Maurice Wilder-Neligan, né Maurice Neligan le et mort le , est un militaire australien d'origine britannique qui a commandé le d'Australie-Méridionale pendant les dernières phases de la Première Guerre mondiale.
Élevé et éduqué au Royaume-Uni, il sert brièvement en tant que soldat au sein du à Londres, puis il effectue un voyage en Australie et trouve un travail dans le Queensland. Il s'enrôle dans l' (AIF) à Townsville le , sous le nom de Maurice Wilder et donne Auckland (en Nouvelle-Zélande) comme lieu de naissance. En tant que sergent du au moment du débarquement de la baie ANZAC en , il reçoit la , la deuxième plus haute distinction du Commonwealth décernée pour acte de bravoure. Il est rapidement hissé au rang d'officier, et atteint temporairement le grade de capitaine avant la fin de la bataille des Dardanelles. C'est pendant son séjour à Gallipoli qu'il change officiellement son nom en Wilder-Neligan, période pendant laquelle il est victime d'une blessure de guerre.
Arrivé sur le front de l'Ouest avec le grade de capitaine, il mène un raid contre les tranchées allemandes près de Fleurbaix et, bien que grièvement blessé à la tête, il tient son commandement jusqu'à ce que l'opération soit terminée avec succès. En récompense, il est nommé compagnon de l'ordre du Service distingué, la deuxième plus haute distinction britannique décernée pour acte de bravoure. Lorsqu'il sort de l'hôpital, il est promu major et prend temporairement le commandement de son bataillon durant la bataille d'Arras, en . En juillet, il est promu lieutenant-colonel et nommé commandant du . Il dirige cette unité pendant la bataille de la route de Menin en septembre avant d'être nommé compagnon de l'ordre de Saint-Michel et Saint-Georges en . Pour ses efforts de guerre durant la prise de Merris en juillet, il est encore honoré pour actes de bravoure. Il continue de diriger son bataillon tout au long de l'offensive des Cent-Jours jusqu'à l'armistice de 1918. Pendant la guerre, à part les distinctions déjà mentionnées, il reçoit la croix de guerre française en plus de cinq citations militaires britanniques.
Après la guerre, il revient en Australie. En , il est transféré avec le grade de lieutenant dans la Force expéditionnaire terrestre et navale australienne, qui occupe alors le territoire de l'ancienne Nouvelle-Guinée allemande. Il y travaille en tant qu'adjoint du de la garnison de Rabaul. Il meurt subitement durant la nuit du au en Nouvelle-Bretagne à l'âge de quarante ans, probablement à la suite des complications de ses blessures de guerre. Souvent considéré comme excentrique, il est aussi vu comme un tacticien habile, un logisticien doué et fort apprécié pour le traitement des soldats sous son commandement.
Jeunesse
Né Maurice Neligan le , il est le fils du chanoine John West Neligan et de son épouse Charlotte, née Putland. Son frère aîné, le révérend Moore Neligan, est l'évêque anglican d'Auckland, en Nouvelle-Zélande, de à . Maurice fréquente la et la .
Le , il se marie à Londres avec une femme divorcée, Frances Jane Wyatt. En 1908, il est convoqué par la justice dans le cadre d'une procédure de faillite, croulant alors sous une dette d'environ . Au cours de l'audience, il déclare avoir été en mer pendant la période - et au chômage depuis son retour au pays, bien qu'il ait essayé de trouver du travail pendant son passage à Ceylan vers la fin de l'année précédente. Il s'enrôle alors dans la en , après avoir abaissé son âge et donné Auckland comme lieu de naissance. Il sert comme soldat pendant un an avant de quitter sa femme et son enfant qui habitent sur Park Lane et part pour Sydney, en Australie. Au cours des années qui précèdent le déclenchement de la Première Guerre mondiale, il travaille comme commis dans un moulin à canne à sucre à Proserpine (Queensland) et, ce faisant, s'installe à l'hôtel dans la ville de Brandon.
