, né le à Tokyo et mort le dans la même ville est un réalisateur, écrivain et producteur japonais. Il est l'auteur de 89 films datant de la fin du cinéma muet jusqu'aux années 1960. Naruse s'est spécialisé dans le genre shomingeki (tragi-comédie sur les classes salariées) comme Yasujirō Ozu.
Biographie Mikio Naruse est le dernier enfant d'une famille modeste. Son père, artisan brodeur, meurt en 1920Jean Narboni, in : Mikio Naruse. Les Temps incertains, éd. Cahiers du cinéma, , 2006, .. Il découvre dès son plus jeune âge la littérature japonaise. Il entre dans les studios de la Shōchiku à 15 ans comme accessoiriste, et y est six ans plus tard assistant réalisateur, notamment pour Yoshinobu Ikeda et Heinosuke Gosho.
À partir de 1930, il devient réalisateur en tournant Un couple de Chanbara (Chanbara fūfu, 1930), une comédie burlesque aujourd'hui perdue. Même si les années suivantes, il mélange le rire et les larmes dans Bon courage, larbin ! (Koshiben ganbare, 1931), Après notre séparation (Kimi to wakarete, 1933), Rêves de chaque nuit (Yogoto no yume, 1933), le meilleur film de cette période, ou Toute la famille travaille (Hataraku ikka, 1939), son travail reste peu valorisé au sein de la Shōchiku, compagnie dirigée, à ce moment-là, par Shirō Kido. Celui-ci défend une vision du cinéma qu'il décrit ainsi :
Une telle optique se situe aux antipodes du cinéma de Naruse, et Shirō Kido ne cache pas son antipathie à l'égard des films du réalisateur. Remarquant des affinités entre Yasujirō Ozu et Naruse, il dira plus tard :
En 1934, Naruse quitte donc la Shōchiku pour les studios de la P.C.L. (Photo Chemical Laboratories, en français Laboratoire photochimique de Tokyo) qui deviendront la Tōhō en 1937. Il y sera plus à son aise, et dira plus tard :
Son succès commercial et critique culmine, d'ailleurs, dans son premier grand film Ma femme, sois comme une rose (Tsuma yo bara no yo ni, 1935), qui gagne le prix Kinema Junpō et est le premier film japonais parlant à être distribué aux États-Unis. C'est à cette époque qu'il épouse l'actrice Sachiko Chiba, avec laquelle il tourne régulièrement. Ils divorcent trois ans après leur unionJean Narboni, , p. 33..
Après la guerre, il décrit avec un certain pessimisme des histoires de familles déchirées, comme dans La Mère (Okaasan, 1952), L'Éclair (Inazuma, 1954) ou dans son chef-d'œuvre Nuages flottants (Ukigumo, 1955). Passionné de littérature, il adapte à l'écran de grandes œuvres littéraires de Yasunari Kawabata avec La Danseuse (Maihime, 1951) et Le Grondement de la montagne (Yama no oto, 1954), mais surtout de Fumiko Hayashi dont il adapte six œuvres, notamment le roman Le Repas (Meshi, 1951) et son autobiographie Chronique de mon vagabondage (Hōrōki, 1962).
Dans ses mélodrames d'après-guerre transparaît sa compassion pour ses héroïnes (souvent jouées par son actrice fétiche Hideko Takamine ou par Setsuko Hara), face à des hommes pleutres (incarnés par Ken Uehara ou Masayuki Mori).
Dans les années 1960, son thème de prédilection reste le portrait de femmes, comme dans l'un de ses chefs-d'œuvre, Quand une femme monte l'escalier (Onna ga kaidan wo agaru toki, 1960), l'histoire d'une hôtesse de bar, ou dans Nuages épars (Midaregumo, 1967), son dernier film.
Style Son cinéma est marqué par une économie d'effet, et néanmoins une grande efficacité dramatique. Donnant peu d'instructions à ses comédiens, faisant très peu de commentaires, laissant tourner la caméra, l'essentiel de son travail se faisait au montage, où, par des inserts ou des coupes, il corrigeait et arrangeait les séquences à sa convenance. Il était capable d'estimer la longueur d'un plan grâce à la longueur de la bobine et créait ainsi le rythme d'une scène.
