François Pierre (de) La Varenne, né en 1618 à Dijon où il est mort en 1678, est un cuisinier français.
Cuisinier du marquis d’Uxelles, gouverneur de Chalon-sur-Saône, La Varenne est l’auteur du Cuisinier françois, ouvrage capital marquant le passage de la cuisine médiévale à la grande cuisine moderne, et œuvrant au développement des terminologies culinaires Notice : Kilien Stengel, « Pierre-François de La Varenne », in (dir. Mme Danièle Sallenave) Recueil des Commémorations nationales 2018, Ministère de la Culture sur francearchives.fr .
Contexte Le a connu une révolution culinaire qui a fait passer la gastronomie française à l’ère moderne. Les saveurs lourdement épicées héritées de la cuisine du Moyen Âge sont abandonnées au profit des saveurs naturelles des produits. Les épices d’origine exotique (cannelle, cumin, gingembre, muscade, cardamome, nigelle, maniguette…) sont, à l’exception du poivre, remplacées par les fines herbes locales (persil, thym, laurier, cerfeuil, sauge, estragon…) Les saveurs aigres-douces sont bannies et toute trace de sucre (considéré comme une épice au Moyen Âge) hors des desserts est considérée comme une faute de goût. De nouveaux légumes comme le chou-fleur, l’asperge, les petits pois, le concombre ou l’artichaut sont introduits. Le soin apporté à la cuisson des viandes vise à conserver le maximum de leur goût. Les légumes doivent être frais et précoces. Le poisson, bénéficiant de l’amélioration des communications, doit être d’une fraîcheur irréprochable. Les mets doivent respecter l’intégrité gustative et visuelle des ingrédients au lieu de chercher à les masquer comme c’était le cas auparavant.
Œuvre Publié en 1651, Le Cuisinier françois est le premier livre de cuisine à mettre en pratique les considérables innovations culinaires accomplies en France au en codifiant la cuisine de façon méthodique, à l’aide de règles et de principes. C’est le premier livre de cuisine où le lecteur moderne trouvera des recettes reconnaissables, comme le « bœuf à la mode », les « œufs à la neige », la « bisque », etc… Dans ce livre, il y a la première mention du bouquet garni, des fonds de cuisine, des réductions, de l’usage du blanc d’œuf pour clarifier les gelées, etc. Il y a également des liaisons à base de champignons, de truffes et d’amandes. Les légumes sont extensivement traités. Une recette proposée pour accompagner les asperges y préfigure la sauce hollandaise. Il y a également mentionnées pour la première fois des expressions professionnelles telles que « à la mode », « au bleu » ou « au naturel » aujourd’hui passées dans le vocabulaire spécialisé. Il a inventé la duxelles.
Le succès du Cuisinier françois a été tel qu’il a été publié à plus de avec environ 250 éditions et qu’il a été réimprimé en France jusqu’en 1815. C’est le premier ouvrage français de cuisine à avoir été traduit en anglais. Il a connu des éditions pirates à Amsterdam et La Haye, et même une imitation, Le Cuisinier françois méthodique, éditée sans nom d’auteur, chez Jean Gaillard, à Paris, en 1660..
Structure Le livre paraît différentes années en différentes éditions.
Il est structuré en tables et par saison chrétienne.
Diversité des ingrédients Le livre utilise des ingrédients relativement variés : Viandes : poules, coqs d'Inde, levreaux, perdrix, bécasses, alouettes, héron, canards, cochons, tortues, bœuf, veau, mouton, lièvre, agneau, oie, chevreuil, bécassine. Poissons : moules, huîtres, saumon, grenouilles, écrevisses, limandes, vives, rouget, truite, lotte, lamproie, anguille, homard, langouste, brochet, maquereaux, hareng, sardine, rouget, morue, tanche, seiche, thons, turbo, esturgeon, raie, alose, perche. Légumes : navets, pois, laitues, riz, concombres, poireaux, rave, chou-fleur, citrouille, panais, betterave, topinambours, pommes, carotte, lentilles, épinards, brocolis.
Les assaisonnements sont également variés, par exemple : Herbes, chicorée blanche, clou, poivre, champignons, amandes, pistaches, citron, sel, grenades, sucre, artichaut, asperges, câpres, vin blanc, fines herbes, safran, thym, persil, poivre blanc, vinaigre, marrons, oignon, épice, orange, romarin, sauge, fleurs, ail, ciboule, groseilles, muscade, beurre, huile d'olive, anchois, moutarde, cannelle, vin rouge, morilles, mousserons, oseille, macarons, huile.
Le laurier est également utilisé.
Autres ingrédients : pruneaux
Expressions Le livre utilise des expressions de cuisine, comme trousser, faire blanchir, mitonner, faire rougir.
Patrimoine Son nom est associé à diverses préparations culinaires à base de champignons. La « sauce La Varenne » est une mayonnaise additionnée de duxelles, de persil et de cerfeuil.
Œuvres Le Cuisinier françois, enseignant la maniere de bien apprester & assaisonner toutes sortes de viandes, grasses & maigres, legumes, & patisseries en perfection, &c. Reveu, corrigé, & augmenté d'un traitté de confitures seiches & liquides, & autres delicatesses de bouche. Ensemble d'une table alphabetique des matieres qui sont traittées dans tout le livre, 1651 ; réédité sous le titre : Le Cuisinier françois, préface de Mary et Philip Hyman, Orthez, Éditions Manucius, 2001. On lui attribue souvent, à tortSandrine Krikorian, Les rois à table: Iconographie, gastronomie et pratiques des repas officiels, Presses Universitaires de Provence, p. 25, Le Pâtissier françois, 1653.
Œuvres en ligne Le Cuisinier françois, Le Pâtissier françois, Le Confiturier françois
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Notes
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