vignette|Type de charrue courant en grandes cultures en Europe en 2025 : brabant porté à cinq corps, rasettes, versoirs avec déflecteurs (complètent le travail des rasettes et évitent le bourrage sur l'étançon), lame de raie large sur le dernier versoir pour faciliter le passage des pneus dans la raie, coutre circulaire seulement derrière le passage des roues hors-raie. Le tracteur d'au moins 150 ch doit être fortement lesté.
La charrue est un instrument aratoire utilisé en agriculture pour labourer les champs.
L'étude des noms que portent la charrue et l'araire dans les dialectes germaniques et slaves permet d'assurer que la charrue était suffisamment connue pour posséder son nom particulier en Europe centrale entre le et le ..
Elle s'est plus largement répandue en Europe lors de la révolution agricole du Moyen Âge (-), où son utilisation, conjointement à celle du fumier, a permis d'augmenter la productivité agricole.. La charrue se distingue de l'araire par le fait qu'elle est munie d'un versoir qui rejette la terre d'un seul côté (travail dissymétrique) ; ainsi, elle retourne la terre au lieu de simplement la scarifier.
Ne retournant pas la terre, la charrue-chisel (ou chisel, parfois paraplow) n'est pas à proprement parler une charrue mais un décompacteur. Il en est de même pour la charrue-taupe qui est un outil de drainage basé sur un châssis de sous-soleuse.
Le labour permet d'ameublir la terre et de la préparer à recevoir le semis. Il permet également d'enfouir les résidus des cultures précédentes, les mauvaises herbes, le fumier, et accélère la minéralisation de la matière organique en faisant augmenter la température du sol.
Les charrues modernes, mues par des tracteurs de plus en plus puissants, peuvent comporter de nombreux corps travaillant décalés en parallèle. Définition Une charrue est un instrument aratoire dissymétrique, disposant d'un attelage, utilisé pour un travail du sol profond appelé « labour ». Les principales pièces composantes, utiles au travail, de cet outil sont le soc et le versoir, auxquels peuvent s'ajouter un coutre et une rasette. L'action de la charrue est de découper une tranche de terre et de la retourner sur un côté de l'axe de l'action du fait de son versoir.
Lorsque tous ces éléments sont présents (attelage avec roues, soc, versoir, coutre) et en partie en fer, ce qui est en fait rarement le cas avant 1700, on parle parfois de charrue lourde. Le coutre et les roues remplacées par celles du tracteur font souvent défaut sur les charrues modernes.
Étymologie C'est l'avant-train d'attelage, une sorte de chariot, du latin impérial carruca, « char d'apparat »., qui est à l'origine du mot « charrue ». Il est cependant absent sur les charrues portées.
Historique
Historique vignette|Charrue chinoise en fer, 1637, d'après Tien Kung Jai Wu. En Chine, il existe des représentations d'araire à soc en fer tirés par des buffles depuis le avant notre ère et qui semblent adaptés à la culture de terres lourdes.. Sous l' Empire Han (-206 av. J.-C. 220 après J.-C.) apparait la charrue lourde à versoir computersmiths.com - Encyclopedia Brittanica / History of Chinese Invention - Iron Plow .
Pline décrit des instruments aratoires qui peuvent déjà être qualifiés de charrues.. Ils ont été utilisés couramment en Bretagne, en Rhétie et au nord de la Gaule au moins depuis le ..
En 1955, la charrue a été définie comme un outil aratoire à structure dissymétrique. Depuis, c'est cette caractéristique qui la distingue de l'araire qui est un outil aratoire à structure symétrique. Ce point impliquerait qu'historiquement, la charrue n'est pas une évolution de l'araire mais une différentiation pour un outil spécifique utilisé pour des labours dans un type de terres particulier.
Selon André Marbach, le retournement du sol avec soc symétrique à deux lumières et coutre à appendice est apparu en Gaule dès le ..
