Richard Coudenhove-Kalergi (en allemand : Richard Graf Coudenhove-KalergiGraf signifie comte ; en japonais : , Rihyaruto Nikorausu Eijirō Kūdenhōfu-Karerugī Hakushaku), né le à Tokyo au Japon et mort le à Schruns en Autriche, est un homme politique, essayiste, historien et philosophe d'origine austro-hongroise par son père et japonaise par sa mère. Il est devenu citoyen tchécoslovaque en 1919, puis a été naturalisé français en 1939. Il est l'un des premiers à avoir proposé un projet moderne d'Europe unie. Il peut être considéré, au sens large, comme l'un des « pères de l'Europe » dont il est un inspirateur et un militant important.

Biographie De l'enfance à l'âge adulte Fils de Heinrich von Coudenhove-Kalergi, diplomate austro-hongrois hyperpolyglotte (il connaît seize langues) et de la Japonaise Mitsuko Aoyama, Richard Coudenhove-Kalergi naît le à TokyoTout le texte de ce paragraphe est tiré du fonds privé PP 1000 localisé aux Archives cantonales vaudoises qui est consultable en ligne sur la base DAVEL. Lien internet : https://davel.vd.ch/detail.aspx?id=629491.. Son père décède le , sa mère le .

Il passe sa jeunesse au château familial de Poběžovice (précédemment : Ronšperk ; en allemand : Ronsperg) en Bohême puis entre au Thérésanium de Vienne, collège le plus réputé et le plus cosmopolite de l'Empire. Passionné par la philosophie, il poursuit ses études à l'université de Vienne et en devient docteur en philosophie en 1917.

En 1914, la Première Guerre mondiale éclate, mais Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi est réformé. Il ne va donc jamais au front. En 1915, il se marie avec Ida Roland (née le et décédée le , comédienne austro-allemande de religion juive), née Klausner, le (divorcée de NN. Bastien). Avec elle, il adopte sa fille Erika.

À la fin de la guerre et après le démantèlement de l'Empire austro-hongrois, il devient citoyen tchécoslovaque (en 1919) et se détourne finalement de la philosophie pour commencer à publier des articles sur la nécessité d'un nouvel ordre européen.

En 1921, il publie son premier ouvrage : Ethik und Hyperethik. Jusqu'en 1922, Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi s'occupe de considérations d'éthique et de morale avant de traiter de sujets européens.

Naissance de sa vision de l'Europe durant l'Entre-deux guerres Le , il lance son premier appel à l'unité de l'Europe dans la Neue Freie Presse de Vienne et la Vossische Zeitung de Berlin intitulé « La Question européenne ». Naissance du Mouvement pour les États-Unis d'Europe ou Mouvement paneuropéen.

En 1923 est publié à Vienne son livre Paneuropa (traduction française en 1926). Sont créées les éditions paneuropéennes et du mouvement paneuropéen. Il développe l'idée de réunir le charbon allemand et l'acier français. «Innombrables sont ses suggestions qui furent reprises sans qu'on lui ait rendu l'hommage qu'il méritait. C'est lui qui propose au milieu des années 1920 de réunir les productions de charbon et d'acier de l'Allemagne, de la France et du Benelux. »Il faut attendre 1951 pour voir naître la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA).

En 1924 est créée la revue mensuelle Paneuropa. Le Secrétariat général du Mouvement paneuropéen s'installe à Vienne (Hofburg).

En 1925, il fait des tournées de conférences. Est fondé l.

Du 3 au a lieu le Congrès Paneuropéen à Vienne.

En 1929, Aristide Briand présente l'idée européenne à la Société des Nations à Genève : . Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi propose la création de l'hymne national européen sur une musique de Beethoven, la neuvième symphonie, appelée aussi Ode à la joie.

En 1930, au Congrès Paneuropéen à Berlin, Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi propose de célébrer une journée de l'Europe au mois de mai.