Première Guerre mondiale
Neligan s'engage dans la (AIF) à Townsville le , cette-fois sous le nom de Maurice Wilder, avec à nouveau Auckland comme lieu de naissance. L'AIF est créée en tant que force expéditionnaire australienne pour contribuer à la guerre, car l'Armée de réserve australienne se limite à l'époque à la défense intérieure du pays, en vertu de la loi sur la Défense de . Il tente d'abord de s'enrôler sous ses vrais nom et âge en affirmant au recruteur qu'il est marié et a un enfant. Lorsqu'on lui dit que la plupart des volontaires sont de jeunes célibataires, il se joint simplement à une autre file d'attente devant un autre recruteur, et donne le nom de Wilder en affirmant qu'il est célibataire. Avec le grade de soldat, il est affecté au de la , qui fait partie de la , et reçoit le numéro régimentaire 974. En trois semaines, il est promu caporal suppléant et, à la fin du mois de septembre, obtient le grade de caporal. Le bataillon s'embarque le mois suivant vers l'Égypte à bord du Themistocles, via Albany, en Australie-Occidentale et atteint sa destination au début du mois de décembre. Le , Wilder est promu au grade de sergent, puis il est affecté comme (ORS, assistant d'un adjudant) du bataillon.
Bataille des Dardanelles
vignette|Premières vagues de troupes australiennes lors du débarquement de la baie ANZAC.|alt=Carte illustrant les itinéraires d'une invasion militaire.|gauche Après une formation complémentaire, la est désignée comme l'unité de première vague du débarquement de la baie ANZAC dans la péninsule de Gallipoli, le . La brigade atteint la terre ferme vers . Vers , Wilder tient le poste d'adjudant de bataillon, et aide le commandant intérimaire à organiser et diriger l'unité. Au lendemain du débarquement, il est récompensé de la , deuxième plus haute distinction du Commonwealth décernée pour acte de bravoure. La citation se lit comme suit :
vignette|upright|alt=Photographie noir et blanc de quatre hommes en tenue militaire dans une tranchée.|Wilder (deuxième en partant de la gauche) avec des officiers du à Gallipoli. En raison de la pénurie d'officier, il est nommé sous-lieutenant trois jours après le débarquement. Avec le reste de la , le défend la tête de pont de l'ANZAC au cours des mois suivants en patrouillant autour des différents postes et tranchées. Lors de la contre-attaque turque du , Wilder démontre sa . Dans la nuit du , il mène du bataillon dans un raid contre une position turque au sud du périmètre de la tête de pont, près de Gaba Tepe. Le destroyer utilise son projecteur afin de localiser la tranchée cible, puis fait feu avec vingt coups de canon. Wilder mène alors ses troupes vers la position turque, où ils tuent six soldats ottomans à la baïonnette, en capturent un et retournent dans les lignes australiennes sans subir de pertes. Selon son biographe, Alec Hill, le succès du raid est en grande partie assuré par une planification minutieuse de Wilder. Blessé au début du mois de juin, il est évacué pour raison sanitaire en Égypte. Au début du mois d'août, il quitte l'hôpital et retourne dans son unité ; durant cette période il est promu lieutenant. Le même mois, il obtient une première citation militaire.
Vers le milieu du mois de , il est nommé adjudant, puis capitaine à titre temporaire. En octobre, il change définitivement son nom en Wilder-Neligan. Jusqu'en novembre, Wilder-Neligan et le restent au bord de la baie ANZAC avant leur évacuation en Égypte. Sur ce nouveau théâtre d'opérations, le est stationné sur la ligne de front dans le désert près du canal de Suez. En Wilder-Neligan reçoit la confirmation définitive de sa nomination au grade de capitaine, juste avant le départ du d'Alexandrie pour la France et le front de l'Ouest à la fin du mois.
