Gonzague, duc de Mantoue et de Montferrat, membre de la maison de Gonzague-Nevers, en italien Gonzaga, est un prince né le à Paris (France) et mort le à Mantoue (Italie), à l'âge de . Il est le premier prince d'Arches.
Biographie
Enfance Petit-fils de , duc de Mantoue, fils de Louis de Gonzague, duc de Rethel, prince de Mantoue, et d'Henriette de Clèves, duchesse de Nevers, comtesse de Rethel, Charles est né à Paris dans l'hôtel de Nevers. Fortuné, parent d' (ils descendaient tous les deux de Charles de Bourbon-Vendôme) et de plusieurs maisons souveraines, il reçoit une solide éducation tant intellectuelle que militaire.
Ayant atteint l'âge de treize ans et portant le titre de courtoisie de duc Charles de Nevers, il accompagne son père en ambassade auprès du pape et a l'occasion de visiter les cours de Rome, Florence et fait connaissance avec Mantoue où règne son cousin germain .
Le il reçoit le titre et la fonction de gouverneur de Champagne avec enregistrement le . Il le transmet « en survivance » à son fils François de Paule de Gonzague, duc de Rethelois, mais du fait de sa mort prématurée le , François de Paule ne succède pas à son père ; le gouvernement de Champagne passera en 1631 à Louis de Bourbon-SoissonsJean Duquesne, Dictionnaire des Gouverneurs de Province, éditions Christian, Paris, 2002 , , 164..
À , en 1595, pour porter secours à Jean de Montluc, gouverneur de Cambrai, il entre dans la ville assiégée par Louis de Berlaymont et des troupes espagnoles, avec une force de . La ville tombera quand même aux mains des assiégeants.
Peu de temps après, le , son père Louis meurt à Nesle et Charles se retrouve duc de Nevers et de Rethel de plein droit.
Mariage Il épouse, le , à Soissons, Catherine de Lorraine, fille de , duc de Mayenne et de Bar (de la Maison de Lorraine-Guise ; c'est le célèbre Mayenne qui s'opposa à ), et d'Henriette de Savoie-Villars.
Après son mariage, il prend le temps de sillonner quelque peu l'Europe, rendant visite à nombre de cours souveraines, s'instruisant au passage sur l'art de la guerre : ce seront la Flandre, l'Angleterre, la Hollande, la Frise, le Hanovre, le Danemark, la Poméranie, le Brandebourg, la Saxe, la Bohême, la Pologne et l'Autriche qui seront ainsi visités. Il va participer, en , aux côtés des troupes impériales, à un siège de la ville de Buda en Hongrie tenue par les troupes turques, siège au cours duquel il va être blessé, ce qui mettra un terme à son voyage et le ramènera en France. Pendant ses pérégrinations, le , Henriette de Clèves-Nevers, mère de Charles, meurt à Paris en son hôtel de Nevers.
Le , le jour même de ses , il fait commencer les travaux de ce qui va devenir Charles-Ville. Le lieu choisi est situé en son duché de Rethel, à environ au nord de cette ville, dans une boucle de la Meuse juste en face de la citadelle de Mézières. Près de de travaux seront nécessaires pour en faire une ville digne de ce nom. Mais, dès 1608, il en fait la capitale de sa principauté d'Arches.
