Guy Ducoloné, né le à Monsempron-Libos (Lot-et-Garonne) et mort le à l'hôpital Georges-Pompidou de Paris, est un homme politique français.

Membre du Parti communiste français, il s'engage dans la Résistance pendant l'Occupation allemande et survit à la déportation à Buchenwald.

Il est député de 1964 à 1988 et vice-président de l'Assemblée nationale de 1981 à 1986. Il est également conseiller général de la Seine de 1953 à 1967, puis des Hauts-de-Seine de 1967 à 1988.

Biographie Fils de Charles Ducoloné et de Honorine Delage, ils habitent à Périgueux avant de s'installer quelques années plus tard dans le de Paris. Guy Ducoloné est fraîchement titulaire d'un CAP d'ajusteur quand il adhère en 1936, avec l'avènement du Front populaire, à la CGT. Ouvrier métallurgiste, il milite à la Jeunesse communiste puis au Parti communiste français l'année suivanteOlivier Mayer, « Le courage tranquille de Guy Ducoloné », humanite.fr, ..

Mobilisé en 1939, il rentre à Paris à sa démobilisation et s'engage dans la Résistance, prenant la tête de la Jeunesse communiste avec laquelle il organise des manifestations dénonçant l'Occupation allemande. Membre du Front national pour l’indépendance de la France, il participe à plusieurs opérations de sabotage contre les forces d'occupation qui lui valent d'être arrêté en , torturé et incarcéré successivement à La Santé, Fresnes, Melun, Châlons-sur-Marne et Compiègne, avant d'être déporté en 1944 au camp de Buchenwald, où il participe à l'organisation de la résistance intérieure du camp au sein du « Groupe des Intérêts Français » sous l'égide de Marcel Paul. Il participe à la libération du camp à l'arrivée des troupes américainesLes archives de l'Humanité - Guy Ducoloné raconte la libération, article paru dans l'édition du 11 avril 1995., et préside pendant dix ans l'Association française Buchenwald Dora et Kommandos, créée au retour des déportés, le , et milite en parallèle à la Fédération nationale des déportés et internés résistants et patriotes (FNDIRP). Lors de la commémoration, en , du de la libération du camp de Buchenwald, il a déclaré :

À son retour de déportation, il rentre à Paris et épouse Madeleine Vincent en 1946, communiste déportée comme lui, ils auront un fils, Daniel.. Guy Ducoloné prend des responsabilités croissantes au sein de l'Union de la jeunesse républicaine de France (UJRF), organisation liée au PCF ayant pris la suite de la Jeunesse communiste en 1945. Il entre ainsi au secrétariat national de l'organisation de jeunesse en 1948, puis, à la suite du départ de Léo Figuères (secrétaire général de l'UJRF depuis 1948) pour le Vietnam en 1950, il assume de fait la charge de secrétaire général de l'UJRF. Élu officiellement à ce poste en 1953, il demeure secrétaire général jusqu'au congrès de 1955.

En parallèle, il intègre en 1950 le comité central du PCF, et en devient l'un des secrétaires auprès de Maurice Thorez en 1956.

Très engagé contre les guerres d'Indochine et de Corée comme dirigeant de l'UJRF, il est emprisonné en 1952 pour dans le cadre du qui voit, de manière fantaisiste, les dirigeants communistes accusés d'espionnage après la découverte de pigeons morts dans le coffre de la voiture de Jacques Duclos à l'issue de la manifestation du 28 mai du Mouvement de la paix contre la venue de général américain Matthew Ridgway engagé dans la guerre de Corée.

Incarcéré à la prison de Fresnes, Guy Ducoloné est néanmoins élu au conseil général des Hauts-de-Seine en 1953 pour le canton d'Issy-les-Moulineaux, et sort à la suite du non-lieu de l'ensemble des inculpés après onze mois de détention. En 1964, il succède à Léon Salagnac, décédé, comme député de la Seine, puis des Hauts-de-Seine de 1967 à 1988, mandat au cours duquel il devient la ..

vignette|Guy Ducoloné (député et vice-président de l’Assemblée nationale) brutalisé par la police le lors d'une séance du conseil général des Hauts-de-Seine. Il y eut une manifestation des dix de Renault et du PCF dans l'hémicycle contre la vente des terrains des usines Renault à Boulogne-Billancourt (treize hectares).

vignette|Les 10 de Renault soutenus par Guy Ducoloné PCF sont dix ouvriers de Renault-Billancourt, syndicalistes CGT, traduits en justice par la direction le 26 octobre 1987, un an après leur licenciement.

Habitant dans un quartier à forte communauté d'origine arménienne, il a été un fervent partisan de la loi reconnaissant officiellement le génocide arménienLes archives de l'Humanité - Guy Ducoloné, article paru dans l'édition du 25 avril 1995..

Il est élu vice-président de l'Assemblée nationale à deux reprises : du au , et du au . Lors des événements de Mai 68, Guy Ducoloné, fait partie des vingt députés communistes qui déposent, avec quarante-neuf autres, une motion de censure le à l’Assemblée nationale, laquelle condamne le régime gaulliste qui « dix ans après sa prise de pouvoir […] refusant tout dialogue véritable, contraint les étudiants, les enseignants, les paysans, les ouvriers les jeunes sans emploi, à recourir à des manifestations de rue d’une exceptionnelle ampleur..

Aux élections municipales de 1977, il échoue d'extrême justesse (quarante-quatre voix) face au maire sortant centriste d'Issy-les-Moulineaux, remplacé trois ans plus tard par André Santini. En 1981, il est élu pour cinq ans au conseil régional d'Île-de-France.

Mandats Conseiller municipal de sa ville d’Issy-les-Moulineaux Conseiller général de la Seine, de 1953 à 1967 ; Conseiller général du canton d'Issy-les-Moulineaux-Ouest, de 1967 à 1988 ; Député de la Seine, puis des Hauts-de-Seine, de 1964 à 1988 ; Vice-président de l'Assemblée nationale de de 1976 à 1977 et de 1981 à 1986, puis député honoraire.

Honneurs . Guy Ducoloné a été fait chevalier de la Légion d'honneur le , puis promu au grade d'officier le au titre de déporté-résistant. . Les insignes de commandeur dans l'ordre national du Mérite lui sont remises le . . .

Notes et références

Pour approfondir Bibliographie Guillaume Quashie-Vauclin, L'Union de la jeunesse républicaine de France. 1945-1956. Entre organisation de masse de jeunesse et mouvement d'avant-garde communiste, M2, Paris-I, . Guillaume Quashie-Vauclin, L'Union de la jeunesse républicaine de France. 1945-1956. Entre organisation de masse de jeunesse et mouvement d'avant-garde communiste, Paris, L'Harmattan, 2009. Philippe Robrieux, Histoire intérieure du parti communiste, t. , Biographies, chronologie, bibliographie, Paris, Fayard, 1984. Sylvia Zappi, « Guy Ducoloné, ancien député communiste », Le Monde du .

Articles connexes Liste des députés des Hauts-de-Seine

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