Marie Werther Cesty, dit Lionel de Cesti, né le à Bône (Algérie française) et mort le à Paris Archives de Paris, état civil du arrondissement, registre des décès de l'année 1924, est un militaire, aventurier, agent électoral et escroc français.

Biographie

vignette|gauche|Lionel de Cesti pendant le procès de l'affaire Max Lebaudy (dessin de Louis Malteste, 1896).

Marie Werther Cesty, qui se fera appeler plus tard Werther Lionel de CestiHenri Chevalier-Marescq (dir.), Revue des Grands procès contemporains, t. XIV, 1896, . est né à Bône, place d'Armandy, le ANOM, état civil de Bône, registre des naissances de 1846, acte (vue 70 sur 88).. Il est le fils de Marie Monserata Boldrini (1824-1894)Archives de Paris, état civil du arrondissement, registre des décès de l'année 1894, acte du 4 février (vue 18 sur 29). et de Werther Augustin Cesty, dit Curtius Augustin Werther de Cesti (1803-1879), chirurgien major au régiment de la Légion étrangèreArchives de Paris, état civil du arrondissement, registre des naissances de l'année 1868, acte du 9 septembre (vue 2 sur 31)..

Son père, né en 1803 dans les États pontificauxBase Léonore, dossier LH/2754/31. ou dans le royaume d'ÉtrurieArchives départementales des Hauts-de-Seine, état civil de la commune de Châtillon, registre des décès de l'année 1879, acte du 16 septembre (vue 20 sur 29). puis naturalisé Français grâce à son service dans la Légion, a peut-être adopté à cette dernière occasion le nom de « Cesti », auquel il aurait ensuite ajouté une particule d'apparence nobiliaire (absente des annuaires militaires). Indiqué comme l'un de ses prénoms, « » pourrait être son véritable patronymeLe Matin, 22 janvier 1896, ..

Lionel Werther de CestiL'Intransigeant, 11 mars 1896, . est encore mineur lorsqu'il s'engage, le , dans l'escadron du train des équipages de la Garde impériale. Après avoir pris part à la guerre franco-allemande, il est nommé sous-lieutenant le . Par la suite, il accède au grade de lieutenant au escadron du train des équipages. Mal noté et endetté (il est muni d'un conseil judiciaire en )La Petite République, 22 mai 1913, ., il est mis en non-activité par retrait d'emploi le . Rappelé quelques mois plus tard, il quitte définitivement l'armée le et mène à Paris une vie de rentier et d'homme d'affaires.

Agent électoral engagé au service du boulangisme par le comte Dillon, Lionel de Cesti est l'un des organisateurs de la campagne victorieuse du général Boulanger lors de l'élection partielle de la Somme en La Justice, 30 juin 1893, .. Malgré le coût exagérément élevé de ses services, il continue d'être employé par les boulangistes et contribue ainsi à l'élection de Lucien Millevoye lors des législatives de 1889Gil Blas, 9 janvier 1896, ..

Dès cette époque, Lionel de Cesti suscite des méfiances dans son propre camp et sera bientôt suspecté d'être un informateur du ministre de l'Intérieur Ernest Constans. De fait, dans un rapport daté du , l'agent Guénée le mentionne parmi d'autres ex-agents de la Sûreté tels qu'Isaïe Levaillant, Maurice Souffrain et Eugène DupasJoseph Reinach, Histoire de l'affaire Dreyfus, vol. II, Paris, Fasquelle, 1903, ..

En 1893, il est mêlé à l'affaire Norton après avoir participé aux manipulations du faux document à l'origine de ce scandale politique qui aboutit notamment à la démission de Millevoye. La même année, à l'occasion des élections législatives, il est le directeur de campagne d'Édouard Drumont, qui brigue la première circonscription d'Amiens après le retrait de Millevoye. Drumont est battu malgré les fortes sommes engagées, celles-ci ayant été en grande partie empochées par Lionel de CestiBertrand Joly, Nationalistes et conservateurs en France (1885-1902), Paris, Les Indes savantes, 2008, ..

En 1895, alors que Mathieu Dreyfus enquête afin de découvrir le véritable coupable de la trahison pour laquelle son frère a été condamné, Lionel de Cesti le dirige, moyennant finances, sur la (fausse) piste de l'officier Donin de Rosières tout en informant de sa démarche le colonel Henry, qui peut ainsi la rapporter à Esterhazy. Un ouvrage relatif à l'affaire Dreyfus et paru à la fin du prétend que Cesti serait l'assassin du colonel Henry, dont le meurtre aurait été maquillé en suicideArmand Israël, Les Vérités cachées de l’affaire Dreyfus, Paris, Albin Michel, 2000, .. Cependant, l'historien Philippe Oriol, spécialiste du sujet, a démontré que cette affirmation n'est étayée par aucune source fiablePhilippe Oriol, « "L’Histoire-canon". Au sujet de quelques ouvrages "du doute et du soupçon" », Blog de la Société internationale d'histoire de l'affaire Dreyfus, 2012 (consulté le 20 septembre 2017)..

Accusé de vivre luxueusement aux dépens de riches héritiers, Lionel de Cesti est condamné à treize mois de prison et d'amende en pour avoir extorqué de l'argent au jeune millionnaire Max Lebaudy. Il bénéficie cependant d'une libération conditionnelle dès le mois d'août suivantLe Matin, 5 septembre 1896, ..

En , il réside toujours à Paris, au de la rue Duguay-TrouinArchives de Paris, état civil du arrondissement, registre des décès de l'année 1913, acte du 26 janvier (vue 17 sur 31).. En mai de la même année, il obtient la mainlevée de son conseil judiciaire.

Références

Bibliographie Bertrand Joly, Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français (1880-1900), Paris, Honoré Champion, 2005, .

Catégorie:Naissance en octobre 1846 Catégorie:Naissance à Annaba Catégorie:Lieutenant français Catégorie:Boulangiste Catégorie:Personnalité condamnée pour escroquerie Catégorie:Aventurier du XIXe siècle Catégorie:Aventurier français Catégorie:Décès en janvier 1924 Catégorie:Décès dans le 9e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 77 ans