Michel-Georges Berthe, ditSelon l'état civil :

Acte de naissance . Autorisé à prendre un patronyme substitutif par acte notarié à Limeray en 1969 avec modification des papiers d'identité.

La famille paternelle, qui ne parlait pas français mais breton et gallo, n'a fixé son patronyme Berthe que sur deux générations, jadis on écrivait Berth, Berte, Bert, etc. Certains descendants de l'éditeur portent le patronyme Micberth ; Berthe tombera probablement en désuétude à la disparition de l'auteur. Michel-Georges Micberth, est un éditeur, pamphlétaire et écrivain français né le à Tours et mort le à Autremencourt dans l’Aisne. Il se revendiquait anarchiste de droite.

Biographie

Michel-Georges Berthe naît le à Tours, d'un père breton et d'une mère angevine. Dès son plus jeune âge, maltraité par ses parents dans le décor ravagé de l'après-guerreMicberth repères biographiques, , ACFM, Paris 1992., il écrit dès l’âge de , par défi, des poèmes qui seront édités bien plus tard, en anthologie, par Jacques-PierreMaurice Bourrigault dit Jacques-Pierre, fondateur en 1966 de la Taverne aux poètes. Auteur de nombreuses anthologies de poèmes. Il est resté dans les mémoires pour avoir créé l'association Les écrivains et poètes de l'Anjou. et Jean GrassinEncyclopédie générale de la poésie française. Séquences. 1964, Jean Grassin, Paris. Renaud, professeur au conservatoire à rayonnement régional de Tours, utilisera ces poèmes pour apprendre l'éloquence à un jeune comédien qui deviendra Jacques VilleretMicberth et les années 60, Anne Carpentier, le Livre d'histoire, 1999. Nouvelle édition en livre de poche, fin 2011 ..

À en 1958, il crée les Jeunesses gaullistes révolutionnaires, un mouvement en faveur du retour du général de Gaulle.

Dans son adolescence, il commence à publier des fanzinesDe 1960 à 1980, Micberth fonde et dirige une dizaine de journaux et revues. Choc (1961-62) premier fanzine français avec une bande dessinée de Bernard Deyriès, Publichoc (1962), La Force (1965), La nouvelle Force, Séquences, Révolution 70 (pendant les événements de Mai 68), Actual-Mensuel, Actual-hebdo (qui connut une notoriété nationale). Après les années 1980, Révolution droitiste, Plaisir de lire, le Nouveau Pal, La Lettre de Micberth, etc. Plus près de nous, le 6 juin 2010 est paru le du périodique Histoire locale.. En 1963, après son passage à l'école Brassart où il a étudié les arts graphiques et la publicitéMicberth et la jeune force poétique française sur Archives départementales d'Indre-et-Loire (consulté le 18 septembre 2015), il fonde la Jeune Force poétique françaiseLe petit Montmartre tourangeau. Tours, le quartier Paul-Bert et ses mémoires, Gérard Lecha, L'Harmattan, 1988 à laquelle participent Alain Fournier, plus connu sous le pseudonyme d'A. D. G., et le poète Gérard Lecha. Le grand poète Louis Aragon, malgré son engagement communiste, en sera le président d'honneurLes nouvelles passerelles de l'extrême droite, Thierry Maricourt, éditions Syllepse, 1997, ..

Dans le cadre de son émission quotidienne Rendez-vous aux Champs-Élysées, Europe 1 lui donne une importante audience en radiodiffusant ses textes et ceux de ses amisLa Poésie en France, Jean-Paul Gourévitch, Éditions ouvrières, 1966. En 1967, il fonde le mouvement autobusiaque, consacré à la publication de poèmes et de pièces de théâtreLe Romantisme aujourd'hui, textes réunis par Daniel Leuwers, Samuel Tastet éditeur, Paris 2005. « Le mouvement autobusiaque », ..

En 1969, il se présente à l'élection présidentielle, mais, bien qu'ayant le nombre de signatures de maires requis, sa candidature sera annulée par le Conseil constitutionnel. Reprenant un article du journal Le Monde du , le futur ministre de la Recherche du gouvernement Jospin, Roger-Gérard Schwartzenberg, dans son livre sur la guerre de succession nous dit : « In extremis, au soir du , deux jeunes gens chevelus (sic), venus tout droit d'Indre-et-Loire, déposent à la hâte une liste de signatures du « philosophe » et chercheur M.-G. MicberthLa Guerre de succession - Les élections présidentielles de 1969, Roger-Gérard Schwartzenberg, Presses universitaires de France, 1969. Quid des présidents de la République, Dominique Frémy, Éditions Robert Laffont, 1981..

Il est également clinicien des hôpitaux psychiatriques de la préfecture de la SeineL'hôpital psychiatrique de Chezal-Benoît dans le Cher (où fut enfermé Antonin Artaud) dépendait en 1971 des hôpitaux psychiatriques de la Préfecture de la Seine. Micberth y exerça la psychologie clinique et la psychothérapie, dans le service du neuro-psychiatre, médecin directeur et expert près les Tribunaux, le docteur Jean Dussartre qui écrivit : « M. Micberth a été un excellent collaborateur dont le dévouement m'a été particulièrement précieux ». (Voir site consacré à l'auteur).. De 1968 à 1971, il dirige le Centre d'études et de recherches expérimentales du PlessisDu nom du château du Plessis à Limeray où il résidait alors.Micberth et la pseudomicrocaulie, Gérard Lecha, , La Mémoire Lige, 1973..

