Mon rêve familier est un des plus célèbres sonnets de Paul Verlaine, paru dans son recueil intitulé Poèmes saturniens en 1866. Il est extrait de la première section Melancholia et représente la femme sous une forme idéaliséeSite bacdefrancais.net, fiche "bacdefrancais.net", consulté le 26 novembre 2019..
Texte du poème Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.
Car elle me comprend, et mon cœur, transparent Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore. Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore Comme ceux des aimés que la Vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues, Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a L'inflexion des voix chères qui se sont tues.
Histoire
Paul Verlaine collabore au premier Parnasse contemporain et publie à 22 ans, en 1866, le recueil des Poèmes saturniens dans lequel figure ce sonnet.
Analyse Ce poème est un sonnet régulier qui comporte quatorze alexandrins répartis en deux quatrains et deux tercets. La disposition des rimes est, elle aussi, classique : tout d'abord embrassée pour les quatrains, elle est ensuite celle d'un sizain classique inverti . Ce sonnet est le sixième poème de la section initiale Melancholia des « Poèmes saturniens » et il évoque la femme idéaleSite michel-servranckx.over-blog.com, page sur le poème Mon rêve familier, consulté le 26 novembre 2019..
Verlaine y décrit une vision onirique d'une femme sans identité et dont le portrait reste flou, à l'attitude passive et maternelle totalement imaginée voire fantasmée sous une forme lointaine (en se référant à une statue) laissant apparaître l'angoisse de l'auteur qui évoque de façon sous-jacente l'idée de la mort (en se référant à des voix qui se sont tues)Site poetica.fr, page "Mon rêve familier (Poèmes saturniens/melancholia VI 1866)", consulté le 26 novembre 2019. et (son regard est pareil au regard des statues).
Postérité
L'auteur compositeur et interprète monégasque Léo Ferré enregistre en 1964 un double album dénommé Verlaine et Rimbaud chantés par Léo Ferré dans lequel figurent de nombreux poèmes des deux auteurs mis en musique par Léo Ferré. Le sonnet Mon rêve familier figure sur la face A, en quatrième position.
Une partie de ce poème est dite dans le film Maestro.
Le premier vers est cité dans la chanson Hyperactif par Aldebert dans son album Enfantillages 3 sorti en 2017.
Il y a une référence à ce poème ("ce rêve étrange et pénétrant") dans la chanson "je ne t'écrirai plus" de Claude Barzotti.
Interprété par Julos Beaucarne en 1976 dans son album Les communiqués colombophiles.
Notes et références
Articles connexes
Mise en musique des poèmes de Paul Verlaine Liste des poètes chantés par Léo Ferré Anima
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