François Charles Delatour (souvent orthographié De Latour), né à Gand le et décédé à Bruxelles le , est le septième administrateur de la Sûreté publique belge de 1890 à 1903. Il est également secrétaire général du Ministère de la Justice à partir de 1896.

Enfance et formation François Charles Delatour naît le à Gand. Fils de Léopold Charles Delatour, commerçant originaire de Mons, et de Jeanne Marie Veerdam, originaire de Gand, il est le troisième et plus jeune fils de la familleRegistres d'état-civil et de la population de la commune de Gand.. Il grandit à Gand et étudie le droit à l'Université de GandLe Vingtième Siècle, 19 avril 1903. . Il exerce le métier d'avocat avant de déménager à Bruxelles en 1871 avec son frère Benoît.

Carrière au sein du Ministère de la Justice En 1875, il est fonctionnaire au sein de l'administration de la Sûreté publique, faisant partie du département ministériel de la JusticeAlmanach royal officiel publié depuis 1840, année 1876. . Il obtient régulièrement des promotions jusqu'à sa nomination au poste de directeur général des Prisons et de la Sûreté publique au début de l'année 1890L'Indépendance belge, 30 janvier 1890. . Avec cette fonction, il cumule celle de secrétaire général du ministère de la Justice à partir de 1895Het Nieuws van den dag, 24 novembre 1896. . Il occupe ces deux fonctions jusqu'à son décès en 1903Le Soir, 19 avril 1903..

Au cours de sa carrière, il fréquente des personnalités telles Adolphe Prins et plusieurs ministres de la Justice. Il reçoit également de nombreuses décorations étrangères ainsi que l'Ordre de LéopoldAlmanach royal officiel publié depuis 1840, année 1903. L'Indépendance belge, 5 janvier 1885. .

Décorations Liste des décorations reçues par François Delatour: Commandeur de l'Ordre de Léopold Commandeur de l'Ordre de la Légion d'Honneur Commandeur de 1re classe de l'Ordre du Lion de Zähringen Commandeur avec plaque de l'Ordre de François-Joseph d'Autriche Commandeur de l'Ordre de Sainte-Anne de Russie Commandeur de l'Ordre de Saints Maurice et Lazarre Commandeur de l'Ordre du Medjidié Grand Officier de l'Ordre du Lion et du Soleil de Perse Officier de l'Ordre de la Couronne d'Italie Officier de l'Ordre d'Orange-Nassau Décoré de 3e classe de l'Ordre de la Couronne royale de Prusse

Administrateur de la Sûreté publique En 1889, l'administrateur général de la Sûreté publique Adolphe Gautier de Rasse est révoqué à la suite des remous causés par le procès du Grand Complot. Le ministre de la Justice Jules Lejeune décide alors de réformer la Sûreté publique. Parmi les mesures prises par le ministre figurent la nomination d'un nouvel administrateur général (sous la dénomination de directeur général) et la redéfinition de ses pouvoirs.

François Delatour devient directeur général de la Sûreté publique en 1890. En théorie, ce directeur général ne dispose plus des pouvoirs qu'avait l'administrateur général. Ceux-ci sont exercés par le ministre de la Justice. Cependant, le ministre délègue rapidement ces pouvoirs au directeur général qui, finalement, récupère les prérogatives qui étaient celles de l'administrateur général.

Son mandat à la tête de la Sûreté publique est marqué par un contexte social agité par la revendication du suffrage universel, la lutte contre les anarchistes (actifs en France et en Espagne notamment) et un renforcement de l'échange d'informations entre les services de renseignements de plusieurs pays (France, Italie, Russie).

La Sûreté publique, si décriée lors du procès du Grand Complot par les politiciens et la presse, semble avoir retrouvé grâce aux yeux de l'opinion une décennie plus tard. Lorsque François Delatour décède en poste en 1903, son travail à la tête de la Sûreté est apprécié et salué, à la fois par des journalistes (particulièrement dans Le Vingtième Siècle et L'Indépendance belge) et des membres du Ministère de la JusticeLe Vingtième Siècle, 18 avril 1903. Journal de Bruxelles, 3 mai 1903. .

Décès François Delatour meurt le , à son domicile de Bruxelles. Il est victime d'une crise d'apoplexie.

De nombreuses personnalités issues des secteurs politique et juridique assistent à ses funérailles. La majorité travaillant ou ayant travaillé au sein du Ministère de la JusticeJournal de Bruxelles, 21 avril 1903. . Le ministre de la Justice Jules Van den Heuvel et Adolphe Prins prononcent tous deux une partie de son éloge funèbre. Il est inhumé au cimetière de LaekenLe Vingtième Siècle, 21 avril 1903. .

Vie privée François Delatour reste célibataire et n'a pas d'enfants. Tout au long de sa vie, il est très proche de son frère Benoît, qui travaille aussi au ministère de la Justice.

Bibliographie Cools M., Dassen K., Libert R. et Ponsaers P., La Sûreté. essais sur les 175 ans de la Sûreté de l'Etat, Bruxelles, 2005. Keunings L., "Les grandes étapes de l'évolution de la police secrète en Belgique au XIXe siècle", Bulletin du Crédit communal, n°169, 1999, p. 3-30. Keunings L., Des polices si tranquilles. Une histoire de l'appareil policier belge au  siècle, Louvain-la-Neuve, 2009. Keunings L., Les forces de l'ordre à Bruxelles au XIXe siècle : données biographiques illustrées sur les officiers de la police, de la garde civique et de la gendarmerie (1830-1914), Bruxelles, Archives de la ville de Bruxelles, 2007. Van Outrive L., "Les services de renseignement et de sécurité", Courrier hebdomadaire du CRISP, 1999, p. 1-88.

Notes et références

Catégorie:Policier belge Catégorie:Naissance en avril 1846 Catégorie:Décès en avril 1903 Catégorie:Naissance à Gand Catégorie:Décès à 56 ans Catégorie:Décès à Bruxelles