Andersen, longtemps connue sous le nom dArthur Andersen, est une société basée à Chicago spécialisée dans l'audit, les services fiscaux et juridiques, la finance d'entreprise et le conseil. Elle fait partie des grands réseaux mondiaux d'audit financier et comptable, appelés aussi à l'époque Big Five, jusqu'à son démantèlement en 2002 à la suite du scandale Enron.
De l'entreprise de plus de 9 milliards de dollars de chiffre d'affaires, il ne reste plus qu'une petite structure basée à Chicago et chargée d'apurer les conflits juridiques résultant de la liquidation de la maison mère, opérée en 2010.
Fondation Arthur Andersen estfondée en 1913 par Arthur Andersen et Clarence DeLany sous le nom d'Andersen, DeLany & Co. La firme changea de nom en 1918 pour Arthur Andersen & Co après le départ de M. DeLany. Son premier client fut le brasseur Schlitz de Milwaukee.
Arthur Andersen, le fondateur
Fils d'immigrants norvégiens arrivés aux États-Unis quatre ans auparavant, Arthur Edward Andersen naît le à Plano dans l'Illinois. Devenu orphelin à l'âge de seize ans, il doit alors travailler comme coursier tout en suivant des cours du soir.
Il travaille en tant qu'assistant contrôleur chez Allis-Chalmers à Chicago - où il s'intéresse au travail d’independent public accountant (commissaire aux comptes) - puis comme comptable confirmé chez Price Waterhouse de 1901 à 1911. Il est diplômé certified public accountant (CPA) à l'université de l'Illinois en 1908 et à l'âge de 23 ans, il est le plus jeune CPA de l'IllinoisDes informations historiques de cet article proviennent de publications institutionnelles d'Andersen et du site Fundinguniverse.com. Il devient ensuite contrôleur de gestion pour la brasserie Schlitz Brewing Co. à Milwaukee.
En 1913, à l'âge de 28 ans, avec son collègue de Price Waterhouse, Clarence Delany, il crée sa propre société sous le nom d’Andersen, Delany & Co et en 1915, grâce à ses nombreux contacts dans cette ville, il ouvre un deuxième bureau à Milwaukee. La société devient Arthur Andersen & Co en 1918.
En 1917, après avoir suivi de nouveaux cours du soir - et tout en travaillant à temps plein - il est diplômé d'un bachelor in business de la Kellogg School of Management à l’Université Northwestern.
De 1912 à 1922, il est également professeur de comptabilité à l’université Northwestern où il est le premier à préparer des cours dans lesquels les étudiants sont tenus de résoudre des problématiques réelles de sociétés.
Andersen a une véritable foi dans la formation comme base de développement de la profession comptable. Il crée le premier centre de formation centralisée et croit à la formation continue au cours des heures de travail. Il est également réputé pour être un homme généreux du fait de ses engagements dans l'éducation et les associations civiques et caritatives. En 1927, il est élu au Board of Trustees (conseil d'administration) de la Northwestern University et en est président de 1930 à 1932. Il est aussi président du conseil des inspecteurs du CPA de l'Illinois. Andersen dirige la société jusqu'à sa mort en 1947.
En 1953, Arthur Andersen entre au Hall of Fame de l'université d'État de l'Ohio en reconnaissance de cette foi dans la formation.
Réputation d'Arthur Andersen
M. Andersen est un partisan de hauts standards de qualité dans le secteur de la comptabilité. Intraitable avec l'honnêteté, il soutient que la responsabilité des auditeurs se fait auprès des investisseurs, et non des clients.
En 1914, quelques mois après avoir créé son cabinet, une compagnie de chemins de fer lui demande d'approuver une transaction contestable qui aurait dû diminuer les dépenses de la compagnie et donc accroître son résultat. M. Andersen répond au président de la société en question qu'il n'y avait pas assez d'argent dans la ville de Chicago pour lui faire faire cela, selon un livre publié en 1988 . Le client renvoie le comptable et quelques mois plus tard, la compagnie de chemins de fer fait faillite.
