Yves Cousquer, né le à Montpellier et mort le à MarseilleÉtat civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970, est un haut fonctionnaire français, ingénieur général des Ponts et Chaussées. Il a consacré l’essentiel de sa carrière à la direction de projets majeurs d’aménagement urbain et industriel conduits par le ministère de l’Équipement, mais a aussi a dirigé les entreprises publiques La Poste et Aéroports de Paris, avant de mettre son expertise au service du Conseil général des ponts et chaussées.

Formation Après des classes préparatoires suivies à Montpellier et à Paris au lycée Louis-le-Grand, Yves Cousquer est admis à l’École polytechnique en 1961, au sein de la même promotion que Paul Quilès (ministre de l’Équipement), Gérard Eymery (COGECOM) ou encore Frédéric d’Allest (Arianespace).

Il intègre ensuite la promotion 1966 de l’École nationale des ponts et chaussées.

Carrière

Ministère de l’Équipement (1966-1989)

Direction de l’Aménagement Foncier et de l’Urbanisme (1966-1971) Yves Cousquer commence sa carrière au sein du Ministère de l’Équipement créé la même année sous l’impulsion d’Edgard Pisani, dans le sillage des projets de modernisation de l’État engagés par le Général de Gaulle.

Nommé en tant que chargé de mission à la Direction de l’Aménagement Foncier et de l’Urbanisme (DAFU), il rejoint rapidement, en 1968, sa Division des Études Économiques. Ce service a pour mission de conduire les études relatives à l’élaboration et la mise en œuvre de la planification en matière d’aménagement foncier, d’équipement et de logementAnnuaire du ministère de l’Equipement et du Logement. Commissariat au Tourisme, années 1968-1969, Paris, S.A. Publifica, 1969, . ; il introduit au sein du Ministère de l’Équipement la démarche de Rationalisation des choix budgétaires (RCB), jusqu’ici essentiellement investie par le Ministère des FinancesMinistère de l’Économie et des Finances, La Rationalisation des Choix Budgétaires, stage R.C.B., Château d’Artigny, 7-8-9 février 1969, dossier complémentaire, programme de la journée du 7 février 1969, Service des Archives Economiques et Financières (S.A.E.F.) 1A 50. et l'InseeINSEE., Observations sur le problème des nomenclatures (Note pour la mission R.C.B. du ministère de l’Économie et des Finances), rapport dactylographié, non signé, 6 novembre 1969, Service des Archives Economiques et Financières (S.A.E.F.) B57545..

Dans cette perspective, Yves Cousquer part neuf mois aux États-UnisMessages des postes, des télécommunications et de l’espace, , août 1989, p. 5., à l’instar de quelques autres hauts fonctionnaires, pour étudier et transposer en France le PPBS (Planning Programing Budgeting System) mis en œuvre au sein du Ministère des Affaires Sociales américain et de la ville de New York. À son retour, il prend la responsabilité d’une opération pilote RCB lancée par le ministre Albin Chalandon, conduite conjointement par les Ministères de l’Équipement et des FinancesLettre et note du ministre de l’Equipement et du Logement (Albin Chalandon) au ministre de l’Économie et des Finances, 20 novembre 1968, Service des Archives Economiques et Financières (S.A.E.F.), 3D 128, dossier R.C.B. échange d’information.. Baptisée « Centre des Villes », cette opération d’envergure vise « à rendre plus rationnelle la prise de décision à tous les niveaux de la hiérarchie et à introduire, de façon plus générale, des méthodes modernes de programmation et de gestion »Ibid. dans la conduite des politiques d’amélioration de l’habitat et de rénovation urbaine. Elle associe de façon étroite des services centraux d’études et de gestion, mais aussi des équipes locales basées dans une dizaine d’agglomérations grâce auxquelles sont testées des propositions d’aménagement urbain et des méthodologies d’analyse coût-efficacitéFiche de renseignement établie par le ministère de l’Économie et des Finances sur “ Les analyses d’ensemble objectifs-moyens ” (Equipement-Armées-Industrie-Agriculture) mise à jour 2 mai 1969, opération “ Centre desvilles ” [Equipement], Service des Archives Economiques et Financières (S.A.E.F.) 1A 50..

