Le Monde de Narnia () est une œuvre littéraire en sept tomes de l'écrivain britannique . Elle est considérée comme un classique de la littérature anglophone pour enfants et est l'œuvre la plus connue de l'auteur. Le titre original peut être traduit littéralement par Les Chroniques de Narnia, qui est le titre de la série au Québec et au Nouveau-Brunswick, mais était également le titre français de la série en Europe avant la sortie des adaptations cinématographiques de Walt Disney.
Les tomes écrits entre 1949 et 1954 ont été illustrés, dans leurs versions originales, par Pauline Baynes (qui a été présentée à par ) et publiés à Londres entre et . Depuis leurs parutions, les livres ont été vendus à plus de d'exemplaires dans différentes.. Le Monde de Narnia a été adapté à plusieurs reprises, dans son intégralité ou en partie, pour la radio, la télévision, la scène et le cinéma. La série emprunte, en plus de nombreux thèmes chrétiens, des personnages et des idées à la mythologie grecque, turque et romaine, ainsi qu'à des contes traditionnels britanniques et irlandais.
Le Monde de Narnia relate les aventures d'enfants qui jouent un rôle central dans l'histoire du royaume fictif de Narnia, un endroit où les animaux parlent, la magie est courante, et le bien combat le mal.
Tomes Les sept tomes de l'œuvre sont, dans l'ordre de parution (ils n'ont pas été écrits dans l'ordre chronologique, celui-ci étant indiqué à la suite du titre) : : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique, tome 2 : Le Prince Caspian, tome 4 : L'Odyssée du Passeur d'Aurore, tome 5 : Le Fauteuil d'argent, tome 6 : Le Cheval et son écuyer, tome 3 : Le Neveu du magicien, tome 1 : La Dernière Bataille, tome 7
Influences Le nom de Narnia découle d'une ville en Italie, appelée aujourd'hui et en latin . À ce propos, Roger Lancelyn Green écrit :
Narnia et le christianisme Converti le de l'athéisme au christianisme après une discussion sur la signification des mythes et sur le christianisme, a écrit de nombreux livres sur la religion chrétienne, notamment Lettres à Malcolm et Les Fondements du Christianisme. Sa foi chrétienne est perceptible dans les Chroniques de Narnia, d'après Philippe Maxence, dans Narnia décrypté :
L'univers créé par possède un dieu unique : Aslan. Pour les Narniens, le bien incarné est le sauveur qui délivrera le monde de la Sorcière blanche ou de Tash, dieu monstrueux des Calormènes (le mal incarné).
Aslan qui se sacrifie pour racheter les fautes d'Edmund, est une allégorie du Christ qui se sacrifie pour racheter les fautes des hommes. La trahison d'Edmund pour des friandises évoque la trahison de Judas pour de l'argent. Le thème du pardon chrétien est évoqué avec le retour d'Edmund : Aslan dit alors : , ce qui est un parallèle probable avec la rémission des péchés dans la foi chrétienne. Les enfants humains sont appelés et , d'après les premiers êtres humains cités dans la Bible.
À la fin de L'Odyssée du Passeur d'Aurore, Aslan apparaît sous la forme d'un agneau (le Christ étant souvent appelé l'Agneau de Dieu).
Philippe Maxence dit dans son livre :
La fin de Narnia (dans La Dernière Bataille) prend la forme d'une apocalypse avec jugement dernier, accompagnée d'une révélation platonicienne : les mondes ne sont que les reflets d'un monde éternel et sacré, Aslan n'étant lui-même que l'une des formes du divin. De plus, cette apocalypse est illustrée sous la forme d'une gigantesque inondation, en référence au Déluge. Quand cela se produit, Aslan invite les créatures (celles qui croient en la bonté d'Aslan) à passer dans le nouveau Narnia, comme Noé le fit avec son Arche.
Un des fils rouges de la saga est la rédemption, thème chrétien par excellence. Ainsi Edmund est pardonné de sa trahison et devient Edmund le Juste, Eustache se dépouille de son égocentrisme et de son caractère odieux comme de sa peau de dragon, Digory va chercher le fruit magique destiné à combattre la Sorcière blanche qu'il a éveillé, Susan est pardonnée de n'avoir pas voulu suivre Lucy qui suivait Aslan et même, à la fin, l'un des nains qui s'était rebellé contre Tirian et Aslan est pardonné pour ses crimes et pénètre dans le .
L'image du Christ est figurée sous la forme d'un lion anthropomorphique. D'après le verset 5 du chapitre 5 de l'Apocalypse, un des titres du Christ est .
Controverses Le cycle de Narnia, bien que destiné à des enfants, a soulevé un certain nombre de critiques.
L'un des principaux opposants à l'œuvre de Lewis est Philip Pullman l'auteur de la trilogie À la croisée des mondes. Là où utilise Les Chroniques de Narnia pour faire l'apologie du christianisme, À la croisée des mondes se veut une critique violente du christianisme, et particulièrement de l'Église catholique..