En 1933, il se rend en Italie, rencontre Benito Mussolini et le philosophe Julius Evola et collabore, en même temps qu'Oswald Mosley, à Antieuropa "Rassegna dell espansion fascista nel mondo"Il déclare lors de ce voyage "La constitution fasciste peut non seulement avoir une valeur italienne et plus généralement une valeur européenne, dans le sens où elle exprime une sage conciliation du principe autoritaire et aristocratique avec ce qu’il peut y avoir de sain dans le principe démocratique." Julius Evola, Paneurope et fascisme, entretien avec le comte Richard Nikolaus von Coudenhove-Kalergi précédé de Richard Nikolaus von Coudenhove-Kalergi, un révolutionnaire conservateur méconnu, Éditions Ars magna, 2022.Voir aussi Carlo Arrigo Pedretti, Richard Coudenhove-Kalergi e Benito Mussolini nelle prospettiva di paneuropa, Ritter, 2023..

Le est inauguré le Centre économique Paneuropéen à Vienne.

Le , le gouvernement autrichien affirme son adhésion à la politique paneuropéenne.

Dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale En 1938, après l'Anschluss, Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi doit fuir l'Autriche pour la Suisse (avec l'aide de M. Jaeger, ambassadeur de Suisse). À Vienne, le secrétariat général de l'Union Paneuropéenne est perquisitionné. Ses archives sont saisies et étudiées par la Gestapo. À la fin de la Seconde Guerre mondiale, elles sont emportées en URSS, à Moscou, où elles demeurent toujoursMais des photocopies d'une partie de ces archives se trouvent dans le fonds privé PP 1000 aux Archives cantonales vaudoises.. Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi croit toutefois toute sa vie à la perte totale de ses archives personnelles antérieures à son exil. En transitant par la France (dont il obtient la nationalité en 1939), il part pour les États-Unis d'Amérique en s'embarquant de Lisbonne dans un avion pour New York. C'est de là qu'il organise l'Union Paneuropéenne en exil.

Nommé professeur à l'université de New York, il dirige le séminaire : « L’Europe fédérale de l'après-guerre ». Constitution du Comité américain pour une Europe unie et libre.

En 1943 a lieu le , New York. Winston Churchill communique par écrit son désir de voir se créer le Conseil de l'Europe. Il affirme : .

Il a ses premiers contacts épistolaires avec le général de Gaulle qu'il rencontre en 1946.

En 1945 est signée à San Francisco la Charte des Nations unies, charte fondatrice de l'ONU, dont l'article 52 autorise la potentielle fondation d'une organisation européenne unie.

L'après-guerre et les mouvements européens thumb|Sir Winston Churchill. 1946 : Retour en Europe. En Suisse d'abord (Gstaad). À Zürich, grand discours de Winston Churchill : Ressuscitez l'Europe. Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi envoie, à parlementaires des pays libres d'Europe, un questionnaire sur la question européenne. 1947, septembre : Congrès Parlementaire européen. Suggestion par Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi de la création du premier timbre poste européen. 1947 : Il fonde à Gstaad lUnion parlementaire européenne ou Union Paneuropéenne. 1947, : Congrès Parlementaire européen, Gstaad. 1948, : Congrès de l'Europe de La Haye (président : Winston Churchill) qui permet la création du Conseil de l'Europe qui inspire la création du Parlement européen. 1948, septembre : Congrès Parlementaire européen, Interlaken (présence d'une grande délégation allemande). Publication : Europe Seeks Unity. 1949, : Congrès Parlementaire européen, Strasbourg. Publication : Kampf um Europa. 1949, : Création du Conseil de l'Europe, Strasbourg. 1950, : Robert Schuman communique en faveur de la constitution de la Communauté Européenne du Charbon et de l'Acier (CECA). 1950, : Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi est lauréat du Prix Charlemagne qui est attribué pour la première fois, Aix-la-Chapelle (diplôme et médaille aux Archives cantonales vaudoises). 1951 : Création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) : France, Allemagne, Italie et Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). Elle entre en vigueur – pour 50 ans - entre 1952-1953. Elle est officiellement dissoute en 2002.