La réputation de M. Andersen est telle qu'on lui demande en 1938 de devenir le premier président salarié de la Bourse de New York, pour redorer le blason de l'institution passablement ébranlée depuis le krach d'octobre 1929Arthur Andersen, The Accountant Who Built His Name on Energy, article du Washington Post du . Ce qu'il décline.
Leonard Spacek, qui succède à Andersen à la mort du fondateur jusqu'en 1973, continue de revendiquer cette honnêteté. Leonard Spacek accuse même dans un livre la société Bethlehem Steel d'avoir surestimé ses profits de 60 % en 1964. Dans un autre, il remet en cause le rôle de la SEC à réprimander les sociétés qui falsifiaient leurs comptes. Au cours de nombreuses années, le slogan de la firme est ainsi « Think straight, talk straight » (« Penser droit, parler droit ») et au sein des cabinets d'audit et des Big Five en particulier, Andersen a toujours eu une réputation d'excellence.
Développement de l'entreprise
Dès ses origines, le cabinet de Chicago grossit rapidement, en partie du fait d'une forte demande de services d'audit et de comptabilité à la suite de l'établissement de l'impôt fédéral sur les sociétés en 1913. Colgate-Palmolive fait partie de ses premiers clients.
La société est connue dans les années 1920 comme une spécialiste des utilitiesC'est-à-dire, selon le Grand dictionnaire terminologique, des « services d'intérêt général » (eau, électricité, télécommunications, transports, etc.) fournis par des entreprises qui sont gérées selon des règles formulées par l'État, particulièrement en ce qui a trait à la tarification, que l'on pourrait aussi appeler « services d'utilité publique » et des compagnies gazières notamment, qui représentèrent jusqu'à la moitié de son chiffre d'affaires. D'autres bureaux sont ensuite ouverts : New York en 1921, Kansas City en 1923 et Los Angeles en 1926. Arthur Andersen profita ensuite des lois suivant post-krach de 1929 qui obligèrent les sociétés cotées en Bourse à certifier leurs comptes chaque année.
La véritable reconnaissance de la société intervint en 1932 lors de la prise en charge du redressement financier du groupe fondé par Samuel Insull, à la demande des créanciers de ce dernier. Non seulement le cabinet accrut son chiffre d'affaires de l'ordre de 20 %, parvint à éviter la faillite à l'ensemble des sociétés, mais gagna surtout auprès des marchés financiers une réputation d'honnêteté et d'indépendance.
Après la mort du fondateur en 1947, l'entreprise faillit être dissoute mais Leonard Spacek réussit à convaincre que la structure pouvait continuer à vivre, malgré ses difficultés financières.
Dans les années 1950, les enjeux des entreprises devinrent de plus en plus complexes et à partir de son métier historique de comptable, l'entreprise se développa dans les métiers de l'audit, du juridique et fiscal, et du conseil. En 1950, Arthur Andersen mit au point le « Glickiac », une machine du nom d'un ingénieur maison : pour la première fois, un ordinateur se mettait au service des sociétés, non plus en vue d'une utilisation purement scientifique mais pour tenir leurs comptes. La maîtrise de cette technologie a permis à Andersen non seulement d'auditer les comptes de ses clients, mais aussi à les aider dans la tenue de ceux-ci, ce qui contribua à accroître les profits de la firme.
Sous la présidence Spacek, la firme se développa à l'international et en 1959, le réseau admit ses premiers associés non américains. Spacek ouvrit personnellement les cinq premiers bureaux en Europe.
En 1979, la firme devenait le leader dans son métier historiqueTough times for the 'Androids', article de la BBC du 15 juin 2002, et pesait 51 millions de dollars de chiffre d'affaires contre 7 millions en 1950, et continuait son développement dans de nouveaux métiers, dont le conseil : en 1988, Andersen était numéro un mondial du conseil, avec déjà 40 % de ses revenus provenant de cette branche (voir aussi plus bas séparation de la branche conseil).
