Émile Joseph Duzer est un colonel de l'armée française, né le à Orléansville dans l'actuelle Chlef en Algérie, mort le à Tours (Indre-et-Loire), combattant de la Première Guerre mondiale et de la Campagne du Maroc.

Biographie

Le grand-père d'Émile Duzer, Jean-Louis (° Laymont), et se marie à Ténès le , trois ans après le passage de cette région sous administration française, en y faisant venir une payse de son Gers natal, Ursule Medous. Ils y ont un fils, Louis Joseph, né , marié à Élise Burillon.

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Engagé volontaire au régiment de dragons le , sa parfaite maîtrise de l'arabe est vite repérée : il fait fonction d’interprète militaire, passe les examens requis et est nommé interprète stagiaire au conseil de guerre d'Oran dès juillet 1909 puis officier interprète de classe en . Sa première affectation d’officier des affaires indigènes est à El Aïoun Sidi Mellouk.

En fait ce n’est qu'une base arrière car, dès 1910, et au cours des années suivantes, il participe aux combats et aux opérations de « pacification » de la frontière marocaine. C'est ainsi qu'en 1910 il fait partie de la colonne Féraud. Interprète du colonel Eugène Féraud et directement partie prenante aux décisions d'un chef qu'il admire, il s'illustre en particulier dans des opérations de renseignement« Duzer, Officier Interprète de classe au service des renseignements du cercle d'Oujda. Envoyé pendant plusieurs mois à El Aïoun afin d'y intensifier le service des renseignements, a accompli cette mission avec son adresse coutumière. A fait naître les sources d'information les plus précieuses et, grâce à ses aptitudes spéciales à l'investigation, a permis de tenir plus court les tribus de la périphérie du poste. » (Bulletin Officiel, Maroc, 1915, ). inhabituelles pour l'époque, et assez proches de l'action des forces spéciales d'aujourd'hui. .

Service Historique de la Défense (Vincennes) dossier officier n° GR 8YE 97799..

À compter de début 1919, il est réaffecté dans le sud algérien (Aflou puis Djelfa) puis participe à la campagne du Rif au cours de laquelle on lui confie à plusieurs reprises le commandement de tribus ralliées utilisées comme troupes supplétives. Service Historique de la Défense (Vincennes) dossier officier n° GR 8YE 97799 octobre 1925, citation à l'ordre du corps d'armée en campagne au Maroc « Vient de se signaler à nouveau brillamment à la tête d’un groupement de partisans, pendant les opérations offensives du corps d'armée au Nord de Kifane. Le 30 septembre 1925, a été chargé de précéder l’infanterie à l’attaque du Kerkour, âprement défendu par un ennemi opiniâtre et retranché à la moderne. Refoulé une fois avec des pertes sensibles, est reparti à l'attaque après une préparation d'artillerie et a enlevé de haute lutte le sommet du Kerkour, soulevant par son audace et sa bravoure l'admiration de tous. »

20 octobre 1925, à l'ordre de la division de marche du Maroc

« Officier interprète du plus grand mérite. Après l’affaire du Kerkour (30 septembre) a su, avec beaucoup de tact politique pendant les trois jours suivants, exploiter un mouvement de soumission chez les Gzmaïa et par des reconnaissances à longue portée, a grandement facilité la progression ultérieure de la division avec laquelle il opérait. ».

Affecté à Alger le au Conseil de guerre d’abord, puis à la Direction des territoires du Sud le (Service des Affaires Indigènes au Gouvernement Général de l’Algérie), il ne quittera plus, jusqu'à l’indépendance, la capitale algérienne que pour des missions ponctuelles dans le sud et ne traitera pendant les 25 années suivantes que des affaires politiques jusqu'à sa retraite le .

Une fois passées les cérémonies du centenaire de l'Algérie, au cours desquelles il sert d’interprète au président Gaston DoumergueFilm des actualités cinématographiques relatant le centenaire de l’Algérie, où il apparaît :

https://www.youtube.com/watch?v=abj_hmUhPAQ à l’écran de 0:47 à 1:17, de 1:33 à 3:17, de 10:33 à 11:25 (en gros plan autour de la minute), 14:04 à 14:50

http://fresques.ina.fr/jalons/fiche-media/InaEdu04714/alger-accueille-le-president-gaston-doumergue.html à l'écran vers la fin de la seconde minute, en 1933 de sa propre initiative il adresse au gouverneur général d'Algérie Jules Carde un rapportLe rapport rédigé par Émile Duzer en 1933 figure au Centre des archives d’outre-mer (CAOM) sous deux références différentes :

- ALG GGA série H ref 10H90

- ALG GGA série CM ref 1CM3 où il analyse la montée du nationalisme algérien et alerte sur le caractère inéluctable de la perte de l'Algérie faute d’une politique adéquate.

Malgré cette conscience de la situation, il demeurera à Alger jusqu'à la fin, et ne quittera son pays natal qu'en . Auparavant, il aura réchappé à la fusillade de la rue d'Isly à Alger : le , il est au contact direct du barrage de la rue d'Isly tenu par le régiment de tirailleurs et tente même d'engager le dialogue en arabe avant que les tirailleurs n'ouvrent le feu. Il est indemne, allongé derrière un arbre à quelques mètres des tireurs, et il se demandera longtemps si ces quelques mots lui ont sauvé la vie. Son témoignage paraît dans la presse.

à l'âge de 76 ans.

Grades successifs

26/08/1908 : dragon de classe 25/09/1909 : interprète stagiaire 25/09/1911 : officier interprète de classe (sous-lieutenant) 23/09/1913 : officier interprète de classe (lieutenant) 19/04/1918 : officier interprète de classe (capitaine) 21/03/1932 : interprète commandant 25/03/1943 : lieutenant-colonel 01/01/1949 : colonelJ.O. , .

Distinctions

Croix de Guerre des T.O.E. avec deux étoiles Légion d'honneur.: Chevalier du , le général Boichut procédant à la remise de la croix lors d'une prise d'armes de la garnison de Taza le de la même année ; Officier du Commandeur du , insigne remis devant le font des troupes par le général Guy Schlesser le de cette année Commandeur du Ouissam Alaouite du

Médaille coloniale avec deux étoiles Médaille « Paz de Marruecos » (Espagne) Médailles commémoratives dont la médaille commémorative de la guerre 1914-1918 et médaille commémorative du Maroc

Vie familiale

Marié le à Ténès avec Julie Marie Gassier (1888-1953). Le couple a eu trois enfants : Alfred Émile Duzer, professeur d'hématologie au CHU de Dijon (1914-1985) René Louis Duzer, conservateur des hypothèques (1916-1982) Albert Robert Duzer, commerçant (1920-1986)

Notes et références

Voir aussi

Liens externes

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