Pullman a sur cette saga un avis tranché et des termes particulièrement durs : .. Il écrit dans que, selon lui, veut faire passer comme message :
Sexisme
Dans La Dernière Bataille (tome 7), paru en 1956, certains ont vu une preuve de sexisme dans le fait que l'une des héroïnes Susan Pevensie soit décrite comme superficielle, s'intéressant plus à ses maquillages, à ses vêtements ou à faire la fête Neil Gaiman, 2004, The Problem of Susan, (Flights: Extreme Visions of Fantasy Volume II) Fragile Things.
L'exclusion de Susan Pevensie du monde de Narnia est interprétée par les auteurs féministes comme un retour dans le monde réel assimilé à une punitionCertaines y ont vu un lien avec le bannissement d'Adam et Ève du Paradis, mais où seule Ève est bannie..
Deux écrivains ont une vision particulièrement critique de Lewis et de son œuvre.
Selon J. K. Rowling, l'auteur de Harry Potter :
Pour Philip Pullman,
Cependant, Susan pourrait être mise à l'écart parce que, grandissant, elle délaisse la magie de l'enfance. Elle pourrait symboliser les jeunes gens qui, après avoir grandi, ne croient plus et perdent la foi. D'ailleurs, cette évolution intervient dans le tome où, la divinité et même la réalité d'Aslan, sont aussi remises en cause par les animaux parlants et les nains.
Critiques de ces analyses Selon certaines analyses, le péché de Susan n'est pas la sexualité, mais la vanité. Lors de l'annonce de la perte de foi de Susan, Polly conclut en disant : Ce qui n'est ni relatif à la sexualité, ni au sexe féminin.
Michael Nelson, professeur au Rhodes College, avance de son côté que l'ouvrage ne peut pas être sexiste car tout au long des différents tomes, les personnages masculins ne sont pas sans défaut : les deux personnages principaux les plus antipathiques parmi les héros sont, avant leur évolution morale, Edmund (qui fait preuve de méchanceté et trahit ses frères et sœurs) et Eustache (décrit comme un enfant odieux et méprisant). Michael Nelson avance aussi que c'est Digory, un garçon, qui éveille la Sorcière blanche, ceinturant violemment Polly pour y parvenir. À contrario, les personnages de Jill Pole, Aravis, Polly Plummer et Lucy Pevensie se montrent remarquables, particulièrement Lucy. Enfin, cette description de Susan n'intervient que dans le dernier des sept tomes ; dans les premiers tomes, elle démontre de nombreuses qualités (y compris un talent indéniable pour le tir à l'arc). La présence de ces exemples justifient selon Nelson à rejeter le constat d'un sexisme de la part de l'auteur.
Racisme Arguments Les Calormènes se trouvent au sud du monde de Narnia avec un grand désert qui sépare les deux mondes comme en Afrique. Tout comme les Ottomans, ils règnent sur un immense, puissant et ancien empire. Ils s'arment de cimeterres, sont coiffés de turbans et leurs interactions verbales sont calquées sur celles des orientaux. On leur suppose aisément des origines perses ou ottomanes.
Certains ont analysé ces références comme étant la marque des idées post-coloniales des années 1950 ; plus encore, en ce qui concerne les films, certains ont vu dans leur transcription à l'écran un rappel de l'idéologie des néoconservateurs américains, voyant même un parallèle entre le rôle des héros des livres (sauvant Narnia de ses ennemis) et celui que souhaiteraient se donner les conservateurs américains.
Adaptations
Il existe plusieurs adaptations des différents tomes du Monde de Narnia : : The Lion, the Witch & the Wardrobe : une série de dix épisodes de 30 minutes, adaptation du tome 2 : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique () : téléfilm d'animation réalisé par Bill Melendez, adaptation du tome 2 Série produite par la BBC, trois téléfilms adaptant dans l'ordre d'écriture les tomes 2, 4, 5 et 6, 1988 à 1990 : : : téléfilm anglo-saxon de près de trois heures produit par la BBC réalisé par Marilyn Fox : : téléfilm anglo-saxon de près de trois heures (adaptation du tome 4 Le Prince Caspian pendant puis celle du tome 5 L'Odyssée du Passeur d'Aurore pendant ) produit par la BBC (il s'agit de la suite du téléfilm de 1988). : : téléfilm anglo-saxon de près de trois heures produit par la BBC (suite des deux téléfilms de 1988 et 1989). Série de films Le Monde de Narnia, produite par Walt Disney Pictures et Walden Média pour les deux premiers puis par la 20th Century Fox et Walden Média pour la suite, adaptations des livres dans l'ordre d'écriture, depuis 2005 : : Le Monde de Narnia : Le Lion, la Sorcière blanche et l'Armoire magique, film de Walt Disney Pictures et Walden Média réalisé par Andrew Adamson : Le Monde de Narnia : Le Prince Caspian, film de Walt Disney Pictures et Walden Média réalisé par Andrew Adamson : Le Monde de Narnia : L'Odyssée du Passeur d'Aurore, film de 20th Century Fox et Walden Média réalisé par Michael Apted.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Narnia C. S. Lewis
Liens externes