Depuis la création de la Communauté européenne du charbon et de l'acier (CECA) thumb|250px|upright=1.5|Drapeau de la Communauté européenne du Charbon et de l'acier-CECA (utilisé jusqu'en 1968).|right 1952 : Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi est élu président d'honneur du Mouvement Européen (avec Winston Churchill, Konrad Adenauer, Robert Schuman, de Alcide de Gasperi et Paul-Henri Spaak). Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi épouse la Suissesse Alexandra Karolina Gräfin von Tiele (-), divorcée en 1935 de Claus-Hubert Wilhelm Adam Graf Tiele-Winckler), née Bally. Avec elle, il adopte son fils Alexandre. 1952-1953 : Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi est contacté par l'organisation du prix Nobel pour une nomination potentielle. 1953 : Publication : . 1957 : Traité de Rome signé par : France, Allemagne, Italie et Benelux (Belgique, Pays-Bas et Luxembourg). Ce traité institue le marché commun européen et Euratom (soit Communauté européenne de l'énergie atomique). 1960 : Parution : L'Évolution de l'idée européenne. 1962, : Signature à l’Élysée du pacte d'amitié franco-allemande. 1965 : Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi reçoit le prix Sonning de l'université de Copenhague. Il démissionne du Mouvement européen. Dès cette année, Vittorio Pons devient secrétaire général de l'Union paneuropéenne. Il est aussi l'exécuteur testamentaire de l’œuvre écrite de Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi. Mario Pons, fils de Vittorio Pons, poursuit son travail. 1966 : , Vienne. Valéry Giscard d'Estaing y demande l'instauration d'une monnaie européenne unique. Publications : . 1967 : La Fondation Kajima décerne à Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi, à Tokyo, le premier prix de la Paix. L'influence de Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi est forte au Japon et ses écrits y ont été traduits et publiés. 1969 : Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi épouse l'autrichienne Melanie Hoffmann-Benatzky (née le et décédée le ), née Hoffmann et veuve du compositeur autrichien Ralph Benatzky. 1970, : Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi est invité par Pro Europa Una à allumer la Lampe de la Paix à Subiaco (en Italie), grotte où Saint Benoît a vécu. Saint Benoît a été proclamé saint protecteur de toute l'Europe par le pape Paul VI. 1972, : Décès à Schruns en Autriche. Il est enterré en Suisse, dans l'Oberland bernois.

thumb|upright|Charles de Gaulle et Konrad Adenauer.

Noms des mouvements paneuropéens fondés par Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi Mouvement pour les États-Unis d'Europe ou Mouvement paneuropéen (dès 1922). Union Paneuropéenne internationale ou Pan-Europe. Union Paneuropéenne (1938). Union Paneuropéenne en exil (en 1939). Union parlementaire européenne ou Union Paneuropéenne (dès 1947). À cela, il faut ajouter les noms des diverses sections nationales.

Le paneuropéanisme de Richard Nicklaus de Coudenhove-Kalergi Conférence de 1939 : idée d'un patriotisme européen Idées contenues dans cette conférence : Préserver la paix, éviter la guerre Face à la guerre en cours, reconstruire, après la guerre, une Europe unie, une Europe égale où les peuples et les races seraient égaux et non humiliés comme dans le Traité de Versailles. Pour atteindre cette unité : Mettre fin à la souveraineté illimitée des États (éviter cette anarchie européenne à 30 États). Se calquer sur le modèle des États-Unis d'Amérique, de l'URSS. Dans d'autres textes, il parle de livrer concurrence aux empires panbritannique, panaméricain, panrusse et panmongol. Une Europe qui ne soit pas fondée uniquement sur une coopération économique et une unité monétaire. Une Europe possédant une force armée commune dont le socle premier serait l'aviation. Une fédération européenne qui remplacerait la Société des Nations. Une Europe qui serait à la tête de l'humanité.