L'anthropologue Pierre Reignez (CNRS) constate qu'étant donné la rareté des pièces archéologiques et des représentations iconographiques, il n'est pas possible de réaliser une typologie des instruments aratoires avant le ; tous les socs retrouvés sont de type symétrique et la conservation d'éventuels versoirs en bois parfois renforcés de minces tôles de fer est insuffisante pour permettre leur caractérisation ; il envisage de plus que certains araires aient pu être employés pour fournir un travail dissymétrique, par exemple en les forçant à travailler en biais. ou en les munissant d'une reille orientable..
Il est difficile de faire la différence entre araire et charrue dans l'œuvre d'Olivier de Serres, qui a scrupuleusement observé les pratiques françaises. Il constate que chaque petite région avait son type d'instrument aratoire susceptible d'être modifié selon les besoins. Il en résultait une extrême diversité.
Description technique comparative avec l'araire gauche|vignette|Charrue vers 1250, Dessin extrait du Miroir des Saxons de Heidelberg. L'araire est typiquement utilisé dans les zones méditerranéennes ou semi-arides et travaille à de profondeur. On effectue plusieurs passages éventuellement croisés. La charrue est apparue pour exploiter les sols à climat océanique où l'humidité et la végétation indésirable pouvaient poser des problèmes insurmontables pour préparer le semis. Elle est nécessaire pour enfouir le fumier. La profondeur de travail varie le plus souvent de 15 à .
Les éléments essentiels d'une charrue sont à peu près les mêmes que ceux de l'araire : age, sep et mancherons. Mais l'ajout d'autres pièces entraîne d'importantes modifications : c'est d'abord l'avant-train, muni de roues de dimensions souvent inégales pour permettre à la charrue de garder sa stabilité lors du labour (une roue passe sur la terre non encore travaillée, l'autre au fond de la raie précédemment tracée) ; surtout si elle ne comporte pas d'avant-train, la charrue peut être munie d'un régulateur de direction forçant le soc à labourer large.. Le coutre, autre élément nouveau par rapport à l'araire, est une lame de fer destinée à découper la motte de terre, qui sera ensuite soulevée par le soc et renversée par le versoir. La charrue, beaucoup plus lourde que l'araire, nécessite la présence de deux mancherons pour assurer une meilleure conduite par le laboureur. Lage devient un axe très long sur lequel sont fixées toutes les pièces travaillantes. Soc et versoir sont dans le prolongement l'un de l'autre, formant parfois une seule pièce reliée à l'age par les étançons et située sur le côté de celui-ci (le principe du labour à la charrue repose sur la dissymétrie).
Charrues simples, réversibles, multicorps Voir Labour#Types de labour pour une typologie plus précise des types de labour, lesquels orientent le choix du type de charrue, selon Ados, billon, planche de labour : les mots.vignette|Charrue au travail, tirée par deux bœufs, l'homme les dirigeant à l'aide d'une longue gaule. Cette charrue en bois comporte une reille (soc-coutre de couleur acier). Les Très Riches Heures du duc de Berry, miniature du mois de mars, années 1440, musée Condé, Chantilly, Ms. 65, f.3.|alt=gauche|vignette|Labour en planches. A : en adossant. B : en refendant. 1 : fourrière ; 2 : enrayures ; 3 : ados ; 4 : sillon (rayage). En sa forme primitive, la charrue simple est parfaitement adaptée au labour en billons et à sa variante la plus fréquente, le labour en planches. En effet, si la charrue n'est pas réversible, le laboureur est obligé d'alterner les passages de chaque côté du premier sillon ; le trajet en fourrière s'allonge donc à chaque sillon dans le cas de travail en adossant. Ce type de labour qui laisse une rigole à chaque reprise de billon est excellent dans les sols humides, dont il facilite le drainage ; par contre, il n'est guère nécessaire dans les régions à sol sain ni en pays méditerranéen où on lui préfère le « labour à plat ». : pour cela, on peut modifier l'orientation du soc et du versoir de façon à renverser la terre toujours dans la même direction (on dit qu'on adosse toujours du même côté). S'il est facile de modifier l'inclinaison d'un araire, muni de deux oreilles symétriques à l'axe, la chose se complique avec une charrue. Mais très vite sont nés des instruments de type tourne-oreille qui ont permis de simplifier la tâche du laboureur : l'oreille y est un versoir mobile, que l'on fixe alternativement d'un côté et de l'autre de l'age chaque fois que la charrue arrive à l'extrémité de la raie. vignette|Labour en rizière avec un buffle et une charrue tenue par un enfant, Laos, 2009. Ces modifications étaient fastidieuses. Aussi, dès qu'on a pu disposer d'équipages de trait suffisamment robustes, on a rajouté à la charrue un second ensemble soc-versoir-coutre orienté différemment ; il suffit alors de basculer la charrue pour amorcer le sillon à la suite. La charrue en est notablement alourdie, ce qui améliore sa tenue dans le sol. La charrue reste dite monocorps (un seul corps travaille à un moment donné).
