Sémeries est une commune française située dans le département du Nord, en région Hauts-de-France.
Géographie Sémeries se situe dans le sud-est du département du Nord (Hainaut) en plein cœur du parc naturel régional de l'Avesnois. L'Avesnois est connu pour ses prairies, son bocage et son relief un peu vallonné dans sa partie sud-est (début des contreforts des Ardennes), dite « petite Suisse du Nord ».
En fait, Sémeries fait partie administrativement de l'Avesnois, géologiquement des Ardennes, historiquement du Hainaut et ses paysages rappellent la Thiérache.
La commune se trouve à de Lille (préfecture du Nord), Bruxelles (Belgique) ou Reims (Marne), à de Valenciennes, Mons (B) ou Charleroi (B) et à d'Avesnes-sur-Helpe (sous-préfecture).
Elle comporte un important hameau « Zorées » situé à quatre kilomètres et demi du centre village, sans oublier un ancien hameau « Brode » devenu un quartier du village avec l'avancée de l'urbanisation.
Le village est traversé par une rivière, l'Helpe Majeure. Cette dernière se jette dans la Sambre. Malgré la construction en amont du barrage du Val Joly par EDF en 1967, il arrive encore de voir l'Helpe Majeure sortir temporairement de son lit, même si les inondations par rapport au passé sont devenues beaucoup plus rares et moins importantes. Dernières inondations importantes : et .
Le village est bordé par les communes d'Avesnelles, Étrœungt, Felleries, Flaumont-Waudrechies, Rainsars, Ramousies et Sains-du-Nord.
La Belgique (Touvent) se trouve à et le département de l'Aisne (Rocquigny) à .
Communes limitrophes
Hydrographie Réseau hydrographique La commune est située dans le bassin Artois-Picardie. Elle est drainée par l'Helpe Majeure, le ruisseau de la Belleuse, la Cantraine, le ruisseau de Baquy, le ruisseau de Bouvret, le ruisseau de la Planquette, le ruisseau de Merlinry, le ruisseau des Prés hauts et le ruisseau Rieu d'orsy.
L'Helpe Majeure, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Ohain et se jette dans la Sambre canalisée à Noyelles-sur-Sambre, après avoir traversé . Les caractéristiques hydrologiques de l'Helpe Majeure sont données par la station hydrologique située sur la commune. Le débit moyen mensuel est de Les moyennes interannuelles (écoulements mensuels) ont été calculées le 28/07/2024 à 02:05 TU à partir des 206 QmM (débits moyens mensuels) les plus valides du 01/02/2007 au 01/06/2024.. Le débit moyen journalier maximum est de , atteint lors de la crue du . Le débit instantané maximal est quant à lui de , atteint le même jour.
vignette|redresse=1.2|centre|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Sémeries.
Gestion et qualité des eaux Le territoire communal est couvert par le schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE) « Sambre ». Ce document de planification concerne un territoire de de superficie, délimité par le bassin versant de la Sambre. Le périmètre a été arrêté le et le SAGE proprement dit a été approuvé le , puis modifié le . La structure porteuse de l'élaboration et de la mise en œuvre est le syndicat mixte du Parc naturel régional de l'Avesnois.
La qualité des cours d'eau peut être consultée sur un site géré par les agences de l'eau et l'Agence française pour la biodiversité.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré. et est dans la région climatique Nord-est du bassin Parisien, caractérisée par un ensoleillement médiocre, une pluviométrie moyenne régulièrement répartie au cours de l’année et un hiver froid ().. Elle est en outre dans la zone H1a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saint-Hilaire-sur-Helpe à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Sémeries est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d'occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (95,7 % en 2018), une proportion identique à celle de 1990 (95,7 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (95 %), zones urbanisées (3,6 %), terres arables (0,7 %), forêts (0,7 %).. L'évolution de l'occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Noms anciens : Semeries, 1095, acte de l'évêque de Cambrai, Gaucher, Semeriis, 1151, cartulaire de l'abbaye de Liessies, Emmeries, 1186, J. de Guise, XII, 339, Semeries, 1203, cart. de l'abbaye d'Alne, Semeries, 1349, Pouillé de Cambrai, Sepmrie, 1609, pierre dans le chœur de l'église. Il s'agit d'un des nombreux toponymes en -ies du nord de la France dont la finale est issue du suffixe -i -acum à l'accusatif pluriel -iacas, marqueur de la propriété, et qui est précédé du nom de personne de type germanique Sigismarus.
