Luniversité LovaniumNom latin de la ville de Louvain, en Belgique, en référence à l'université catholique de Louvain. était une université située dans les environs de Kinshasa en république démocratique du Congo. Elle fut fondée en 1954 par Luc Gillon de l'université catholique de Louvain (UCLouvain), située en Belgique, et resta liée à celle-ci jusqu'à son intégration dans l'université nationale du Zaïre en 1971-1972. L'actuelle université de Kinshasa est l'héritière de Lovanium.
Histoire Avant la fondation de Lovanium, l'UCLouvain possédait déjà plusieurs implantations au Congo belge. La Fomulac (Fondation médicale de l'université de Louvain au Congo), fondée en 1926, avait pour but de former des infirmiers et d'effectuer des recherches en médecine tropicale. Par ailleurs, l'UCL fonda en 1932 la Cadulac (Centres agronomiques de l'université de Louvain au Congo), dans la localité de Kisantu. Ces écoles formaient des agriculteurs congolais et ont été le noyau de la future université. L'abbé qui y collaborait avec les Jésuites y voyait déjà la future « université catholique au Congo belge »Hyacinthe Vanderyst: La future université catholique au Congo belge occidental, dans Revue missionnaire, 1927, ..
Quand le délégué apostolique au envisage la création d'une université catholique, il s'adresse aux missionnaires jésuites (1949). Le père Schurmans, directeur du centre universitaire de Kisantu, est chargé du projet. Après de nombreuses difficultés, il acquiert un terrain à une douzaine de kilomètres au sud de Léopoldville, sur le plateau de Kimwenza. Les premiers pavillons y sont construits en 1953. Dès l’année suivante, le projet est repris par l'université catholique de Louvain, malgré les réticences des milieux coloniaux et des partis socialistes et libéraux belges. Les cours débutent en 1954 et les premiers diplômes sont décernés dès 1958, sous la direction de professeurs d'universités belges. thumb|Université de Lovanium en 1959 Peu avant l'indépendance du Congo en 1960, Lovanium se détacha un peu plus de l'UCLouvain en devenant juridiquement indépendante, même si cette dernière continua d'apporter son aide financière et matérielle par la suite. Certains professeurs de l'UCLouvain partageaient en effet leur temps entre Louvain et Lovanium.
En , un recteur congolais, Tshibangu, diplômé en théologie de l'UCLouvain, succéda à Gillon. En 1971, en pleine zaïrianisation du Congo, Mobutu Sese Seko décida la fusion de l'université Lovanium avec les universités de Lubumbashi (fondée par l'université de Liège) et de Kisangani (fondée par des missionnaires protestants) dans une seule université, appelée université nationale du ZaïreD'après Roger Aubert, « L'Université Lovanium, témoin de la vocation internationale de l'UCL » dans Albert D'Haenens (dir.), L'Université catholique de Louvain. Vie et mémoire d'une institution, ..
Naissance de l'université Fondée en 1954, c’est-à-dire 529 ans après celle de Louvain, Lovanium était la première et la plus grande université du pays. En effet, en 1946 les pères jésuites décidèrent d'ouvrir des collèges d’humanités au Congo. En réaction aux futurs diplômés surgit l’idée de créer une université. De ce fait, la FOMULAC, la CADULAC et la section administrative et commerciale de Kisantu, furent regroupées sous le nom de Centre universitaire congolais Lovanium. On ne pouvait pas encore parler à ce stade-ci d’université car il ne s’agissait que d’un enseignement technique supérieur, l’appellation Lovanium servant à souligner l’origine de l’institution issue des réalisations de l’université de Louvain.
Une question cruciale se pose dans les années 1950, à savoir s’il est préférable d’organiser un enseignement universitaire en Afrique, ou bien d'envoyer les étudiants en Belgique pour qu’ils acquièrent leur diplôme universitaire. Le pouvoir colonial, lui, est réticent à l’idée de créer une université, étant d'avis que les Congolais n’ont pas la capacité intellectuelle nécessaire pour poursuivre des études universitaires. De plus, ils estiment qu’aucun des candidats ne remplit les conditions d’admissions de l'université catholique de Louvain. La création de cette université est vue comme « une aventure prématurée ».
C’est donc dans un contexte de méfiance et de réticence que naquit l’université Lovanium, en comparaison d’autres pays où la création d'une université était voulue comme symbole d’autodétermination, de souveraineté et de fierté nationale.
En effet, l’idée de créer une université congolaise surgit en 1947, et ce n’est que six ans plus tard que l’université Lovanium a vu le jour.
L’université est créée au Congo en 1954 par le pouvoir colonial et l’Église catholique. Les jésuites, le clergé séculier ainsi que l'université catholique de Louvain prirent en charge la direction de l’université et le contenu académique proprement dits. L'État colonial assurait l’essentiel du financement. Lors de la scission de l'université de Louvain en deux institutions de langues différentes, c'est l'université francophone de Louvain (l'UCLouvain), s'établissant à Louvain-la-Neuve, qui a poursuivi les relations avec l'université Lovanium.
Évolution Ce n’est que 2 ans après sa création, que Lovanium reçoit le statut d’université par l’arrêté royal du . L’existence d’un statut officiel pour l’université s’avère extrêmement bénéfique.
L’université rencontre un franc succès. Effectivement, il est observé une augmentation du nombre d’étudiants inscrits entre la première année académique et les années qui ont suivi.
