300px|thumb| Henri Julien, La Chasse-galerie, 1906, Musée national des beaux-arts du Québec La culture québécoise est l'ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs qui caractérisent la société québécoise. Ce terme englobe les arts, la littérature, les mœurs, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances collectives des Québécois. On appelle québécitude ce qui appartient à cette culture. Elle s'inscrit dans la civilisation occidentale.
Origines Née de la majorité francophone du Québec, elle découle principalement de la culture française et catholique des premiers arrivants européens dans la vallée du Saint-Laurent au . En plus des emprunts aux cultures autochtones, la conquête de 1763 par l'Angleterre et la venue des loyalistes américains puis de nombreux ressortissants des îles Britanniques (Anglais, Écossais, Gallois puis Irlandais) viennent intégrer un bagage culturel anglo-saxon et celte au sein de la culture populaire. Au , plusieurs vagues d'immigration se succèdent et apportent de nouveaux traits distinctifs à la culture québécoise. Parmi les communautés culturelles importantes on compte les Italiens, les Chinois, les Haïtiens, les Espagnols, les Juifs, les Grecs, les Portugais et les Arabes.
Comme le reste du Canada, le Québec est fortement influencé par la culture américaine, surtout depuis la seconde moitié du . Les élites culturelles, ecclésiastiques et nationalistes québécoises se sont longtemps inscrites dans une logique de conservation et de survivance par rapport aux sociétés anglophones dans laquelle le Québec est enclavé17.. Ce protectionnisme culturel principalement dirigé pour le maintien de la langue française, s'est également traduit par l'adoption de lois encadrant son usage telle que la Charte de la langue française et la formation d'institutions gouvernementales telles que l'Office québécois de la langue française. Héritage français thumb|Fondé au , le Séminaire de Québec, le plus ancien établissement d’enseignement supérieur du Canada jette les bases pour la création de l'Université Laval.
De l'érection de la croix de Gaspé le par Jacques Cartier à la signature du traité de Paris le , c'est lors du régime français que débute la colonisation européenne du territoire québécois – les premiers arrivants de France immigrent principalement après la fondation de Québec en 1608. Ils proviennent de l'Ouest de la France ; la majorité sont de Normandie, de l'Île-de-France, du Poitou et d'Aunis20-21.. En s'installant en Nouvelle-France, ils apportent avec eux leur langue, leurs croyances et leurs traditions de la France de l'Ancien Régime.
Héritage des premières nations La culture québécoise possède beaucoup de traits provenant des échanges avec les premières nations. Les raquettes à neige, le sirop d'érable ainsi que les canneberges (appelées aussi ataca ou atoca)On utilise aussi atoca, mais ataca est plus usité au Québec (Entrée « atoca » dans le dictionnaire Franqus). Version provisoire. Consulté le 17 janvier 2009. ont pour origine des échanges culturels avec les amérindiens.
Le nom Québec. ainsi que Canada., Ottawa, ainsi que plusieurs autres lieux à travers le Canada sont d'origine autochtone. Souvent par erreur d'interprétation ou de traduction.
La rivière des Outaouais (située dans la région administrative portant le même nom) a pour origine le nom d'une tribu amérindienne. Ottawa, la capitale du Canada, porte aussi le nom de cette même tribu.
Héritage des îles Britanniques La ville actuelle de Québec se caractérise par ses mélanges architecturaux français et britannique. Entre autres par la Cathédrale de la Sainte-Trinité qui est l’un des premiers bâtiments publics qui fut édifiée entre 1800 et 1804 et fut construite par les Britanniques. Il s’agit du premier lieu de culte anglican. Cette cathédrale a contribué à l’expansion du style néoclassique très populaire en Grande-Bretagne..
Les Anglais ont transmis leur héritage culinaire au Québec. Notamment, depuis le , une nourriture particulièrement appréciée de tous se trouve est le bœuf salé. Déjà mangé, sous le régime français le bœuf salé n’était pas très accessible, ce mets a donc été introduit dans les plats quotidiens grâce aux Britanniques.
Également depuis le , la consommation d’huitre gagne en popularité, jusqu’à en faire des « party d’huitres ». Des fouilles archéologiques ont permis de faire remonter des coquilles datant de la fin du .
Héritage américain thumb|Quartier DIX30, centre commercial intégré au réseau de transport automobile
Héritage d’autres cultures
Définition
Langue thumb|upright=1.2|Répartition de la langue d'usage et la langue maternelle au Québec (2006) La langue officielle du Québec est le français.. Selon Statistique Canada, en 2006, le français était la langue d'usage de 81,8 % de la population québécoise.. La province est le seul État, en dehors de l'Europe, où le français est la langue maternelle de la grande majorité.
L'anglais est en seconde position quant au nombre de locuteurs au Québec ; c'est la langue d'usage de 10,6 % de la population. Les anglophones forment ainsi une minorité dans la province mais une majorité en Amérique du Nord. 40,6 % des Québécois sont bilingues.
Les autres langues sont d'usage pour 7,6 % de la population.
Politique et législation linguistique
thumb|upright=0.8| Résultat du protectionnisme linguistique, le panneau arrêt remplace la majorité des panneaux stop au Québec. Bien que la question linguistique au Québec prend racine aussi loin que la conquête de la Nouvelle-France par l’Angleterre en 1763, c’est surtout après 1960, depuis la Révolution tranquille, que le gouvernement du Québec s’est doté d’une politique linguistique axée sur la francisation.