Charles et Catherine sont sincèrement pieux. En atteste leur quasi-frénésie de création de fondations pieuses, abbayes, monastères, collèges ou hôpitaux, les projets de croisade toutefois déçus, ou le décès de Charles vêtu en moine franciscain en 1637. Ils ont ensemble six enfants : François, né le , qui portera, à partir à sa majorité en 1619 (treize ans) le titre de courtoisie de duc de Rethel et mourra le à l'âge de seize ans ; , né en 1609, qui deviendra, en 1621 à la mort de son oncle maternel Henri, duc de MayenneLe titre de duc de Mayenne est associé à celui de duc d'Aiguillon (voir Aiguillon, département de Lot-et-Garonne), titre créé en 1599 pour Henri de Mayenne, frère de Catherine, marquis de Villars (voir Villars-les-Dombes, département de l'Ain) et comte du Maine, ainsi que comte de Tende (voir Tende, département des Alpes-Maritimes) et comte de Sommerive (voir Sommariva del Bosco, région du Piémont, Italie), transmis par Charles Emmanuel, frère de Catherine, mort en 1609 qui les tenait, par son père Mayenne, de sa mère Henriette de Savoie-Villars. et d'Aiguillon sous le titre de de Mayenne, puis reprendra, en 1622 à la mort de son frère aîné, le titre de courtoisie de duc de Rethel et mourra en 1631 à l'âge de . Postérité de son mariage avec sa cousine Marie de Mantoue : suite des ducs de Nevers, Rethel, Mayenne, Montferrat et Mantoue ; Ferdinand, né en 1610, qui deviendra, en 1631, à la mort de son frère Charles, duc de Mayenne et d'Aiguillon sous le nom de Ferdinand de Mayenne et mourra en 1632 à l'âge de ; Louise-Marie, née en 1611, qui épousera successivement deux rois de Pologne, , dont elle sera veuve, puis son demi-frère , et mourra en 1667 à l'âge de ; Bénédicte, née en 1614, qui prononcera ses vœux en 1633, deviendra abbesse d'Avenay près d'Épernay (actuel département de la Marne, France) et mourra le à l'âge de . ; Anne, née en 1616, qui épousera en 1639 , le petit-fils du célèbre Balafré assassiné sur ordre du roi Henri III, dont elle divorcera en 1641 pour se remarier avec Édouard de Bavière-Palatinat (Pfalz-Simmern), petit-fils maternel du roi - Stuart d'Ecosse et d'Angleterre, avec qui elle aura une nombreuse postérité qui s'unira à maintes maisons nobles d'Europe (par exemple les Este-Modène (par Charlotte-Félicité femme de Renaud III de Modène d'où les Orléans-Penthièvre dont le roi Louis-Philippe ; les Condés suivis des Orléans, dont le même Louis-Philippe, d'où les Saxe-Cobourg des Bulgares () ou des Belges (Louise) ; ou les Saxe par Wilhelmine-Amélie, femme de l'empereur de Habsbourg, d'où , , , d'où les Bourbon-Parme (), dont l'impératrice Zita…). Elle mourra en 1684 à l'âge de , héritière de la maison de Lorraine-Guise par sa mère, et c'est par elle que le titre de duc de Guise est passé aux Condés puis aux Orléans.
Cependant, les treize années qui vont suivre vont être, pour le couple mais surtout pour Catherine, une sombre période de décès consécutifs :
le , Charles Emmanuel, frère de Catherine, meurt à Naples ; le , Charles, père de Catherine, meurt à Soissons ; le , Henriette, mère de Catherine, meurt à Soissons ; le , son épouse Catherine meurt à Paris en l'hôtel de Nevers ; le , Henri, frère de Catherine, meurt à Montauban ; le , François, fils aîné de Charles et Catherine, meurt à Charleville. En 1616, à l'emprisonnement du prince de Condé par la régente Marie de Médicis, Charles prend la tête de la grogne de la noblesse envers une royauté affaiblie.
Succession de Mantoue
Le , a lieu à Mantoue le mariage de son fils cadet héritier Charles (François, l'aîné, est mort en 1622) avec Marie, fille de et nièce du duc . Le mariage a été prévu et arrangé par le duc régnant, qui, sans doute inquiet de la succession des duchés de Mantoue et Montferrat (le second ayant connu une guerre de succession durant la décennie précédente), voit là l'occasion de donner une suite à son règne. Son père et le père du marié (Louis de Gonzague-Nevers) étaient cousins, Marie est sa nièce, la fille de son frère l'ancien duc .
Mais, le jour même de ce mariage, le duc Vincent meurt, ouvrant ainsi instantanément la succession des duchés, l'union entre ces deux branches de la maison de Mantoue n'ayant pas assez de légitimité pour revendiquer seule le trône ducal. Dès lors vont se déchaîner tous les appétits : d'un côté, l'Empereur souhaite installer sur ce trône vacant , duc de Guastalla, qui lui est fidèle, et le duc de Savoie, , allié à l'Empereur, qui espère annexer le Montferrat ; d'un autre côté, Charles qui se considère comme le plus proche parent dans les mâles de et veut assumer sa succession, soutenu par le roi de France qui défend son fidèle duc de Nevers. À tout cela, se mêle le pape qui s'oppose à l'Empereur et défend Charles. Un nouvel épisode de la lutte des guelfes (partisans de la Papauté) contre les gibelins (partisans de l'Empereur) s'ouvre, sur fond de guerre de Trente Ans. Dès 1628, les troupes impériales s'emparent de Mantoue, mais l'empereur doit également s'occuper de l'invasion de ses terres par le roi de Suède Gustave Adolphe ; il accepte donc de traiter avec le camp du duc de Nevers. Le traité définitif de Cherasco sera signé le qui confirmera à la tête des duchés de Mantoue et de Montferrat, tandis que la Savoie s'approprie une partie de ce dernier.
