Stéphane Dion, né le à Québec, est un professeur de sciences politiques, homme politique et diplomate canadien.

Il siège à la Chambre des communes du Canada pendant plus de 20 ans, représentant la circonscription québécoise de Saint-Laurent—Cartierville de 1996 à 2015, puis celle de Saint-Laurent de 2015 à 2017. Il est également chef du Parti libéral du Canada et chef de l'opposition du au , date où il est remplacé par Michael Ignatieff..

Il est ministre des Affaires intergouvernementales pendant la plus grande partie du gouvernement de Jean Chrétien (1996-2003), ministre de l'Environnement sous Paul Martin (2004-2006) et ministre des Affaires étrangères durant la première année du gouvernement de Justin Trudeau (2015-2017).

En 2017, il devient ambassadeur du Canada en Allemagne et auprès de l'Union européenne (UE).. En 2022, il est nommé ambassadeur du Canada en France, conservant en parallèle sa fonction représentative comme envoyé spécial auprès de l'UE..

Biographie Jeunesse Deuxième d'une fratrie de cinq enfants de l'universitaire Léon Dion, fédéraliste et personnalité respectée dans le milieu universitaire québécois., et de Denyse Kormann, une Française originaire de Paris, Stéphane est élevé dans une modeste maison sur le boulevard Liégeois, dans la ville de Québec. Adolescent, il flirte avec le mouvement souverainiste, faisant campagne pour le Parti québécois. Il décrit l'expérience comme suit :

Dion raconte que son flirt avec le mouvement souverainiste a pris fin pendant une discussion de cinq heures avec un couple de fédéralistes, alors qu'il faisait du porte-à-porte pour le PQ. La journaliste Linda Diebel croit que son flirt s'est éteint graduellement alors qu'il achevait ses études universitaires et qu'il a amorcé sa carrière académique en administration publique.

Dans un article de The Gazette, son épouse a révélé que son tempérament et sa vision des choses a été très influencée par son séjour de quatre ans en France. De retour au Canada, Dion est en 1984 chargé de cours à l'Université de Moncton.

Par ailleurs, Dion est issu d'une famille très séculière qui ne participait jamais aux célébrations religieuses à l'époque où presque tous les Canadiens français allaient à la messe, assistant à l'émergence de la laïcité au Québec. Toutefois, il se déclare catholique tout comme Wilfrid Laurier, Pierre Elliott Trudeau, John Turner, Jean Chrétien et Paul Martin, faisant référence à la répartition traditionnelle au Canada des libéraux et conservateurs entre catholiques et protestants..

Carrière universitaire Après avoir obtenu un baccalauréat et une maîtrise en science politique de l'Université Laval en 1977 et 1979 respectivement, ainsi qu'un doctorat en sociologie de l'Institut d'études politiques de Paris, Stéphane Dion enseigne les sciences politiques à l'Université de Moncton en 1984 et à l'Université de Montréal de 1984 à . Il est un spécialiste de l'étude de l'administration publique et de l'analyse et de la théorie de l'organisation.

Pendant la même période, Dion est aussi professeur invité au Laboratoire d'économie publique de Paris, chargé d'études principal au Brookings Institution de Washington, D.C., codirecteur de la Revue canadienne de science politique et chargé d'études au Centre canadien de gestion. Entre 1987 et 1995, il publie un certain nombre de livres et d'articles traitant de science politique et d'administration et de gestion publique. vignette|Stéphane Dion et Jean Chrétien. Ce qui amène Dion à prendre position comme défenseur du fédéralisme, c'est l'échec de l'accord du lac Meech en 1990. C'est à cette période que le mouvement souverainiste commence à affirmer que le fédéralisme n'est pas efficace pour les Québécois et qu'il est la cause de duplications et de chevauchements entre les deux niveaux de gouvernement. En tant qu'expert en administration publique, Dion s'impose comme une figure de proue en essayant de réfuter publiquement les arguments des souverainistes. Ses apparitions à l'émission Le Point, à la télévision de Radio-Canada, sont remarquées par Aline Chrétien, qui, dans les jours qui suivent la courte victoire au référendum, suggère à son mari, le premier ministre Jean Chrétien, de recruter Dion.