Postérité Longtemps ignoré par la critique occidentale, de larges rétrospectives depuis les années 1980 (notamment aux festivals de Locarno, Hong-Kong et San Sebastian) ont permis de redécouvrir son œuvre, et il est finalement reconnu comme l'un des plus grands réalisateurs japonais du « second âge d'or » du cinéma japonais dans les années 1950, aux côtés de Kurosawa, Ozu, Mizoguchi et Kinoshita.
Il est également une référence majeure pour des réalisateurs tels que Hou Hsiao-hsien.
Filmographie Années 1930 vignette|Cinq types au cirque (1935). vignette|Sachiko Chiba, Kō Mihashi et Yō Shiomi dans La Fille dont on parle (1935). 1930 : 1930 : 1930 : 1930 : 1930 : 1931 : 1931 : 1931 : 1931 : 1931 : 1931 : 1932 : 1932 : 1932 : 1932 : 1932 : 1932 : 1932 : 1933 : 1933 : 1933 : 1933 : 1933 : 1934 : 1935 : 1935 : 1935 : 1935 : 1935 : 1936 : 1936 : 1936 : 1937 : 1937 : 1937 : 1937 : 1938 : 1939 : 1939 :
Années 1940 vignette|Hideko Takamine et Kamatari Fujiwara dans Hideko, receveuse d'autobus (1941). 1940 : 1941 : 1941 : 1941 : 1942 : 1943 : 1944 : 1944 : 1945 : 1945 : 1946 : 1946 : 1947 : - partie : note : la partie est réalisée par Shirō Toyoda, la partie est réalisée par Kajirō Yamamoto et la partie est réalisée par Teinosuke Kinugasa 1947 : 1949 :
Années 1950 vignette|Setsuko Hara et Ken Uehara dans Le Repas (1951). 1950 : 1950 : 1950 : 1950 : 1951 : 1951 : 1951 : 1952 : 1952 : 1952 : 1953 : 1953 : 1953 : 1954 : 1954 : 1955 : 1955 : 1956 : 1956 : 1956 : 1957 : 1958 : 1958 : 1959 :
Années 1960 1960 : 1960 : 1960 : 1960 : 1961 : 1962 : 1962 : 1963 : 1964 : 1966 : 1966 : 1967 :
Distinctions
Récompenses 1936 : prix Kinema Junpō du meilleur film japonais de l'année 1935 pour Ma femme, sois comme une rose.. 1952 : prix Mainichi du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Le Repas. 1952 : prix Blue Ribbon du meilleur film pour Le Repas. 1953 : prix Blue Ribbon du meilleur film pour L'Éclair et du meilleur réalisateur pour L'Éclair et La Mère. 1956 : prix Mainichi du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Nuages flottants. 1956 : prix Kinema Junpō du meilleur film du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Nuages flottants..
Sélections 1964 : en compétition pour le Globe de cristal du meilleur film avec L'Histoire de la femme au festival international du film de Karlovy Vary 1966 : en compétition pour le Globe de cristal du meilleur film avec Délit de fuite au festival international du film de Karlovy Vary
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Audie Bock, Mikio Naruse : un maître du cinéma japonais - introduction à l'œuvre et filmographie commentée, préface de Max Tessier, traduit de l'américain par Roland Cosandey et André Kaenel, Locarno, Éditions du Festival international du film de Locarno, 1983 Jean Narboni, Mikio Naruse. Les temps incertains, Cahiers du cinéma, 2006 André Scala, « Naruse et quelques Hollandais », Cahiers du cinéma, ,
Liens externes
Biographie sur Mcjp.fr (en archive) Biographie sur CinéManageria.com (en archive)
Catégorie:Réalisateur japonais Catégorie:Réalisateur de film de samouraï Catégorie:Naissance en août 1905 Catégorie:Naissance à Tokyo Catégorie:Décès en juillet 1969 Catégorie:Décès à Tokyo Catégorie:Décès à 64 ans Catégorie:Prix Mainichi de la meilleure réalisation