Joaquim Forn i Chiariello, né le à Barcelone, est un homme politique catalan.

Militant de la Joventut Nacionalista de Catalunya (JNC) à l'âge de dix-sept ans, il est plusieurs fois membre de son conseil exécutif national dans les années 1980. Il participe à la refondation de la Federació Nacional d'Estudiants de Catalunya (FNEC), qu'il préside de 1986 à 1988. Entre 1989 et 1992, il fait partie des organisateurs de la campagne Freedom for Catalonia, qui milite pour faire connaître à l'étranger les aspirations nationales catalanes à l'occasion des Jeux olympiques d'été de 1992 à Barcelone.

Aux élections municipales de 1999, il est élu conseiller municipal de Barcelone sur la liste de Convergence et Union (CiU). Il exerce cette fonction pendant cinq mandats. De 2001 à 2007, il est également président de la fédération de Barcelone de Convergència. Entre 2007 et 2011, il est porte-parole du groupe municipal de CiU, dans l'opposition. Réélu sur la liste victorieuse de Xavier Trias en 2011, il devient premier adjoint au maire, chargé des départements de la présidence, de la gouvernance, de la sécurité et de la mobilité, ainsi que porte-parole du gouvernement municipal. Après la défaite électorale de 2015, il redevient porte-parole du groupe municipal de Convergència. En , il est nommé conseiller à l'intérieur dans le gouvernement de Carles Puigdemont.

Biographie Jeunesse Joaquim Forn i Chiariello est né le à Barcelone, en Catalogne Fitxa biogràfica, Diputació de Barcelona.. Il est fils d'une mère équatorienne, et d'un père barcelonais de l'Eixample. Il étudie au lycée français de Barcelone « Joaquim Forn, la Catalunya d'ordre », El Nacional, 30 juillet 2017.. Il obtient une licence de droit de l'université de Barcelone et travaille brièvement dans un cabinet d'avocat « Joaquim Forn, pedigrí convergent per manar els Mossos l'1-O », El Periódico, 26 juillet 2017. « El conseller que gobierna a los Mossos », La Vanguardia, 29 juillet 2017..

Il adhère à la Joventut Nacionalista de Catalunya (JNC), l'organisation de jeunesse du parti nationaliste de centre-droit Convergence démocratique de Catalogne (CDC), à l'âge de dix-sept ans. Il est membre du comité exécutif national de la JNC à trois reprises : de 1982 à 1984 comme secrétaire à l'organisation territoriale, de 1988 à 1989, comme responsable de la mobilisation, et de 1989 à 1991, comme responsable du service militaire et de l'objection de conscience Josep Lluís Martín i Berbois, Història de la Joventut Nacionalista de Catalunya (1980-2003), Universitat Autònoma de Barcelona, 2010, pp. 260, 264, 266.. En 1985, il assure l'organisation de la troisième école d'été de la JNCIbid., p. 98.. Dans les années 1980, il est également membre du secrétariat du (CJB) de 1982 à 1984, et du Grup d'Estudis Nacionalistes (GEN)Ibid., pp. 41, 50..

Pendant ses études, participe à la refondation de la (FNEC), un syndicat d'étudiants catalaniste. Il en devient le premier président, de 1986 à 1988.

Militant nationaliste Joaquim Forn est l'un des principaux organisateurs de la campagne , qui milite pour faire connaître à l'étranger les aspirations nationales catalanes à l'occasion des Jeux olympiques d'été de 1992 à Barcelone.