Ministère de l’équipement – services déconcentrés (1971-1975) En 1971, Yves Cousquer est ensuite nommé Chef du service Urbanisme Opérationnel et Construction à la Direction Départementale de l’Équipement de Seine-Saint-Denis : un département récemment créé, dont les dynamiques d’aménagement sont sous-tendues par des enjeux forts de reconversion industrielle, de rénovation urbaine et de besoin en logements sociaux ; une partie du territoire accueille notamment le déploiement de la première Ville Nouvelle française, Marne-la-ValléeLe « Programme finalisé » des villes nouvelles. Plan, Groupe central des villes nouvelles, Ministère de l’équipement et du logement, Direction de l’aménagement foncier et urbanisme, 1970, Paris : Ministère de l’Equipement et du Logement, CDU5 392, IA 21 198.. Yves Cousquer sera à ce titre rapporteur de la Commission des Villes pour le Plan.

Deux ans plus tard, en 1973, il devient directeur adjoint de la Mission Interministérielle d’Aménagement de Fos et des rives de l’étang de Berre (MIAFEB) ; une instance dont le rôle est d’assurer la coordination de l’aménagement urbain de la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer, chantier industriel majeur du Plan. Le projet d’implantation de la zone industrielle de Fos, la création de son port pétrolier et minéralier, et l’installation d’usines sidérurgiques (SOLMER, UGINE ACIERS...) imposent la conception d’un plan d’aménagement ambitieux à l’échelle de l’aire métropolitaine, devant équilibrer dynamiques urbaines existantes et logiques des villes nouvelles

Direction du Port Autonome de Marseille (1975-1981) Fort de son expérience phocéenne précédente, Yves Cousquer rejoint en 1975 le Port Autonome de MarseilleAnnuaire du ministère de l’Équipement, année 1976, Paris, s.e., mars 1976, ., en qualité de Directeur de l’exploitation technique. Une fonction qu’il occupera jusqu’en 1981 et qui lui permettra de se forger une solide expérience en matière de management et d’exportation au sein du premier port de France, qui enregistre encore un trafic annuel de près de 92 000 tonnes en 1982, malgré l’arrivée de la récession.

Direction des Affaires Économiques et Internationales (1984-1989) Après 3 ans de détachement dans le secteur privé, durant lesquels il est Directeur de la division, puis Directeur général du leader en traitement des eaux, la SA Degrémont (groupe Lyonnaise des eaux), Yves Cousquer est rappelé par Paul Quilès au Ministère de l’Urbanisme, du Logement et des TransportsLa Poste Références, janvier-février 1991, ., en tant Directeur des Affaires Économiques et Internationales. Il y conduit de nombreuses missions à l’étranger, notamment en Chine dont les perspectives de développement et les enjeux d’aménagement urbain l’intéressent particulièrement (cf. 3.2).

La Poste (1989-1994) Nommé Ministre des Postes et Télécommunications, Paul Quilès fait de nouveau appel à Yves Cousquer et lui propose la direction générale de La Poste, dont, sans expérience postale préalable, il sera le premier et seul dirigeant issu du corps des Ponts et Chaussées. Yves Cousquer a la responsabilité stratégique d’accompagner l’élaboration du contrat de plan 1990-1994, et de mettre en place ses réformes structurelles : transformer La Poste en établissement public autonome, et l’adapter aux évolutions technologiques et économiques des années 1990. Dès sa prise de fonction, Yves Cousquer précise ces enjeux à ses directeurs et chefs de service : « La Poste intervient sur des marchés qui dans peu de temps — cinq ans au maximum — auront profondément changé. C’est pourquoi, il faut à la Poste — comme dans toute grande entreprise anticiper les évolutions majeures, pressentir les ruptures »Note d’Yves Cousquer aux directeurs et chefs de service, août 1989, archives de La Poste, archives Aupied, A.N., C.A.C., 940332/2..