Héraldique
Histoire
Avant 1000 :
Le territoire de Sémeries faisait partie de la région occupée par les Nerviens, une tribu celte belge, avant la domination romaine. En 57 av. J.-C., César a vaincu les Nerviens, permettant à la civilisation gallo-romaine de s'établir durablement dans la région. Ainsi, Sémeries a été intégrée dans la Gaule Belgique, un vaste ensemble régional divisé en cités, et faisait partie de la Cité des Nerviens, dont la capitale était Bagacum, aujourd'hui Bavay. Cependant, au début du , une série d'invasions a mis fin à la romanité dans la région. Les Francs, sous la conduite de Clovis, ont lancé une conquête presque totale de la Gaule depuis Tournai, contribuant à l'effondrement de l'Empire romain d'Occident. Par la suite, les dynasties franques, d'abord mérovingienne puis carolingienne, se sont succédé sur ce territoire.
Après 1000 :
L'histoire de Sémeries est très ancienne. Ce nom est cité en 1095 dans la charte de fondation de l'abbaye de Liessies. Noms anciens : Semeries, 1095, acte de l'évêque de Cambrai, Gaucher. Semeries, 1107. — Semeriis, 1151, cart. de l'abbaye de Liessies. Emmeries, 1186, J. de Guise, XII, 339. — Semeries, 1203, cart. de l'abb. d'Alne. — Semeries, 1349, Fouillé de Cambrai. — Semery — Simry. — Semeries, documents divers (cf « Bulletin de la commission historique du département du Nord » - tome IX - 1866), Simeri, 1112, charte de l'évêque Odon ; Sermios, 1180, bulle du Pape Alexandre III ; Simereioe, "Statistique archéologique du département du Nord" - seconde partie - 1867. L'alleu (terre libre ne relevant d'aucun seigneur) fut donné en 1095 par Thierry d'Avesnes à l'abbaye de Liessies qui le conserva jusqu'à la Révolution. Autour de l'an 1200, aurait eu lieu un défrichement de la forêt qui couvrait les hauteurs dominant le village ce qui a permis l'installation du hameau de Zorées, le nom provenant donc des orées (du bois).
vignette|Vue de Sémeries vers 1600. Un château fort était présent à Sémeries. Visible sur la vue aquarellée des Albums de Croÿ à la fin du , il comprenait un bâtiment principal à trois niveaux couvert d'une toiture en pavillon, accosté sur sa face nord d'une tourelle et à l'ouest d'un corps de logis. Une grosse tour plus basse ainsi qu'un portail marquaient l'accès à la cour. Le château a été totalement détruit en 1757. Le livre Statistique archéologique du département du Nord - 1867 apporte la précision suivante : « Le fort que les habitants avaient fait construire pour la défense du village, pendant les guerres du , fut entièrement démoli en 1757 ». L'église Saint-Rémy est également visible face au fort sur la vue dessinée par Adrien de Montigny. Elle a été reconstruite en 1617 et un clocher ajouté au . Cependant a été conservé l'ancien portail en style gothique flamboyant des années 1550. Un édicule construit à proximité en 1543 renferme un Christ de Pitié. 1659 : Sémeries est rattaché au royaume de France. Après avoir appartenu aux Pays-Bas espagnol, sous le règle de Louis XIV, par le traité des Pyrénées signé le , Sémeries est rattaché au royaume de France (en même temps que la ville d'Avesnes-sur-Helpe et les communes environnantes). À quoi ressemblait Sémeries au ? Grâce à l'atlas de Trudaine, directeur des Ponts et Chaussée, une grande partie du royaume est cartographiée au moyen de planches manuscrites aquarellées réalisées entre 1745 et 1780. Les plans suivants sont consultables sur le site internet du ministère de la Culture (base Archim). On y trouve un plan de Sémeries : lien internet et de Zorées que l'on retrouve sous l'appellation Zourées (Encore appelé ainsi par les anciens dans les années 1980...("t"es d'Zourées?...)lien internet. 1790 : à la suite de la subdivision des départements français en districts, à compter de 1790, Sémeries se trouve dans le canton d'Avesnes, lui-même appartenant au district d'Avesnes jusqu'en 1795, date à laquelle les districts sont supprimés par la constitution du 5 fructidor An III (22 août 1795). 1800 : à la suite de la loi du 28 pluviôse an VIII (17 février 1800) qui crée les arrondissements pour remplacer les districts, Sémeries fait partie de l'arrondissement d'Avesnes-sur-Helpe créé au regard de l'arrêté en date du 17 ventôse an VIII. À la fin du , Sémeries compte cinq carrières de moellons, selon les statistiques du préfet Dieudonné publiées en 1810. En 1801, plusieurs manufactures d'étoffe de laine sont également signalées sur la commune. En 1847, la filature Meurisse Frères au lieu-dit le Moulin comporte broches (ancien moulin près de la Place de l'Église). Sémeries est considéré dans la seconde moitié du comme un petit centre industrielRédaction partiellement tirée d'un article lié à l'inventaire général du patrimoine culturel intitulé « Présentation de la Commune de Sémeries » figurant sur le site du ministère de la Culture - Base Mérimée (www.culture.gouv.fr : ..