Le trouble déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité, ou trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. (TDAH ; en anglais : , ADHD) désigne l'incapacité du cortex préfrontal à maintenir de manière autonome un niveau d’activation suffisant pour contrôler l’attention, l’inhibition et l’action, en raison d’une dysrégulation dopaminergique et noradrénergique dans les circuits fronto-striatauxHaute Autorité de Santé, Trouble du neurodéveloppement / TDAH : Diagnostic et interventions thérapeutiques auprès des enfants et adolescents, par Franc Nathalie (pédopsychiatre), Hours Camille (pédopsychiatre), Gollier Briant Fanny (pédopsychiatre), Nesensohn Jessica (psychomotricienne), Surig Laurie (pédopsychiatre), Mr Simon Renner et Nour Lakrab, chefs de projet pour la partie concernant le numérique, validé par le Collège le 18 juillet 2024, 1.7. Étiologie du TDAHDel Campo N, Chamberlain SR, Sahakian BJ, Robbins TW. The roles of dopamine and noradrenaline in the pathophysiology and treatment of attention-deficit/hyperactivity disorder. Biol Psychiatry. 2011 Jun 15;69(12):e145-57. doi: 10.1016/j.biopsych.2011.02.036. Epub 2011 May 6. ..
Ce trouble du neurodéveloppement provoque, de ce fait, trois types de symptômes pouvant se manifester seuls ou combinés : des difficultés d'attention et de contrôle attentionnel, des symptômes d'hyperactivité, et d'hyperkinésie. Des problèmes de gestion de l'impulsivité peuvent également survenir. En français, les initiales de ce trouble sont « TDAH », le sigle « TDA » étant de moins en moins utilisé, puisque dans tous les cas, il y a une hyperactivité mentale (et souvent une impulsivité).
Présentation Le TDAH est un trouble marqué par des symptômes d'inattention, d'hyperactivité et d'impulsivité.. La part génétique dans la survenue de ce trouble du neurodéveloppement est prépondérante (75 %) avec une héritabilité très marquée : « Le TDAH est héréditaire : les gènes influent fortement sur le développement de ce trouble. Si un parent est atteint de TDAH, il est probable qu’un ou plusieurs de ses enfants développent aussi un TDAH. Si un enfant est atteint de TDAH, il est probable qu’un de ses frères ou sœurs développe aussi un TDAH. La transmissibilité héréditaire ou l’influence génétique du TDAH est d’environ 75 %. Cela signifie que le TDAH se transmet quasiment comme la couleur des yeux ou la taille. Le TDAH ne serait pas attribuable à un seul gène. Il semblerait plutôt que certains gènes augmentent le risque qu’une personne développe la condition. Les chercheurs pensent que plusieurs gènes distincts interviennent dans le développement du TDAH. Plusieurs de ces gènes sont associés aux neurotransmetteurs et aux protéines qui véhiculent les messages dans le cerveau. ». Le consensus majoritaire le relie à un ensemble de gènes impliqués dans la régulation de la dopamine et de la noradrénaline au niveau de la voie neuronale connectant le lobe frontal au striatum.. Les facteurs environnementaux seraient minoritaires dans sa survenue.
Les symptômes débutent durant l'enfance. Les symptômes sont moins standard qu'à un âge plus avancé, mais restent facilement identifiables. L'enfant atteint de TDAH connaît alors une maturation du cerveau atypiqueTDAH: la maturation du cerveau mise en cause - Pauline Gravel - 17 février 2017 « Trouble neurologique : Parmi les structures qui sont apparues anormalement petites, l’amygdale, qui est impliquée dans la gestion des émotions, était la plus affectée, ce qui expliquerait « les problèmes de régulation des émotions qu’éprouvent un grand nombre de personnes atteintes du TDAH », soulignent les chercheurs. La taille réduite du noyau accumbens, qui joue un rôle important dans le traitement de la récompense, ainsi que de l’hippocampe serait quant à elle à l’origine du dérèglement de la motivation et des émotions chez les patients avec TDAH. […] Même si les structures du cerveau qui sont clairement affectées chez l’enfant se normalisent chez les adultes, ces derniers présentent néanmoins toujours les symptômes du TDAH. »: avec un délai de maturation plus important dans la majorité des zones cérébralesShaw P, Eckstrand K, Sharp W, Attention-deficit/hyperactivity disorder is characterized by a delay in cortical maturation. Proc Natl Acad Sci USA 2007; 104 : 19649.. À l'âge adulte, les différences de volume des aires du cerveau concernées ne sont plus significativement perceptibles par l'imagerie médicale, pourtant, les symptômes persistent dans une proportion variable selon les critères utilisés.. La fréquence du TDAH dans la population serait d'environ 2,5 % chez les adultes et 5 % pour les enfants., et spécifiquement en France selon la HAS, 3,5 % à 5,6 % des enfants en seraient atteints.. la détection du trouble soit plus complexe chez les filles et les femmes de par les symptômes généralement de type inattentif, plus difficiles à détecter, que les symptômes de type hyperactif/impulsif, plus souvent présentés par les garçons et les hommes, le TDAH se retrouve plus souvent chez les sujets masculins, dans une proportion de deux garçons atteints pour une fille, et pour .
