Claude Rochat (alias commandant Guillaume), né le à Nevers et mort le à Tarare, est un résistant français. Il fut le chef de l'Armée Secrète en Saône-et-Loire, le président du tribunal des FFI de Cruzille en Saône-et-Loire, sous-préfet de Chalon-sur-Saône, puis d'Albertville et président départemental de l’Association Nationale des Anciens Combattants de la Résistance (ANACR).
Biographie Claude Rochat est ingénieur chimisteAndré Jeannet Mémorial de la résistance en Saône-et-Loire Biographie des résistants préface de Robert Guyon postface de Simone Mariotte ed. JPM Mâcon 2005 444 pp. 347-348 (École de chimie de Lyon) lorsqu'il intègre, en septembre 1939, l'école d'artillerie de Poitiers. Nommé aspirant le , il est affecté près de Longwy. Le , il est fait prisonnier, interné au camp de Saint-Mihiel (Meuse). Il s'évade en . Il reprend son travail chez son employeur d’avant-guerre, les Établissements Cotelle et Foucher, dans leur usine de Plombières-les-Dijon, puis à Paris.
En , il est réfractaire au STO et entre dans la Résistance, le , dans le réseau "Marco Polo" à Saint-Étienne (Loire). Après un bref passage dans le département de l'Isère, il est affecté en juillet 1943 afin d'instruire les maquisards de Saône-et-Loire, il prend le nom de Guillaume. En , il devient chef départemental de l'Armée secrète de Saône-et-Loire.
En , il s'installe avec son maquis en Haut-Mâconnais, à Cruzille, après une longue période d'errance en Bresse (de Vescours à La Chapelle-Thècle en passant par Foissiat et Béréziat), village qu'il ne quittera qu'à la Libération. Le château de Cruzille est, à partir du , le PC de l'AS de Saône-et-Loire et Guillaume y dirige les maquis AS de l'ensemble du département en tant que commissaire aux effectifsSource : Lieux de résistance 1940-1944 en Saône-et-Loire/Bourgogne-du-Sud : sentiers de la mémoire Mâconnais-Tournugeois, livret édité par Les Amis de la Résistance ANACR avec la participation de l'ancien résistant Séraphin Effernelli, 20 pages..
Au château de Cruzille s'installe, dans l'attente de la libération et alors que le Mâconnais est en insurrection, le tribunal des Forces françaises de l'intérieur pour la Saône-et-Loire, établi conformément à l'ordonnance du relative à la répression des faits de collaboration ; le château sert en quelque sorte de préfecture, abritant les services du comité départemental de libération de Saône-et-Loire, le tribunal des maquis, sous la présidence de Claude Rochat ; y sont notamment jugées des personnes accusées de collaboration, le château étant à la fois prison et siège de tribunal. Quelque 300 dossiers seront instruits à Cruzille, débouchant sur 102 procès (collaborateurs, traitres, agents de l'ennemi mais aussi criminels de droit commun et FFI coupables d'indiscipline, de désertion ou de banditisme) et donnant lieu à 27 condamnations à mort et exécutions.
Investi par les autorités provisoires du pays, il devient, à 27 ans, le , le premier sous-préfet de Chalon-sur-Saône libéré.
En 1947, il est nommé sous-préfet d'Albertville (Savoie). Ses pratiques sont peu respectueuses du protocole et de ce qu'attendent ses supérieurs ; de plus, ses idées politiques et ses amitiés le desservent, ainsi que le rapporte, dans sa thèse, Robert Chantin qui écrit : .
Le lien d’affection qui lie le couple de Lattre à Rochat-Guillaume amène une autre circonstance plaisante : lors d’une cérémonie à Pont-de-Vaux, en 1947, en présence de la maréchale, Rochat essuie le refus du ministre Claudius-Petit de lui serrer la main, au prétexte qu’il est , ce qui vaut au ministre une cinglante réplique de Mme de Lattre de Tassigny de : . Il quitte l'administration préfectorale.
De 1945 à 1953, il participe à plusieurs procès de résistants.
À la fin des années 1940 ; il s'engage dans le Mouvement de la Paix, pour lequel il parcourt la Saône-et-Loire, aux côtés de Lucie Aubrac.
Il préside la délégation ANACR (Association nationale des anciens combattants de la Résistance) de Saône-et-Loire à partir de 1969 et sera membre du bureau national de cette association à partir de 1986.
Claude Rochat avait souhaité que ses cendres soient dispersées à Cruzille, ce qui fut fait au cours d'une cérémonie organisée en 2010Article consacré à Claude Rochat paru dans le bulletin municipal de Cruzille pour l'année 2009 (n° 24, janvier 2010), pp. 26-27..
Distinctions et honneurs
Décorations françaises
avec citation à l'ordre de l'armée ()
Hommage Une plaque en mémoire de Claude Rochat est apposée à la sous-préfecture de Chalon-sur-Saône.
En 2010, conformément à ses volontés, les cendres du commandant Guillaume ont été dispersées, au cours d'une cérémonie, au pied du château de CruzilleSource : bulletin municipal de Cruzille pour l'année 2010, page 15.. Le , sous les auspices du comité départemental ANACR, deux plaques y ont été dévoilées à la mémoire de Claude Rochat, chef départemental de l’armée secrète, qui avait établi son poste de commandement au château (l'une sous le porche du château, l'autre près du lieu de dispersement). On peut y lire : « Chef droit et plein de bravoure, il a mené ses hommes à la victoire en participant aux combats pour la libération de la Saône-et-Loire. »
Publications C'est dès 1949 que la Commission de l'histoire de l'occupation et de la libération de la France du ministère de l’Éducation nationale lui demande d'écrire les souvenirs du Commandant Guillaume. Il ne les publiera qu'en 1987, sous le titre : Les compagnons de l'espoirClaude Rochat Les compagnons de l'espoir, Mâcon, 1987 ..
Archives Inventaire du fonds d'archives de Claude Rochat conservé à La contemporaine. Un fonds Rochat alias Commandant Guillaume est consultable à Mâcon, aux Archives départementales de Saône-et-Loire (cotes : de 23 J 11 à 23 J 16), librement consultable depuis l'arrêté du ouvrant les archives relatives à la Seconde Guerre mondiale.
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Forces françaises de l'intérieur Cruzille Château de Cruzille Haut-Mâconnais
Liens externes
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