En 1972, il fait paraître le journal Actual-HebdoLa France marginale, Irène Andrieu, Éditions Albin Michel, 1975., qui n'existera que durant un an mais lui permettra d'acquérir une réputation de virulent pamphlétaireFrédéric Saenen, Dictionnaire du pamphlet, 2010 Infolio, ,131,189.. Dans Le CrapouillotLe Crapouillot, août-septembre 1973, direction Michel Eberhard, Anthologie du Pamphlet de la Libération à nos jours. paraît en 1973 L'anthologie du pamphlet de la Libération à nos jours ; Éric Asudam, pseudonyme de Micberth, qui n'a que 26 ans, y figure aux côtés de ses aînés, souvent disparus, Anouilh, Céline, Mauriac, Bernanos, Léon Daudet, Bloy, etc.

Jacques d'Arribehaude a écrit en 1988 dans le Bulletin célinienÀ propos de La Lettre, le Bulletin Célinien, , mars 1988. :

La même année, il lance le mouvement politique Nouvelle Droite française (qui n'a aucun lien avec le GRECE, souvent appelé Nouvelle Droite) qui se veut « révolutionnaire », « aristocratique » et « anti-républicain ».

Jean-François Kahn, dans son ouvrage La Guerre civile paru au Seuil en 1982 ne semble guère apprécier le style télévisé du leader de la NDF :

Habitué des déclarations « provocatrices », Micberth a souvent été qualifié d'anarchiste de droite, voire d'extrême droiteL'Extrême droite en France, Bernard Brigouleix, Éditions Intervalle/Fayolle, 1977. Les néo-nazis, Jean-Marc Théolleyre, Éditions Temps actuels, 1982. Les Hommes de l'Extrême droite, Alain Rollat, Éditions Calmann-Lévy, 1985. (un Que sais-je ? aux PUF, lui a été en partie consacré). Lui préfère se définir comme « aristocrate libertaire ».

Ses activités lui vaudront une vie très aventurière« Les rebelles sont parmi nous : Micberth et Debord », Bertrand de Saint-Vincent, Le Quotidien, juillet 1991, . et des ennuis avec les autorités, qui le soupçonnent un temps de menées subversivesMicberth, anarchiste de droite, François Richard, . Editions Comédit, Paris 1992 . En , Michel-Georges Micberth est arrêté pour avoir détenu un chéquier volé au nom de l'ancien président de la république Georges PompidouThierry Maricourt, Les Nouvelles Passerelles de l'extrême droite, Syllepse, 1997, page 86Le Monde du lundi 26 août 1974 titré L'affaire des chèques Pompidou ;. L'affaire dite « des chèques Pompidou » fait de lui l'un des rares journalistes à être, depuis la Libération, incarcérés en France dans le cadre d'une « affaire politique »Le Monde du samedi 21 janvier 1984. « Affaire dite des chèques Pompidou ».. Libéré quelques semaines plus tard, il est défendu par l'avocat Georges-Paul WagnerChronologie sur le site officiel Micberth.com.. En 1975, il tire de cette affaire un livre, intitulé Pardon de ne pas être mort le . Il écrit dans un avertissement : Il est condamné, en , à quinze mois de prison avec sursis puis relaxé en appel en 1979.

Michel-Georges Micberth a publié un roman, des pamphlets, essais, poèmes et dessins humoristiques sous le pseudonyme de FreuslonBiographie, sur le site consacré à Micberth.. À partir de 1986, il s'est consacré à l'édition de la collection Monographies des villes et villages de France qui comptait, en 2011, parus dont de nombreux dictionnaires départementaux.

Las des incessantes poursuites judiciaires provoquées par la violence de ses textes, Micberth cesse d'écrire des pamphlets dans les dernières décennies de sa vie. Il a fait sienne cette pensée de PascalMicberth et les années 60, , . :

Michel-Georges Micberth meurt le à Autremencourt dans l’Aisne. Son épouse et collaboratrice, Virginie Beaufils-Micberth, poursuit son œuvre éditoriale

L'éditeur

Au cours de sa vie professionnelle, Micberth a publié un peu moins de dont sur l'histoire locale de la France. Il a rapidement rattaché à sa structure éditoriale et à son réseau commercialLe Livre d’histoire-Lorisse., une imprimerie qui lui donne une totale liberté de créationLorisse numérique. et une librairie en ligne qui sert encore aujourd'hui les particuliers et les libraires spécialisés.

Dès le premier choc pétrolier en 1973, il s'attache à faire de la reprographie une technique d'imprimerie aussi fiable que jadis l'offset. Ce qui a pour effet de proposer aux lecteurs des petits tirages sur des sujets à faible public avec un prix de vente par ouvrage qui ne soit pas trop prohibitif. Trente ans plus tard, le moindre imprimeur de labeur sera doté d'un matériel de reprographie, procédé leader dans les pays occidentaux.

Controverse concernant l'extrême droite En , le directeur de La Tour de feu, revue philosophico-poétique, qui publie Adrian Miatlev, écrit, à propos du jeune poète Micberth : Avec cette apostrophe naît une sulfureuse légende, selon laquelle Micberth serait d'extrême droiteLe Monde du 15 juin 1976. « L'extrême droite à la recherche de son avenir » par Bernard Brigoulex..

Micberth se dit, lui, de droite, tout en étant libertaire dans ses révoltes contre la sociétéFR3 Tribune Libre. 20 avril 1976, Vers une Nouvelle Droite réalisée par J.-C. Michelot. 3 juin 1977, Apologie de l'abstention réalisée par Jean Douchet. 19 décembre 1979, Il y a « Nouvelle droite » et Nouvelle droite réalisée par J.-C. Lemonnier., il est l'auteur de Ch… dans la gueule de Dieu et se torcher le cul avec « Présent »Le Nouveau Pal. septembre 1982. . .. On pouvait lire en 1984, sous sa plume, dans un article surtitré Colère :