Le TDAH a en partie été décrit cliniquement dès la fin du . Il a reçu par la suite différentes appellations. Ainsi, en 1968, lors de la publication du , le syndrome est qualifié de « réaction hyperkinétique de l'enfance ». et ne concerne alors que l'enfant. Les années 1960 marquent également une grande avancée dans sa prise en charge avec l'utilisation du méthylphénidate comme traitement efficace. Depuis, sa description a été complétée, avec l'apparition pour la première fois dans le de la description des symptômes à l'âge adulte, et les prises en charge sont de mieux en mieux décrites par les organismes de santé des États. En France, le trouble est aujourd'hui reconnu lorsque ses symptômes se manifestent de manière persistante, sur six mois ou plus, et de manière suffisamment importante pour poser un obstacle développemental ou perturber l'insertion sociale ou encore le travail scolaire.. Le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux révisée (DSM-5) indique que le TDAH peut être comorbide à de multiples autres troubles, comme le trouble oppositionnel avec provocation (TOP) ou le trouble explosif intermittent (TEI) ainsi que de multiples troubles spécifiques des apprentissages, des troubles du sommeil, des troubles anxieux, des troubles de l'humeur..
La Haute Autorité de santé en France, comme la Société canadienne de pédiatrie, conseillent pour le traitement du TDAH chez les enfants de privilégier en premier lieu la prise en charge des symptômes via des thérapies non médicamenteuses, pour essayer d'en réduire l'effet sur la vie quotidienne. Il est ainsi recommandé de privilégier un encadrement psychologique ou neuropsychologique ; les instructions ne portant que sur la prise en charge des enfants, le discours est orienté sur les thérapies cognitivo-comportementales (TCC), les aménagements éducatifs et le soutien à l'enfant et aux parents. En second lieu seulement le traitement médicamenteux est envisagé.. Les médicaments utilisés pour traiter le TDAH incluent des psychostimulants comme le méthylphénidate (MPH) , la lisdexamfétamine, ou encore l'adderall, ou peuvent être des médicaments non stimulants dont l'effet est moins immédiat, comme l'atomoxétine et la guanfacine, ou encore certains types d'antidépresseurs, notamment des antidépresseurs tricycliques.
En dépit du progrès scientifique qui a permis d'améliorer sa compréhension, son diagnostic et sa prise en charge, le TDAH continue de faire l'objet de nombreuses controverses, sur le mauvais usage des médicaments prescrits., le surdiagnostic chez les enfants. et notamment les garçons, le sous-diagnostic chez les adultes et les filles et femmes., les différences de prévalence, l'existence et la prévalence de sa persistance à l'âge adulte, ou encore l'existence même du trouble. s'appuyant sur des théories du complot accusant les laboratoires pharmaceutiquesRamus Méninges - Les faits alternatifs des psychanalystes sur le TDAH - Franck Ramus, directeur de recherche au CNRS, professeur attaché à l’ENS et René Cassou de Saint-Mathurin, psychiatre, médecin-directeur de CMPP: « Dans cet article d’opinion publié par le Huffington Post, Bulat-Manenti, Pommier et Godart, ont fait un usage abondant et décomplexé d’affirmations infondées, de théories du complot, de procès d’intention, d’arguments d’autorité, de citations bidonnées, et même de mensonges purs et simples, construisant ainsi de toutes pièces une « vérité alternative » sur le TDAH. »L'Express - Le TDAH chez l’enfant, une "invention des laboratoires" ? La vérité sur un mal controversé - Antoine Beau - 24/09/2023 : « Enquête. Le trouble de l’attention serait, au choix, un problème d’éducation, d’écrans, de société, ou une invention des labos pharmaceutiques. Pourtant, les preuves scientifiques de son existence s’accumulent. ».
Histoire Les historiens de la psychiatrie font remonter les premières descriptions cliniques à 1798, lorsqu'Alexander Crichton décrit « un état morbide [caractérisé par une] incapacité à porter attention avec un degré de constance suffisante à un objet donné » dans un des rares ouvrages publiés à l'époque sur les maladies mentales. C'est dans un chapitre sur l'attention et les maladies du livre second qu'il décrit ce qu'est l'attention, et procède par la suite à la description du phénomène d'« inattention morbide » dû à une « sensibilité anormale des nerfs »..vignette|redresse|Deuxième page du conte de Zappel-Philipp, quand le garçon turbulent tombe de sa chaise.La première description de l'hyperactivité est parfois attribuée à Heinrich Hoffmann, un psychiatre et écrivain allemand, qui utilise le personnage de Zappel-Philipp (« Philipp qui gigote », 1844) dans l'un de ses contes illustrés pour enfants ; c'est l'histoire d'un enfant perpétuellement agité qui, sur fond de réprimandes de ses parents, finit par tomber à la renverse et emporter avec lui la nappe et tout le dîner.. Un autre conte, ajouté au même recueil (« Struwwelpeter » en 1847) et intitulé « » (« L'histoire de Hans-tête-en-l'air »), a aussi été associé par plusieurs auteurs à des symptômes d'inattention propres au TDAH, ce qui fait moins consensus, des chercheurs en littérature d'enfance estimant qu'il s'agit d'une histoire à morale classique de l'époque. Ces auteurs s'accordent sur le fait qu'au moins une histoire, celle de Zappel-Philipp, serait la première description du TDAH chez l'enfant, mais cela ne fait pas consensus ; par exemple y voit plutôt le récit d'un conflit intrafamilial classique entre un père et son fils turbulent.
Des descriptions de plus en plus précises et en termes médicaux sont faites à la fin du et à l'orée du . Victor Bigot introduit en 1877 le terme d'instable : ; il en fait « le premier degré des anomalies inférieures » où « l'intelligence n'est pas amoindrie comme dans la demi-imbécilité ».. Désiré-Magloire Bourneville, un neurologue français, précise en 1887 la notion d’« instabilité mentale ». et décrit en 1897 le cas d'enfants instables dont le comportement s'apparente clairement au trouble de déficit d'attention avec hyperactivité, qui pour lui s'apparente à une forme de handicap mental.