Renzi sur le centre gauche Résolu à être présenté comme un réformateur, Matteo Renzi a fait voter plusieurs lois qui ont réformé le pays, dont certaines lui ont valu quelques contestations au sein même de sa propre majorité lorsqu'il a, par exemple, voulu moderniser le marché du travail en introduisant le Jobs Act, une loi contestée par l'aile gauche du Parti démocrate ; en outre, le gouvernement Renzi a fait voter, par les parlementaires, un texte de loi ouvrant le droit, pour les couples de même sexe, à l'union civile, ce qui a toutefois suscité les réserves d'Alternative populaire d'Angelino Alfano, principal partenaire des démocrates au sein de la coalition.
Dans le même temps, Matteo Renzi parvient à imposer une certaine hégémonie sur le centre gauche qui fragilise, dans le même temps, le chef de file historique de la droite italienne, Silvio Berlusconi, avec lequel des accords ponctuels devaient être initialement conclus pour les réformes institutionnelles envisagées par le cabinet Renzi. Ainsi, au mois de , après la démission du président Giorgio Napolitano qui ne souhaitait pas mener son second septennat jusqu'à son terme, Renzi s'est résolu à présenter la candidature du juge constitutionnel Sergio Mattarella.
Ayant promis, dès son arrivée au pouvoir, de mettre un terme au bicamérisme parfait, Matteo Renzi et son exécutif ont présenté, dès le mois d', un projet de loi diminuant considérablement les pouvoirs du Sénat de la République ; alors que les membres de la chambre haute étaient jusqu'à présent désignés en même temps que les députés, cette réforme ferait de cette institution un organe élu au suffrage indirect, constitué de cent membres dont quatre-vingt-quinze élus parmi les conseils régionaux et cinq par le président de la République. Adopté par les députés puis par les sénateurs, le projet est ensuite soumis, le , par référendum, aux citoyens italiens qui le rejettent massivement par 59, 1 % des voix en faveur du « non » contre 40,8 % pour le « oui ».
Crise des migrants et effet sur la droite Crise migratoire et montée de l'anti-immigrationnisme Depuis le début de la crise migratoire en Europe, l'Italie est aux premiers rangs et l'un des principaux points d'entrée en Europe . Ainsi, entre 2014 et 2017, ont débarqué en Italie.. Bien que tous les migrants ne restent pas forcément sur le territoire italien et que beaucoup tentent de rejoindre d'autres pays, l'afflux provoque des tensions qui se traduisent électoralement par une montée de l'extrême droite et de la droite dure, liée en partie à l'explosion de la délinquance et de la violence qui entraine une hausse du sentiment d'instabilité depuis l’arrivée des migrants et la piètre gestion de la crise. Ces-dernières sont représentées dans ces élections par Forza Italia et la Ligue. Ces deux partis qui basent en partie leurs campagnes sur une politique anti-immigration dure. enchaînent les victoires électorales, en récupérant par exemple les régions de Ligurie et de Sicile, et les villes de Gènes, Venice ou Trieste, gouvernées par la gauche depuis des années. L'on assiste également au cours de la campagne à des actions symboliquement violentes de la part de ces partis ou de groupuscules, comme un rassemblement de militants de la Ligue qui brûlent en effigie Laura Boldrini la présidente de la Chambre des députés, ou qui publient des photomontages d'elle égorgée.
À l'instar de cette montée de l'extrême droite et de la droite dure, aux élections municipales de 2017, la très grande majorité des 400 maires qui avaient adhéré au programme gouvernemental de répartition des réfugiés sur le territoire (3 pour ) ont connu un grand revers électoral..
Meurtre de Pamela Mastropietro En , Pamela Mastropietro, une jeune fille de , est violée, tuée à coup de couteau, écorchée vive et démembrée à Macerata.. Ce meurtre choque l'Italie. Le principal suspect, interpellé, est un Nigérian trafiquant de drogue et demandeur d'asile. Par la suite deux autres Nigérians seront aussi arrêtés et l'homicide volontaire sera établi..
Fusillade raciste de Macerata En réaction, le , Luca Traini décide de tirer depuis sa voiture sur des Africains à Macerata. Il vide ainsi deux chargeurs de pistolet semi-automatique sur des personnes noires croisées au hasard. Cette fusillade blesse six personnes dont quatre gravement. Traini se drape du drapeau tricolore et se laisse ensuite interpeller devant le monument aux morts en criant « L'Italie aux Italiens » et « Dehors les Noirs ! ». Il explique ensuite aux policiers avoir voulu tuer des Africains à la suite du meurtre de Mastropietro. Mein Kampf, un livre d'histoire sur Benito Mussolini et des magazines néofascistes sont trouvés dans sa chambre. Une fois son identité révélée publiquement, il est rapidement remarqué que Luca Traini était un candidat de la Ligue lors des élections municipales de 2017. Cette fusillade, associée aux actions symboliquement violentes précédemment mentionnées, enveniment la campagne électorale, d'autant plus que Matteo Salvini, chef de la Ligue, déclare que . Pour le président du Sénat, Pietro Grasso, candidat aux élections sous l'étiquette de la formation de gauche Libres et égaux, Matteo Salvini . Le député de gauche Benedetto Della Vedova, demande que Salvini . Silvio Berlusconi, allié à Matteo Salvini, , sans toutefois désavouer son allié et .