Lors de la première année académique, l’université Lovanium ne compte que 33 étudiants inscrits. Rapidement, ce chiffre triple presque lors de la deuxième année académique, où le nombre d'inscrits est de 87. La troisième année ce chiffre reste en constante évolution, il y est compté 160 étudiants inscrits. La quatrième année, 249 étudiants inscrits. La cinquième année est celle qui précéda l’accession du Congo à l’indépendance, plus de 365 étudiants Congolais et non Congolais étaient inscrits à l'université Lovanium. L’augmentation du nombre d’étudiants inscrits à l’université donne tort aux personnes qui doutaient de la nécessité de créer une université au Congo.
Cependant, le nombre de diplômés ne suit pas le même rythme que le nombre d’étudiants inscrits. En effet, les premiers diplômes sont délivrés seulement en 1958, étant donné que le cycle d’étude le plus court est de 4 ans.
Lors de l'accession du Congo à l'indépendance en 1960, l’université remit une cinquantaine de diplômes seulement, le nombre de diplômés n’étant pas bien remarquable. Toutefois, après l'indépendance, le nombre de diplômes remis double presque d’année en année.
Du côté du corps professoralCorps de professeurs ou maîtres qui enseignent une ou des disciplines dans les universités, et établissements où s'exerce cet enseignement supérieur., on retrouve lors de la création de l’université qu’une poignée de professeurs, 7 plus précisément. Déjà 2 ans après sa création, l’université compte pas moins de 32 professeurs à son actif. Ce nombre double encore en 1958 où l’université compte 68 professeurs au sein de son établissement .
C’est par une loi de 1971 que Lovanium changea de nom et devint l'UNIKIN (université de Kinshasa).
Au , l'université Lovanium est l’université la plus prestigieuse d’Afrique centrale. En 2015, l'université de Kinshasa ne se retrouvait pas parmi les 150 meilleures universités africaines.
Fusions L’université Lovanium prend fin en 1971 par sa fusion avec l’université libre du Congo et l'université du Congo de Lubumbashi. Elle est renommée en université nationale du Zaïre. Cette fusion a mis fin au lien avec l'université catholique de Louvain. En 1980, l'université nationale du Zaïre est à nouveau séparée en trois universités : l'université de Kinshasa ; l'université de Kisangani et l'université de Lubumbashi.
Facultés L'université est composée de plusieurs facultés (dans l’ordre de création) : la faculté de médecine ; l'institut de psychologie appliquée et de pédagogie ; la faculté des sciences politiques sociales et économiques ; la faculté d’agronomie; la faculté de propédeutique général ; la faculté de propédeutique scientifique ; la faculté de philosophie et lettres composée de 4 sections : philologie africaine, philologie classique, philologie germanique et philologie romane ; la faculté polytechnique ; la faculté de sciences ; la faculté de théologie, qui est la seule faculté de théologie catholique de l’Afrique et enfin la faculté de droit.
Les programmes Les programmes sont des répliques fidèles des programmes enseignés dans les universités métropolitaines. Effectivement, le but est que l'université puisse accueillir des étudiants européens. Pour ce faire ils ont calqué autant que possible la législation belge sur l’enseignement supérieur afin que les étudiants européens puissent obtenir la reconnaissance de leurs diplômes en Belgique. Il n’empêche que Lovanium est consciente tout de même de la nécessité de prévoir des adaptations utiles et nécessaires de ces programmes.
L'Institut de recherches économique et sociale L'IRES est fondé en octobre 1956 dans le cadre de l'université Lovanium. Il est dirigé par un conseil, lui-même constitué des professeurs de la Faculté de sciences politiques, sociales et économiques. Il est divisé en 4 centres de recherches : le Centre de recherche économiques ; le Centre d'ethnologie et de sociologie ; le Centre d’études politiques ; le Centre de perfectionnement en gestion des affaires.
L’institut est financé en partie par l’université Lovanium ainsi que par d’autres organismes. L'objet de l'Institut est celui de fournir une explication globale des réalités complexes qui caractérisent le processus de transformation des pays en voie de développement et plus particulièrement l'Afrique et le Congo. Il y est abordé les aspects politiques, sociologiques et économiques de ce processus.
Centre d'étude des littératures romanes d'inspiration africaine Autrement appelé CELRIA, il est fondé et dirigé par le professeur Victor-P. Bol. Il a pour but de donner à la littérature africaine la place qui lui revient dans l’étude des lettres, ainsi que d’en entreprendre l’examen critique. Deux tâches principales se distinguent : celle de la critique approfondissant et nuançant l’affirmation d’une unité de lieu commun, ainsi que celle d’expliquer l'idée que l'Europe s’est faite de l'Afrique.
L'enseignement Le recteur vise un enseignement universitaire adapté au niveau des Congolais, il suggère donc l’emploi de manuels de base, de résumés de cours et de répétitions dans les principales langues nationales.
Budget et financement C’est le , lors de la signature d’une convention entre le ministre Dequae et le conseil d’administration de Lovanium que la question du financement de l'université fut évoquée.
Effectivement, c’est en vertu de ce texte que la Belgique s’est engagée à octroyer annuellement une aide couvrant les traitements du personnel laïc de l'université et de deux tiers des rémunérations du personnel belge exerçant à l'université Lovanium. Pour ce faire, en 1960, elle décide d’ouvrir un crédit d’une trentaine de millions. Elle est la principale ressource extérieure de l’université.
Architecture C’est en 1953 que les constructions débutent. Les forces coloniales, et plus précisément le major M. Boulengier démarrent la construction de l'université, celui-ci ayant une solide réputation en bâtiments militaire. La structure de l'université Lovanium se rapproche fortement à celle de l'université catholique de Louvain, dont elle est dépendante . L'université est située sur le mont Amba. Les premiers homes construits abritent les activités d’enseignement et les habitations étudiantes. En parallèle, la construction de cinq maisons de professeurs est entamée.
L'université dispose aussi d'une cafétéria et de plusieurs lieux de détente pour les étudiants comme des salles de jeux .