Le , il participe à une action militante lors de la ré-inauguration du stade olympique de Montjuïc pour la coupe du monde d'athlétisme. Environ cinq cents militants se rendent au stade avec des senyeres (drapeaux catalans) et des pancartes affichant le slogan (« liberté pour la Catalogne », en anglais), malgré un important dispositif policier. Ils parviennent à faire siffler l'arrivée de la famille royale d’Espagne et à distribuer des tracts nationalistes, et leur action est largement relatée par la presse. Joaquim Forn lui-même est arrêté par police à l'extérieur du stade, avec deux autres militant-e-s, en tentant d'y faire entrer une senyera de 25 x 15 mètres. Il est convoqué au tribunal pour désordre public, mais l'affaire est classée sans suite « Freedom for Catalonia: la Barcelona olímpica també volia ser catalana », El Nacional, 30 juillet 2017. Josep Lluís Martín i Berbois, Història de la Joventut Nacionalista de Catalunya (1980-2003), Universitat Autònoma de Barcelona, 2010, pp. 59-60..

Le groupe se structure ensuite pour organiser son action en vue des Jeux olympiques. Ses membres sont des proches du président de la Généralité, Jordi Pujol, et bénéficient de nombreux soutiens, ainsi que de la participation de l'association culturelle Òmnium Cultural, qui crée une section consacrée aux Jeux olympiques. La campagne se traduit par de nombreuses actions militantes. Des pancartes et des drapeaux sont déployés sur les étapes du parcours de la flamme olympique à travers la Catalogne, qui font l'objet de retransmissions télévisées à l'étranger. Les militants promeuvent les aspirations catalanes en marge de la compétition sportive, en distribuant des tracts et en s'adressant aux médias étrangers et aux sportifsIbid. pp 65-67..

Dans les années 1990, Joaquim Forn devient sous-directeur général du département de la présidence de la Généralité. Il est aussi vice-président de la fédération de Barcelone de Convergència, et fait partie du secteur souverainiste du parti. En , un article resté célèbre du journal La Vanguardia le cite parmi les « talibans », un surnom donné à des jeunes cadres de Convergència, plus radicaux que leurs prédécesseurs, qui pourraient favoriser la candidature d'Artur Mas comme successeur au président Jordi Pujol. La prédiction s'avère correcte pour la plupart d'entre eux, qui ont par la suite appartenu à l'entourage immédiat du président Artur MasIbid., p. 174-175. « Joaquim Forn, el consejero "talibán" del independentismo que purgará a los Mossos », OK Diario, 16 juillet 2017.. En 1999, Joaquim Forn fait partie des signataires d'un manifeste dans le journal Avui, intitulé (« le nouveau catalanisme, un engagement »), qui défend le rapprochement de toutes les forces politiques souverainistesIbid. p. 204.. En , lors du congrès extraordinaire de Convergència qui décide de poursuivre la fédération Convergence et Union (CiU), il est signataire d'un manifeste dans le journal Avui qui réclame une alliance avec Esquerra Republicana de Catalunya (ERC)Ibid. p. 184..

Conseiller municipal d'opposition à Barcelone Lors des élections municipales du , Joaquim Forn se présente sur la liste de Convergence et Union (CiU) pour la mairie de Barcelone. Il est chargé de la campagne de la tête de liste, Joaquim Molins. Il devient conseiller municipal d'opposition « Oriol Pujol Ferrusola se incorpora a la lista de CiU al Ayuntamiento de Barcelona », El País, 17 mars 1999.. En , il est blessé au bras par un policier au cours d'une charge contre un groupe de jeunes qui manifestaient avec une senyera contre le défilé militaire du « Molins pide que el Ayuntamiento sea acusación por la carga en la que fue herido Forn »El País, 2 juin 2000..

En , il est candidat à la présidence de la fédération de Barcelone de Convergència, dont il était vice-président. Il fait partie du secteur souverainiste du parti, alors que la fédération de Barcelone apparaissait comme un bastion modéré « El sector soberanista de Convergència copará la nueva dirección local del partido en Barcelona », El País, 4 janvier 2001.. La tête de liste aux précédentes élections, Joaquim Molins, de tendance modérée, renonce à se présenter car la direction du parti refuse d'appuyer sa candidature. Joaquim Forn reçoit le soutien du président du parti, Artur Mas. Élu président de la fédération de Barcelone, il forme une équipe où prédominent les jeunes issus de la Joventut Nacionalista de Catalunya (JNC) et le secteur souverainiste « Forn toma el mando de Convergència en Barcelona con la ausencia de Molins », El País, 14 janvier 2001..