Arthur Andersen changea de nom en 2001 pour adopter celui d'AndersenArthur Andersen annonça l'adoption de la marque Andersen le Adoption de la marque Andersen" .
La firme de Chicago aura été la seule des Big Four historiques qui ne soit pas regroupée avec un de ses principaux concurrents.
Identité visuelle (logotype)
Séparation de la branche conseil
La branche de conseil de la société prit de plus en plus d'importance au cours des années 1970 et 1980, et sa croissance était bien plus forte que celle des autres métiers. Peu à peu, les associés de la branche conseil jugèrent qu'ils ne recevaient pas une juste part des bénéfices à due proportion de leurs efforts et cela commença à créer des rapports de plus en plus tendus entre les consultants et les auditeurs.
Ce jusqu'en 1989 où Arthur Andersen et Andersen Consulting (AC) devinrent des unités juridiquement séparées au sein de Andersen Worldwide Société Coopérative (AWSC), une entité suisse qui chapeautait dès lors l'ensemble des structures. Avec cette organisation ombrelle, Andersen continuait à utiliser ses services de comptabilité et d'audit comme produit d'appel dans le but d'obtenir des contrats pour Andersen Consulting, le conseil étant un métier bien plus lucratif que l'audit.
Néanmoins, au cours des années 1990, les dissensions devinrent plus violentes en même temps que les résultats d'AC progressaient. Échaudés de devoir reverser une part non négligeable de leurs gains aux auditeursSelon les obligations contractuelles entre AC et Arthur Andersen, chaque année, celui qui obtenait les meilleurs résultats – le plus souvent AC – devait verser 15 % de ses bénéfices nets par associé à l’autre entité. , Andersen Consulting demanda finalement en 1997 à quitter le réseau. Après trois ans de procédures d'arbitrages auprès de la Chambre de commerce internationale, Andersen Consulting obtint finalement gain de cause et son indépendance. Les raisons de la séparation divergent, chacun citant l'avidité et l'arrogance de l'autre camp.
À la suite de leur séparation, Andersen Consulting changea son nom en « Accenture » le jour de l'an 2001 et Accenture paya un milliard de dollars à Arthur Andersen, montant qui correspondait simplement aux indemnités contractuelles qui avaient été bloquées pendant les trois ans de la procédure. S'il y eut une obligation de supprimer la référence au nom Andersen, il n'y eut donc pas de compensation financière.
Arthur Andersen reforma en parallèle un second groupe de conseil, Arthur Andersen Business Consulting (AABC), dès 1994. La plupart des firmes formant le groupe AABC furent rachetés par d'autres sociétés de conseil en 2002, notamment par Hitachi Consulting et KPMG Consulting, ce dernier changeant plus tard son nom pour BearingPoint.
Amputé d'Andersen Consulting, le groupe devint le plus petit des cinq grands cabinets, et afin de retrouver au plus vite une position de leader, Andersen signa de nombreux contrats, parfois avec des clients au profil risqué comme des acteurs de la nouvelle économie, ce jusqu'à des affaires financières dont la plus retentissante reste incontestablement l'affaire Enron.
Mise en cause dans des scandales financiers
Comme d'autres cabinet d'audits de grande réputation, le cabinet eut affaire à quelques troubles au cours des années 1980 et 1990 à mesure qu'il convenait de faire un arbitrage entre le commerce de services et la probité intellectuelleArthur Andersen's Fall From Grace Is a Sad Tale of Greed and Miscues, article du Wall Street Journal du et repris sur le site de l'université de Georgetown. Andersen n'était pas épargné par un équilibre difficile à trouver entre croissance des profits et rigueur professionnelle et fut accusé d'être impliqué dans des affaires de fraudes comptables telles que,