Front de l'Ouest
Raid sur Fleurbaix alt=Photographie en noir et blanc d'un officier à cheval conduisant des troupes à pied.|vignette|Wilder-Neligan (à cheval, en tête) conduisant son bataillon à Hazebrouck le .|gauche Peu de temps après l'arrivée de son unité en France, Wilder-Neligan planifie un raid important près de Fleurbaix. Il prépare minutieusement ses hommes avant de lancer les offensives durant les nuits du et . Il s'agit d'un raid , mené sans bombardement préliminaire, contre des cibles allemandes. Wilder-Neligan divise ses en trois groupes et leur ordonne de pénétrer les tranchées allemandes à environ d'intervalle pour éviter les tirs en enfilade. Il entraîne lui-même son équipe durant les jours précédents l'opération. Le soir du raid, l'équipe menée par Wilder-Neligan couvre le bruit de l'avancée des autres groupes vers le no man's land par des tirs de mitrailleuses. Lorsqu'ils sont proches de l'objectif, Wilder-Neligan demande l'aide d'une unité de soutien près des tranchées allemandes, qui immédiatement mitraille les flancs ennemis. Les soldats se précipitent alors vers l'avant, pénètrent dans les tranchées allemandes et engagent de violents combats. Lors de la dernière ruée, Wilder-Neligan croise un poste d'observation allemand. Il tue deux des trois soldats qui l'occupent, mais le troisième parvient à lancer une grenade à main qui le blesse grièvement à l'épaule et à la tête, lui fracturant le crâne. Malgré ses blessures, il continue de diriger son groupe jusqu'à son retour sans dans les lignes australiennes. Au cours du raid, les trois équipes tuent , en blessent 40 et en capturent 25, avec une perte de sept morts et . L'historien de guerre australien Charles Bean qualifie cette action de . Le succès de l'opération est récompensé par la nomination de Wilder-Neligan au titre de compagnon de l'ordre du Service distingué, la deuxième plus haute distinction britannique pour acte de bravoure. La citation se lit comme suit :
À la tête du
Évacué au Royaume-Uni pour être soigné, il ne retourne dans son unité qu'en octobre, période pendant laquelle il est promu major. En novembre, il est cité pour . Le est en outre maintenu sur la ligne de front durant le pire hiver européen depuis . Le , Wilder-Neligan entraîne ses troupes en vue d'un autre raid sur une position allemande nommée , qui se trouve au sud du hameau de Le Barque (commune de Ligny-Thilloy), mais les troupes allemandes se retirent finalement de cette position. Avec la , le avance rapidement vers le village et élimine quelques poches isolées de résistance. Par la suite, le bataillon poursuit les Allemands qui se replient vers la ligne Hindenburg. Au milieu du mois d'avril, une partie du subit une contre-attaque d'envergure allemande à Lagnicourt-Marcel.
Wilder-Neligan est nommé commandant du à titre temporaire pendant la deuxième bataille pour Bullecourt, dans le cadre de la bataille d'Arras, en 1917. En vue d'une attaque contre les retranchements allemands connus sous le nom d' et , le est placé sous le commandement de la . Avant l'attaque, il s'arrange pour que ses hommes apportent des fils de fer, des piquets, des grenades à main ainsi que d'autres équipements et outils près du point de rassemblement du bataillon. Il s'assure ensuite que les lignes téléphoniques soient posées le plus en avant possible, puis effectue un briefing avec ses commandants de compagnie d'attaques et de compagnies de soutien. Les combats sont acharnés dans les deux tranchées lors de l'offensive menée par le , et les repoussent finalement les Allemands, malgré le tir de barrage. Pendant le combat, l'unité perd , la plupart victimes des bombardements. Pour ses actions à Bullecourt, Wilder-Neligan est recommandé pour l'ordre de la Couronne, bien qu'il n'y a aucune trace d'une nomination à cet ordre.
vignette|Artilleurs australiens pendant la bataille de Passchendaele.|alt=Photographie en noir et blanc d'une forêt qui apparemment a été ravagée par un bombardement. Le , il est temporairement placé à la tête de l'unité sœur de la , le , formé en Australie-Méridionale. Il retourne brièvement avec le à partir du avant d'être officiellement nommé à la tête du avec le grade de lieutenant-colonel, le . Cette promotion est assez exceptionnelle, car Wilder-Neligan est le plus jeune des de l'AIF.