Henri Fertet, né le à Seloncourt (Doubs) et mort le dimanche à Besançon, est un résistant français.

Engagé dans la Résistance en 1942, il est arrêté puis fusillé par les Allemands à l'âge de seize ans. Il est nommé compagnon de la Libération à titre posthume en 1945.

À l'image de Guy Môquet, son nom est passé à la postérité comme symbole des sacrifices consentis par la résistance intérieure française durant la Seconde Guerre mondiale.

Biographie

Enfance Issu d'une famille catholique, né le 27 octobre 1926 à Seloncourt, Henri Claude Fertet est baptisé à Verdun le à l'église Saint-Victor. Fils d'un instituteur (également prénommé Henri, Auguste), il fait ses études primaires à Seloncourt, où ses parents sont en poste. En 1937, il entre au lycée Victor-Hugo de Besançon, son père ayant été affecté cette année-là à l'école de Velotte. C'est un élève passionné d'histoire.

Engagement dans la Résistance Lors des vacances d’été 1942, le jeune homme intègre un groupe de résistance localisé à Larnod près de Besançon et dirigé par Marcel Simon. En , le groupe désormais formé d’une trentaine de membres intègre l’organisation des Franc-Tireurs et Partisans (FTP) sous le nom de Guy Mocquet, choisi par FertetCf. Les bataillons de la jeunesse  d’Albert Ouzoulias, page 345. "Roger Bourdy... demande à Marcel Simon et Henri Fertet : quel nom proposez-vous pour votre détachement de franc-tireurs ? Henri Fertet répond, il faut nous appeler le détachement Guy Môquet". Le groupe s'organise dans l’objectif de la lutte clandestine.

Opérations Henri Fertet participe, comme chef d’équipe, à trois opérations : c’est tout d’abord l’attaque du poste de garde du fort de Montfaucon, le , dans l’intention de s’emparer d’un dépôt d’explosifs où se trouvent obus et armes légères. Vingt personnes des deux groupes sont divisées en deux, un groupe de six résistants reste au village où se trouve un poste avancé ; Henri en fait partie. Et un autre de quatorze personnes se porte ausite du fort. L’opération entraîne la mort d’une sentinelle allemande le soldat Friedrich Schmoch et en blesse une autre. Le 1 suivant, trois attentats ont lieu près de Saint-Vit, de Serre-les-Sapins et de Chateaufarine où il participe à la destruction d'un pylône à haute tension. Le sur la route RN 83 au Comice entre Besançon et Quingey, il prend part à l’attaque du commissaire Rothe des douanes allemand dans le but de lui subtiliser arme, uniforme et papiers. Henri Fertet tire sur le commissaire, le blessant mortellement ; il succomba le . L’arrivée inopinée d’une moto l’empêche de saisir les documents.

Arrestation et exécution vignette|Stèle du groupe Guy Mocquet à Larnod. Dans la continuité de l'arrestation d'autres membres du groupe à Larnod, il est arrêté par les Allemands le à 2h30, au domicile de ses parents dans l'école primaire de Velotte à Besançon où son père enseigne.

Interné à la prison de la Butte pendant 87 jours, il est fusillé le dimanche à à la citadelle de Besançon, à l'âge de seize ans, avec quinze de ses camarades..

Il est inhumé au cimetière de Saint-Ferjeux avec sept des autres fusillés. Leur sépulture commune, portant seulement des numéros est, malgré l'interdiction allemande, abondamment fleurie jusqu'à la Libération. Après la guerre, ses cendres, jointes à celles de son père mort entre-temps, sont dispersées à Sermoyer (Ain). Son nom figure au monument aux morts de cette commune.

Lettre d'adieu Au matin de son exécution, il écrit à sa famille une lettre d'adieu restée célèbre, car lue par Maurice Schumann à la BBC le .

Elle a été également diffusée par la presse clandestine : les Cahiers du Témoignage chrétien, d'août-, Libération d', France d’abord! de .

Des extraits de cette lettre sont lus le par le président de la République française, Emmanuel Macron, à l'occasion des cérémonies de commémoration du Débarquement organisées à Portsmouth.Lettre manuscrite : et .

Hommages Décorations Henri Fertet reçoit plusieurs décorations à titre posthume pour son engagement dans la Résistance :

par décret du

par décret du

Honneurs Déclaré mort pour la France, il est nommé aspirant des FFI en 1947, à titre posthume.

Postérité vignette|Plaque odonymique à Besançon. Une rue porte son nom à Besançon, ainsi qu'une place à Roche-lez-Beaupré, une allée en direction du fort de Montfaucon. Des établissements scolaires (l'école élémentaire du quartier de Velotte à Besançon, un collège à Sancey, le lycée des métiers de l'automobile à Gray) en Bourgogne-Franche-Comté portent son nom, ainsi que l'une des 19 rames du tramway de Besançon. Le 30 octobre 2025 s'est créée, à Besançon, l'association loi de 1901 : « À la mémoire d'Henri Fertet ». Le 15 septembre 2026, Emmanuel Macron annonce depuis la base aérienne 115 à Orange que la première promotion de volontaires du nouveau service militaire national portera le nom d'Henri Fertet : « Il faut un nom qui parle à votre génération, qui rappelle ce que la France doit à sa jeunesse [...]. Il a choisi de ne pas rester spectateur de son temps [...]. Le choix qu’il fit, celui de servir la France et de défendre sa liberté, fait écho à votre engagement »« Nouveau service militaire : Emmanuel Macron annonce que la première promotion portera le nom d’Henri Fertet, résistant fusillé à 16 ans », lemonde.fr, 15 septembre 2026. Le 26 septembre 2026 sort le court-métrage C’est dur quand même de mourir, qui rend hommage au jeune résistant. Il est scénarisé et réalisé par un jeune homme de 16 ans, Maximilien de Fombelle.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie

Liens externes

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