Ces transformations seront conduites par Yves Cousquer sur différents fronts : la déconcentration de l’organisation postale, à travers la restructuration des directions centrales au profit de directions régionales et départementales (visant à renforcer l’autonomie et améliorer la présence commerciale comme la relation client des unités de gestion territoriales)Compte rendu du conseil d’administration du 22 janvier 1991, A.N., C.A.C., archives de La Poste, 980486/2.; la diversification de l’activité postale et l’extension de ses activités de bancassurance; l’optimisation des modes de présence de La Poste sur le territoire, et notamment son accessibilité en territoire rural (à l’instar des préconisations du sénateur Gérard DelfauRapport Delfau, Maintenir et, chaque fois que possible, conforter la présence postale en milieu rural, Ministère de la poste, des télécommunications et de l'espace.); le développement des filiales de la Poste, mais aussi le projet d’introduction en bourse de certaines d’entre elles ; une perspective visionnaire battue en brèche par le ministère de l’époqueDépêche AFP, 8 mai 1990, La réforme des P.T.T. : vu dans la presse., et qui ne s’imposera que plus tard, en 2011. Le , La Poste devient un établissement public à caractère industriel et commercial (ÉPIC), dont Yves Cousquer sera le président jusqu’en 1993 ( cohabitation).

De 1994 à 1999, il continuera son aventure postale au sein d’International Post Corporation, organisme bruxellois assurant la coordination de 21 postes européennes et américaines, dont il présidera le directoire pendant 5 ans.

Aéroports de Paris (1999-2001) En 1999, Yves Cousquer est nommé en Conseil des Ministres Président des Aéroports de Paris. L’activité exponentielle d’ADP depuis le début des années 1990 (73,6 millions de passagers en 2000) et la saturation de ses aéroports imposent de nombreuses régulations qu’Yves Cousquer tâchera d’engager (développement de l’intermodalité et des aéroports de province, afin de répartir une partie du trafic international concentré sur Paris).

Conseil Général des Ponts et Chaussées (1994-2009) Parallèlement à ses dernières fonctions, Yves Cousquer intègre dès 1994 le Conseil Général des Ponts et Chaussées (qui devient Conseil général de l’environnement et du développement durable en 2008). Il y apporte son expertise sur de nombreux projets majeurs dont :  la Ligne à Grande Vitesse Marseille-Nice (1998-2014) dont il participe à analyser les scénarios de tracé et d’investissementsConseil Général de l'environnement et du Développement Durable (CGEDD), Médiation sur la LGV de Provence - Alpes - Côte d'Azur - En vue d'une décision sur le système ferroviaire de la région Provence - Alpes - Côte d'Azur au ,  2009 (consulté le 24/02/2017); la démarche prospective Transports 2050Conseil général des ponts et chaussées, Démarche Prospective transports - 2050 - Eléments de réflexion, Ministère des transports, de l'équipement, du tourisme et de la mer, 2006. ; la réforme portuaireCousquer Yves, Genevois Robert, Regard sur la place et la compétitivité des ports français dans le système européen, entre rétrospective et prospective,  Séminaire maritime, Arcueil, 2005.  à laquelle il concourt notamment en tant que médiateur désigné par le gouvernement pour élaborer avec les syndicats et les fédérations professionnelles de dockers un accord national entériné par le décret du Cousquer Yves, Mon souci premier fut d’anticiper et d’afficher les étapes du dialogue, In Echos CGEDD , juin 1969  ; le canal Seine-Nord-Europe dont il est chargé d’une mission sur le financement du projet, en lien avec les collectivités locales, l’Union Européenne, mais aussi les chargeurs, les industriels et les transporteursLe canal à grand gabarit SEINE-NORD-EUROPE déclaré d’utilité publique, dossier de presse 25/09/2008, Ministère de l'Environnement, de l'Énergie et de la Mer (consulté le 24/02/2017);