Carrière au gouvernement fédéral Dion est député du Parti libéral du Canada à la Chambre des communes, représentant la circonscription électorale de Saint-Laurent—Cartierville de 1996 à 2015. D'abord élu à la Chambre des communes lors d'une élection partielle en 1996 en même temps que Pierre Pettigrew, Stéphane Dion est réélu en 1997, 2000, 2004, 2006, 2008 et 2011. Après l'abolition de la circonscription, il est réélu dans la nouvelle circonscription de Saint-Laurent en 2015.

En 1996, son assermentation à titre de président du Conseil privé et ministre des affaires intergouvernementales entraîne, de facto son entrée au Conseil privé de la Reine pour le Canada (ce qui lui permet d'apposer les lettres C.P. à son nom) et donc l'ajout du terme .

Comme ministre des Affaires intergouvernementales dans le cabinet de Jean Chrétien, il est considéré comme un fédéraliste pur et dur en raison de son rôle dans l'élaboration du « plan B » et la Loi sur la clarté référendaire, qui stipule dans quelles circonstances le Québec pourrait se séparer du reste du Canada. Il a un rôle significatif dans les événements menant au renvoi relatif à la sécession du Québec, rendu le par la Cour suprême du Canada, et sur la Loi sur la clarté du . Dans le même souffle, il contribue à légitimer à Ottawa le mouvement dit partitionniste. En , l'Assemblée nationale du Québec, par l'entremise de Joseph Facal, ministre péquiste, adopte la loi 99, réplique au gouvernement fédéral et réaffirme, encore, l'existence juridique du Québec et son droit à l'autodétermination. En plus de réitérer la règle du 50 % + 1, la loi revendique l'intégrité territoriale du Québec et reconnaît les droits de la minorité anglophone et des Autochtones de son territoire. Au mois d', après plusieurs années d'invectives juridiques venues du Canada anglais, la Cour supérieure du Québec confirme la validité constitutionnelle de la loi 99 sur l'autodétermination, qui accorde aux Québécois le droit de décider seuls s'ils veulent se séparer du Canada.

Après l'élection de Paul Martin comme chef du Parti libéral du Canada, Dion est écarté du cabinet, surtout à cause de son association avec le chef sortant Jean Chrétien. En effet, Dion est impopulaire auprès de certaines factions du Parti libéral au Québec, et la rumeur veut que Paul Martin refusera de signer son formulaire de nomination pour l'élection de 2004. Ce n'est cependant pas le cas et, au lendemain du scandale des commandites et de la piètre performance de Jean Lapierre comme lieutenant du Québec, Martin rappelle Dion pour qu'il donne un coup de main à la campagne libérale au Québec. Bien que les libéraux perdent du terrain dans la province dans son ensemble, les efforts de Dion sont reconnus lorsque plusieurs comtés sont gagnés de justesse contre le Bloc québécois. En conséquence, il est ramené sur les banquettes du parlement canadien avant le , avec sa nomination comme ministre de l'Environnement.

Lors du retour des libéraux au pouvoir, en , Justin Trudeau le nomme au poste de ministre des Affaires étrangères.

Le , lors d'un remaniement ministériel, il perd son poste de ministre et annonce peu après qu'il démissionne de son siège de député de Saint-Laurent pour devenir ambassadeur du Canada en Allemagne et chargé des relations avec l'Union européenne (UE). En 2022, il devient ambassadeur en France, conservant en parallèle ses fonctions auprès de l'UE.