Lors des élections municipales de 2003, il est placé en sixième position sur la liste de Convergence et Union (CiU), dirigée par Xavier Trias « Trias incorpora al ex secretario de Inmigración a la lista de Barcelona », El País, 22 janvier 2003.. La coalition nationaliste enregistre un nouveau revers, mais Joaquim Forn est réélu au conseil municipal « CiU afronta el mandato con el menor número de concejales desde 1979 », El País, 14 juin 2003..

Réélu aux élections municipales de 2007, il devient le porte-parole du groupe municipal de CiU. A ce poste, il gagne la confiance du président du groupe, Xavier Trias. Il conclut avec succès de nombreuses négociations avec le Parti des socialistes de Catalogne (PSC), qui détient le pouvoir municipal, et il parvient à installer un haut degré d'entente sur les questions importantes « El nucli dur de l'equip de Xavier Trias », La Vanguardia, 9 juin 2011..

En , il quitte la présidence de la fédération de Barcelone de Convergència. lui succède « Jordi Martí serà el futur president de CDC de Barcelona », E-Notícies, 30 mai 2008..

Premier adjoint au maire de Barcelone Lors des élections municipales de 2003, Joaquim Forn est à nouveau numéro 2 sur la liste de Xavier Trias à Barcelone « Trias no pierde el sueño ante las dudas del PSC », ABC, 12 janvier 2011.. Convergence et Union (CiU) remporte la victoire, et Xavier Trias devient maire de Barcelone. Joaquim Forn est nommé premier adjoint, chargé des départements de la présidence, de la gouvernance, de la sécurité, et de la mobilité. Il est également porte-parole du gouvernement municipal, président de l'entreprise de transports publics Transports Metropolitans de Barcelona (TMB) et vice-président du conseil d'administration de l'Autoritat del Transport Metropolità (ATM) « Canvis de govern: marxen Munté, Jané i Ruiz, i entren a l'executiu Turull, Forn i Ponsatí », 324, 14 juillet 2017..

Il est notamment responsable de la Guàrdia Urbana, la police municipale de Barcelone. Parmi les réalisations de son mandat, figurent l'amélioration de la coordination entre la Guàrdia Urbana et les Mossos d'esquadra, avec des patrouilles mixtes dans le métro, et la création d'unité d'enquête de police judiciaire pour les délits mineurs « Joaquim Forn, de mà dreta de Trias a l'Ajuntament de Barcelona al Departament d'Interior », La Vangaurdia, 14 juillet 2017.. Son mandat est aussi marqué par des polémiques, notamment son refus de rouvrir l'enquête sur l', dans laquelle la Guàrdia Urbana est accusée d'avoir détenu irrégulièrement et torturé des personnes en 2006, après que de nouveaux éléments ont été soulignés par le film documentaire en 2013 ; ainsi que la , provoquée par la tentative de la mairie d'expulser le centre social autogéré de « Joaquim Forn, un hombre de la guardia pretoriana de Mas para ‘conseller’ de Interior », Crónica Global, 14 juillet 2017..

Après les élections municipales de 2015, où CiU est battue par le mouvement Barcelona en Comú d'Ada Colau, Joaquim Forn redevient le porte-parole du groupe municipal. Il est pressenti pour être la prochaine tête de liste, et dirige de facto le groupe municipal, bien que Xavier Trias en ait conservé la présidence. Ce dernier le désigne comme son successeur pour les prochaines élections municipales. Cependant, en , Convergència décide d'organiser des élections primaires pour la désignation de sa tête de liste « CDC de Barcelona farà primàries per triar el candidat a les municipals », El País, 27 avril 2016..