Il existe plusieurs dispositions : balance, quart-de-tour, Brabant à corps opposés, suivant le type de pivotement. On a fabriqué ensuite des charrues réversibles (brabant) à plusieurs corps placés en décalage longitudinal et latéral sur une poutre principale.
Le labour à plat s'est imposé dans toutes les régions du monde avec les grandes cultures industrielles ; il laisse en effet de grandes surfaces uniformes jugées idéales pour l'utilisation de matériel de forte puissance.
La mécanisation La mécanisation consiste d'abord en la mise en place de réglages variés. Les premiers tracteurs tiraient les charrues de la même façon que l'auraient fait des animaux de trait. On mit ensuite au point des systèmes d'attelage avec relevage assisté mécaniquement pour les outils lourds. Le train à roues de la charrue est alors supprimé. L'invention du relevage hydraulique trois points par Harry Ferguson en 1919 révolutionna le labour. Il permet une manipulation simple de la charrue et autorise le transfert de charge de l'avant du tracteur, que l'on peut lester, sur l'essieu arrière, ce qui augmente considérablement l'adhérence des roues arrière motrices (il y avait peu de tracteurs à quatre roues motrices à l'époque). Il réduisait à peu l'avantage des tracteurs à chenilles sur les tracteurs à roues pour le labour. Il y est adjoint un contrôle mécanique automatique de la profondeur de travail ou de l'effort. L'ensemble constitue le Ferguson system. Il devient une norme internationale en 1948. Charrue Pluchet La particularité de la charrue Pluchet, exposée au Compa, conservatoire de l'Agriculture, à Chartres, est de présenter un réglage du labour en hauteur et en largeur, réglage qui se fait en conduisant et non en l'arrêtant. Cette charrue, mise au point par Vincent Charlemagne Pluchet en 1829, sera utilisée dans les fermes du plateau de Trappes jusqu'à l'arrivée des tracteurs dans les années 1950..
Charrue brabant vignette|Charrue brabant (réversible) monocorps avec rasettes et coutres ; le sep et le talon du corps supérieur et le réglage de profondeur (au-dessus des roues) sont bien visibles.|alt= Pour faciliter le labour à plat, on arrive à la charrue brabant double (devenue simplement le « brabant » pour les professionnels). L'instrument est composé de deux corps de charrue superposés que le cultivateur, à l'aide d'une poignée, fait pivoter de 180° ou de 90° (cas du brabant dit quart de tour) autour de l'axe quand il arrive à l'extrémité des raies. On se retrouve donc avec deux coutres, deux socs, deux versoirs et deux rasettes. L'avant-train automatique avec chaîne de traction lissant la profondeur de travail et régulateur de direction entraîne la suppression des mancherons, réduits le plus souvent à de simples poignées. Elles sont cependant lourdes à retourner à la main.
Charrues contemporaines
Description d'une charrue simple