Chef du Parti libéral du Canada Ascension alt=Photographie de Stéphane Dion, entouré de militants brandissant des pancartes rouges portant son nom, au congrès d'investiture du Parti libéral du Canada de 2006|vignette|Stéphane Dion lors du Congrès d'investiture du Parti libéral du Canada de 2006. droite|alt=Photographie de Stéphane Dion, lors de son discours d'acceptation, à l'issue de la course à la chefferie de 2006|vignette|Dion, lors de son discours d'acceptation. On retrouve derrière lui Scott Brison, Joe Volpe, Martha Hall Findlay, et Ken Dryden. Avec la défaite des libéraux à l'élection du , la candidature de Stéphane Dion est suggérée pour le leadership du Parti libéral. Le , il est nommé critique de l'opposition officielle du ministre des Affaires étrangères. En sa qualité de critique, il plaide en faveur de la mission en Afghanistan, qui a été lancée par les libéraux. Il avait proposé un peu plus tôt la tenue d’un débat parlementaire sur la question, mais se prononce finalement contre l'idée.

Il annonce sa candidature le au Palais des congrès de Montréal, le jour du lancement officiel de la course et de l'annonce par Michael Ignatieff. La campagne au leadership de Stéphane Dion se base sur l'approche de trois piliers : la justice sociale, la prospérité économique et la durabilité environnementale. Une combinaison qui devrait amener, selon Dion, le Canada de plain-pied dans le . Il déclare que sa campagne se concentrera sur le développement durable de l'économie et sur la formation d’une main-d'œuvre canadienne « hyperinstruite » afin de concurrencer la Chine. À ce moment, Dion reçoit l'appui de trois factions du parti, avec Don Boudria, ancien ministre sous Jean Chrétien, , ancien directeur de campagne de Paul Martin pour la Colombie-Britannique et Herb Metcalfe, l'ancien directeur de campagne de John Manley qui acceptent tous de se joindre à sa campagne.

Stéphane Dion, John Godfrey (qui s'est retiré de la course) et Michael Ignatieff reçoivent de la presse le surnom des « trois universitaires » puisqu'ils ont tous trois été des professeurs d'université avant d'entamer une carrière politique.

Le , il est élu au quatrième tour devant Michael Ignatieff avec 54,7 % des votes des délégués.. Sa victoire est largement due à l'appui qu'il a reçu de la part du clan de Gerard Kennedy.

Controverse sur sa double citoyenneté Peu après le choix de Dion comme chef du Parti libéral, certains commentateurs conservateurs, ainsi que plusieurs personnalités du Nouveau Parti démocratique (dont le chef, Jack Layton, et Pat Martin) soulignent que sa double citoyenneté peut provoquer un possible conflit d'intérêts ; Gilles Duceppe, du Bloc québécois, balaie quant à lui l'affaire du revers de la main.. Pourtant, des critiques signalent vite que Dion est loin d'être le seul homme politique ayant une double citoyenneté : certains membres du cabinet conservateur comme Tony Clement et que des membres du caucus conservateur comme Myron Thompson tout comme des membres du caucus NPD comme Libby Davies et Olivia Chow ont des doubles citoyennetés. Interrogé au sujet de sa citoyenneté, Dion répond que « on devrait voir de multiples identités comme un atout, pas une menace. De multiples identités ne posent aucun problème. Les cœurs des gens sont aussi grands pour accepter de différentes identités. ».. Il maintient néanmoins que sa loyauté est à « 100 % pour le Canada d'abord ».

Le , lors d'une interview sur l'émission The National du CBC, Dion note que le premier ministre John Turner avait la double citoyenneté. Poursuivant son argumentation, Dion demande pourquoi cette question serait pertinente maintenant alors que l'on ne s'en est guère parlé dans les années 1980. Il promet pourtant que .La version originale (11 Déc 2006) de cette section est une traduction d'une version de l'article wiki anglophone.. Stéphane Dion, ses trois frères et sa sœur sont citoyens français aussi bien que canadiens, grâce à leur mère, une Française née à Paris. Cependant, Dion n'a pas de passeport français et n'a jamais voté dans une élection française..