Fin de vie
En 1628, il vendit sa fabuleuse collection d'art au roi , collectionneur passionné, par le biais de Daniel Nijs.
À son tour, Charles est frappé dans sa famille :
le , son fils puîné et héritier le duc Charles de Mayenne, d'Aiguillon et de Rethel, meurt à Cavriana près de Mantoue ; le , son fils benjamin Ferdinand duc de Mayenne meurt.
Son petit-fils Charles, fils du cadet Charles, né en 1629, est la seule descendance masculine qui reste à Charles.
Dès lors, partagé entre ses duchés italiens et sa principauté ardennaise, il va consacrer son énergie à gérer les premiers et à poursuivre la construction de Charles-Ville.
Charles meurt le dans son palais ducal de Mantoue. Toute sa vie, il aura montré l'image d'un prince-soldat de la Renaissance menant grand train, croyant, cultivé et bâtisseur.
La succession de Charles sera assumée par son petit-fils Charles qui réunira les cinq titres ducaux de son ascendance, Nevers, Rethel, Mayenne, Mantoue, Montferrat, le cardinal de Richelieu ayant réuni le duché d'Aiguillon à la couronne de France. Il héritera également de la principauté d'Arches dont il sera le . Les prétentions impériales grecques vignette|La péninsule du Magne dans la Grèce actuelle Le prince Charles de Gonzague est un descendant, par sa grand-mère paternelle Marguerite de Montferrat, de la maison des derniers empereurs romains d'Orient, les Paléologues. Ainsi, il est considéré par certains comme un héritier potentiel, voire légitime, du trône byzantin.
Ce cas est notamment illustré par une tentative d'insurrection organisée dans le Magne entre 1612 et 1619. En effet, la population grecque de cette région, encouragée par le clergé, voyait en ce descendant d'Andronic II une solution à la pression exercée sur les populations non musulmanes par l'empire ottoman. Les instigateurs grecs, en tenant informé le duc de Nevers sans que ce dernier n'y participe réellement, échafaudent un plan permettant de soulever tous les chrétiens des Balkans et de Grèce contre le pouvoir turcique. Il est soutenue en cela par le père Joseph, le diplomate Pierre de Médicis ou encore Louis XIII.
Le duc de Nevers affrète cinq navires qui brûlent dans le port de Sète, ce qui met fin à sa brève tentative de conquête de la Grèce.
Si Charles de Gonzague est soutenu par la population grecque, il ne devrait pas être en soi apte à revendiquer la légitimité du trône byzantin. Le dernier prétendant grec, André Paléologue, ayant légué ses prétentions aux rois d'Aragon en 1502, le prétendant sur la période 1612-1619 est alors Philippe III, roi d'Espagne.
Titres Il est :
duc de Nevers () en 1601 à la mort de sa mère ; duc de Rethel () en 1601 à la mort de sa mère ; prince d'Arches () en 1608 ; prince de Porcien en 1608 par achat ; duc de Mantoue () en 1631 à la suite de la guerre de Succession de Mantoue ; duc de Montferrat (), en même temps que Mantoue ; .
Généalogie
Ascendance
Descendance
Voici la descendance de de Mantoue, sur trois degrés : (1580-1637), duc de Mantoue, de Montferrat, de Nevers et de Rethel, d'Arches x 1599 Catherine de Lorraine (1585-1618), fille de , duc de Mayenne et de Bar │ ├──> (1606-1622), duc de Rethel par courtoisie │ ├──> (1609-1631), duc de Mayenne et duc de Rethel │ par courtoisie │ x 1627 Marie de Mantoue (1609-1660), fille de , duc de Mantoue │ │ │ ├──> Éléonore (1628-1686) │ │ x 1651 (1608-1657), roi de Hongrie et de Bohême, │ │ │ empereur germanique │ │ │ │ │ ├──> Thérèse Marie Josèphe(1652-1653) │ │ │ │ │ ├──> Éléonore (1653-1697) │ │ │ 1) x 1670 Michel Wisniowiecki (1640-1673), roi de Pologne │ │ │ │ │ │ 2) x 1678 (1643-1690), duc de Lorraine │ │ │