À partir de la fin du , une minorité anglophone, principalement basée à Montréal, impose sa suprématie sur une part importante de l’économie québécoise et se dote d’institutions socioculturelles indépendantes de celles de la majorité francophone301.. Jusqu’à la seconde moitié du , plusieurs entreprises de la province imposent aux canadiens français de travailler en anglais302.. À Montréal, une ville majoritairement francophone à l’époque, certains commerces refusent de servir les clients en français.
L'augmentation du niveau de vie des francophones dans les années 1960, causé en partie par la prospérité de l'après-guerre en Amérique du Nord, entraîne avec elle l'augmentation du pouvoir d'achat de la majorité, lui donnant une place grandissante dans l'économie de la province. À cette époque, certains groupes et mouvements de contestation entraineront la naissance d'une politique linguistique au Québec.
Des regroupements nationalistes, comme le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), qui publie en 1962 le pamphlet Le bilinguisme qui nous tue, ou la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal (SSJB), qui entreprend l'Opération « visage français » entre 1963 et 1965, organiseront des mouvements de contestation contre l'unilinguisme anglophone dans certains commerces de Montréal303..En 1965, le RIN utilise la stratégie du sit-in pour que les commerces offrent des services en français.
À la fin des années 1960, des crises linguistiques au sein d'institutions publiques forceront le gouvernement du Québec à se prononcer sur la place du français au Québec. En 1967, la crise de Saint-Léonard, qui soulève la question de l’intégration des immigrants à la majorité francophone plutôt qu'à la minorité anglophone, provoquera des changements dans le système d'éducation québécois304.. Toujours en éducation, le , l'Opération McGill français, une grande manifestation tenu devant l'Université McGill à Montréal, milite pour dénoncer le financement public accordé à une université uniquement anglophone par la population francophone et pour la création d'une seconde université de langue française à Montréal305..
En , en pleine crise linguistique, le gouvernement du Québec crée la Commission d'enquête sur la situation de la langue française et des droits linguistiques au Québec ou commission Gendron qui est chargée de produire un rapport sur l'usage et la place du français au Québec. Elle recommande de faire du français la langue commune des québécois313.. Au niveau fédéral, le gouvernement canadien avait déjà créé la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme ou Commission Laurendeau-Dunton en 1963. C'est sur les conclusions et recommandations de cette commission d'enquête que se basent la Loi canadienne sur les langues officielles au Canada et la Loi pour promouvoir la langue française (Loi 63) au Québec. Elles sont toutes deux adoptées en 1969315.. thumb|Édifice Camille-Laurin, siège social de l'Office québécois de la langue française, à Montréal. La Loi 63, adoptée sous le gouvernement Jean-Jacques Bertrand, permet le libre choix de la langue d'enseignement au Québec. Cette loi est contestée parmi les francophones de la province. Elle est remplacée sous le premier gouvernement Robert Bourassa en 1974 par la Loi sur la langue officielle (loi 22). La Loi 22 établit le français comme langue officielle du Québec mais laisse toujours le libre choix de la langue d'enseignement316..
Il faut attendre le gouvernement René Lévesque pour voir adopter la Charte de la langue française (Loi 101) en 1977. La Loi 101 a comme objectif d'établir le français comme « langue commune de tous les Québécois » dans le « respect des minorités, de leurs langues et de leurs cultures »342.. Cette loi, nommée charte pour sa signification historique et juridique, impose la langue française comme la langue de l'état québécois, de l'enseignement et du travail au Québec. Elle impose le français dans l'affichage commercial et entraine la création de quatre organismes : L'Office de la langue française (aujourd'hui Office québécois de la langue française); La Commission de la protection de la langue française (aujourd'hui Office québécois de la langue française); Le Conseil de la langue française; La Commission de toponymie
Toujours en vigueur au Québec, la Charte de la langue française. a connu de nombreux amendements depuis son adoption en 1977. Ces modifications, entrainées par des jugements de la cour suprême du Canada et des amendements, touchent principalement son application sur le plan judiciaire (Blaikie (1)), de l'affichage commercial (Ford c. Québec, Loi 178, Loi 86 ) et de la langue d'enseignement (Loi 57, P.G. du Québec c. Quebec Protestant School Boards, Loi 104, Solski c. Québec, Nguyen c. Québec, Loi 115).
Langue et culture au Québec
Français québécois
Les Québécois anglophones
Valeurs civiques Selon le Ministère Immigration, Diversité et Inclusion du Québec, les valeurs communes de la société québécoise sont les suivantes : Parler français, une nécessité Une société libre et démocratique Une société riche de sa diversité Une société reposant sur la primauté des droits Les pouvoirs politiques et religieux sont séparés Les femmes et les hommes ont les mêmes droits L'exercice des droits et libertés de la personne se fait dans le respect de ceux d'autrui et du bien-être général.
Coutumes et traditions Fêtes Fêtes et dates faisant office de congé reconnu par la province : le Nouvel-An ; Pâques ; Le lundi de Pâques ; La Journée nationale des Patriotes ou autrefois fête de Dollard (le lundi précédant le ) ; la fête nationale du Québec (Saint-Jean Baptiste) () ; la fête du Canada (jour de la confédération) (), souvent surnommée la fête du déménagement.; La Fête du Travail ( de septembre) ; Jour de la réconciliation L'Action de Grâce ( d'octobre) ; Noël.
Fêtes et dates soulignées sans être des congés officiels : Saint-Valentin () ; La Journée internationale des femmes () ; La Saint-Patrick () La Journée internationale des travailleurs () L'Halloween () ; Le jour du Souvenir ().
Religion